Lopérec est une commune française du département du Finistère, dans la région Bretagne. La commune fait partie du parc naturel régional d'Armorique.
En 2007, la commune a obtenu le Label "Communes du Patrimoine Rural de Bretagne" pour la richesse de son patrimoine architectural et paysager..
Géographie vignette|gauche|Carte de la commune de Lopérec. Commune vallonnée, étendue sur (), Lopérec est limitrophe de la chaîne des monts d'Arrée au nord et à l'est, et du bassin de Châteaulin au sud. Le finage communal, étiré nord-sud, en pente vers l'ouest, s'échelonne de à d'altitude, le bourg étant vers ; il est excentré dans la partie sud du territoire communal. La commune est située à au nord-est de Châteaulin. Les cours d'eau y sont nombreux : la Douffine, qui prend sa source sur le flanc sud-ouest du Roc'h Cléguer en Brasparts, sert de limite communale avec Pleyben : elle reçoit sur sa rive droite, le Rivoal (ou rivière de Saint-Rivoal), qui provient de Saint-Rivoal et sert de limite communale à l'est avec la commune éponyme. Avant son passage sous le viaducPhoto disponible Rail-Bretagne de la voie ferrée de Quimper à Landerneau, elle reçoit sur sa droite le ruisseau de Lenturec, qui traverse toute la commune et passe juste au sud du bourg de Lopérec. Un peu plus en aval, un autre petit affluent de rive droite de la Douffine sert aussi de limite communale avec Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h.
Lopérec dispose encore d'un véritable « patrimoine paysager » : le bocage est encore varié (au nord, bois de feuillus et de conifères ainsi que des landes dans l'extrême-nord dans la « Montagne », plus agricole au sud où le relief est moins accidenté) car la commune n'a pas été remembrée. Un modeste gisement d'or et d'arsenic a été recensé par le BRGM à Lopérec, représentant un potentiel géologique évalué à d'orSig Mines France - BRGM.
vignette|centré|redresse=2.5|Lopérec : paysage de la partie nord de la commune (les deux cotes 206 de part et d'autre de Valendridy vus de la route de Brasparts à Lopérec).
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Douffine, le Faou, le Saint Rivoal, le ruisseau le Rivoal et divers autres petits cours d'eau.
La Douffine, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Brasparts et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Dinéault, après avoir traversé six communes. Les caractéristiques hydrologiques de la Douffine sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 696 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1966 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
Le Faou, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Hanvec et se jette dans l'Aulne au niveau de Rosnoën, après avoir traversé quatre communes.
Le Saint Rivoal, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Rivoal et se jette dans la Douffine à Pleyben, après avoir traversé quatre communes.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LopérecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Ségal à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Lopérec est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pleyben - Châteaulin, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,5 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (69,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (32,4 %), terres arables (21,7 %), prairies (18,4 %), forêts (17,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (9,3 %), zones urbanisées (0,8 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Locus Petroci vers 1330, Lopezrec en 1574 et jusqu'au .
Lopérec vient du breton loc et du latin locus (« lieu consacré ») et de saint Pérec (Petroc).
D'autres toponymes Lopérec existent en Bretagne : un hameau de Locmariaquer (Morbihan)Locmariaquer porte ce nom et possède une « chapelle Saint-Pierre de Lopérec » ; une autre « chapelle Saint-Pierre de Lopérec », située jadis dans le hameau de Placen Per, a existé dans l'actuelle commune de Trélévern dans les Côtes-d'ArmorTrélévern sur EuLoVa.
Histoire Origines Le nom de Lopérec remonte à l'origine de la communauté paroissiale, si l'on en juge par le préfixe lo commun aux , Loco Petroci en latin de l'époque, lo-Pérec, lieu de Perrec (ou Pérec, ou Pezrec), moine venu de la Cornouaille britannique et qui vécut ermite dans un recoin isolé de la forêt du CranouComptes-rendus, procès-verbaux, mémoires Association bretonne, Agriculture, Archéologie, 1912, Gallica. L'existence du bourg est attestée en 1330.
