Trébabu est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie vignette|left|Carte de la commune de Trébabu La commune de Trébabu occupe la presqu'île de confluence entre deux petits fleuves côtiers, le Pratséach. au nord, qui lui sert de limite avec Ploumoguer (sa partie aval est constituée de plusieurs étangs successifs (dont l'étang de Kermorvan), et le ruisseau de Kerjean, au sud, qui lui sert de limite avec Plougonvelin et dont la partie aval forme l'étang de Kerjean ; ces deux cours d'eau se jettent dans la ria du Conquet et l'existence de ces étangs s'explique par l'existence autrefois de moulins à marée au point de rencontre de ces cours d'eau avec la ria. Le domaine du château de Kerjan Mol occupe la pointe de cette presqu'île de confluence.

L'étang de Kerjean présente la particularité d'avoir des eaux saumâtres. Ses rives sont colonisées par une végétation caractéristique (phragmites, massettes, joncs, saules, ..) et permettent à de nombreuses espèces animales d'y trouver refuge.

Les altitudes du finage communal vont de (à la limite sud-est de la commune) au niveau de la mer ; le bourg, à l'écart des voies de communications importantes, est vers d'altitude. L'habitat rural est dispersé en un certain nombre d'écarts formés de hameaux et de fermes isolées. La commune a échappé à la périurbanisation littorale, malgré la proximité de l'océan atlantique, à l'exception du domaine de Kerjan, lotissement situé au nord de l'étang de Kerjan, dans la partie sud-ouest du territoire communal. Communes limitrophes

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TrébabuLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang de Kerjan, d'une superficie totale de ( sur la commune) et l'étang de Kermorvan ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploudalmézeau à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Trébabu est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la mer d'Iroise, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75,8 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (73,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (54,7 %), forêts (23,7 %), terres arables (20,5 %), prairies (0,7 %), zones urbanisées (0,4 %), zones humides côtières (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la commune provient du surnom de Pabu attribué au saint patron de la paroisse, Tugdual de Tréguier.. Une tradition médiévale veut que cet évêque ait été pape, d'où son surnom.. Il aurait fondé un monastère (Lan-Pabu) dans ce lieu renommé depuis Tre-babu.. Plusieurs variations lexicales sont attestées. :

Lanpapbu au ; Tresbabu en 1393. ; Trebabu en 1516 ; Treffbabu en 1668..

Trebabu en breton est sans accent aigu. Le préfixe Tre correspond à « village ». ou trève.

Histoire

Moyen Âge Saint Tugdual aurait fondé le monastère de « Lan Pabu » vers 525., à l'emplacement de l'église qui lui est dédiée. Ayant débarqué dans la presqu'île de Kermorvan, il se serait rendu à Saint-Pol-de-Léon pour demander au seigneur de Léon de lui accorder une terre proche de son lieu de débarquement afin d'y établir un petit monastère. vignette|Le « Gibet des moines » (en Plougonvelin), en fait deux stèles de l'âge du fer christianisées par la suite. Frère Mathieu, un moine copiste de l'abbaye de Saint-Mathieu, raconte dans le cartulaire de l'abbaye qu'en , un homme qui terrorisait la région de Trébabu jusqu'à Saint-Renan et même Bohars, aurait été pendu au « Gibet des moines » (en Plougonvelin) où se trouvent encore de nos jours deux menhirs jumeaux christianisés (en fait des stèles de l'âge du fer surmontées de croix).. Si cette histoire a probablement une part de vérité, le lieu de l'exécution est probablement erroné car les moines de l'abbaye de Saint-Mathieu, qui disposaient du droit de haute justice n'exécutaient pas les condamnés à cet endroit (aucune trace de gibet n'a d'ailleurs été retrouvée à cet emplacement) mais à Creac'h ar Justis..

En 1280, le château de Kermorvan « devait onze chevaliers pour la remonte de l'armée du duc » ; il appartenait alors à Alain de Kermorvan.. La famille de Kermorvan était seigneur du dit lieu (en Trébabu), de Keruzou (en Ploumoguer) et vit sa noblesse confirmée lors de la réformation de 1669 (noble depuis au moins 10 générations) et présente aux montres entre 1448 et 1534 ; sa devise était Servir Dieu est régner..

