Scaër est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Connu pour être un haut lieu du gouren (lutte bretonne), ce sport a valu à Scaër le surnom de « pays des lutteurs ».

Géographie

Localisation vignette|left|La rivière Isole au Pont Penvern. La commune est située en Argoat, dans le sud-est du Finistère et jouxte à l'est le département du Morbihan. Son chef-lieu est situé à vol d'oiseau, à à l'est de Quimper et au nord-ouest de Lorient. Les communes limitrophes sont Bannalec au sud, Rosporden au sud-ouest, Tourc'h à l'ouest, Leuhan et Roudouallec au nord, Guiscriff à l'est et Saint-Thurien au sud-est.

Avec une superficie de , Scaër peut se prévaloir d'être la commune la plus étendue du département et même jusqu'à une date récente de la région Bretagne (jusqu'à la création de la commune nouvelle de Le Mené le )Le Mené est la plus grande commune de Bretagne, Ouest France, 25 mars 2015..

La commune, très vallonnée, s'étage entre d'altitude au niveau du point le plus bas de la vallée de l'Isole et sur les hauteurs du village de Coadry. Elle est parcourue par de nombreux ruisseaux qui se jettent soit dans l'Aven, à l'ouest, soit dans l'Isole, à l'est. Le plus important d'entre eux est le Ster Goz. L'Aven longe le territoire de la commune, et la sépare ainsi de Tourch, tandis que l'Isole en traverse la partie orientale en suivant une direction générale nord-sud.

La commune, autrefois très boisée comme l'attestent les nombreux toponymes en Coat : Coadry, Coadigou, Kergoat, Coatforn, etc., totalise de bois et possède encore deux importants massifs forestiers : la forêt de Cascadec et la forêt domaniale de Coatloc'h ("bois du lac" en breton, car un lac existait il y a plusieurs siècles dans la partie nord de la forêt), gérée par l'ONF, vaste de 310 hectares..

Bien que le bourg soit de taille importante, la commune possède un habitat rural très dispersé constitué de pas moins de et écarts.

Géologie et minéralogie : les « pierres de Coadry » vignette|Carte géologique de la région de Scaër. Le sous-sol de Scaër est constitué de micaschiste à staurotides et biotite à l'ouest, au nord et à l'est du bourg, qu'on trouve dans les champs, en retournant la terre. Au nord, il alterne avec des schistes modifiées. Au sud du bourg, il s'agit de granite. Des carrières de granite, situées à l'angle sud-est de la forêt de Coatloc'h, furent d'ailleurs exploitées depuis le Moyen Âge par des tailleurs de pierre. Ce granite a servi à construire notamment la croix du cimetière de Scaër, datée de 1400. Au lieu-dit Drolou, une cavité souterraine est en fait une ancienne mine d'étainLe Télégramme de Brest et de l'Ouest, 31 octobre 2019, article intitulé : Urbanisme, une vaste radioscopie de la commune.

vignette|gauche|« Pierres de Coadry » (staurolites, dits encore staurotides). Entre les villages de Coadry et Restambern, ainsi qu'auprès des lieux-dits Mille Mottes (en Elliant), Noteriou (en Coray), Coat Spern et Quillien (en Tourc'h), etc., on trouve des pierres contenant de gros cristaux de en forme de croix de saint André, appelées « pierres de Coadry » (ou « pierres de Coadri »). D'un point de vue géologique, ces pierres sont des staurotides, staurotide signifiant « pierre de croix » (nom qui leur fut attribué initialement par Daubenton), composés de silicate d'alumine et de fer, et qui a reçu l'appellation locale de « croisette de Bretagne ».

Leur forme curieuse en croix a contribué à inspirer de nombreuses légendes. Ces pierres qui émergent des champs après les labours sont là « comme des rappels à l'ordre (...) [d]es symboles de religion »Henri Queffélec, La Bretagne intérieure, Hachette, 1961. Selon l'une de ces légendes, c'est Dieu lui-même qui a marqué les pierres de Coadry de son signe, un jour ancien où des iconoclastes abattaient des calvaires. Pour d'autres, les staurotides seraient apparues lors de la construction de la chapelle de Coadry. Jacques Cambry, dans son Voyage dans le Finistère écrit : . Un vieux proverbe de Cornouaille dit (en breton) : « Montez sur un arbre et cassez-vous le cou : avec les pierres de Coadry vous n'aurez aucun mal » (Pignit ba 'r wezenn, torrit ho koug : G'ar mein Koadri n'ho pet tamm droug). On les plaçait au pied des maisons pour se protéger de la foudre : ce qui leur valut aussi le nom de « pierre à tonnerre ». Ces pierres servaient aussi de bijoux et de parures fémininesLouis Chauris, "Minéraux de Bretagne", Les éditions du Piat, 2014, .

