L'histoire d'Olne prend ses racines dès la Préhistoire : les silex taillés découverts à Olne datent du Paléolithique moyen. Les ossements d'animaux datent du moustérien. Le Vicus Alno daterait de l'époque romaine, au . Au début du Moyen Âge, le domaine primitif d'Olne est un don d'un empereur du Saint-Empire romain germanique à une église d'Aix-la-Chapelle. La seigneurie d'Olne se retrouve dans le comté de Dalhem, pour, au , être successivement sous la souveraineté des Pays-Bas espagnols, des Provinces-Unies et enfin au sous la domination des Pays-Bas autrichiens.

Pendant la révolution industrielle et le , le village est marqué par l'industrie cloutière, drapière et la forge des canons de fusil, notamment la damasquinerie.

Préhistoire Les grottes découvertes à partir du chantoire de La-Falise présentent un intérêt spéléologique et anthropologique évident. Elles ont été explorées par trois spéléologues entre 1959 et 1963 et ont permis de mettre au jour une série d'ossements mais encore une centaine de silex taillés datant du paléolithique moyen. La grotte ou ses environs immédiats a donc dû être fréquentés par les hommes dès la préhistoire.

Il a tout d'abord été nécessaire de dégager quelque de remblais afin de parcourir une succession de couloirs et de salles d'environ deux cents mètres. Parmi les ossements, il faut citer spécialement deux dents de mammouths pesant respectivement et , ainsi que des dents et ossements de bœufs, de cheval, de rhinocéros, d'ours et d'hyène, soit un total de .

Parmi les silex taillés, on note en ordre principal, des racloirs et quelques couteaux de l'époque moustérienne déterminés par l'Université de Liège. Vu les conditions de gisement et le petit nombre de documents, l'interprétation en a été difficile. Il semble cependant que l'industrie d'Olne présente de sérieuses analogies avec celle pratiquée par les hommes préhistoriques dont on a trouvé les outils fort primitifs dans les grottes du Fond-de-Forêt relativement proches.

Époque romaine La Villa Solmania dans le Pagus Luihgau thumb|upright| Charte de l'Empereur Henri II du Saint-Empire Si les fouilles de la grotte de La-Falise, sous le village d'Olne, ont révélé une présence humaine à l'époque paléolithique, il faut attendre le début du pour qu'un document écrit nous lance sur la trace d'Olne.

En effet, le pays de Herve fut mis en valeur tardivement (entre le ). Jusqu'au ruisseau de la Magne s'étendait ce que les documents carolingiens appelaient la foresta, l'immense forêt de Theux. La toponymie garde encore la trace des défrichements qui, peu à peu, réduisirent l'emprise de la forêt : Riessonsart, Vieux-Sart, Bois d'Olne.

Le , l'empereur Henri II du Saint-EmpireActe publié dans les Monumenta Germaniae historica, Hanovre, 1900-1903, t.3, , attribuait, en guise de patrimoine, à l'église collégiale (église desservie par un chapitre de chanoines séculiers chantant les offices divins, les « heures canoniales ») Saint Adalbert ou Adalbert de Prague qu'il venait de fonder à Aix-la-Chapelle, les villae, c'est-à-dire les domaines agricoles de Soiron, Soron et de Soumagne, Solmania. Les deux villae, précise le document, sont situées dans le pagus Lewa ou Lirwa. Il s'agit du Pagus Luihgau (comté de Liège) ou pagus Liuvensi, qui formait une subdivision de la Lotharingie. Le conte de Luigau résidait au château de Chêvremont dominant Vaux-sous-Chèvremont. Celle-ci, née des démembrements successifs de l'empire de Charlemagne (traité de Verdun en 843), longtemps ballottée entre la Francie orientale (à l'origine de l'Allemagne) et la Francie occidentale (à l'origine de la France) fut divisée vers 959 en Haute-Lotharingie ou Lorraine et Basse-Lotharingie ou Lothier. Le Lothier constituait, au moment de la donation impériale, un duché relevant du souverain germanique. Celui-ci avait érigé l'ancienne Francie orientale en Saint-Empire romain germanique.

