Trégarvan est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie vignette|center|Carte de la commune de Trégarvan. Trégarvan fait partie du parc naturel régional d'Armorique.
Avec une population estimée par l'Institut national de la statistique et des études économiques de 128 habitants au (116 habitants au ) Trégarvan est la commune la moins peuplée du département du Finistère, devant l'Île-Molène dont la population était estimée à la même date à 132 habitants (151 habitants au ).
Description
Trégarvan est situé, dans un méandre, sur la rive gauche de l'Aulne maritime, au pied du Ménez-Hom, entre Landévennec à au nord-ouest, Châteaulin à à l'est, et Crozon à à l'ouest (distances orthodromiques ou « à vol d'oiseau »). vignette|center|450px|Aulne maritime : le méandre de Trégarvan vu depuis le belvédère de Rosnoën. vignette|left|Aulne maritime : le méandre de Trégarvan vu depuis Rosnoën aux environs de Ty Bihan. De Trégarvan, on distingue vers le nord-ouest le pont de Térénez qui enjambe l'Aulne sur l'axe routier Le Faou-Crozon : le pont précédent datait de 1951 (et remplaçait lui-même celui de 1925, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale) et a été démoli pour des raisons de sécurité en raison de sa vétusté. Le superbe pont actuel, inauguré en 2011, est le premier pont courbe à haubans de France.
En face de Trégarvan, sur l'autre rive de l'Aulne, vers l'amont, en direction de Chateaulin, un rocher dénommé « Saut-du-Loup », surplombe l'Aulne d'une trentaine de mètres. Plus loin, sur la colline à droite du rocher, on distingue le village de Rosnoën et son clocher. En arrivant à Trégarvan, dans la descente qui mène au bourg, le point-de-vue sur l'Aulne, vers Châteaulin, et sur la colline de Rosnoën, est superbe, notamment à marée haute.
De la « montagne » au niveau de la mer vignette|550px|centre|Le Ménez Hom vu depuis Trégarvan. Le finage de Trégarvan s'étend du versant nord du Ménez Hom (le point le plus haut de la commune est à 223 mètres d'altitude, à la limite sud de la commune avec Dinéault, commune à laquelle appartient le sommet de la montagne) au niveau de la mer, ou plutôt de la rive gauche de la ria de l'Aulne maritime, qui dessine un méandre accentué dans le lobe de rive convexe, le bourg de Trégarvan étant situé juste en aval dans un méandre de rive concave, mais un peu à l'écart de la rive, vers 25 mètres d'altitude ; le territoire de la commune est très pentu et est un versant nord, ce qui accentue une certaine rudesse climatique.
De petits affluents de l'Aulne dévalent les pentes et les accentuent en raison de l'encaissement de la partie aval de leurs vallons : le Ster ar Pont Men à l'ouest forme la limite avec Argol et le ruisseau de Garvan, dont la partie aval forme une anse assez accentuée au niveau de sa confluence avec l'Aulne, à l'est, la limite avec Dinéault.
Le territoire communal est très boisé : la forêt communale de Trégarvan couvre les pentes les plus élevées du flanc nord du Ménez Hom et la rive gauche de l'Aulne maritime, très pentue en aval du bourg, est occupée par le bois du Cosquer jusqu'au Ster de Pont Men, qui forme la limite avec la partie de la forêt domaniale de Landévennec située dans la commune d'Argol. La friche sociale, qui s'est développée depuis plusieurs décennies au détriment de l'agriculture en raison de l'exode rural, occupe de nombreuses parcelles dans le reste de la commune où il subsiste toutefois quelques exploitations agricoles.
Géologie et hydrologie
Des affleurements de roches volcaniques, correspondant à d'anciens dykes et sills datant de l'Ordovicien et traversant les grès de la formation dite de Kermeur, sont visibles à Trégarvan et à proximité : de la diabase schistosée dans le fond de l'anse de Garvan, trois coulées de lave basaltique très altérées au nord de Keryé et, en Dinéault, de la dolérite à l'est de l'anse de Garvan près du hameau de KerbastardThierry Juteau, Philippe Nonnotte et divers autres auteurs, Le volcanisme sous-marin d'âge ordovicien supérieur de la presqu'île de Crozon (Finistère). Étude des processus de bréchification, "Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne", 2007, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9687161p/f54.image.r=Tr%C3%A9garvan?rk=21459;2.
