La terza rima () ou tierce rime est une structure rimique particulière des strophes intercalant dans un tercet une rime issue du tercet suivant. Elle est utilisée pour la première fois par le poète italien Dante Alighieri dans son œuvre majeure la Divine Comédie.
Structuration Contraintes structurelles définissant la terza rima : la rime du premier vers et la rime du dernier n’ont qu'un écho ; la rime des autres vers ont deux échos le nombre de tercets n’est pas limité le dernier vers est toujours isolé le troisième vers d'un tercet est un écho au premier vers le second vers d'un tercet est repris en écho dans le tercet suivant en premier vers
Représentation schématique de la terza rima : ABA-BCB-CDC-DED-EFE-FGF-GHG-HIH-I.
Généralement, les vers sont des hendécasyllabes. Mais il existe une forme hexasyllabique appelée piccola terza rima (petite rime tierce)"Craftsmanship in Versification", in Wolfgang Görtschacher's Contemporary Views on the Little Magazine Scene, Poetry Salzburg, 2000, p.549.
Utilisation en français Histoire La terza rima, autrement appelée rime tierce, est introduite et utilisée dans la littérature française par le biais de Jean Lemaire de Belges, au début du . On retrouve cette forme dans son œuvre intitulée : La Concorde des deux langages.
D'autres poètes ont fait usage de cette structure mais cette forme poétique n'est pas très usitée.
Cette structure rimique n'est pas utilisée durant les . Elle sera réintroduite par Théophile Gautier, notamment dans son recueil intitulé La Comédie de la mort.
Liste d'auteurs Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive. Marguerite de Navarre dans La Navire (1547) ; Hugues Salel dans Premier chapitre d'amour, Second chapitre d'amour et Troisième chapitre d'amour issus des Œuvres complètes ; Philippe Desportes ; Étienne Jodelle dans Chapitre de l'Amour, Chapitre d'Amour, Autre chapitre d'Amour, À sa muse, Sur la musique ou encore dans Contr'Amours et Contre la Riere-Venus issus de Les Amours ; Théophile Gautier dans Terza rima tiré des Poésies Complètes mais aussi dans Ribeirain : España, 1845 ; Martin-Saint-René dans sa traduction de la Divine Comédie de Dante et pour qui la terza rima est la forme la plus vibrante de la poésie Charles Guinot dans les Fleurs d'oisiveté ; Stéphane Mallarmé dans Aumône et Le Guignonin : Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveaux, collectif, 1866 ; José-Maria de Heredia dans Monumentin : Le Tombeau de Théophile Gautier, collectif, 1873 ; Paul Valéry dans La Fileuse. Louisa Siefert dans Souvenirs d'Enfance.
Utilisation dans d'autres langues La terza rima se retrouve dans nombre de langues à travers le monde souvent en tant que traduction de la Divine Comédie mais pas seulement. Allemand Johann Wolfgang von Goethe dans Im ernsten Beinhaus war's Hugo von Hofmannsthal dans tercets impermanence Anglais Geoffrey Chaucer dans Complaint to His Lady Percy Bysshe Shelley dans Ode to the West Wind et The Triumph of Life Thomas Hardy dans Friends Beyond Dorothy L. Sayers Corse Terzetti di Filenu, chant traditionnel du village de Rusio en Haute-Corse Danois Adam Gottlob Oehlenschläger dans Roskilde Domkirke Espagnol Andrés Fernández de Andrada Garcilaso de la Vega dans Juan Boscán Miguel Hernández dans El rayo que no cesa Hollandais Ike Cialona et Peter Verstegen Hongrois Mihály Babits dans Ady Endrének Dsida Jenő dans Miért borultak le az angyalok Viola előtt Polonais Jan Kasprowicz dans Christ. Italien Dante Alighieri dans la Divine Comédie Suédois Hjalmar Gullberg dans Terziner i okonstens tid
Exemples En italien (premiers vers de la Divine Comédie)
Nel mezzo del cammin di nostra vita (a) mi ritrovai per una selva oscura (b) ché la diritta via era smarrita. (a) Ahi quanto a dir qual era è cosa dura (b) esta selva selvaggia e aspra e forte (c) che nel pensier rinova la paura! (b) Tant'è amara che poco è più morte; (c) ma per trattar del ben ch'i' vi trovai, (d) dirò de l'altre cose ch'i' v'ho scorte. (c) Io non so ben ridir com'i' v'intrai, (d) tant'era pien di sonno a quel punto (e) che la verace via abbandonai. (d)
En espagnol (Grandeza Mexicana de Bernardo Balbuena ¿Pues que diré de la hermosura y brío, (a) gracia, donaire, discreción y aseo, (b) altivez, compostura y atavío (a)
de las damas daeste alto coliseo, (b) nata del mundo, flor de la belleza (c) cumplida perfección, sin del deseo, (b)
su afable trato, su real grandeza, (c) su grave honestidad, su compostura, (d) templada con suave y gran llaneza? (c)Encyclopaedia Britannica
En français (Terza rima de Charles Guinot) Ô mon cœur ! ô mon cœur ! Pourquoi battre si vite, (a) Quelle angoisse te tord dans ma poitrine en feu, (b) Qu'as-tu donc, et d'où vient le trouble qui t'agite ? (a) Je souffre, apaise-toi, laisse-moi quelque peu, (b) Laisse mon âme en paix, dormir indifférente (c) À la vie, à la mort, à l'orage, au ciel bleu ! (b) Heureux le bœuf couché, broutant l'herbe odorante, (c) Il ne se souvient plus du cruel aiguillon ; (d) Nul désir fou ne s'offre à sa pensée errante ! (c) Mais plus heureux encor le léger papillon, (d) Qui court par les jardins de corolle en corolle, (e) Vagabond sans souci, brillant comme un rayon. (d) Il aime chaque fleur, un moment, puis s'envole ; (e) Il trouve le repos dans l'instabilité ; (f) Si quelque rose meurt, une autre l'en console ! (e) Mais qu'as-tu donc, enfin, pauvre cœur agité ? (f)
En anglais (Ode to the West Wind de Percy Bysshe Shelley)
O wild West Wind, thou breath of Autumn's being, (a) Thou, from whose unseen presence the leaves dead (b) Are driven, like ghosts from an enchanter fleeing, (a) Yellow, and black, and pale, and hectic red, (b) Pestilence-stricken multitudes: O thou, (c) Who chariotest to their dark wintery bed (b) The winged seeds, where they lie cold and low, (c) Each like a corpse within its grave, until (d) Thine azure sister of the Spring shall blow (c) Her clarion o'er the dreaming earth, and fill (d) (Driving sweet buds like flocks to feed in air) (e) With living hues and odours plain and hill: (d) Wild Spirit, which art moving everywhere; (e) Destroyer and preserver; hear, oh, hear! (e)
Notes et références
Ignazio Baldelli, Voce Terzina dans ''Enciclopedia dantesca
Catégorie:Strophe Catégorie:Forme de la Divine Comédie