Saint-Frégant est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
Présentation Saint-Frégant est une commune du Léon située à une dizaine de kilomètres à peine du littoral de la Manche et au nord-ouest de la ville de Lesneven. Le finage communal forme grosso modo un rectangle dont la longueur est selon l'axe nord-sud (deux ruisseaux affluents de rive gauche du QuillimadecLe Quillimadec est un petit cours d'eau long de , qui prend sa source sur les hauteurs de Plounéventer et forme la limite entre les communes de Ploudaniel, Trégarantec, Lesneven, Kernouës, Saint-Frégant et Guissény, situées sur sa rive gauche, et celles de Saint-Méen, Plouider et Kerlouan, situées sur sa rive droite. À la fin du , selon Jean-Baptiste Ogée, il faisait tourner 14 moulins., petit fleuve côtier, servent de limites communales tant à l'est qu'à l'ouest), le bourg de Saint-Frégant étant légèrement excentré dans la partie nord et le château, ainsi que le moulin, de Penmarc'h étant situés à sa limite sud, à proximité de la D 32, ancienne voie romaine, dont le tracé correspond à la limite communale avec Kernilis.
Le bourg de Saint-Frégant est à d'altitude, les altitudes variant de (à Croas-ar-Justiçou, à la limite sud de la commune) à (dans la vallée du Quillimadec, dans l'angle nord-est du territoire communal). L'habitat rural est dispersé, les principaux hameaux étant ceux de Kervolant, Kerfréoc, Rucaradec, Kéréobret dans la partie nord de la commune, de Keravezan, Penhoat, Lesvern, Keradennec dans sa partie sud.
Communes limitrophes
Géologie
De petites carrières d'amphibolite (qui affleurent dans un synclinal gneissique) ont été par le passé exploitées à Saint-Frégant, notamment une située près du château de Penmarc'hLieutenant-colonel Azéma et L. Collin, Étude des amphibolites du nord de la Bretagne, "Association française pour l'avancement des sciences", 1914, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2012178/f280.image.r=Fr%C3%A9gant?rk=1351938;0.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Quillimadec et divers autres petits cours d'eau.
Le Quillimadec, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plounéventer et se jette dans la Manche à Guissény, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-FrégantLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploudaniel à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Frégant est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (95,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (44,9 %), terres arables (36 %), prairies (13,6 %), zones urbanisées (5,5 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Saint Frogan en 1447, Saint Fregon en 1442, Sainct Fregan en 1481, en 1534 et en 1554..
Saint-Frégant vient de saint Fragan, cousin du roi breton Catovius, père de saint Guénolé et époux de sainte Gwenn. De son oncle Conan Meriadec, Fragan (ou Fracan) aurait reçu le gouvernement des comtés de Léon et de Cornouaille, et il se serait illustré à Guissény dans une bataille contre les pirates..
Histoire Préhistoire Des preuves d'occupation humaine dès la Préhistoire ont été trouvées : plusieurs tombeaux maçonnés en pierres sèches datent de l'âge du bronze et une monnaie gauloise prouve une occupation celtiqueLouis Pape, Une monnaie gallo-belge trouvée à Saint-Frégant, revue "Annales de Bretagne", 1968, tome LXXV, pages 267-269..
Antiquité vignette|left|170 px|La borne milliaire de Kerscao (Musée départemental breton de Quimper). vignette|Transcription de la borne milliaire de Kerscao trouvée à la limite de Saint-Frégant et Kernilis. Une voie romaine (son tracé correspond à l'actuelle D 32) venant de Vorgium, via Vorganium en Plounéventer et Le Folgoët, passait ensuite près du château de Penmarc'h en Saint-Frégant et de Kerscao en Kernilis en direction de Plouguerneau et Tolente.
Une villa gallo-romaine, une habitation luxueuse, centre probable d'un vaste domaine agricole a été redécouverte en 1967, les fouilles se poursuivant en 1968 et 1969, à Keradennec (en limite est du territoire communal), dans un terrain occupé par un taillis dénommé Coat-ar-Mogueriou. Daniel Louis Olivier Miorcec de Kerdanet, vers 1833, avait le premier découvert le site, quatre hectares de pierres et de tuiles, qu'il assimila à tort à la ville gallo-romaine de Tolente dont l'emplacement réel reste incertain, mais que les historiens actuels pensent plutôt se trouver à Landéda, Plouguerneau ou du côté de l'Aber-Wrac'h.. Arthur de la Borderie, dans son Histoire de Bretagne, mentionne la présence à cet endroit de plus de 600 fragments de poteries et de nombreuses monnaies romaines d'or, d'argent et de bronze s'échelonnant depuis l'empereur Auguste jusqu'à HonoriusJ. Toutain, Un site archéologique gallo-romain peu connu près de Lesneven (Finistère), "Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques", 1954, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6556376t/f96.image.r=Fr%C3%A9gant?rk=1394856;4.
