Locmaria-Berrien est une ancienne commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France, devenue commune déléguée de Poullaouen le . Elle était membre de la communauté de communes Monts d'Arrée Communauté.

Géographie thumb|left|L'Aulne et sa vallée en aval de la gare de Locmaria-Berrien. thumb|left|Longère avec son puits et son auge dans le bourg. Faisant partie du parc naturel régional d'Armorique, la commune est située à au sud-est de Morlaix et à au nord-ouest de Carhaix et est limitrophe de Berrien, Poullaouen, Huelgoat, Plouyé et Scrignac. Elle est drainée par l'Aulne et son affluent la rivière d'Argent.

Le bourg est à d'altitude mais la commune connaît des dénivelés assez importants en raison de la proximité des monts d'Arrée situés un peu plus au nord : alors que le point le plus haut est à d'altitude, le point le plus bas situé à l'endroit où l'Aulne quitte le finage communal est à d'altitude seulement.

La commune est très verdoyante : de bois et de landes pour une superficie totale de .. Deux massifs forestiers importants se trouvent en partie sur le territoire communal : la forêt domaniale de Saint-Ambroise (bois du Hélas et bois du Meinguen) au nord-ouest et celle de Huelgoat (bois de Botvarec) au sud.

La ligne de chemin de fer, malgré la brièveté de son exploitation, a provoqué la création d'un hameau autour de la gare qui fut prospère (plusieurs commerces existaient) jusqu'à la fermeture de la voie ferrée.

Toponymie La localité est attestée sous les formes Locmaria en 1426., Locmaria en 1536, Tref de Locmaria en 1543., Locmaria en 1567, Logmaria au , + B(ois) de Loc Maria en 1771, Locmaria en 1815 et vers 1850.

Locmaria-Berrien est un toponyme breton, dont le premier élément est formé du breton lok, « lieu saint », suivi de Maria « Marie ». Littéralement, il signifie « lieu dédié à Marie »E. Peiffer, Recherches sur l'origine et la signification des noms de lieux, page 186...

Le second composant Berrien est le nom de la localité voisine, l'ancienne paroisse-mère de laquelle relevait Locmaria. Ce complément a été ajouté en 1955Par décret en date du la commune portera désormais le nom de Locmaria-Berrien Journal officiel du , page 5602 pour différencier la commune des nombreux autres Locmaria en Bretagne.

La présence près du bourg d'un lieu-dit Liors-an-Drindet (le courtil de la Trinité) s'explique par le fait que l'église paroissiale, placée sous le vocable de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle l'a été secondairement sous le vocable de la Trinité.

En breton, le nom est . C'est également la forme normalisée préconisée par l'Office public de la langue bretonne.

Histoire Le , Locmaria-Berrien devient une commune déléguée de Poullaouen à la suite d'un arrêté préfectoral du .

Le passé lointain

Deux stèles de l'âge du fer dans la forêt de Botvarec témoignent d'une implantation ancienne de l'homme.

L'ancienne voie romaine entre Carhaix (Vorgium) et Morlaix] passait par Locmaria. Ce fut ensuite le tracé de la route royale qui lui succéda : le Pont ar Goret fut construit au pour lui faire franchir l'Aulne.

La motte féodale de Castel ar Valy., forteresse dominant le chemin de Carhaix à Morlaix, bâtie au début du , fut le domaine du baron Keraliou de Loscoat. Au , le seigneur de la Haie-Douar construit une chapelle consacrée à la Vierge Marie. C'est de là que provient le nom de la paroisse, puis de la commune. Les seigneurs des manoirs de la Haye et de Kerambellec ainsi que de la métairie noble de la Haie-Douar étaient les gros propriétaires terriens.

La Haie-Douar présente une tour d'escalier en saillie sur le mur gouttereau (mur porteur) de sa façade.

