Milizac est une ancienne commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Le , elle fusionne avec Guipronvel pour former la commune nouvelle de Milizac-Guipronvel. Géographie Localisation Commune rurale et semi-urbaine, Milizac couvre une superficie de pour une population de (en 2012).

Située à moins d'un quart d'heure des quartiers nord de Brest, la commune de Milizac est entourée par Brest, Bohars, Guilers, Saint-Renan, Lanrivoaré, Tréouergat, Guipronvel, Coat-Méal et Bourg-Blanc. Elle fait partie de la Communauté de communes du Pays d'Iroise (CCPI).

Description

Milizac se trouve sur le plateau du Léon qui forme une pénéplaine cristalline (granit de Saint-Renan, gneiss et micaschiste) : la majeure partie du finage communal est entre 80 et d'altitude (le point culminant est à à l'extrême nord-ouest de la commune, près de Kervenan) ; Milizac est ligne de partage des eaux : plusieurs petits cours d'eau ont leur source sur le territoire communal, l'un coulant vers le sud (un affluent de rive droite de la Penfeld et plusieurs de ses propres affluents dont le ruisseau de Keranflec'h au sud-est de la commune) ; un autre, coulant vers l'ouest, est un affluent de rive droite de l'Aber Ildut, au sud-ouest de la commune ; deux autres se jettent dans l'Aber Benoît : le Garo servait sur une partie de son parcours de limite communale avec Guipronvel (avant la fusion de cette commune avec Milizac) ; sa vallée s'abaisse jusqu'à à sa sortie du territoire communal, à la limite avec Coat-Méal et un quatrième, la rivière de Kerivot, (ainsi que son affluent le ruisseau de Pont-Mein), parcourt l'est de la commune et coule aussi vers le nord-est, alimentant le lac des Trois Curés (utilisé par une base de loisirs et par le parc de loisirs des Trois Curés) ; sa vallée est à d'altitude à sa sortie de la commune, à la limite avec Bourg-Blanc ; enfin le ruisseau de Bourg-Blanc, qui rejoint la rivière de Kerivot plus en aval, sert de limite communale avec Bourg-Blanc à l'extrême-est du finage communal.

Le paysage rural traditionnel est celui du bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de petits hameaux et de fermes isolées. Milizac est de nos jours une zone de polyculture (notamment la culture de pommes de terre) et d'élevages (porcs, bovins, volailles). Des bois existent dans la partie ouest de la commune, principalement au sud du manoir de Keranflec'h, dans la vallée éponyme. La proximité de l'agglomération brestoise explique que le bourg a beaucoup grossi pendant les dernières décennies du avec la création de plusieurs lotissements, tous situés à la périphérie du bourg ancien ; la commune a su éviter la rurbanisation, sa partie rurale restant exempte d'urbanisation.

Située à l'écart des grands axes routiers, le bourg de Milizac est desservi par les routes départementales (venant de Brest et se dirigeant vers Coat-Méal) et (de Saint-Renan vers Bourg-Blanc) ; la partie sud de la commune est traversée par la départementale qui vient de Saint-Renan et se dirige vers Gouesnou et qui constitue un axe routier contournant par le nord l'agglomération brestoise ; une zone commerciale s'est crée à Kerhuel le long de son tracé.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Milisac vers 1330 et du , Milizai en 1630, Milizac en 1641.

Il s'agit d'un type toponymique gallo-roman en -acum, précédé d'un nom de personne ou d'un élément mal déterminé.

Albert Dauzat suppose un gallo-romain *Milisius, non attesté, qui semble se retrouver dans Mélisey (Yonne, Milisiacum en 879).. Étant donné son classement dans la rubrique Meauzac, ce dernier considère cet anthroponyme conjecturel *Milisius de manière implicite comme une variante du nom de personne latin Mellitus bien attesté.

Le nom breton de la commune est Milizag.

