Sainte-Sève (, breton Sant-Seo) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.
Géographie Localisation La commune de Sainte-Sève est située à proximité () de la ville de Morlaix qui est sous-préfecture du département du Finistère. Les habitants se nomment les Saintes-Sèvistes.
vignette|centré|Carte de la commune. Communes limitrophes
Géologie et relief
De modeste superficie (), la commune correspond à un morceau du plateau granitique du Léon légèrement vallonné et d'une altitude moyenne d'une centaine de mètres ( maximum à la limite sud), le bourg étant à d'altitude. L'altitude s'abaisse toutefois jusqu'à une trentaine de mètres ( au point le plus bas) dans les deux vallées encaissées qui délimitent la commune : à l'ouest celle de la Coat Toulzac'h, affluent de rive droite de la Penzé, qui sépare Sainte-Sève de Saint-Thégonnec et à l'est celle de la Pennelé, qui se jette dans la Rivière de Morlaix et sépare Sainte-Sève de Saint-Martin-des-Champs.
Voies de communication et transports
Sainte-Sève est traversée par la voie expresse N 12 reliant Rennes à Brest via Morlaix et bénéficie d'un important échangeur qui permet une très bonne desserte routière de la commune et où se greffe un autre axe routier important, la départementale 785, ancienne route nationale (tronçon commun aux axes Roscoff-Lorient et Morlaix-Quimper). Cet échangeur est marqué dans le paysage par un signal visuel important : le château d'eau, de style original, situé à proximité. La voie ferrée Morlaix - Roscoff traverse la partie orientale de la commune, mais celle-ci n'est pas desservie par une gare en raison de la trop grande proximité de Morlaix. Cette voie ferrée est hors service depuis l'orage du .
Le bourg était traditionnellement tout petit, la majeure partie des habitants vivant dans la trentaine de hameaux et fermes isolées qui parsèment le territoire communal. La répartition de l'habitat s'est totalement modifiée ces dernières décennies, plusieurs lotissements liés à la proximité de Morlaix ayant provoqué une forte croissance de la population agglomérée au bourg, le dernier grand lotissement en cours en 2010 étant celui de « La Croix »..
L'occupation des sols
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Coat Toulzac'h, la Pennélé et divers autres petits cours d'eau.
Ces deux cours d'eau ont permis par le passé l'installation de moulins dont les ruines sont encore visibles (trois au moins sur le tronçon du Coat Toulzac'h qui délimite la commune et un au moins sur la Pennelé)Carte au 1/25000 de l'IGN 0616 ouest Morlaix. Le moulin à blé de Pen-ar-Vern était situé à plus d'un kilomètre en aval du moulin Mintric et est resté en activité au moins jusqu'en 1924. Un moulin à papier, abandonné depuis longtemps, portait le même nom.. Les limites communales avec Pleyber-Christ au sud et avec Taulé au nord sont artificielles, ne s'appuyant sur aucun élément naturel notable. Un élevage piscicole existe le long du cours du Coat Toulzac'h à Moulin Fontaine Blanche.
Le Coat Toulzac'h, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plounéour-Ménez et se jette dans la Penzé à Taulé, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Sainte-SèveLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleyber-Christ à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Sainte-Sève est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Morlaix, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Toponymie Attesté sous les formes Santsegue au , Santseguot en 1128, Sainte Avoye en 1429, Saint Sceveau en 1543, Saint Scevoy en 1598, S.Sevoy en 11630.
Le nom de la localité est attesté en breton sous les formes Sant Seo ou Sant Sev.
Histoire Les origines Des fouilles de sauvegarde réalisées juste avant l'aménagement de la zone d'activité de « Penprat » ont permis d'y reconnaître une occupation gallo-romaine, vraisemblablement une villa, pendant le Haut Empire..
La commune doit son nom à sainte Sève (ou sainte Sewa), sœur (ou frère car c'était peut-être un homme) de saint Tugdual, qui fait partie des saints bretons plus ou moins mythiques et non reconnus officiellement par l'église catholique romaine, venus de l'île de Bretagne en Armorique vers le ou . Selon Albert Le Grand, saint Tugdual aurait construit à cet endroit un monastère en l'honneur de sa sœur (ou frère). Saint Lunaire et Hoël II seraient aussi ses frères.
