Loperhet (prononcé ; nommé également Lopérhet non officiellement) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Géographie
vignette|droite| Logonna en arrière-plan, vu de la grève de Pors Gwen en Plougastel. vignette|droite|Schorre dans la ria d'un ruisseau côtier à Loperhet, le Glanvez à Penfoul, endroit où il se jette dans la mer.
Entourée par les communes de Dirinon à l'est et Plougastel-Daoulas à l'ouest, Loperhet est située à neuf kilomètres au sud-ouest de Landerneau et à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Brest, la plus grande ville aux alentours. Baignée au nord par l'Élorn, au niveau de la grève du Guern par exemple, et limitrophe au sud de la rade de Brest, la commune de Loperhet se termine au sud par la pointe de Rostiviec, située à l'embouchure de la rivière de Daoulas ; elle forme ainsi, avec la commune voisine de Plougastel-Daoulas, la presqu'île de Plougastel dont elle occupe l'entréeBenjamin Girard, La Bretagne maritime, 1889, Gallica. Le bourg est situé à d'altitude mais le finage communal varie de d'altitude au niveau de la mer. Son territoire est très étiré dans le sens nord-sud, mais étroit dans le sens ouest-estTopic-Topos.
La commune est proche du parc naturel régional d'Armorique, dont la limite nord se trouve à sept kilomètres.
Géologie Géologiquement, un bassin synclinal s'étend de Loperhet à Plouigneau, formé de roches dévoniennes, principalement les schistes et quartzites de Plougastel, accumulation sur plus de d'épaisseur de schistes grossiers, gris verdâtre, et de quartzites vert sombre, surmontés de grès blanc de Landévennec, puis de bancs où alternent schistes, grauwackes et calcaires ; enfin par-dessus se trouvent des schistes dits de Porsguen et de RostellecFernand Priem, La terre avant l'apparition de l'homme Périodes géologiques, faunes et flores fossiles, géologie régionale de la France, 1893, Gallica.
Rostiviec vignette|Falaise à Porz Donn. Situé dans l'anse de Penfoul, le port de Rostiviec (le nom proviendrait du mot celte ou scandinave wic signifiant baie, embouchure) a connu par le passé une notable activité de pêche : l'été, aux maquereaux et aux chinchards et durant 3 mois d'hiver, au dragage des coquilles Saint Jacques et des praires; le dragage du sable par des petits sloops à voiles spécialisés dans cette activité, les bagou minou (car ils allaient draguer le sable en rade de Brest à proximité de la pointe du Petit Minou) ; les pêcheurs étaient souvent des « marins-paysans » se partageant entre ces deux activités. Les bateaux à vapeur n'ont été utilisés qu'à partir de 1935 (1949 même pour le dragage du sable). Désormais la navigation de plaisance a presque totalement remplacé la pêche et le dragage du sableTopic-Topos. En 1896, le village de Rostiviec compte 142 habitantsAdolphe Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies, tome 6, Q-SD, 1890-1905, Gallica.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LoperhetLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Guipavas à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Loperhet est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Loperhet, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par la mer d'Iroise, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (73,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (71,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (56,8 %), forêts (18,1 %), terres arables (10 %), zones urbanisées (7,5 %), prairies (6,9 %), eaux maritimes (0,5 %), zones humides côtières (0,2 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes ecclesia Loco Sanctae Brigidae en 1218, Loperchet en 1442, Loperguet en 1535 et Locus Brigide en 1574..
Le nom breton de la commune est Loperhed ou Loperc'hed.
Le nom de la commune est composé du breton lok (breton), du latin Locus qui signifie « lieu consacré » et Berc'het, du vieil irlandais Brigit. Le nom s'est répandu en France sous la forme Sainte Brigitte (l'abbesse Brigitte de Kildare).
Sainte Brigitte était la patronne de la paroisse de LoperhetRené Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier, Les bretons. 6, Bourg-Brou, 1886-1908, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5816057v/f385.image.r=Loperhet.langFR.
Histoire Étymologie et origines Le document le plus ancien mentionnant Loperhet date de 1186, c'est la confirmation par Hervé de Léon d'une donation du lieu, faite par son père Guyomarch IV de Léon et sa mère Nobilis (Nobile) aux chanoines réguliers de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas. Le nom de la commune provient de loc Perhet, l'oratoire de sant Perhet (ou sant Berc'hed), dite aussi sainte Brigitte. C'est alors un prieuré dépendant de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas, issu du démembrement de l'ancienne paroisse de Plougastel-Daoulas.
On connaît les mentions suivantes de son nom au cours de l'histoire : Loco Sanctae Brigidae (1218), forme latine, en référence à sainte Brigitte (Berc'hed en breton), ancienne abbesse du canton de Kildare en Irlande ; Loperchet (1442) ; Loperguet (1535) ; Locus Brigide (1516 et 1574), forme latine ; Loperc'het (1779) ; Loperhet (ensuite).
Des érudits du pensaient que le nom, comme celui de Lopérec, provenait de Loc Pezrec (l'oratoire de Pezrec), du nom de Perzec, ermite qui vécut vers 600 dans un recoin isolé de la forêt du CranouComptes-rendus, procès-verbaux, mémoires... (Association bretonne, Agriculture, Archéologie), 1912, Gallica.
Préhistoire et Antiquité Un menhir haut de se trouve au village du Carn et quatre autres ont été signalés à LinglasAdolphe Joanne, "Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies tome 4, L-M, 1890-1905, Gallica au .
Deux tumuli de l'âge du bronze ont été trouvés sur le territoire communal, l'un à Gorré Menez (inscrit Monument historique le ), l'autre au Roc'hellou (inscrit Monument historique le ), traces d'un peuplement préhistorique datant de l'âge du bronze.
Moyen Âge Aux , un hôpital et une chapelle (les deux bâtiments ont disparu) sont construits à Saint-Jacob, à proximité du site actuel du bourg de Loperhet, sur le trajet d'un chemin de pèlerinage allant du sud de l'actuel département du Finistère en direction du sanctuaire Saint-Michel de LesnevenTopic-Topos.
Une motte féodale datant du Haut Moyen Âge, de de diamètre et de de hauteur, se trouve au sud du bourg, à Goarem-ar-C'hatel, près de Roch'ellou. Elle a été fouillée en 1929 par Vera CollumVera Christina Chute Collum, née en 1883, décédée en 1957 à Guilford (Surrey)., une exploratrice anglaise, qui recherchait en fait (mais en vain) des traces du culte de la déesse mère celte Brighid. La motte féodale aurait été construite sur un tumulus existant antérieurementRoger Faligot, L'archéologue en quête de déesse-mère, revue ArMen , janvier-février 2018..
Lors de la montre générale de l'évêché de Cornouaille tenue en 1562 à Quimper, deux familles nobles de Loperhet sont citées, celles d'Alain de Rosnivinen et de Jehan Botsuegel. Yvon Buzit [Buzic en fait], sieur de Kerdaoulas, « arquebusier à cheval » y est aussi cité, mais parmi les nobles de Dirinon« Monstre générale de l'Euesché de Cornouailles, faicte à Quimper les et du mois de may 1562 », Antiquités de la Bretagne : Finistère, par le chevalier de Fréminville, 1852, p. 426-479, Tudchentil, les sources écrites sur les gentilshommes bretons.
Le manoir de Keranc'hoat vignette|left|Le parc du château de Keranc'hoat. Ce manoir du fut la résidence des du Louët et leurs descendants. Y ont habité successivement la famille du Louët, la famille de Rosnyvinen, de Coëtmenech, du Harlay, de Montmorency, puis Goubin de Kerdaniel.