Dès l'époque carolingienne probablement une villa avait été établie sur les bords de la rivière Solmania (l'actuel Ri-de-Soumagne ou plus simplement la Magne) à proximité d'un point de passage important, celui de l'Ardeneuse-Voie qui reliait Jupille à Theux par Fraipont. Était-ce à l'emplacement du village de Soumagne ?

Une hypothèse séduisante identifie le toponyme Solmania non pas à la localité actuelle de Soumagne mais à un hameau de la commune d'Olne, Saint-Hadelin. À l'appui, on évoque le fait que, jusqu'au commencement du , Saint-Hadelin est cité sous la dénomination de Soumagne Saint-Halen ou même simplement de Soumagne, alors que le village de Soumagne est appelé Soumagne les Moisnes car, dès le , il est une possession des chanoines prémontrés de Liège. Cette identification demeure incertaine pour l'acte de donation. Le domaine impérial a pu subir divers démembrements : Solmania désignerait bien le Soumagne actuel mais a cessé rapidement de faire partie de la donation primitive. Par contre, l'identification Solmania au hameau de Saint-Hadelin se révèle à coup sûr exacte en ce qui concerne les actes postérieurs.

Quoi qu'il en soit, le toponyme Olne n'apparaît pas dans le diplôme impérial. Dès lors, on se demande si le territoire qui, plus tard, constituera le ban d'Olne (l'entité politique locale sous l'Ancien Régime), était compris dans la donation de 1005. Les documents postérieurs relatifs à l'avouerie d'Olne et au patronat (droit de nomination du desservant) de l'église Saint-Sébastien donnent à le penser. Ils confirment de toute façon l'appartenance d'Olne au patrimoine de Saint-Adalbert dès la fin du .

Le vicus Alno thumb|upright|Henri II du Saint-Empire Une agglomération s'est formée au centre de ce domaine impérial. Elle n'a pas tardé à prendre de l'importance : en 1095, elle est qualifiée non pas de villa, mais de vicus (endroit habité), si tant est que l'on puisse attribuer au latin du , une rigueur suffisante : c'est le vicus Alno (lieu planté d'aulnes ?). Les campagnards (rustici manentes) vivent dans la dépendance de la collégiale Saint-Adalbert (Sancti Alberti Aquensis familia)Halkin J. & Roland C. Recueil des chartes de l'Abbaye de Stavelot-Malmédy, Bruxelles t. 1, , .

Dès 1103, ce vicus est mentionné comme étant le siège de la paroisse Quix C. Geschichte der Stadt Aachen Codex diplomaticus, Aix la Chapelle, t. 1 partie, , , 1840. Un acte du mois de , par lequel la collégiale Saint-Adalbert se réserve les revenus de la paroisse, confirme cet état de fait : il attribue aux chanoines d'Aix, le droit de nommer le desservant de l'église d'Olne, de laquelle dépend l'église de Saint-Hadelin (de Sumain) et détaille la dot de l'église consistant en biens situés à Olne et Saint-Hadelin in territoriis de One et Sumain Quix C. op cit. t1. .

Autre élément probant : l'église d'Olne est placée sous le patronage de saint Sébastien, cet officier romain d'une compagnie d'archers, martyrisé vers 288, dont le culte est attesté dès le .

Au encore, les chanoines de Saint-Adalbert attribuaient à l'empereur Henri II du Saint-Empire et à sa femme Cunégonde, la construction de l'église qui fut peut-être à l'origine du villageArchive de l'État Liege, Cures, Olne 78, Archives pastorales, collection II, document .

La plupart des grands domaines royaux cédés à des églises gardèrent, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, leurs limites primitives. Circonscriptions civiles et religieuses, celles-ci calquées sur celles-là, perpétuèrent ainsi les domaines carolingiens, quelquefois même jusque dans les délimitations actuelles (du moins jusqu'à la fusion de 1977).

L'unité économique avait donné naissance à la subdivision ecclésiastique. C'est le cas des domaines voisins de celui de Solmania, comme Petit-Rechain, Soiron, Theux. Mais le domaine de Solmania fut disloqué rapidement. La coïncidence entre délimitation civile et délimitation religieuse fut dès lors brisée.