La famille Jouan de Kervénoaël était « seigneur de Penanec'h, de Kervénigan, de Keranmoal, de Kervénoaël et autres lieux » ; elle est mentionnée aux montres et réformations entre 1426 et 1538 pour les paroisses de Plouzané, Saint-Renan, Treffabu (Trébabu), Milizac et Plougouvelin et confirmée de lointaine extraction noble par un arrêt du Parlement de Bretagne en date du "Jouan de Kervenoaël, Bretagne : seigneurs de Penaneck, de Kervénigan, de Keranmoal, de la Garenne... et autres lieux", 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5673635k/f5.image.r=Milizac.

La famille Mol, qui vit sa noblesse confirmée lors de la réformation de 1669 (noble depuis au moins 11 générations), présente aux montres entre 1448 et 1534, était seigneur de Mol-Énez, de Kerjean (paroisse de Trébabu), de Rumorvan (en Lanildut), de Lesmoalec, de Guernelez (en Le Tréhou), de Kerangar (en Plougonvelin), du Vijac (en Guipavas), de Garzian (en Plouvien), etc..

Renaissance Au , Trébabu fait partie de la sénéchaussée de Brest et Saint-RenanJean Kerhervé, Anne-Françoise Pérès, Bernard Tanguy, Les biens de la Couronne dans la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan, d'après le rentier de 1544, Institut culturel de Bretagne, 1984.. La zone côtière allant de Plougonvelin à Ploumoguer est considérée comme particulièrement exposée « aux incursions de l'ennemi », et une ordonnance de François datée de exempte le « roi des arbalétriers » local de toute imposition pour un an, en échange de quoi il doit entraîner les habitants du pays « au maniement de l'arc et de l'arbalète »..

Époque moderne

Le prédicateur Julien Maunoir prêcha une mission à Trébabu en 1656.. En 1683, « missire René-Honoré Le Jollic, recteur de Trébabu, [fut] accusé d'avoir chanté les vêpres "épris de vin", d'être sorti de son presbytère armé d'un fusil, sans soutane, ni rabat, et d'avoir blessé une femme »..

À la fin du , la paroisse de Trébabu est toujours menacée par des attaques anglaises, comme en témoigne une strophe d'une « chanson » de l'époque. :

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Trébabu de fournir deux hommes et de payer 13 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne ».. vignette|Le château de Kerjean-Mol vers 1900. Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Trébabu en 1778 :

Les deux derniers seigneurs de Kerjan-Mol (ou Kerjean-Mol) furent des membres de la famille de Kersauson : Jean François Marie de KersausonJean François Marie de Kersauson, né le à Brest, décédé le à Morlaix., seigneur de Goasmelquin, en Plouégat-Guérand épousa Suzanne Françoise Mol, héritière de Kerjean-MolSuzanne Françoise Mol de Kerjean, née le à Guipavas, décédée le à Trébabu.; leur fils Maurice de Kersauson de KerjeanMaurice Pierre Joseph de Kersauson, né le à Brest, paroisse Saint-Louis, chevalier seigneur de Kerjean, lieutenant des vaisseaux du Roi, chevalier de Saint-Louis, décédé vers 1795. fut le dernier seigneur de Kerjean-Mol. En 1768, Marie-Jeanne de Kersauson, sœur du précédent, épousa à Trébabu Charles-François de Villiers de L'Isle-AdamCharles-François de Villiers de L'Isle-Adam, décédé le au château de Kerleau, en Plourivo., enseigne des vaisseaux du Roi. (ils sont les grands-parents de l'écrivain Auguste de Villiers de L'Isle-Adam) ; elle se remaria en 1782 à Morlaix avec Michel Marie Jegou du Laz de Trégarantec.

Révolution française

En 1789, le cahier de doléances de Trébabu demande principalement plus de justice fiscale, la suppression de l'enrôlement de force dans la milice garde-côte et l' abolition de la corvée « sur les grands chemins », ainsi que « le rétablissement de la jetée ou digue dans le port du Conquet »..

Un recueil de cantiques en breton appartenant à Agathe Laurent Hamelin, prêtre desservant de Trébabu en 1790, a été conservé..