« Des couches d'hématite brune et rouge se montrent au milieu des terrains silurien et surtout dévonien, notamment dans les communes de Landévennec, Argol, Trégarvan, Dinéault, Rosnoën ; quelques-unes peuvent être suivies sur plusieurs kilomètres. L'épaisseur, quelquefois très grande, est très variable, comme la qualité du minerai, qui passe graduellement de l'hématite brune fibreuse la plus riche au grès simplement coloré. On trouve les traces d'anciennes exploitations en une foule de points, ainsi que des scories anciennes, mais on n'a pas conservé le souvenir de ces travaux très anciens »Le minerai de fer du grand géosynclinal médian de la Bretagne, "L'Ouest minier. Nos mines et minières. Le minerais de fer de l'Anjou, de la Basse-Bretagne et de la Fosse vendéenne", 1913, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k932721b/f103.image.r=Argol?rk=6588015;2.
Une étude sur les variations de la salinité de l'eau dans l'estuaire de l'Aulne maritime à hauteur du coude de Trégarvan a été faite en 1939Claude Francis-Bœuf, Sur les variations de salinité, au cours d'une journée de septembre, des eaux de l'Aulne maritime à Trégarvan, "Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences", n° du 6 mars 1939, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6238828t/f78.image.r=Tr%C3%A9garvan.
Hameaux et lieux-dits
L'habitat rural traditionnel était dispersé en hameaux et fermes isolées. Jadis (jusqu'aux années 1980) la plupart de ces lieux-dits correspondaient à des exploitations agricoles indépendantes, vivant essentiellement de la culture céréalière (blé, orge) et de l'élevage de vaches laitières et de porcins. Les plus grandes de ces « fermes » exploitaient 30 à 40 ha. Depuis, ces exploitations ont disparu, ou cédé leurs terres à de plus gros exploitants. Les bâtiments eux-mêmes ont souvent été convertis en gîtes ruraux, parallèlement à la démocratisation du tourisme en Bretagne. Parmi ces lieux-dits, citons : Bel-Air, Brigneun, Belle Vue, Kerfréval, Kerfénan, Toul ar Gloët, Kerdudal, Kéranquéré, Rulann, Keravel, la Fonderie, Ty Vigouroux, Kerzuel, Keravel, Kergantic, Keryé, Kerloc'h, Stanquelen, Le Cosquer. Certaines de ces fermes sont situées dans la lande, au pied du Menez-Hom (Toul ar Gloët, Kerfréval, Kerfénan), d'autres sont plus proches de l'Aulne et du bourg même de Trégarvan (Keryé). Goulenez, qui est plus un lieu-dit qu'une ferme, est situé quelques centaines de mètres avant le bourg de Trégarvan, situé au bord de l'Aulne. Goulenez regroupait jadis un certain nombre de petites exploitations depuis reconverties pour la plupart d'entre elles en gîtes ruraux.
Transports vignette|La très modeste cale du Passage de Dinéault le long de la rive gauche de l'Aulne maritime. Isolée en raison de sa situation et de son relief, la commune n'est desservie que par une modeste, étroite et sinueuse route départementale (la D 60), le bourg lui-même ne l'étant que par une route communale en impasse.
Avant la construction du premier pont de Térénez, un bac permettait le passage de l'Aulne entre Rosnoën et Trégarvan.
Le quai sommairement aménagé le long de la rive de l'Aulne permet des accostages, du moins à marée haute. Au début du la Compagnie des Vapeurs brestois y assurait des escales dans le cadre de sa desserte de la Rade de BrestLouis Coudurier, "Brest-touriste, volume-guide illustré indispensable aux visiteurs de la ville de Brest : renseignements commerciaux et pratiques pour le séjour et l'excursion", 1906, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1648710/f154.image.r=Tr%C3%A9garvan?rk=1030048;0.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Garvan et divers autres petits cours d'eau.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TrégarvanLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Ségal à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Trégarvan est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Pleyben - Châteaulin, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
La commune, bordée par la mer d'Iroise, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51,6 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (48,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (28,6 %), terres arables (25,8 %), zones agricoles hétérogènes (21,9 %), forêts (17,2 %), prairies (3,9 %), zones urbanisées (2,5 %), eaux maritimes (0,2 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..