Scrignac (en breton : Skrigneg) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Elle fait partie du parc naturel régional d'Armorique.
Géographie Situation
vignette|gauche|Le bourg perché sur une hauteur (vue depuis la route de Bolazec). Vaste de , commune donc de grande superficie, le bourg est juché au sommet d'une colline. Le territoire communal est très vallonné et est drainé par de nombreux cours d'eau : les cours amont de l'Aulne, du Squiriou et plusieurs autres affluents (le Roudouhir, le Rudalvéget, le Beurc'hoat, le Mendy, etc.). L'altitude du territoire communal est comprise entre et (le bourg est vers ) et la commune est limitrophe au sud de Locmaria-Berrien, au sud-ouest de Berrien, au nord-est de Lannéanou, à l'est de Bolazec et de Plougras, cette dernière commune étant située dans le département des Côtes-d'Armor.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Aulne, le Douron, le Beurc'Hoat, le Roudouhir, le ruisseau le Squiriou, le Mendy, le ruisseau de Roudouhir, le ruisseau Voaz Ven et divers autres petits cours d'eau.
L'Aulne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lohuec et se jette dans la rade de Brest en limite de Landévennec et de Rosnoen, après avoir traversé vingt-sept communes.. Les caractéristiques hydrologiques de l'Aulne sont données par la station hydrologique située sur la commune de Poullaouen. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 594 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/07/1974 au 01/05/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..
Le Douron, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la baie de Lannion entre les communes de Plestin-les-Grèves et de Locquirec, après avoir traversé neuf communes..
Le Beurc'hoat, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plougonven et se jette dans l'Aulne à Poullaouen, après avoir traversé quatre communes.
Le Roudouhir, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plougras et se jette dans l'Aulne à Carnoët, après avoir traversé cinq communes..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de ScrignacLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Brennilis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Cadre géologique
La commune est localisée dans la partie occidentale du Massif armoricain, à la limite du domaine nord et centre armoricain. Elle se situe dans un vaste bassin sédimentaire s'allongeant sensiblement en direction W-E, depuis la baie de Douarnenez jusqu'au bassin de Laval. Ce bassin est principalement constitué de schistes briovériens (sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux issus de l'érosion du segment occidental de la chaîne cadomienne, accumulés sur plus de d'épaisseur et métamorphisés), formant un socle pénéplanéCe socle briovérien de schistes tendres constitue ainsi la série géologique dominante du domaine centre armoricain, jusqu'à la forêt de Paimpont. sur lequel repose en discordance des formations paléozoïques sédimentaires (formations siluro-dévoniennes constituées de schistes, phyllades et quartzites). Ces formations ont été déposées dans le bassin marqué par une forte subsidence, puis métamorphisées et déformées lors de l'orogenèse varisque (plis d'orientation préférentielle N 110° et plusieurs familles de failles d'orientations différentes)..
Sur le territoire de Scrignac, le bassin est limité à l'ouest, au nord et à l'est par trois importants plutons hercyniens (les massifs granitiques de Huelgoat, de Commana-Plouaret et de Quintin) qui font partie d'un ensemble plus vaste, le batholite médio-armoricain. La dépression de Scrignac est ainsi située à l'est du massif granitique de Huelgoat qui perce la couverture de ces formations siluro-dévoniennes constituant une des principales unités tectoniques de la région, l'anticlinal briovérien de Yeun Elez-Plourac'h-Callac, avec la zone d'ensellement transverse de Scrignac. Ces roches métamorphiques sont les témoins d'une pénéplanation très ancienne à l'ère primaire suivie d'un resoulèvement à l'ère secondaire, contre-coup des plissements pyrénéen et alpin.. vignette|Dendrites de manganèse sur aplite (trouvées à Scrignac) (Maison des minéraux de Crozon). Un petit gisement de calcaire datant du Dévonien existe à Kerisac en ScrignacLouis Chauris, "Minéraux de Bretagne", Les éditions du Piat , 2014, ..
