Saint-Rivoal est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Située dans le canton de Pleyben et l'arrondissement de Châteaulin, elle fait partie de Monts d'Arrée Communauté. Son nom provient du nom de l'un des saints bretons plus ou moins mythiques dénommé sant Riwall, sant rival (en Breton le "V" se prononce "O"), ou sant Rioual dont l'étymologie peut être interprétée en ri (roi) et wal (valeureux), mais peut aussi avoir à voir avec saint Riware. Longtemps simple trève de Brasparts, Saint-Rivoal fut totalement incluse dans la commune de Brasparts lors de la Révolution française, ne devint paroisse qu'en 1837 et n'accéda à l'indépendance communale qu'en 1925.

En 2012, la commune a obtenu le label « Communes du Patrimoine Rural de Bretagne » pour la richesse de son patrimoine architectural et paysager.

Géographie alt=Paysage vallonné et bocagé vu de Gwazh-al-Ludu, arrière-plan : les hauteurs de Saint-Cadou au nord-ouest.|gauche|vignette|Paysage vallonné et bocagé vu de Gwazh-al-Ludu (Goas-al-Ludu), arrière-plan : les hauteurs de Saint-Cadou au nord-ouest. Village de Glujau Vihan (en Lopérec) en fond de vallée. vignette|gauche|Goas-al-Ludu (un des seuls villages ne contenant qu'une habitation) dans un paysage vallonné ; arrière-plan : les villages de Penarguer et Bodingar au nord (maisons groupées). Le territoire de Saint-Rivoal, situé sur le flanc ouest des monts d'Arrée, dominant le bassin de Châteaulin, s'échelonne de (sur le flanc ouest du Tuchen Kador dont le sommet culminant à est tout proche, mais fait partie des deux communes de Sizun, section de Saint-Cadou et Botmeur) à (au sud-ouest, dans la partie aval de la vallée du ruisseau de Saint-Rivoal). Le bourg est à d'altitude et la commune a un territoire réduit : seulement, pour une population de .

La commune est limitée à l'ouest par la vallée encaissée du Rivoal, affluent de la Douffine, petit fleuve côtier qui se jette dans la rade de Brest, qui la sépare d'Hanvec et à l'est par les monts d'Arrée qui la sépare de Botmeur (le Tuchen Kador, longtemps considéré comme le plus haut sommet de Bretagne avant d'être détrôné par le Roc'h Ruz, situé dans la commune de Plounéour-Ménez, est proche de la limite communale ; par contre le mont Saint-Michel de Brasparts, (malgré son nom, qui s'explique par le fait que le mont était englobé dans la paroisse, puis commune de Brasparts avant la sécession de Saint-Rivoal) est totalement situé dans la commune de Saint-Rivoal, la limite communale à cet endroit passant à l'est de la ligne de crête). C'est le second sommet de la commune avec ses d'altitude. Au nord, la limite communale séparant Saint-Rivoal de Saint-Cadou, commune associée à Sizun, s'appuie aussi sur une série de sommets situés entre d'altitude tandis qu'au sud la limite communale avec Brasparts, dont Saint-Rivoal a longtemps dépendu, ne s'appuie pas sur des éléments de relief caractéristiques.

L'est de la commune est couvert de landes, le reste de la commune est davantage occupé par l'agriculture, principalement l'élevage, alors que la friche sociale était en extension dans la deuxième moitié du en raison de la déprise agricole. Une petite reprise est constatée au début du , principalement liée à la valorisation les produits locaux par les éleveurs eux-mêmes (vente directe, vente en magasin de terroir, vente par colis).

La permanence de l'habitat est remarquable. Neuf groupes d'îlots habités existent au sein du terroir de Saint-Rivoal. Ces regroupements sont basés, en plus de la proximité géographique, sur les habitudes d'entraide pour les travaux agricoles et la fréquentation de tel ou tel moulin à l'époque où ils fonctionnaient. [La graphie est ici celle du cadastre, calée sur la phonétique du français (é pour [e], c/qu pour [k] sauf dans , gu pour [g], goa pour [gwa] ; une graphie en breton moderne, en grande partie mise en place sur les panneaux directionnels de la commune, en facilite une compréhension étymologique] : | Le bourg, Goarimic, Moulin-d'en-Haut, Moulin-Neuf | Lan-ar-Marrou, Bodingar, Penarguer, Moulin-Pont-Glas, Pont-ar-Varn | Linguez, Kernévez, Keréol, Roquinarc'h | Pen-ar-Goarimic et Ty-Béron | Bodenna | Lost-ar-Hoat | Stumenven et Stangannay | Moulin-d'en-bas, Kergombou, Pen-ar-Favot et Goas-al-Ludu | Corn-Camm, St Michel |. Sur les trois derniers siècles, les lieux habités sont restés les mêmes, avec des interruptions pour Goas-al-Ludu et StangannayFrançoise Gestin, La vallée de Saint-Rivoal. Un paysage au gré des hommes, Études rurales, De l'agricole au paysage.. Moulin-neuf (encore appelé Moulin Prat Simon) n'est plus habité, il fait partie du périmètre de l'Écomusée.

