Le Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM) est un espace multifonctionnel occupant 192 hectares, comprenant des activités de mise en valeur des déchets, des activités éducatives ainsi qu'un parc. Il est situé au cœur de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension au nord de Montréal, au Québec.

Éléments du site

Le centre de tri

Le centre de tri du Complexe environnemental Saint-Michel (CESM) a vu le jour en 1989.. Ce centre est un des premiers projets que la Ville de Montréal réalisa à la suite du rachat du terrain à la firme Miron. Un centre de compostage, un centre de transbordement et un incinérateur ont aussi été construits simultanément pour gérer les déchets produits. Le centre de tri a reçu environ 156 000 tonnes de matières à traiter en 2018..

La centrale électrique

Le CESM comprend une centrale électrique au biogaz. Les biogaz sont récupérés dans de grands puits. Généralement d’une vingtaine de mètres de profondeur, ces puits sont reliés à des compresseurs géants et à une centrale électrique qui convertit les biogaz en électricité. De ce fait, en se décomposant, la matière organique qui est dans les déchets produit du biogaz. Celui-ci principalement composé de méthane (CH4), de dioxyde de carbone (CO2) et quelques autres impuretés.

Le site de compostage et de déchiquetage

On trouve un site de compostage et de déchiquetage du bois dans le Complexe.. L'ajout d'un centre de compostage au CESM avait pour but de réduire la quantité de déchets enfouis ou incinérés. En 1994, il était évalué que les résidus provenant de jardins et provenant de déchets de table représentent entre 14 % et 15 % de l’ensemble des déchets générés annuellement, ce qui représente 170 000 tonnes de déchets compostablesBureau d'audiences publiques sur l’environnement. 1994a. Le projet de la Régie Intermunicipale de Gestion des Déchets sur l’île de Montréal, rapport d’enquête et d’audience publique (067), p. 202..

Le parc Frédéric-Back

Adopté en 1997, le projet du nouveau parc Frédéric-Back est amorcé par la ville de Montréal dans l’optique de créer un espace vert moderne et représentatif de la métropole. Sa taille en fait l'un des plus grands espaces verts de Montréal. Placé au centre du Complexe environnemental de Saint-Michel, ce parc joue un rôle important dans la métamorphose du district de Saint-Michel. Il est nommé en l'honneur de l'artiste Frédéric Back (1924-2013), qui était engagé dans des luttes touchant l’environnement et la culture.

Le district de Saint-Michel a longtemps été le lieu d’importantes exploitations industrielles, réalisées sans prendre en compte ou mesurer l’impact écologique et social de ces activitésHéroux, Martin et Diane Martin. 2020. "Frederick-Back Park, Montreal, Canada: How 40 million tonnes of solid waste support a public park". Detritus (11), p. 68. La Ville de Montréal a décidé de prendre en main la réhabilitation de cet espace longtemps victime de l'industrialisationHéroux, Martin et Diane Martin. 2020. "Frederick-Back Park, Montreal, Canada: How 40 million tonnes of solid waste support a public park". Detritus (11), p. 69.

Ainsi dans les années 1990, naît un plan directeur qui établit les fondements de ce projet, phase par phase, tout en respectant les principes du développement durable. Le plan directeur de ce site est de créer un complexe environnemental et technologique autour d’un large espace vert. Les objectifs du projet sont les suivants: Encourager le savoir en matière de réhabilitation environnementale en mettant en place des sites de recherches, d’innovation et d’éducation; Offrir des activités sportives, récréatives et culturelles; Enrichir la qualité de vie des résidents de Montréal en collaboration avec la communauté ainsi que les partenaires; Protéger et améliorer la biodiversité; Contribuer à la santé sociale et économique de la communauté autour du parc.

Le plan du parc comporte huit secteurs différents, regroupés en deux grandes zones, le Centre et la Couronne. La Couronne comporte différents environnements : on y retrouve divers bâtiments, chemins, jardins, belvédères et autres services disponibles pour les visiteursHéroux, Martin et Diane Martin. 2020. "Frederick-Back Park, Montreal, Canada: How 40 million tonnes of solid waste support a public park". Detritus (11), p. 73. Le Centre du parc lui, toujours en construction ou en planificationHéroux, Martin et Diane Martin. 2020. "Frederick-Back Park, Montreal, Canada: How 40 million tonnes of solid waste support a public park". Detritus (11), p. 76, est davantage marqué par de vastes espaces naturels.

Une ouverture complète du parc est prévue pour 2026. Le coût des travaux, financés en grande partie par la ville de Montréal, sont estimés à 350 millions de dollars, dont 120 millions ont déjà été dépensés pour la première phaseHéroux, Martin et Diane Martin. 2020. "Frederick-Back Park, Montreal, Canada: How 40 million tonnes of solid waste support a public park". Detritus (11), p. 74.

La TOHU

La TOHU est un lieu de diffusion des arts du cirque. Le terme TOHU provient de l’hébreu « Tohu wa-Bohu », ce qui signifie le chaos primitif duquel émergent les nouvelles idéesTrudelle, Catherine et al. 2016. « Conflits urbains, compromis et cohésion socioterritoriale: le cas de la Tohu à Montréal », Revue d'économie régionale et urbaine, p. 419.

La TOHU est un lieu attractif en plein cœur du quartier Saint-Michel à Montréal. Le bâtiment principal est situé au 2345 de la rue Jarry Est. Le bâtiment de la TOHU a reçu la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design)Ville de Montréal. 2010. Le complexe environnemental de Saint-Michel: Un projet d'aménagement exemplaire. Document préparé dans le cadre de l'Exposition universelle 2010 à Shanghai en Chine. En ligne. (page consultée le 24 novembre 2020).

