Saint-Urbain est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie
Présentation
Située en Cornouaille, mais proche du sud du Léon, entre l'estuaire de l'Élorn et les monts d'Arrée, proche de la rade de Brest, la commune de Saint-Urbain est à l'écart des grands axes routiers, mais la commune est proche de la route nationale 165 allant de Brest à Quimper et Nantes. La commune est peu éloignée de Brest par la voie rapide (15 min), de Landerneau (ville de ) ou encore de son chef-lieu de canton, Daoulas réputé par son marché.. La gare de Dirinon - Loperhet, sur la voie ferrée allant de Landerneau à Quimper, se trouve à . La commune est juste un peu au nord du parc naturel régional d'Armorique.
La commune est très vallonnée, les altitudes au sein du finage communal allant de (au niveau du viaduc de chemin de fer, à la limite de Daoulas) à à l'est (plateau de Ploudiry), l'altitude moyenne étant de , même si le bourg se trouve vers d'altitude.
Des gisements de kaolin ont été exploités à Kersulec et près de Kerbaol. Celui de Kersulec a été utilisé par la faïencerie de Daoulas et celui de Kerbaol envoyé sous forme d'une solution fluide par des canalisations jusqu'à la briqueterie de Landerneau.. L'habitat traditionnel est construit en moellons associant du microgranite jaune de Logonna, du microgranite local, du kersanton et des schistes bleus dévoniens ; c'est le cas par exemple pour les constructions dépendant du manoir de BeuzidouLouis Chauris, Mise en œuvre de quelques microgranites du centre Finistère dans les constructions, Société géologique et minéralogique de Bretagne, "Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne", 2010, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9687436n/f62.image.r=Irvillac.
Une carte présentant les localisations au sein du territoire communal est consultable sur Internet.
Localisation
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Mignonne et divers autres petits cours d'eau.
La Mignonne, dénommée aussi rivière de Daoulas, est le principal cours d'eau et forme la limite communale avec Irvillac. D'une longueur de , elle prend sa source dans la commune de Saint-Eloy et se jette dans la mer Celtique à Daoulas, après avoir traversé six communes. Les caractéristiques hydrologiques de la Mignonne sont données par la station hydrologique située sur la commune d'Irvillac. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 577 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/05/1971 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .. La bonne qualité écologique de ses eaux et de celle de ses affluents comme le Lézuzan et le Creach Balbe, est attestée par le retour de la loutre : en 2008 une épreinte de loutre a été trouvée près du Steir Vian et des témoignages d'habitants de Trévarn attestent de son retourSite de la mairie.
L'ancien chemin d'avant la route royale aménagée au allant de Quimper à Landerneau franchissait la Mignonne à Stang Meyet où subsiste le vieux pont qui permettait de franchir ce cours d'eau.. La vallée de la Migonne, très encaissée dans sa partie aval, a nécessité la construction d'un viaduc (dit "viaduc de Daoulas", mais situé en fait sur le territoire de la commune de Saint-Urbain) pour que la voie ferrée allant de Quimper à Landerneau puisse la franchir.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-UrbainLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sizun à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Urbain est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (70,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (38,5 %), terres arables (32,2 %), forêts (15,1 %), zones urbanisées (6,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,5 %), prairies (2,2 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Lan Urvan, puis Lanurvan en 1572, composées du breton lan (ermitage) et de Urvan (patronyme) devenu Sant Urban et francisé en Saint-Urbain..
Histoire Origines Saint-Urbain est un démembrement de l'ancienne paroisse de l'Armorique primitive de Plougastel et fut jusqu'à la Révolution française, de même que Trévarn, une trève de Dirinon. La commune résulte de la réunion en 1793 de ces deux anciennes trèves de Dirinon, Trévarn et Saint-Urbain. La fondation de ces deux entités remonte aux , avec l'arrivée en Bretagne d'immigrants venant du pays de Galles ou de Cornouailles et parmi eux, des moines qui se déplaçaient deux par deux. L'un d'eux, Baharn, s'établit à un endroit dénommé Treb-Baharn qui allait devenir Treffbarn (en 1324), puis Trévarn, le “village de Baharn” ; son compagnon Urvan fonde un ermitage : Lan Urvan (en 1572).