Yves de Coatanscour, devenu en 1598 propriétaire du manoir de la Haie-Douar, obtient en 1630 la création de la trève de Locmaria au sein de la paroisse de Berrien. Locmaria est devenue une paroisse le .

La mine de plomb argentifère

Exploitée vraisemblablement du temps des Celtes au , puis par les Romains, la mine de plomb argentifère de Locmaria., ainsi que celle de Poullaouen, fut exploitéeJ. Monot, L'Ancienne mine de plomb de Locmaria-Berrien Huelgoat : regard sur l'ancienne mine de Poullaouen, sl, ASAM, 1998. surtout à partir du et principalement aux ( en confie l'exploitation à Jean Du Châtelet, qui employa de la main-d'œuvre allemande) et s par la Compagnie des mines de Basse Bretagne créée en 1732, le personnel d'encadrement étant anglais et allemand, la main-d'œuvre non qualifiée étant locale. Fin 1770, travaillaient sur le site, plus 400 à l'extérieur pour l'obtention du charbon de bois, le transport du mineraiEdmond Monange, Une entreprise industrielle au : les mines de Poullaouen et du Huelgoat, thèse de doctorat de , UBO, 1972. C'était la plus grande mine du royaume pour ce type de minerai. thumb|right|Carte de Cassini : les environs de Locmaria-Berrien. Dans les monts d'Arrée, les mines de Huelgoat, Poullaouen et Locmariahttp://www.poher.com/upload/agenda374contenu4530.pdf déjà exploitées par un ingénieur et des ouvriers allemands au , font une nouvelle fois appel aux maîtres mineurs et ingénieurs allemands., tandis que des étudiants de l'École des mines de Paris viennent y effectuer leur stage. Dans les années 1860, James Ladame, ingénieur suisse, devient sous-directeur de la mine de Locmaria-Berrienhttp://www.generiques.org/images/pdf/TOME-I-Odris-rapport-final-H&M-immigration-Bretagne.pdf, qui ferme définitivement en 1868. thumb|left|Le terril de l'ancienne mine d'argent et de plomb. Près de vingt puits, dont certains profonds de 200 à et des kilomètres de galerie furent creusés. Des machines hydrauliques, dont les roues avaient de diamètre, servaient à actionner les pompes assurant l’exhaure des eaux d’infiltration souterraines de ces puits. La remontée du minerai en surface se faisait à flanc de coteau ou à l’aide d’une machine à molette actionnée par des chevaux.

Les tentatives fugitives de réexploitation au furent des échecs, l'arrêt définitif survenant en 1934.

Depuis , l'Espace muséal minier Albert Le Guern a ouvert ses portes dans le bourg de Locmaria-Berrien, racontant l'histoire de ce lieu quelque peu oublié. Il est ouvert pendant l'été et sur RV pour les groupes tout au long de l'année..

Cette activité minière a laissé des traces visibles dans le paysage, mais aussi dans les sols, avec une teneur en métaux lourds élevée significative d'une pollution notable encore perceptibleE. Camizuli (2009) – Les conséquences actuelles d’anciennes activités minières et métallurgiques au niveau des sols – Teneurs en métaux lourds dans les sols des communes de Locmaria-Berrien, Huelgoat et Poullaouen (Finistère), mémoire de Master 2 spécialité Gestion des sols sous la direction de C. Le Carlier, UMR 6566, CReAAH, Rennes, . Les Mines de Locmaria-Berrien. sont désormais protégées dans le cadre de la directive Natura 2000 par un arrêté préfectoral de protection de biotope en date du . car elles abritent diverses espèces naturelles protégées de chauves-souris comme le grand rhinolophe, le grand murin, le vespertilion à moustaches, le vespertilion de Daubenton, le vespertilion de Bechstein, la barbastelle, l'oreillard roux et la pipistrelle communehttp://inpn.mnhn.fr/docs/apb/FR380051319990409.pdf.

Le A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Locmaria-Berrien en 1843 :

À Locmaria-Berrien, « les hommes négligent le devoir de la religion », écrit le recteur de Châteaulin en 1852Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, [].