Théophile Janvrais en 1912 fournit les explications suivantes :
Préhistoire et Antiquité
Le site de Ménez-Glujeau et Roc'h Caranoët vignette|gauche|redresse|Tumulus et vase trouvé à Ménez-Glujeau. Un tumulus situé à Ménez-Glujeau a été fouillé en 1909 et a montré des restes d'une sépulture par incinération (traces de cendres et de bois dans la chambre funéraire) et un vase brisé, en poterie grossière. D'autres tumuli se trouvaient à proximitéArmand René du Châtellier, Inventaire des Monuments préhistoriques du Finistère, 1907, pages 105-106, mais ont été rasés par les paysans dans le cadre de leurs travaux de défrichement et de mise en valeur agricole et plusieurs autres sont proches, mais situés sur le territoire de la commune de SizunLouis Le Guennec, « Fouille d'un tumulus au Ménez-Glujeau », in Bulletin de la Société archéologique du Finistère, année 1909, Gallica.
Ménez-Glujeau est proche de Roc'h Caranoët (Karn ar c'hoat, le « cimetière du bois »), hauteur de d'altitude environ, où l'on a retrouvé à la fin du , à une profondeur d'environ , une quantité de troncs d'arbres (des chênes principalement) enfouis dans la terre tourbeuse et tous alignés parallèlement suivant une direction nord-sud, témoins du passé boisé de la région et d'une activité métallurgique, des restes de scories ferrugineuses ayant été trouvées sur place.
Gulet Iau (Glujeau en Lopérec) et Rudederc'h (Roudouderc'h en Sizun) ont été parmi les premiers lieux défrichés de la région, comme le prouve le cartulaire de Landévennec qui montre là deux petites exploitations complètement isoléesRené Largillère, Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne, J. Plihon et L. Hommay, Rennes, 1925, Gallica.
Moyen Âge
Le Chemin du Comte
Jean de Penguern
Jean de Penguern, surnommé Divarsoëz en langue bretonne (“gaillard”, littéralement “sans rhumatismes”), fils aîné de Christophe de Penguern et de Marie de Kermodiern, naquit dans les dernières années du au manoir de Loperzec (Lopérec). Il entra fort jeune au service de la reine Anne, par ordre de laquelle il composa la « Généalogie de très haute, très puissante, très excellente et très chrestienne princesse et nostre sovvereine dame Anne, très illustre Royne de France et duchesse de Bretaigne, et les noms des Roys et Princes ses prédécesseurs, en droite ligne depuis la création jusqu'à présent, composée et extraite de plusieurs livres et chroniques par Divarsoëz Penguern, natif de Cornouailles, en l'honneur et louange de ladite dame ». Cette chronique contient vers, divisés en strophes de huit vers de dix syllabes. Elle s'arrête à l'an 1510. Le , il épousa Annie de Kersauzon dont il eut trois enfants et mourut à un âge très avancé en 1579 et fut inhumé dans l'église paroissiale de LopérecProsper Levot, Biographies bretonnes, tome 2, cité par Joseph Marie Kersauzon de Pennendreff, Histoire généalogique de la maison de Kersauson, par J. de Kersauson, 1886, Gallica.
Les nombreux manoirs
Selon Jean-Baptiste Ogée, en 1420, les manoirs nobles de la paroisse étaient « Ker-goëfient, au vicomte du Faou ; Guillon, à Guiomar Kernier ; Ker-guern, à Olive de Keraër ; Ker-guern, à Olive de Paluë ; Ker-guenit ; Toulglez ; Liezeau » et en 1510 « la maison noble du Bouil, au vicomte du Faou ; Ker-vinic et Baudar, au sieur de Kersauson ; Lamberdego, Crevel et Bihan, au sieur de la Paluë ; Pengueren, le Parc, le Glefguen et Goulgean, à Christophe de Pengueren ; Penlun, à Hervé de Kerpen, l'Isle-Rolland »..
Une douzaine de « lieux nobles » sont recensés dans la paroisse en 1536, mais quatre d'entre eux seulement survivent actuellement.
Le manoir du Nivot
Théophile Janvrais présente ainsi le manoir du Nivot, qui date des environs de 1650, même si l'existence d'une enceinte médiévale encore visible par endroits prouve l'existence d'une construction antérieure :