Histoire Préhistoire et Antiquité Une stèle armoricaine de l'âge du fer a été trouvée et placée à l'entrée du cimetière. Un tumulus non exploré, ainsi qu'une enceinte circulaire, se trouvent au village de la Motte. Le site aurait été au Moyen-Âge réutilisé par les seigneurs de Langéouez (en Tréouergat) qui y auraient édifié une motte féodale (un ouvrage rectangulaire)Émile Cartailhac, "Dictionnaire archéologique de la Gaule : époque celtique", tome 2, 1875-1923, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9763804h/f276.image.r=Milizac?rk=2703876;0 et Patrick Kernévez, "Les fortifications médiévales du Finistère : mottes, enceintes et châteaux", Institut culturel de Bretagne, 1997.

Moyen Âge

Milizac, comme l'indique la dernière syllabe de son nom, aurait été une paroisse gallo-romaine, avant de dépendre de l'ancienne paroisse primitive de Guipronvel jusqu'en l'an 1420. C'était une paroisse de l'archidiaconé d'Ac'h, subdivision de l'ancien diocèse de Léon. thumb|La croix pectorale de Milizac, datée du (facsimilé exposé dans le musée de l'abbaye de Landévennec). La croix pectorale de Milizac, d'allure proche-Orientale, voire éthiopienne, formée de six plaques en ivoire assemblées par des chevilles et des rivets, découverte en 1973 au presbytère de Milizac, est un des rares objets sacrés du haut Moyen Âge conservé en Bretagne ; elle aurait appartenu aux abbés de saint-MathieuYves-Pascal Castel, Milizac : la croix pectorale des abbés de saint Matthieu, "Bulletin monumental", 1973, consultable https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1973_num_131_3_6886. Une de ses faces représente Marc l'Évangéliste, et l'autre saint Mathieu. Elle a probablement été rapportée d'un pèlerinage lointain.

Au nombre des curiosités, figurent le manoir du Curru (Kerru : maison rouge) édifié en 1238 : « C'est sur le territoire de Milizac que se trouve le vieux manoir du Curru, connu dans le pays sous le nom de château du roi Pharamus (Castel-ar-roué-Pharamus)Yves Pharamus contribua, en 1238, à la fondation du couvent des Dominicains de Morlaix. Marie Pharamus épousa, vers 1360, Gestin de Kernezne et leurs héritiers ont possédé le fief jusqu'à l'extinction de leur lignée en 1759, voir http://www.infobretagne.com/milizac.htm ; on y voit une grille, curieuse par son travail, que la tradition attribue au diable, et une belle et grande pierre armoriée, dont la description a été donnée par M. de Courcy dans son Dictionnaire héraldique de Bretagne. Le manoir de Curru était le siège d'une ancienne vicomté, avec prévôté féodale » écrit Benjamin Girard en 1889. La juridiction de cette vicomté s'étendait aux paroisses de Guipavas, Lambézellec, Gouesnou, Bohars et Trénivez, trève de la paroisse des Sept-Saints de Brest. La famille de Kernezne, originaire de Saint-Pierre-Quilbignon en fut propriétaire à partir du mariage vers 1360 de Gestin de Kernezne avec Marie Faramus [Pharamus], dame du Curru ; Jean de Kernezne-Curru (mort en 1416 à Paris) fut grand écuyer du duc de Bourgogne au ; Charles de KernezneCharles de Kernezne, né vers 1537, vicomte du Curru, décédé vers 1605., par son mariage en 1606 avec Anne de CoatanezreAnne de Coatanezre, née à Plouzévédé, décédée le à Trévalot en Scaër., devint seigneur de La Roche-Helgomarc'h et marquis de La Roche-Laz en Saint-ThoisJoseph-Marie de Kersauson de Pennendreff, "Histoire généalogique de la maison de Kersauson", 1886, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55649073/f401.image.r=Milizac.

La famille Jouan de Kervénoaël était « seigneur de Penanec'h, de Kervénigan, de Keranmoal, de Kervénoaël et autres lieux » ; elle est mentionnée aux montres et réformations entre 1426 et 1538 pour les paroisses de Plouzané, Saint-Renan, Treffabu, Milizac et Plougouvelin et confirmée de lointaine extraction noble par un arrêt du Parlement de Bretagne en date du "Jouan de Kervenoaël, Bretagne : seigneurs de Penaneck, de Kervénigan, de Keranmoal, de la Garenne... et autres lieux", 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5673635k/f5.image.r=Milizac.

