Quimperlé () est une commune française, située dans le département du Finistère en région Bretagne.

Géographie Situation et site Quimperlé est située dans le sud-est du Finistère, à au nord-ouest de Lorient et à à l'est de Quimper. Le territoire communal s'étend sur hectares et englobe en plus de la ville des zones non urbanisées qui appartenaient, avant leur rattachement à Quimperlé en 1791, à la paroisse de Lothéa et à la trève de Trélivalaire. Cet espace est occupé en partie par la forêt de Carnoët qui s'étend sur , dont sont situés sur le territoire de Quimperlé. Cette belle futaie de chênes et de hêtres a été partiellement dévastée lors de la tempête de 1987. Un programme de reboisement fut alors entrepris. Le célèbre pardon aux oiseaux de Toulfoën s'y déroula depuis bien avant 1843 (date du premier témoignage) jusqu'en 1991. D'un point de vue historique, la ville appartient à la Cornouaille. Cependant une petite partie de son territoire, correspondant à l'ancienne trève de Saint-David, qui dépendait de la paroisse de Rédené, se rattache au Vannetais.

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée décrivaient ainsi Quimperlé en 1845 :

Le Port vignette|gauche|Le site de l'ancien port de la Véchène en pleine forêt de Carnoët. Quimperlé est typiquement une « ville-pont », née à l'endroit où se trouvait traditionnellement le premier pont sur l'estuaire, à la limite entre la partie maritime et la partie fluviale de la vallée. Ce fut aussi un port, dont l'existence est attestée dès l'Antiquité ; détruit par les Vikings en 878, l'activité reprit par la suite, notamment après la création de l'abbaye Sainte-Croix au et resta relativement prospère jusqu'au , exportant des grains, et important vins, sel, épices et calcaire de construction ; de belles maisons de négociants, datant du au début du témoignent de cette activité ; Quimperlé commerce alors avec les Flandres, l'Angleterre et les ports de la côte atlantique jusqu'à Madère ; sur le « quay » (actuel quai Brizeux), le rez-de-chaussée des maisons était occupé par les entrepôts accueillant grains, sels et vins, les locaux d'habitation étant situés aux étages. L'envasement progressif de la Laïta accentua les difficultés de navigation, Jacques Cambry les évoquait déjà en 1794-1795 :

La construction de ports situés plus en aval sur la rive droite de la ria, en pleine forêt de Carnoët, fut décidée dans le courant du à la Véchène, au Passage et au Pré Mathurin (ce dernier situé dans la commune de Clohars-Carnoët), servant principalement à l'exportation du bois de la forêt de Carnoët. L'arrivée du chemin de fer en 1863 porta un coup fatal au port de Quimperlé, désormais fréquenté uniquement par quelques bateaux de plaisance.

L'Ellé fut une rivière à saumons très appréciée des pêcheurs ; jusqu'au , cette pêche lucrative dépendait de l'abbaye Sainte-Croix et était pratiquée en plaçant des barrages (gored en breton) percés de trous munis de filets (on y capturait alors jusqu'à saumons par an) ; les bords de l'Ellé sont restés non construits en raison de la fréquence des inondations (d'où l'actuel parc des Gorets, un jardin public qui doit son nom à ces anciennes pêcheries).

Ville haute et ville basse

On distingue traditionnellement une ville haute et une ville basse. La Basse Ville (centre aristocratique et religieux) s'est développée autour de l'église Saint-Colomban dont il ne subsiste plus qu'une façade et de l'abbaye bénédictine Sainte-Croix de Quimperlé tandis que la Haute ville s'est développée autour de l'église Saint-Michel et de sa place (centre d'origine commerçant). vignette|Albert Robida, Les Bords de l'Ellé à Quimperlé (vers 1900), lithographie. vignette|Albert Robida, Les Bords de l'Isole à Quimperlé (vers 1900), lithographie. La ville basse occupe la zone de terrain de la presqu'île de confluence enserrée entre les cours de l'Ellé et de l'Isole, transformée en île artificielle par la création de douves joignant les deux cours d'eau peu avant leur confluence, ainsi que les rives de la Laïta. L'ancienne abbaye bénédictine Sainte-Croix est à l'origine du noyau urbain initial en raison des fortifications entourant et protégeant l'abbaye à partir du , et de l'attrait du minihi (sauveté de Clos Gurthiern). L'essor démographique nécessite d'autres extensions urbaines extra-muros : le faubourg du Gorrequer (route de Carhaix), celui de Lovignon (route de Vannes). Pour contrebalancer la puissance de Sainte-Croix, le duc Jean de Bretagne fonda en 1264 sur la rive gauche, donc dans l'évêché de Vannes, le monastère des Dominicains (« abbaye blanche », surnom probablement donné à cette abbaye en hommage à Blanche de Navarre, épouse du duc fondateur Jean de Bretagne, à moins que ce ne soit une allusion à la couleur de la robe des moines), à l'origine du développement du faubourg du Bourg Neuf, longtemps mal relié à la ville jusqu'à la construction tardive (car refusée jusqu'alors par l'abbaye Sainte-Croix) du pont des Jacobins (puis du Bourgneuf) enjambant l'Ellé en 1643. La diminution des troubles favorise l'essor de l'artisanat et du commerce, facilités par l'existence d'un port d'importance notable : la Laïta est alors remontée, à marée haute, par des bateaux de mer de 10 à 60 tonneaux, pourvus d'équipages pouvant aller jusqu'à 15 hommes, obtenant le droit de franche foire pour Saint-Michel, qui devient paroisse dès le , et le Bourg Neuf en 1434.