Historique du site

Le début de l’exploitation du calcaire sur le site (1895)

Au , la ville de Montréal s’industrialise. Elle compte l'un des plus grands ports intérieurs au monde. En 1895, on commence à exploiter une carrière de calcaire sur le site de Saint-Michel. Les entreprises, les industries et les citoyens de la ville ont des besoins importants en pierre de taille grise, concassée, chaux, ciment, etc. Le gouvernement québécois subventionne alors les municipalités pour instaurer des routes et des chemins de fer. Les sites d’extractions deviennent plus accessibles et contribuent ainsi à l’essor des carrièresTessier, Stéphane. 2019. « Les carrières au coeur de l'histoire de Saint-Michel », Est Média Montréal, 14 janvier 2019..

Plusieurs carrières sont en exploitation au début du siècle. Les petites exploitations fusionnent et deviennent de grandes exploitations. C’est alors que Saint-Michel devient un centre d’extraction majeur. À cette époque, les travailleurs des carrières, surnommés les « pieds noirs », gagnent un salaire variant entre et par jour pour des quarts de travail de et des semaines de 6 jours. En dollars courants de 2020, ce salaire équivaut à environ . L’exploitation n’est pas sans risques. La cause d’incidents la plus importante est le dynamitage par des travailleurs non expérimentés. À un certain point, les carrières destinées à l’exploitation du calcaire à Saint-Michel représentaient environ 50 % de son territoire.

La carrière Miron (1925-1984) vignette|La carrière Miron en 1938 En 1925, la famille Miron achète le site. Leur but est d'exploiter le calcaire, une matière critique pour la fabrication du cimentVille de Montréal. 2010. Le complexe environnemental de Saint-Michel: Un projet d'aménagement exemplaire. Document préparé dans le cadre de l'Exposition universelle 2010 à Shanghai en Chine. En ligne. (page consultée le 24 novembre 2020), p. 6. Vers la fin des années 1950, les frères construisent une usine de ciment sur leur territoire pour faire la transformation et fabrication des produits de béton tel que des blocs et cylindres. Ils font partie des plus grands producteurs de ciment en Amérique du NordJolivet, Violaine, et Marie-Noëlle Carré. 2017. « Métabolisme urbain et quartiers péricentraux dans la métropolisation. L’exemple du quartier de Saint-Michel à Montréal », Cybergeo : European Journal of Geography, p. 4.

Au fil des années, la carrière se développe de plus en plus profondément dans le territoire. Après avoir obtenu l'approbation de la ville de Montréal pour étendre ses activités au nord et au sud-est, une polémique éclate en 1979. Ceci provoque des représailles par les citoyens de Montréal, car le dynamitage utilisé dans la carrière dérange la population avoisinante. Un an plus tard, le Parti québécois met fin à cette polémique et interdit l'expansion de la carrière. Ayant de moins en moins de terres à excaver, les activités de la carrière ralentissentTrudelle, Catherine et al. 2016. « Conflits urbains, compromis et cohésion socioterritoriale: le cas de la Tohu à Montréal », Revue d'économie régionale et urbaine, p. 427.

Au cours de ses 60 ans d'activité, la carrière a largement contribué à la croissance de Montréal, fournissant des ressources pour construire de nombreux bâtiments tels que l'hôpital Sainte-Justine, et le Complexe Desjardins.

De l’exploitation de calcaire à l’enfouissement (1968-2009)

À partir de 1968, l’utilisation de la carrière se dirige tranquillement vers une autre utilité surtout à cause du positionnement du quartier. Entre 1968 et 2009, la carrière Miron reçoit plus de 40 millions de tonnes métriques de déchets domestiques qui provenaient de la ville de Montréal, de 27 municipalités de la banlieue de Montréal, de Laval et de la Rive-Sud. Afin d’inciter les villes en dehors de Montréal à venir déposer leurs déchets sur le site de la carrière Miron, la ville de Montréal offrait des tarifs de en 1969 et en 1989Jolivet, Violaine, et Marie-Noëlle Carré. 2017. « Métabolisme urbain et quartiers péricentraux dans la métropolisation. L’exemple du quartier de Saint-Michel à Montréal », Cybergeo : European Journal of Geography, p. 12. Tout juste avant la fermeture finale du site, les quantités de déchets sur le site augmentent puisque l'incinérateur était fermé. À leur sommet, les quantités annuelles disposées étaient de 300 000 tonnes métriques par annéeJolivet, Violaine, et Marie-Noëlle Carré. 2017. « Métabolisme urbain et quartiers péricentraux dans la métropolisation. L’exemple du quartier de Saint-Michel à Montréal », Cybergeo : European Journal of Geography, p. 5.

En 2009, l'enfouissement des déchets prend fin au CESM.

Le rachat du site par la ville de Montréal et l’adoption d'un plan d’aménagement (1989-2008)

En 1984, sous l’administration de Jean Drapeau, la ville de Montréal achète et devient propriétaire officiel de la carrière Miron sous une gestion privée au coût de 53 millions de $Martin, Alain. 2002. La construction politique d’un quartier : St-Michel et la controverse sur la carrière Miron, Mémoire, Institut National de la Recherche Scientifique, Université du Québec à Montréal, p. 11. Le but était d’arrêter toutes activités d’exploitation de cette carrière en 1986 et du site d’enfouissement en 1987.

Dès lors, les premières idées et discussions pour le plan de réaménagement de ce site commencent et les idées bougent. Aussitôt, une idée naît pour la construction de 20 000 logements. On lance aussi l'idée de construire un parc pour l’arrondissement. D'autres idées circulent, comme des pistes cyclables, des terrains de jeux et aussi un golf.