Selon Alexandre Bouët « on leur attribuait aussi la vertu de préserver les enfants des frayeurs, des coliques, des sorts et des mauvais vents ».

Une autre légende peut être résumée ainsi : il y a plus d'un millénaire, un temple païen existait à Coadry. Un seigneur local, le comte de Trévalot vit son château assiégé par un rival, le seigneur de Coatforn. Le comte, pieux chrétien, fit le vœu, en cas de victoire, de construire une chapelle. Après sa victoire, il fit atteler deux bœufs qui s'arrêtèrent d'eux-mêmes à proximité du temple païen en ruine, et c'est donc là que fut construite la chapelle Saint-Sauveur de Coadry. À peine les ouvriers avaient-ils commencé à la construire que des miracles se produisirent : les ronces qui recouvraient le site disparurent d'elles-mêmes, une source jaillit, douée de vertus médicinales, et les pierres de Coadry apparurent. Au , une disette survint et les pèlerins, qui étaient nombreux à fréquenter la chapelle, en furent rendus responsables ; la chapelle fut alors incendiée par la populace, mais la fumée de l'incendie dispersa les « pierres de croix » jusqu'à Coray. Deux siècles plus tard, la chapelle fut dédiée au Christ et les pèlerinages reprirent de plus belle ; les pauvres vendaient les « pierres de croix » aux pèlerins de passage. Les pierres de Coadry sont censées protéger contre les naufrages, les chiens enragés, les maux des yeux, la folie.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aven, l'Isole, le Stêr Goz, le Goarem Clujiry, le Kerlan, le ruisseau de Goarem clujiry, le ruisseau de Kerlan, le Pont ar C'hleudic, le ruisseau de Malagas et divers autres petits cours d'eau.

L'Aven, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Coray et se jette dans l'Océan Atlantique en limite de Riec-sur-Bélon et de Névez, après avoir traversé .

L'Isole, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Roudouallec et se jette dans l'Ellé à Quimperlé, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Isole sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 542 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/03/1979 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..

Le Stêr Goz, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Aven à Pont-Aven, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de ScaërLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : les étangs de Kervir ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement, l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Coray à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Scaër est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Scaër, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols détaillée de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu3,1 %364Terres arables hors périmètres d'irrigation37,0 %4358Prairies et autres surfaces toujours en herbe13,3 %1561Systèmes culturaux et parcellaires complexes29,8 %3512Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants6,4 %751Forêts de feuillus7,2 %843Forêts de conifères0,2 %22Forêts mélangées1,2 %145Landes et broussailles1,4 %164Forêt et végétation arbustive en mutation0,4 %51Source : Corine Land Cover.

Toponymie Attestations anciennes..

Scazre en 1038 ; Scathr ou Scazre aux ; Scadr en 1220 ; Scazre en 1270 ; Schazre en 1330 ; Scazre en 1328, 1516, 1536 ; Scazre en 1574 ; Scaezre en 1575 ; Scadre en 1630 ; Scaer en 1636 ; Scaere en 1652 ; Scaezre en 1731.

Le nom est attesté sous les formes Scathr en 1038 (cartulaire de l'abbaye de Landevennec); Scazre aux ; Scaezre au et puis Scaër au . La graphie bretonne est .

Hervé Abalain explique ce toponyme par le vieux norrois skarð au sens de « faille » ou « crevasse ». Skarð possède effectivement ces significations, ainsi que celles de « gouffre, défilé, etc » et remonte au proto-germanique tout comme le mot apparenté écharde (ancien français escharde, escherde). Cependant, il faut préalablement supposer une métathèse de /r/ : *Skarð > Scathr, aucune des formes anciennes n'allant précisément dans ce sens (voir supra). De plus, il n'existe aucun toponyme scandinave, d'étymologie assurée en Bretagne.

Une récente hypothèse privilégie une origine latine cohérente avec l'Histoire et la topographie : Scathr serait issu du latin scaturex, -igis (scătūrex) « source abondante », « eau qui jaillit du sol » faisant référence à la Vieille source ou Fontaine Sainte Candide, décrite comme la Merveille de Scaër par Jacques Cambry en 1794Association Histoire et Patrimoine du Pays de Rosporden.https://www.hppr29.org.

Histoire

Période néolithique