La cité dépendait entièrement de l'abbé de Sainte-Croix, véritable seigneur féodal, à la fois administrateur, juge et représentant de la force publique. Sous l'autorité de l'abbé, un chambrier assurait la gestion financière, un avoué aux décisions sans appel assurait la justice, y compris le droit de haute justice (peine de mort), un voyer assurait la perception des impôts. D'autre part l'abbé disposait du droit épiscopal sur toutes les églises possédées par l'abbaye dans le diocèse.

Une bonne partie de la Basse Ville est inondable. D'ailleurs les quais Brizeux et Surcouf sont régulièrement noyés sous les eaux de la Laïta. L'hôtel Brizeux est un indicateur visuel très pratique pour mesurer la hauteur d'eau lors d'une crue.

Une agglomération de moindre importance s'est également développée autour de l'Abbaye blanche, sur la rive gauche de la Laïta, face à la montagne Saint-Michel. Celle-ci a pris le nom de Bourgneuf.

La zone urbanisée s'est par la suite étendue notamment en direction de l'ouest à la suite de la construction de la gare ferroviaire en 1862-1863. Aujourd'hui, cette zone urbanisée déborde en direction du nord sur la commune voisine de Mellac, Stang Veil et la cité de Ty Lann constituant des faubourgs de l'agglomération quimperloise.

La Haute Ville occupe au contraire les parties hautes avec la montagne Saint-Michel.

Hydrographie Réseau hydrographique

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Ellé, la rivière l'isole, l'Isole, le Dourdu, le Frout, le ruisseau de la Fontaine au loup et divers autres petits cours d'eau.

L'Ellé, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Glomel et se jette dans la Laïta, estuaire formé par l'Ellé et l'Isole en limite de Guidel et de Clohars-Carnoët, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de l'Ellé [la Laïta] sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 11:05 TU à partir des 355 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1994 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

L'Isole, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Roudouallec et se jette dans l'Ellé sur la commune, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Isole sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 666 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1969 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

Le Dourdu, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Mellac et se jette dans l'Ellé sur la commune.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de QuimperléLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang des Loups, d'une superficie totale de ( sur la commune) et l'étang des Tailleurs ()..

Inondations vignette|Quimperlé : la confluence Isole-Ellé qui forme, au premier plan, la Laïta. Quimperlé est située à la jonction des vallées de l'Ellé et de l'Isole dont la confluence forme la ria de la Laïta. Le site est très encaissé, ce qui explique que la partie basse de la ville soit sujette à des inondations à répétition, qui s'expliquent aussi par la forte pluviosité sur le bassin versant de ces cours d'eau formé pour l'essentiel des montagnes Noires, la nature peu perméable des roches granitiques et schisteuses de ce bassin versant ; l'Ellé par exemple a un débit moyen de cubes par seconde, mais il peut atteindre des valeurs beaucoup plus fortes lors des crues : /s en 1974, /s en 2000 ; l'Isole a un débit moyen de /s, mais a atteint un débit de /s lors des inondations de ; la Laïta dépasse , coupant la ville en deux ; 50 personnes durent être évacuées et les dégâts furent considérables.. vignette|gauche|Les inondations du vues de la confluence Isole-Ellé. Mais ces crues ont été aggravées par le passé par les aménagements survenus en amont (le pic des eaux de l'Isole constaté à Scaër arrivait plus de 24 heures plus tard à Quimperlé par le passé, mais le délai n'est plus que de 6 heures de nos jours en raison de l'arasement des talus, du remblaiement de zones humides et de l'imperméabilisation croissante des sols du bassin versant) ainsi que par les aménagements urbains : « L'Isole a été rétrécie et endiguée aux par la construction d'immeubles en amont du Pont Salé et par la construction de la rue de la Tour-d'Auvergne, qui a remplacé des jardins à l'arrière des anciennes maisons de la rue Savary. Sur les bords de l'Ellé, la zone marécageuse de Lovignon a été remblayée au . Quant au lit de la Laïta, il a été progressivement rétréci par des digues construites en contrebas de la Retraite et par la construction du quai Surcouf à la fin du »Bulletin de la Société d'histoire de Kemperle, janvier 2001.. Le lit de l'Isole fut aussi rétréci, notamment vers 1900, lors de la construction d'une turbine au Moulin de la Ville en remplacement de la roue à aubes précédemment existante. La coïncidence des crues avec de forts coefficients de marées (l'influence de la marée se fait sentir jusqu'à la place Charles-de-Gaulle) joue un effet aggravant, mais de modeste importance.