La ligne Lausanne – Brigue, ou aussi ligne du Simplon, est une ligne ferroviaire suisse, reliant la ville de Lausanne dans le canton de Vaud et celle de Brigue dans le canton du Valais. Depuis Lausanne, la ligne longe la rive nord-est du lac Léman puis traverse le Chablais entre le Chablais valaisan et le Chablais vaudois, en remontant la vallée du Rhône jusqu'à Brigue. Elle est gérée par les Chemins de fer fédéraux suissesD'autres compagnies y font également circuler des trains, telles que Cisalpino (jusqu'en 2009), Lyria et plusieurs entreprises de marchandises..

Construite en plusieurs sections à partir de 1859, ses deux extrémités furent reliées en 1906, Brigue étant reliée en 1878Voir la carte historique des lignes ferroviaires en Suisse de 1907.. L'ouverture du tunnel du Simplon en 1906 draina une importante quantité de marchandises et de passagers entre la France, l'Italie et une partie de l'Allemagne. L'ouverture du tunnel du Lötschberg en 1913 a augmenté le trafic provenant des régions au nord de Bâle.

Historique

La ligne du Simplon est un passage historique, utilisé depuis longtemps entre la France et l'Italie, le trafic s'écoulait alors principalement par le col du Simplon et du Grand-Saint-Bernard. La route du col du Simplon fut construite sous Napoléon Bonaparte peu après 1800, le col du Grand-Saint-Bernard était déjà utilisé par les Romains vers le .

Construction d'une ligne Lausanne - Sion - Brigue vignette|Gare de Martigny La ligne Lausanne - Sion - Brigue fut construite entre 1857 et 1878, en plusieurs tronçons.

La première voie ferrée de cet axe fut le tronçon Martigny — Saint-Maurice — Le Bouveret, construit par la Compagnie de la Ligne d'Italie (LI) en 1859, . En 1860, elle relia Sion puis Sierre en 1868. Ensuite, Saint-Maurice et Villeneuve furent reliés en 1860 par la Compagnie de la Suisse occidentale. En 1874, la Compagnie du Simplon racheta la Compagnie de la Ligne d'Italie et construisit la ligne de Sierre à Brigue entre 1877 — 1878.

1855/56 : Yverdon — Lausanne — Morges 1857 : Villeneuve — Bex 1859 : Bouveret — Saint-Maurice — Martigny 1860 : Bex — Saint-Maurice 1860 : Saint-Maurice — Lausanne 1860 : Martigny — Sion 1861 : Lausanne — Villeneuve 1868 : Sion — Sierre 1877 : Sierre — Loèche 1878 : Loèche — Brigue

Le , les travaux d'agrandissement du tunnel de Saint-Maurice, marquant la frontière entre les cantons de Vaud et du Valais, débutent. Les travaux de ce tunnel construit en 1859, vont offrir une plus grande hauteur afin de permettre le passage de trains à deux étages, tels que les rames KISS par exemple. Le trajet Lausanne – Sion sera réduit de 12 minutes. Le montant se chiffre à 45 millions de francs.

Double voie

La ligne fut progressivement doublée entre 1900 et 2004 :

Lausanne — Villeneuve : 1900 Villeneuve — Martigny : 1910 Martigny — Riddes : 1914 Riddes — Sion : 1932 Sion — Saint-Léonard : 1968 Saint-Léonard — Granges/Lens : 1970 Granges/Lens — Sierre : 1901 Sierre — Salquenen : 1967 Salquenen — Loèche : 2004Nouveau tunnel construit en 2004 Loèche — Tourtemagne : 1978 Tourtemagne — Gampel/Steg : 1979 Gampel/Steg — Rarogne : 1977 Rarogne — Viège : 1978 Viège — Brigue : 1918 Brigue — Iselle di Trasquera : 1922Construction du second tunnel Iselle — Domodossola (FS) : 1922

Construction du tunnel du Simplon

vignette|Une des entrées du Tunnel du Simplon

C'est en 1880 que le projet de tunnel ferroviaire sous les Alpes entre Brigue et Domodossola à travers le massif du Simplon a pris une tournure plus concrète malgré nombre de critiques quant à cette entreprise gigantesque pour l'époque. Le projet comportait un tunnel et une galerie de plus petit diamètre en parallèle à une distance de , sur près de de longueur.

