« Année Un () », appelé plus tard « Batman : Année Un () », est un arc narratif d’un comic book américain publié par DC Comics et qui retrace la première année du super-héros Batman en tant que justicier. Il a été écrit par Frank Miller, illustré par David Mazzucchelli, coloré par Richmond Lewis et lettré par Todd Klein. À l’origine Batman : Année Un apparaissait dans les numéros à 407 du comics Batman en 1987. En plus de raconter le début de la carrière de Batman, l’histoire présente simultanément la vie de l’officier James Gordon récemment transféré – et finalement le début de leur partenariat.
Depuis sa première publication, l’histoire a été réimprimée sous différents formats et éditions, aussi bien aux États-Unis que dans d'autres pays. Pour sa traduction française, le titre eut plusieurs versions : Vengeance oblige chez Comics USA, Batman : Année Un chez Delcourt et Urban Comics, mais Panini Comics conserva le titre original.
L’arc narratif a été adapté en film d'animation en 2011..
Histoire éditoriale Contexte Batman (Bruce Wayne) est un super-héros apparaissant dans les comics books américains publiés par DC Comics et qui débuta dans « L’affaire du Syndicat de la Chimie », une histoire publiée dans Detective Comics (). Il fut créé par l’artiste Bob Kane et l’écrivain Bill Finger pour capitaliser sur le succès de l’autre super-héros de DC, Superman. Il s’inspira des personnages des histoires de pulp fiction, tel que le Shadow. L’origine de Batman fut introduite dans deux pages par Kane et Finger dans Detective Comics (). Dans le récit, un jeune Bruce est le témoin du meurtre de ses parents, Thomas et Martha, des mains d’un agresseur. Bruce fait le vœu de venger la mort de ses parents en combattant le crime. Il prit l’identité de Batman après qu’une chauve-souris entra dans sa demeure par sa fenêtre une nuit. Pour l’histoire, Finger transpose des éléments des contes publiés dans Popular Detective et The Phantom, tandis que Kane reprend l’art de Tarzan et de .
Dans les années qui suivirent, une grande partie de la continuité de DC devint confuse et contradictoire. Des exemples de ceci étaient présents dans l’origine de Batman : dans une histoire de 1948, Finger donna un nom à l’agresseur (Joe Chill), et en 1956 il fut écrit qu’il tua les parents de Bruce pour le compte de la mafia. Finger continua aussi à suggérer que le personnage de Batman fut inspiré par un costume de chauve-souris que Thomas porta lors d'un bal masqué. D’autres récits dépeignent Bruce voyageant à travers le monde pour apprendre les compétences dont il aurait besoin en tant que Batman. Dans un effort de résoudre les erreurs de continuité de l’Univers DC, Marv Wolfman et George Pérez produisirent la série limitée en 12 numéros, Crisis on Infinite Earths. Les plans de Wolfman pour l’Univers DC après Crisis on Infinite Earths incluaient de relancer chaque série de comics de DC avec un nouveau premier numéro.
Durant la production de , Frank Miller devint le scénariste du comics de Marvel, Daredevil. Miller avait été à l’origine le dessinateur de la série, mais l’éditeur Dennis O'Neil fit bientôt de lui le scénariste de celle-ci. Les ventes augmentèrent spectaculairement après que Miller ait commencé à écrire. Pour une histoire de Daredevil acclamée par la critique, Miller collabora avec l’artiste David Mazzucchelli. Miller alla également travailler pour DC et produisit la série influente de quatre numéros The Dark Knight Returns (1986). O'Neil passa aussi chez DC.