Le Moyen Âge Le domaine primitif En principe, la reconstitution de la paroisse primitive fournit du même coup la reconstitution de l'ancien domaine. Il est aisé d'établir le tracé de la paroisse originelle d'Olne : son démembrement fut tardif puisqu'il ne commença qu'à la fin du .

Sous l'Ancien Régime, le territoire d'Olne forme une circonscription assez étendue au relief fort vallonné, à l'habitat ici groupé, là-bas très dispersé. Il se présente comme un ensemble d'une dizaine de quartiers. Certains, dont le nombre varie autour de trente, voire dépasse la quarantaine, sont qualifiés, dans la terminologie administrative de la fin du , de hameaux ou même de hameaux épars . L'aspect aggloméré des autres quartiers, par contre, leur valait le nom de village, tels Vaux, Hansez, Saint-Hadelin et Riessonsart qui ne compte pas moins de . Olne lui-même est qualifié de chef-lieu : il groupe, en 1786, et est le point de convergence de nombreux cheminsArchive de l'État Liège, Duché de Limnourg. Pays d'Outre-Meuse, 559.

La paroisse débordait largement l'étendue du ban : au sud, une partie des hameaux de Vaux et de Nessonvaux, avec la chapelle de Froidhé, construite en 1670 et érigée en église paroissiale en 1842, constituait sur la rive droite de la Vesdre, une enclave de l'avouerie de Fléron (à l'origine, possession de la collégiale Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle), Pays de Liège ; en aval, sur la rive gauche, la Basse-Fraipont, rattachée à la paroisse de Fraipont lors de son érection en 1788, terre liégeoise, était comprise dans le bailliage (circonscription judiciaire) d'Amercœur ; à l'ouest, l'enclave de Mont-Saint-Hadelin, encore appelé le Fief et qu'il faut distinguer du hameau de Saint-Hadelin, lui, partie intégrante du ban d'Olne, relevait de l'abbaye de Stavelot-Malmedy. Son antique oratoire fut élevé au rang d'église paroissiale en 1842.

La configuration de l'ancienne paroisse restituerait ainsi celle du domaine primitif ou, du moins, d'une portion de celui-ci. La cellule économique que formait le domaine impérial ou ce qu'il en subsistait, aurait donc fourni, d'une part, un cadre religieux et, d'autre part, un cadre politique : l'avouerie, puis le ban.

À Olne, cependant, probablement dès la fin du , ils cessent de se confondre : trois souverainetés se partageaient, sous l'Ancien Régime, l'étendue de la paroisse primitive. Les localités qui en furent successivement démembrées formèrent, au , des communes distinctes : Nessonvaux, Fraipont, Mont-Saint-Hadelin. Le cadre politique, sa configuration une fois tracée, constitue le seul élément permanent : depuis le bas Moyen Âge jusqu'aujourd'hui, les limites du ban de l'Ancien Régime et celles de la commune actuelle coïncident, exception faite de l'annexion, en 1822, du Mont-Saint-Hadelin.

Vers la fin du ou le début du , on trouve associés les mots « seigneurie » et « ban », parfois même avec le mot « hauteur » comme au début des Coutumes de la cour d'Olne : Janssen de Lippens K.J.Th., Coutumes de la Cour d'Olne, Assen, , 1978.

Ces termes ont suivi une évolution commune. À l'origine, le bannum est le pouvoir du seigneur de commander et de défendre et celui de rendre la justice. Par extension, il désigne bientôt et souvent uniquement le territoire sur lequel le seigneur exerce son bannum, sa haulteur. Sous l'Ancien Régime, administration et justice sont mêlées. Par conséquent, le ban forme une circonscription à la fois judiciaire et administrative. C'est le territoire sur lequel le souverain exerce ses prérogatives de seigneur et de souverain. C'est dans cette acception que le ban d'Olne, par exemple, figure dans les documents fiscaux à côté des quatre autres bans du comté ; c'est sur la base de cette circonscription administrative qu'est assurée la représentation du village aux assemblées des États du comté.