Les conditions de travail étaient extrêmes pour les ouvriers. Une température élevée en fut l'une des principales causes, celle de la pierre sous 2145 m de roche dans le point le plus profond, atteignit 55 degrés vers le milieu du tunnel. Celle de l'air proche de trente degrés, nécessita une ventilation constante et une aspersion continuelle d'eau froide sous forme de pluie fine. Une impressionnante source d'eau chaude de près de par seconde en fut une autre, ainsi que diverses inondations, mais malgré ces difficultés, la jonction se fit le et le premier train traversa le tunnel le . C'était alors le plus long tunnel du monde. La seconde galerie reliée au tunnel principal par des galeries transversales sera terminée en 1922.

, début du percement du premier tube, par la Compagnie du Jura-Simplon, alors propriétaire de la ligne. , fin du percement. , inauguration. 1906, électrification. 1912, début de l'élargissement du . 1921, fin du percement du .

Les compagnies

La Compagnie du Simplon fusionna en 1881 avec la Compagnie de la Suisse occidentale, cette nouvelle compagnie fusionna avec la Compagnie du Jura-Berne-Lucerne en 1890 pour donner la Jura - Simplon.

: Compagnie de la Ligne d'Italie (LI) : Compagnie du Simplon (S) : Suisse Occidentale-Simplon (SOS) : Jura-Simplon (JS) : Nationalisation et incorporation aux Chemins de fer fédéraux suisses (CFF)

La ligne tient une grande partie de son importance de par le tunnel du Simplon, celui-ci fut construit à partir de 1898 jusqu'en 1906. Reliant Brigue, à Iselle, sur la commune de Trasquera en Italie, il mesure , et est à double voie depuis 1922.

Infrastructure Signalisation alt=Repère d'arrêt ETCS sur la commune de Veytaux.|gauche|vignette|Repère d'arrêt ETCS sur la commune de Veytaux. En 2017, l'ETCS L2 est en service entre Lausanne (hors gare) et Villeneuve. Ce changement sert de projet pilote pour la transition de l'ensemble du réseau qui devait avoir lieu d'ici 2025.

Depuis , le reste de la ligne qui est équipé de signaux lumineux est protégé par le système de sécurité ETCS L1 LS en plus des systèmes suisses Euro-Signum et Euro-ZUB.

Une deuxième tronçon entre Sion et Sierre est basculé vers la signalisation en cabine en 2018. Il était prévu d'équiper les tronçons Roche VD – Vernayaz et Viège – Simplon de la même technique dès 2022/23 European Train Control System ETCS - Rapport d'étape 2015, Office fédéral des transports OFT, Confédération suisse, p.32.. Cependant, pour des raisons de coût et perennité technique (le système GSM-R n'étant supporté par les fournisseurs que jusqu`à l'horizon 2030), ces changements ont été repoussés à une date ultérieure Rapport 2019 sur les programmes d'aménagement ferroviaire, Confédération suisse, Office fédéral des transports OFT, p. 87.

Service et matériel roulant

La ligne du Simplon est utilisée pour le trafic passager et fret. Le trafic passager est partagé entre le trafic international, interrégional, et régional.

Au temps des locomotives à vapeur vignette|SBB Historic A 3/5 705

Lorsqu'en , un train part des bords du Lac Léman pour arriver la première fois à Brigue, après l'achèvement du tronçon Sierre — Brigue, l'horaire compte seulement trois paires de trains : matin, midi et soir. Le trajet dure quatre heures. À cette époque, des locomotives à vapeur légères de type B 2/3 ou Ec 2/3 remorquent sans distinction bagages, poste, marchandises et voyageurs. Ces locomotives sont capables de tirer des compositions de 50 tonnes et de circuler à une vitesse comprise entre et .

En 1881, la compagnie du Jura-Simplon acquiert la plupart de ses locomotives à SLM. Parmi ces locomotives figurent l'A 2/4 et la B 3/4.

Développant en commun les A 3/5 n°231 et 232, JS et SLM innovent dans le domaine de la construction de locomotives. Séduits par leurs performances et à la suite de l'étatisation de la compagnie, les CFF en commandent 107 jusqu'en 1909.

Pendant deux décennies, attelées à des trains rapides, ces locomotives parcourent la Vallée du Rhône. Après l'ouverture du Tunnel du Simplon, le dépôt de Brigue reçoit des C 4/5. Elles sont principalement au service de traction de la rampe sud, sur le tronçon Iselle — Domodossola.