Érigée sur les fondations d'une demeure plus modeste du s. apr. J.-C, la villa romaine de Keradennec supporte une occupation aristocratique du au apr. J.-C. ; elle est composée de quatre corps de bâtiments qui s'organisent autour d'une cour rectangulaire, avec un probable espace de réception au nord et une zone thermale à l'est, présentant encore une élévation d'un mètre cinquante, par endroits. La construction disposait d'une luxueuse décoration constituée de revêtements en stuc et d'enduits peints dont certains sont assimilables à des styles pompéiens. Au début du apr. J.-C., la partie thermale est sommairement réinvestie par des « squatteurs », déployant un mode d'habitation plus rustique. Ces nouveaux occupants installent également un atelier dans la partie nord de la villa. Il s'agissait, au moment de sa fouille, de la villa gallo-romaine la mieux conservée d'Armorique..
Au sud du finage communal de Saint-Frégant, la limite communale avec Kernilis est formée par l'ancienne voie romaine (actuelle D 32) allant de Vorgium (Carhaix) et Vorganium (Kerilien en Plounéventer) à Plouguerneau (Tolente ?) dont l'ancienneté est attestée par la borne milliaire de Kerscao.
La famille de Penmarc'h
La famille de Penmarc'h, présente aux montres de 1426 à 1534, était « des plus nobles et des plus anciennes de l'évêché de Léon, et, par lettres patentes de la reine Anne, de l'an 1502, elle fut érigée en seigneurie de bannière (chevalier banneret) avec éloge, scavoir, qu'elle étoit l'une des plus nobles et anciennes chevaleries de l'évêché de Léon..., lui conférant droit de haute justice avec patibulaires à 4 pôts [poteaux] ». L'auditoire de justice fut d'abord à Goulven, puis transféré en 1602 à Keradennec (une Croaz ar Justiciou ["Croix des justices"] existe toujours à cet endroit), puis, au à Lesneven. La juridiction de Penmarc'h s'étendait sur les paroisses de Guissény, Plouguerneau, Kernilis, Guicquelleau et leurs trèves, notamment Saint-Frégant.
La famille de Penmarc'h remonte au moins à Alain I de Penmarc'h, décédé en 1350, seigneur de Penmarc'h et époux de Constance de Coëtivy. C'est la raison pour laquelle le cardinal Alain IV de Coëtivy résidait au château de Penmarc'h quand il venait dans la régionAbbé J. Mével, "Notice sur la Paroisse de Trémaouezan", 1924, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k165472d/f44.image.r=Fr%C3%A9gant. Leur fils Alain II de Penmarc'h, époux de Guihederch du Juch, décéda vers 1375 Leur fils Henri I de Penmarc'h, né en 1360, décéda en 1424 Son fils Alain III de Penmarc'h, né en 1385, décéda en 1422. Il était l'époux d'Aliette de Lanroz. Leur fils Henri II de Penmarc'h, baron de Penmarc'h, né vers 1414, décéda en 1465. Il était l'époux d'Alix de Coëtivy. Un de leurs fils cadets, Christophe de Penmarc'h fut évêque de Dol, puis évêque de Saint-Brieuc. Leur fils Alain IV de Penmarc'h, baron de Penmarc'h, né en 1440, décédé en 1498, était l'époux d'Anne du Juch. Il fut chambellan du duc de Bretagne François II, puis d'Anne de Bretagne. Leur fils Henri III de Penmarc'h, baron de Penmarc'h, né en 1484, assassiné en 1527 par Jehan Marec'h, fut gentilhomme de la reine Anne. Il était marié en secondes noces avec Guillemette de Kerloaguen. Leur fils Alain V de Penmarc'h, baron de Penmarc'h, né en 1523, décéda en 1562. Il était l'époux de Françoise du Parc-Locmaria.