L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée dès le : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trève de DirinonArchitecte et patrimoine - Base Mérimée.
Antiquité
Une voie romaine traversait le territoire de Saint-Urbain ; des traces gallo-romaines au Bodan, à Cleuz-Bras et au Beuzidou : ce toponyme provient du buis (beuz), que les légionnaires romains plantaient le long des voies romaines ; c'est un souvenir de la voie romaine qui traversait le village.
Plusieurs indices laissent penser à une implantation romaine :
Moyen Âge
Près du bourg, au lieu-dit Créach-Balbé, se trouve une motte castrale très élevée, dite Torgenn-ar-Zal. Un vieil if se trouve à proximité. Selon la tradition, un prophète du nom de Gouinclé y est enterré..
Les principales seigneuries La seigneurie de Beuzidou : la famille de Flotte vignette|left|redresse|Portrait de Paul de Flotte. vignette|redresse|Le monument à la gloire de Paul de Flotte à Solano (Calabre). La seigneurie de Beuzidou a appartenu successivement aux familles de KergroasPol Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne, édition 2, tome 2, 1862, Gallica, Courtois, Le Veyer (par exemple dans le premier quart du , Jean-Baptiste Le Veyer, marié avec Catherine Parc, est seigneur du Beuzidou, puis de Flotte : Paul de Flotte, capitaine de vaisseau, puis contre-amiral, directeur de l'École de Marine de Brest de 1786 à 1791, épousa Marie-Jeanne Le Vayer, décédée le à Saint-Urbain, héritière du domaine du Beuzidou. Il combattit dans les rangs de la Chouannerie et décéda le à Saint-Urbain. Leur fils aîné, Jacques-Marie-François de Flotte, épousa le 29 messidor an IX () à Morlaix Marie-Mauricette-Désirée Mol de Kernélès (née à Brest le , décédée à Saint-Urbain le ). Leur fis cadet, François-Bonaventure de Flotte, décédé le à Rochefort, officier d'artillerie et époux de Louise-Sylvie de Boulainvilliers (décédée en 1853 au château de Maillé en Plounévez-Lochrist, fille de Joseph de Boulainvilliers de Croÿ. Un de leurs fils, le vicomte Louis-François-René-Paul de Flotte, né à Landerneau en 1817, admirateur de Charles Fourier, fut député socialiste de la Seine en 1850 et fut expulsé de France après le coup d'État du 2 décembre 1851. Il s'engagea dans l'armée de Garibaldi et, participant à l'Expédition des Mille, fut tué en 1860 au combat de Pezzo à Solano (Calabre). Un autre de leurs fils, Charles de Flotte, officier de marine, mourut en 1855 pendant la guerre de Crimée. Il avait épousé une de ses cousines, Fanny de KergristGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du . XVIII Fel-For, 1922, Gallica.
La seigneurie et le manoir de Kerdaoulas : la famille Buzic La seigneurie de Kerdaoulas était initialement aux mains des seigneurs de Névet, mais le mariage le de Jeanne de Névet, dame de Kerdaoulas, avec Alain Buzit, la fit passer aux mains de la famille Buzlo (ou Buzit), reconnue en 1669 d'ancienne extraction nobleRené Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier, Les Bretons. 7, BROU-CARN, 1886-1908, Gallica.
La famille Buzic de Kerdaoulas, dont le blason était « Écartelé : aux 1 et 4, d'or, au léopard de gueules (Névet) ; aux 2 et 3, de Buzic », et la devise Comzit mad (“Parlez bien”), était originaire du manoir de Lespervez en Plonéour-Lanvern. Cette famille joua un rôle notable au et les siècles suivants : Un Jacques Buzic (ou Buzlo) est chanoine de Quimper en 1417-1418 ; ses armes se trouvent sur un vitrail de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Yves Buzic, seigneur de Kergoët, décédé le , fait une donation en faveur de l'abbaye Notre-Dame-de-Daoulas (des terres du terroir de Keranglissien).