Développement gauche|vignette|Frank Miller, auteur de "Année Un", à la Fan Expo 2016 de Toronto, Canada|252x252px Le contrat que Miller signa pour produire requérait aussi qu’il écrive une nouvelle histoire sur l’origine de Batman. Alors que Miller avait géré l’écriture et les dessins de , il écrivit simplement « Année Un », tandis que Mazzucchelli se chargea du dessin. Dans le passé, Miller avait été débordé d’avoir eu à gérer le travail d’écriture et d’illustration. Todd Klein s’occupa du lettrage du récit, tandis que la femme de Mazzucchelli, Richmond Lewis, s’occupa des couleurs. O'Neil édita les numéros. D’après O'Neil, le contrat que Miller et Mazzucchelli avaient signé pour produire « Année Un » dans la série Batman garantissait la publication du récit dans les 6 mois. vignette|David Mazzucchelli signant une copie de l'édition reliée en 2012 « Année Un » a été conçu à l’origine comme un roman graphique. Dennis O'Neil, à qui on a demandé d’éditer plusieurs numéros de Batman, était ami avec Miller et appris l’existence de l’histoire. Réfléchissant sur les faibles ventes de Batman, O'Neil attrapa Miller un jour lors d’une marche à Los Angeles et les convainquit, lui et Mazzucchelli, de sérialiser l’histoire dans la série en cours. Miller était réticent au départ ; il estimait que ce serait difficile parce qu’il devait s’assurer que l’histoire reste canonique à l’Univers DC, un point dont il n'avait pas eu à se soucier quand il écrivait . En outre, le rythme de Miller devrait être modifié en raison du nombre de pages relativement petit de la série. O'Neil soutient que avait complètement recréée l’Univers DC, alors Miller devrait être capable d’avoir la même liberté créative que lui avait permis. Il rassura aussi Miller que Mazzucchelli et lui « n'allaient rien perdre » en sérialisant le récit.
Frank Miller a dit qu’il avait gardé l’histoire de base de Bob Kane et Bill Finger pour « Année Un » mais qu’il la développait. En écrivant l’histoire, Miller chercha des parties de l’origine de Batman qui n’avaient jamais été explorées. Il garda les éléments principaux intacts, tel que le meurtre des parents de Bruce, mais les réduisit à de brefs flashbacks. Les aventures à travers le monde de Bruce furent l’une des choses que Miller supprima comme il les trouvait inintéressantes. Plutôt que de décrire Batman comme une grande icône, comme il l’avait fait dans , Miller choisit de présenter le Batman de « Année Un » comme un homme moyen et inexpérimenté qui essaye de faire une différence dans la société, parce qu’il croit qu’un super-héros est moins intéressant quand il est plus efficace. Des exemples de ceci inclus Batman qui sous-estime ses opposants, qui se fait tirer dessus par la police, et son costume qui est trop grand. La violence de l’histoire fut gardée au niveau de la rue, mettant l'accent sur le roman noir et le réalisme.
Pour l’illustrer, Mazzucchelli chercha à donner à « Année Un » une apparence sale, étouffante et sombre. Son interprétation de Gotham City a été conçue pour symboliser la corruption, présentant des couleurs aux tons boueux qui donnent l’impression que la ville est sale et a besoin d’un héros. Le papier journal utilisé dans Batman fut incapable de reproduire les effets visuels et brillamment colorés de , alors Mazzucchelli prit « Année Un » avec une approche plus sombre et terre à terre.
Publication En accord avec les plans de Marv Wolfman, O'Neil voyait initialement « Année Un » comme le début d’un second volume de Batman et s’attendait à ce que la première partie soit le premier numéro. Cependant, Miller rejeta cette idée. Il expliqua : « Je n’avais pas besoin de couper dans la continuité avec une lame aussi tranchante que je le pensais. Faire le Dark Knight m’avais montré qu’il y avait suffisamment de bons éléments... Je ne sentais pas qu’étoffer une partie inconnue de l’histoire de Batman justifié d’effacer 50 ans d’[aventures] ». Ainsi, les quatre numéros de « Année Un » ne possèdent aucun lien de continuité avec les numéros passés de Batman.
Titre français Titre anglais Numéro Date de couverture Chapitre Un : Qui je suis, Comment je suis né Chapter One: Who I Am - How I Come to Be Batman Février 1987 Chapitre Deux : La Guerre est déclarée Chapter Two: War is Declared Batman Mars 1987 Chapitre Trois : L'Aube noire Chapter Three: Black Dawn Batman Avril 1987 Chapitre Quatre : Un Ami dans le besoin Chapter Four: Friend in Need Batman Mai 1987
Éditions reliées Éditions américaines Une des premières éditions reliées de « Année Un » parue dans , publié par Longmeadow Press en 1989. Une édition reliée dédiée, , fut publiée en avec une couverture souple . Elle fait 96 pages et contient les quatre numéros de « Année Un ».