Un soir de une cinquantaine de jeunes gens de Locmaria-Berrien donnèrent charivari à un cultivateur de la commune, un veuf de 58 ans, peu avant son remariage avec Jeanne Le Dall, une tailleuse d'habits de 49 ans, pour sanctionner leur concubinage notoire. Les jeunes gens montèrent sur le toit de leur maison, jetèrent de grosses pierres par la cheminée, plongèrent la femme dans la mare et livrèrent l'homme à la risée du public. Les malheureux portèrent plainte pour violences et violation de domicile ; mal leur en prit car le village entier, maire et curé en tête, soutinrent les agresseurs, le couple étant chargé d'opprobreAnnick Le Douguet, "Violence au village", Presses universitaires de Rennes, 2014, .

En 1879, Locmaria-Berrien est l'une des six communes du Finistère à n'avoir encore aucune écoleRapport de l'inspecteur d'académie, dans Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, , consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5668228b.r=Plouy%C3%A9.langFR [archive].

Une voie ferrée du Réseau breton construite entre Morlaix et Carhaix, ouverte en 1891, permit à Locmaria-Berrien d'avoir une gare, qui desservait aussi Huelgoat, distante de six kilomètres. Le président de la République Félix Faure y fit une brève halte en 1896. La fermeture de la ligne survint dès le milieu du , mais la gare trouva temporairement une deuxième vie à partir de 1971 car elle devint le siège de « Cheval Bretagne » qui fit rouler une cinquantaine de roulottes hippomobiles sur neuf itinéraires de la région pendant quelques années. Cette activité a cessé avant d'être reprise par un particulier, mais à une échelle beaucoup plus modeste.

Le téléphone parvient à Locmaria-Berrien en 1909Bulletin Postes, Télégraphes, Téléphones -12 consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5520706n.r=Locmaria-Berrien.f61.langFR.hl.

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La Belle Époque

En réponse à une enquête épiscopale organisée en 1902 par François-Virgile Dubillard, évêque de Quimper et de Léon en raison de la politique alors menée par le gouvernement d'Émile Combes contre l'utilisation du breton par les membres du clergé, le recteur de Locmaria-Berrien écrit que les habitants ne savent « pas ou presque pas le français ».

La Première Guerre mondiale Trente soldats de Locmaria-Berrien sont morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale, soit 3,3 % de la population de 1911 () et 3,7 % de celle de 1891 ()..

La Seconde Guerre mondiale

Le , M. Coant est mortellement blessé à Locmaria-Berrien par un coup de pistolet tiré par un militaire allemandÉric Rondel, Crimes nazis en Bretagne (-), Astoure éditions, 2012, [].

Le , un groupe d'avions mitraille la route nationale 164, dont le tracé d'alors passait par Locmaria-Berrien, et incendie deux camions allemands. Le , un camion allemand est mitraillé à hauteur du passage à niveau de Kerviniou en Locmaria-Berrien, deux civils sont blessésÉric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [].

Roger Péron, de Locmaria-Berrien, franc-tireur partisan de la compagnie Barbusse pendant l'été 1944 témoigne : « Durant toute la guerre, je ne me suis jamais vraiment engagé contre l'occupant... jusqu'au jour où en sortant du cinéma d'Huelgoat un groupe d'Allemands me passe à tabac sans raison. Je dois laver l'affront. Le soir même je m'engage dans les FTP. Rapidement, parachutages d'armes, maquis, attaque de convois ou de soldats isolés. Le , lors d'une mission de reconnaissance, je tombe nez à nez avec l'ennemi. Juste le temps de me réfugier dans une maison. Avec [ma] mitraillette j'abats le premier poursuivant, blesse le second et ce n'est qu'après avoir perdu leur officier, tué, qu'ils battent en retraite »Témoignage de Roger Péron, "Musée Mémoires 39-45" à Plougonvelin..

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