Urbanisme Typologie Au , Scrignac est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (74,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (75,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (32,2 %), terres arables (27,1 %), forêts (15,9 %), prairies (14,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (9,1 %), zones urbanisées (0,7 %), mines, décharges et chantiers (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Scruyniac en 1318 et en 1368., Scruiniac vers 1330, Scruynac en 1368, Scruignac en 1394, Scruynyac au , Scrunyac en 1427, Scruynyac en 1496, Scruiniac en 1516, Scruygnac en 1535, Scruignac en 1536, Scrinnac en 1536, Scruyniac en 1574, Servignac comprins Botgasel en 1591, Scruignac en 1591 et en 1630, Scruyniac en 1638, Scruynac en 1638, Scrignac en 1694.
Le nom Scrignac proviendrait du gaulois *skarena (ravin, lieu rocailleux éboulis), désignant un « lieu pierreux ».. En breton, skrigneg signifie « lieu pentu, rocheux »., « aride ».
En breton, la forme normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est .
N.B. Ce sens est effectivement inexistant en breton. On a au contraire skar, "enjambée" et skrign, "grincement (de dents)" ! (P.G.)
Histoire Des origines à la fin du La paroisse de Scrignac, dépendant de l'évêché de Cornouaille, englobait les trèves de Bolazec et Coatquéau (écrit alors Coetkaeou) et dépassait hectares. En 1585, l'existence du château de Montafilant est mentionnée : il appartenait alors à l'évêque de Tréguier, François de La Tour, seigneur de Penarstang et de Montafilant en Scrignac.. Scrignac est alors, du Moyen Âge à la Révolution française, pour l'essentiel sous l'autorité des seigneuries féodales de Montafilant et de Kerbrat-Hellès. Toutefois une vingtaine de villages dépendent de l'abbaye du Relec (actuellement en Plounéour-Ménez) ou des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (leur Commanderie est implantée alors à La Feuillée) et sont régis selon un mode d'exploitation original : la quévaisePatrimoine de Bretagne.
Aux , l'installation de petits manoirs et métairies nobles, déclassés tôt en simples fermes, témoigne d'une activité agricole omniprésente. Aujourd'hui, seul le massif occidental de l'église paroissiale et quelques croix de chemins illustrent cette époquePortail des patrimoines de Bretagne. vignette|left|Carte de Cassini () : la région de Scrignac. En 1645, Julien Maunoir prêcha une mission à Scrignac.
En 1675, les manoirs de Kerizac, Kergreac'h et Kerbrat sont incendiés et pillés par les Bonnets rouges lors de la Révolte du papier timbré. Ces bâtiments sont encore en ruines en 1680, au moment de la réformation du registre du Terrier. En 1697, un document indique que le commandeur des moines Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem implantés à La Feuillée possède dans la paroisse le "membre de Lannouédic" qui regroupe les villages actuels de Lannouédic, Kertanguy et du Quilliou. En 1774 à Scrignac, pour une population totale de habitants environ, le nombre des journaliers était de 890 payés un salaire de misèreÉliane Faucon-Dumont, Georges Cadiou, Huelgoat et les monts d'Arrée. Les rebelles de la montagne, éditions Alan Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2008 .. Dans le cadre du contrat de domaine congéable, fréquent alors en Basse-Bretagne, les autres paysans étaient domaniers.
Selon Henri Sée, en 1774, le nombre des journaliers et domestiques à Scrignac était de 890 sur une population totale qui s'élevait alors à Henri Sée, "Les classes rurales en Bretagne du à la Révolution", 1906, page 307..
En 1782 l'évêque de Quimper, lors d'une visite pastorale, menace de fermer l'église paroissiale qui est « dans un état de ruine prochaine ». L'évêque fait transférer le culte dans la chapelle tréviale de Coatquéau « jusqu'à ce que [l'église] soit dans un état de décense et de sûreté convenables »..
Pendant la Révolution française En 1789, le cahier de doléances de Scrignac réclame la suppression des domaines congéables qui, en fonction de l'usement (= coutume) du Poher, sont « si odieux et si préjudiciable au peuple, en ce que le colon sortant, outre la perte de ses droits par un remboursement forcé, se voit encore obligé avec l'injustice la plus criante de payer tous les frais de prisage et autre en résultant »Alain Le Bloas, La question du domaine congéable dans l'actuel Finistère à la veille de la Révolution, Annales historiques de la révolution française N331, janvier-mars 2003.
En , Scrignac est l'objet d'une bataille entre les chouans et les républicains venus de Morlaix.