Le temps de la locomotive au courant alternatif vignette|Une des premières locomotives électriques de la ligne du Simplon Ae3/5

Étant trop dangereux de maintenir une voie avec des locomotives à vapeur dans le tunnel du Simplon, la décision audacieuse fut prise de s'appuyer dès le début sur la technologie du courant alternatif triphasé alors très jeune. En 1906, la Brown, Boveri & Cie, connue aujourd'hui sous le nom d'ABB, finit d'installer le système dans le tunnel du Simplon sur de long. Le , les premières courses d’essai débutent avec les Fb 3/5 365, 364 et 361 prêtées par les Ferrovie dello Stato car ils possédaient déjà une ligne triphasée (Lecco — Colico — Chiavenna/Sondrio). En 1907, SLM et Brown, Boveri & Cie livrent les Fb 4/4 366 et 367. Les locomotives louées aux chemins de fer de Valteline peuvent donc être restituées. En 1914, lors de l’Exposition nationale, SLM et BBC présentent la Fb 4/6 371 qui ne répondra pas aux attentes en raison de pannes fréquentes et sera utilisée comme locomotive de réserve dès 1927. En raison de pénurie de charbon, le tronçon entre Sion et Brigue est équipé du courant alternatif triphasé en 1919. On achète donc deux nouvelles Fb 4/4 368 et 369. Puis en 1922 la seconde galerie terminée, le courant triphasé y est aussi installé.

En 1924, le tronçon Lausanne — Sion est converti au courant alternatif monophasé de 15 kV 16 2/3 Hz. En 1927, c’est au tour du tronçon Sion — Brigue en 1927 et en 1930, du tronçon Brigue — Iselle. Afin de faciliter l’exploitation, les Chemins de fer fédéraux suisses proposent aux autorités italiennes d’électrifier le tronçon Iselle — Domodossola. Les travaux s’achèvent le scellant ainsi la fin du système triphasé au Simplon. Le tronçon Domodossola — Milan-Centrale ne sera électrifié qu’en 1947 avec un courant continu de 3000 volts. Dès l’arrivée du courant monophasé à Brigue, les Ae 3/6 et les Ae 4/7 circulent sur la ligne. Toutefois, quelques locomotives à vapeur restent stationnées à Brigue comme locomotive de manœuvre (Ee 3/3 "Tigerli") ou comme locomotive de réserve (une A 3/5 et une Eb 3/5). À partir des années 1960, elles seront remplacées par des véhicules de manœuvre à traction électrique Ee 3/3 et diesel Bm 4/4 et Bm 6/6.

Liste des locomotives à courant alternatif ayant circulé sur la ligne du Simplon : ⇒ Ae 3/5 (Fb 3/5 361-365), Ae 4/4 (Fb 4/4 366-369), Ce 4/6 (Fb 4/6 371), Ae 3/6 I 1061-1714, Ae 4/7 10901-11027, Ce 6/8 II "crocodile", Be 4/7 12501-12506

Développement vignette|Une Re 460 remorquant un IR en Valais à Hohtenn sur la ligne du Lötschberg. vignette|La ligne au bord du Léman dans Lavaux.

Le service passager se compose d'EuroCity (Genève Aéroport — Lausanne — Brig — Milan(— Venise)), d'InterRegio (Genève Aéroport — Lausanne — Brigue) et de trains régionaux. Le TGV Lyria provenant de Paris est prolongé de Lausanne à Brigue en hiver.

La ligne du Simplon est accompagnée le long de son parcours par nombre d'autres chemins de fer : (de Lausanne à Brigue) Chemin de fer Lausanne-Échallens-Bercher (LEB) Transports Montreux-Vevey-Riviera (MVR) Chemin de fer-musée Blonay-Chamby (BC) Chemin de fer Montreux - Oberland Bernois (MOB) Transports publics du Chablais (TPC) Transports de Martigny et Régions (TMR) Funiculaire SMC (SMC) Matterhorn-Gotthard Bahn (MGB) Chemin de fer du Lötschberg (BLS) Società Subalpina di Imprese Ferroviarie (SSIF)

Trains suisses InterRegio

Les trains interrégionaux (IR ) circulant par la ligne du Simplon partent de la gare de Genève-Aéroport pour se rendre à Brigue et sont exploités par les Chemins de fer fédéraux suisses. L'InterRegio90 est composé de voitures de type VU IV elles-mêmes tractées par une locomotive électrique de type Re 460. Il circule sur cette ligne depuis 1985. Depuis le dimanche , les premiers InterRegio à deux étages circulent sur la ligne du Simplon.

La ligne :