Du au Au , Milizac faisait partie de la sénéchaussée de Brest et Saint-RenanJean Kerhervé, Anne-Françoise Pérès, Bernard Tanguy, Les biens de la Couronne dans la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan, d'après le rentier de 1544, Institut culturel de Bretagne, 1984.. Guipronvel et Tréouergat étaient des trèves de Milizac.

Les loups étaient nombreux à Milizac : un acte de décès datant de 1605 précise que « francoys fils nicolas prigent et margarit men pauvres gentz du villaige du lann, estant en l'aige de six ans de la sainct francoys prochaine, fut prins et tué dans la montaigne appelé menez an avanant par un grand loup le jeudy quinxiesme jour de septembre de l'an 1605 »Roger Leprohon, "Vie et mort des bretons sous Louis XIV", les Bibliophiles de Bretagne, 1984.. Plusieurs toponymes du cadastre napoléonien font référence au loup ("bleiz" en breton) et la dernière prime versée à des chasseurs de Milizac pour abattage de loup date du ..

L'église paroissiale date de 1652 (Jean Kérébel, originaire de Ploudalmézeau, en fut le premier desservant) ; elle est dédiée à saint Pierre et saint Paul ; la flèche octogonale de son clocher, très élancée (haute de plus de ), date de 1716 mais fut endommagée par la foudre en 1765. L'ossuaire date aussi du . Près de l'église, s'élève la chapelle Sainte-Anne datant du .

La famille Gilart possède le manoir de Keranflec'h depuis 1712Henri de La Messelière, Filiations bretonnes, Prudhomme, Saint-Brieuc, 1913, tome deuxième, Guy Le Borgne, Armorial de Bretagne, Rennes, 1681, .

En 1730 Corentine Luce de Kernezne du CurruCorentine Luce de Kernezne du Curru, née le à Laz, religieuse carmélite, décédée le à la communauté Saint-Yves de Rennes, sœur du marquis de La Roche-Helgomarc'hJoseph Luc de Kernezne, né le au château de Trévaré en Saint-Goazec, décédé le à Bourg-des-Comptes, créa une fondation afin qu'une mission soit donnée tous les dix ans, par les jésuites, à Laz et à Milizac (où se trouvaient ses principaux domaines) alternativement (une mission fut par exemple célébrée à Milizac le , mais elle ne fut plus célébrée à partir de 1773 en raison de l'expulsion des Jésuites)Abbé Louis Kerbiriou, Les Missions bretonnes : histoire de leurs origines mystiques, 1933 et Étymologie et histoire de Milizac, consultable http://www.infobretagne.com/milizac.htm. Le marquis du GregoCharles-François Jules du Bot, baptisé le en la chapelle du château du Grégo en Surzur, décédé le au château de Trévarez. fut le dernier propriétaire du Curru sous l'Ancien Régime ; endetté, il en vendit les terres en 1784Étymologie et histoire de Milizac, consultable http://www.infobretagne.com/milizac.htm.

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Milizac de fournir et de payer 164 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne, 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan.

En 1774 lors de l'enquête sur la mendicité dans le Léon organisée par Jean-François de La Marche, le recteur indique qu'à Milizac on compte alors « un tiers à l'aise, un tiers composé de mendiants (on compte 20 mendiants invalides), un tiers formé de pauvres honteux » (ces derniers sont des « petits fermiers qui sont contraints pour payer leur fermage de vendre la majeure partie de leur blé »). La même enquête indique que même s'« il est interdit d’inhumer des cadavres dans l’église, certaines personnes demandent que l’on fasse une exception en leur faveur, moyennant le versement de 36 livres, dont un tiers serait employé à secourir les pauvres de la paroisse »Archives de l'évêché de Quimper, citées par Étymologie et histoire de Milizac, consultable http://www.infobretagne.com/milizac.htm.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Milizac en 1778 :

Révolution française