Saint-Rivoal n'est accessible que par des routes sinueuses, souvent en lacets, surtout lorsqu'on vient du Faou, traversant landes, forêts de conifères plantés entre 1960 et 1970 pour la plupart, et souvent en franchissant des lignes de crête, renforce l'impression de « montagne », dû aussi au relief très accidenté de la commune.

Xavier Grall a décrit ainsi Saint-Rivoal en 1984Xavier Grall, L'inconnu me dévore, Calligrammes, 1984. :

Le bourg a un habitat caractéristique, avec ses maisons à murs en schiste et en grès, qui présente un intérêt patrimonial important. La qualité et la variété des sites naturels, des chemins et des panoramas favorisent les activités liées au tourisme rural..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Ellez, le Saint Rivoal, le ruisseau le Rivoal et divers autres petits cours d'eau.

L'Ellez, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Aulne à Landeleau, après avoir traversé .

Le Saint Rivoal, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Douffine à Pleyben, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-RivoalLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sizun à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Rivoal est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+ Occupation des sols en 2018. Type d'occupation Pourcentage (%) Superficie(en hectares)Terres arables hors périmètres d'irrigation0,47Prairies et autres surfaces toujours en herbe1,528Systèmes culturaux et parcellaires complexes36,0687Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants1,020Forêts de feuillus0,36Forêts de conifères17,4333Landes et broussailles29,5564Forêt et végétation arbustive en mutation12,3235Tourbières1,529 L'occupation des sols met en évidence la prédominance de la végétation arbustive et herbacée sur les terres agricoles et la forêt. Celle-ci occupe une surface de 41,8 % et est constituée majoritairement de landes qui occupent les hauteurs des Monts d'Arrées. Les terres agricoles occupent 38,9 % du territoire et ont conservé leur structure bocagère. La forêt occupe 17,7 % du territoire et est constituée surtout de pinèdes, ce qui explique la nette prédominance des essences de conifères.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Treff de Sainct Dryual en 1426, Sainct Rivoal en 1535..

Le nom breton de la commune est Sant-Riwal. Le nom de Saint-Rivoal (Riwall) vient de ri (roi) et de wal (valeur).

Histoire Des origines à la Révolution française La présence de l'homme est attestée dès le Néolithique (menhir de Roquinarc'h). Les premières traces écrites nomment la localité « Treff de Sainct Dryual » en 1426, et « Sainct Rivoal » en 1535. La plupart des toponymes de Saint-Rivoal ont une origine bretonne..

Au Moyen Âge, Saint-Rivoal fit partie de la « ploue de la montagne » (Plouenez ou Ploumenez)Renée Largillère, Les saints et l'organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonne, Rennes, Plion et Hommay, 1925 ; réédité Crozon, Éditions Armeline, 1995., paroisse qui s'étendait sur la majeure partie des Monts d'Arrée.

Un acte de 1712 donne quelques indications sur la misère de l'habitat à cette époque : beaucoup de maisons sont en ruines, dénommés « mazières ». Nombreuses sont celles couvertes « en genetz », « en gletz » ou en « pierre grosse », c'est-à-dire en dalles de schistes ; assez rares sont celles couvertes d'ardoises. La culture dominante est alors le seigle, préférentiellement cultivé sur les terres d'écobuage dénommées eur waradek, enrichies par les cendres des ajoncs et bruyères brûlésArchives du Finistère, cité par Camille Vallaux, « La nature et l'homme en montagne d'Arrée : Brasparts et Saint-Rivoal », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome XXXV, année 1908..

La trève de Saint-Rivoal, qui dépendait de la paroisse de Brasparts fut supprimée en 1790 lors de la Révolution française et Saint-Rivoal fut alors englobée dans la commune nouvellement créée de Brasparts. La localité n'est devenue une paroisse qu'en 1837 et la commune n'est créée qu'en 1925 par scission de celle de BraspartsLe Courrier du Finistère, , .. En 1854, la trève de Saint-Rivoal avait perdu la majeure partie du versant oriental des monts d'Arrée, comprenant le hameau de Botcador, qu'elle possédait jusqu'alors, au profit de la commune de Botmeur qui venait d'être créée en 1851. Saint-Rivoal Camille Vallaux, « La nature et l'homme en montagne d'Arrée : Brasparts et Saint-Rivoal », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome XXXV, année 1908., les notables dans les procès-verbaux des délibérations se disant toujours et non paroissiens de Brasparts.