DC sortit une « édition deluxe », avec une couverture cartonnée, de pour coïncider avec la sortie de Batman Begins en . Cette édition inclus les introductions de Miller et Mazzucchelli, les dessins crayonnés d’origine, ainsi que des dessins promotionnels et non édités de Batman, des tests de couleurs de Lewis, et plusieurs pages du script originel, pour un total de 144 pages. Cette édition fut rééditée en , avec une couverture souple et 136 pages, avec une introduction de Dennis O'Neil . De nouvelles versions de cette édition sortirent en 2012 et 2017 .
Pour célébrer le anniversaire de Batman en , DC sort un exemplaire de « Année Un » dans le cadre de sa collection DC Comics Essentials. En 2015, un ensemble spécial sortit contenant l’histoire et son adaptation en film .
En , DC sort une version de 288 pages de , l’édition « DC Comics Absolute Edition ». Elle est fournie avec deux livres cartonnés dans un fourreau : l’un qui réimprime une version remastérisée de l’histoire, avec des couleurs retouchées ; et l’autre qui réimprime l’histoire originelle, sans retouches, de 1987. Les deux livres contiennent plus de 60 pages de bonus, incluant le script complet de Miller.
Éditions françaises La première édition française sortit en 1988 dans la Collection Super-Héros de l’éditeur Comics USA. Le récit est découpé en 2 parties : Vengeance Oblige 1 : L’Aube noire (, ) et Vengeance Oblige 2 : Nuit blanche (, ).
Comics USA réédite l’histoire dans son magazine Les Chroniques de Batman (numéros 2 et 3) en octobre et . La même année, France Loisirs propose une édition intégrale reprenant les 2 tomes parus chez Comics USA, sous le titre Vengeance Oblige .
En 2000, c’est Delcourt qui propose l’intégrale du récit dans sa collection Contrebande, sous le titre Année 1 .
En 2010, Panini Comics propose le récit dans sa Collection DC Icons en conservant le titre original, Year One .
Fin 2011, Urban Comics récupère les droits d’édition de DC Comics. Dès 2012, il propose Année Un dans sa Collection DC Premium sous deux versions : une avec le livre seul et une avec le livre accompagné du DVD du film d’animation . L'édition du livre correspond à l'édition Deluxe américaine contenant les crayonnés et quelques pages du script, pour un total de 144 pages.
En 2014, pour célébrer le anniversaire de Batman, Urban Comics propose Année Un dans sa Collection DC Essentiels, dans une édition Noir et Blanc .
En 2014, également dans le cadre du anniversaire de Batman, le journal Le Soir proposa une série de 10 tomes, intitulée Batman. Le premier volume propose l’histoire Année Un .
En 2016, Eaglemosss, dans sa série « DC Comics : Le Meilleur des Super-Héros », propose Année Un dans le Tome 14 (absence d’ISBN).
En 2023, Urban Comics réédite Batman Année un dans sa collection petit format Nomad . Le récit est accompagné de l'histoire À la vie, à la mort paru dans Batman Annual #2 (2018) due à Tom King et dessinée par Lee Weeks et Michael Lark.
Synopsis L’histoire raconte les débuts de la carrière de Bruce Wayne sous le masque de Batman et de Jim Gordon à l’intérieur du Département de Police de Gotham City. Bruce Wayne revient chez lui à Gotham City à l’âge de vingt-cinq ans, après un entraînement à l’étranger en arts martiaux et sur les sciences, pendant les 12 dernières années. James Gordon, quant à lui, emménage à Gotham City avec sa femme, Barbara Eileen, après une mutation de Chicago. Les deux se familiarisent rapidement avec la corruption et la violence de Gotham City, avec Gordon témoignant des actions de son coéquipier, l’Inspecteur Arnold John Flass qui agresse un adolescent afro-américain pour simplement s’amuser.