Selon le « scriptorium de Tréguier »., qui date du , Sainte-Sève et Saint-Martin-des-Champs faisaient partie de l'ancien Pagus Daudour qui, au sein de l'évêché de Léon, dépendait du royaume de Domnonée. Un document de 1128 évoque la contestation par le vicomte de Morlaix d'une donation ("tout ce que j'avais comme dîme à Sainte-Sève" écrit le vicomte) faite en faveur des moines de l'abbaye de Marmoutier pour établir un prieuré et un bourg près de Morlaix. Cette donationH. Guillotel, "Les vicomtes de Léon aux ", dans "Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne", tome 51, 1971, pages 47-48 serait à l'origine de la création de la paroisse Saint-Martin de Morlaix, dont la partie rurale englobait initialement, outre Saint-Martin-des-Champs, le territoire de Sainte-Sève. Le lieu-dit « Trébompé » situé dans cette commune proviendrait d'ailleurs de Pompée, nom de la mère de sainte SèveA. De la Borderie, "Saint Tugdual : Texte des trois Vies (Vita) les plus anciennes de ce saint et de son très ancien office, publié avec notes et commentaire historique », dans "Mémoires de la Société archéologique des Côtes-du-Nord", série, t. 2 (1886-1887), . Une chapelle disparue honorait sainte Pompée à Trébompé"Bulletins et mémoires", Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, tome L, 1912, lire en ligne.
Moyen Âge
Jusqu'à la Révolution française, Sainte-Sève est une trève de Saint-Martin-des-Champs et faisait partie de l'évêché de Léon. Son orthographe a varié au fil du temps : Santsegue (au ), Sentseguot (en 1128), Saint Scevoy (en 1598).
Époque moderne
Au , la châtellenie de Daoudour est subdivisée en deux juridictions : celle de « Daoudour-Landivisiau », dite aussi « Daoudour-Coëtmeur », qui avait son siège à Landivisiau et comprenait Plouvorn et ses trèves de Mespaul et Sainte-Catherine, Plougourvest et sa trève de Landivisiau, Guiclan, Saint-Thégonnec, Guimiliau, Lampaul-Bodénès, Pleyber-Christ, Commana et sa trève de Saint-Sauveur, Plounéour-Ménez et pour partie Plouénan ; et celle de « Daoudour-Penzé », qui avait son siège à Penzé et comprenait Taulé et ses trèves de Callot, Carantec, Henvic et Penzé, Locquénolé, Saint-Martin-des-Champs et sa trève de Sainte-SèveArthur de La Borderie, Les grandes seigneuries de Bretagne. La vicomté ou principauté de Léon, "Revue de Bretagne et de Vendée", 1889, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207871k/f108.image.r=Daoudour?rk=21459;2.
Le bail consenti en 1748 par la veuve de Guillaume Barazé, sieur de Lannurien, à Ollivier Le Laviec et sa femme Marie Guizien concernant la « métairie noble » de Kerfertou en Sainte-Sève est un bon exemple des usages agricoles de l'époque dans la région..
Trois Morlaisiens (Julien Saget, Julien Scouarnec et Olivier Cozic) tuèrent quatre louveteaux près de Penanvern en Sainte-Sève le François de Beaulieu, "Quand on parle du loup en Bretagne", éditions Le Télégramme, 2004, .
Révolution française
Les habitants de Sainte-Sève, qui dépendaient alors de la sénéchaussée de Lesneven, ont rédigé un cahier de doléances en 1789Henri Sée, La Révolution française, Revue d'histoire moderne et contemporaine, Paris, tome 47, juillet-décembre 1904, lire en ligne. Les deux députés représentant la trève de Sainte-Sève lors de la rédaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven le étaient Jean Cloarec et François MessagerJ. Madival et E. Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises" , imprimé par ordre du Corps législatif. série, 1787-1799, lire en ligne.
Jacques Cambry évoque très brièvement Sainte-Sève en 1794 ou 1795 : « De Morlaix prenez la route de Brest ; vous traversez la paroisse de Sainte-Sève, alternativement aride et cultivée et vous arrivez à Saint-Thégonnec » écrit-ilJacques Cambry, "Voyage dans le Finistère, ou état de ce département en 1794 et 1795".
Sainte-Sève est renommé "Unité des Champs" pendant la Révolution française.
Légende d'une naissance de Napoléon à Sainte-Sève vignette|redresse|Penanvern (ou Penvern). Une légende localeRapportée notamment par Gwenc'hlan Le Scouëzec dans son Guide de la Bretagne, Coop Breizh, Spézet, 1997, prétend que Napoléon Bonaparte soit né et ait passé les premiers mois de sa vie au manoir de Penanvern sur la commune. Le manoir aurait été celui de Louis Charles René de Marbeuf, gouverneur de la Corse et supposé amant de Laëtitia Ramolino, mère de Napoléon, mais en fait le manoir de Penanvern n'appartenait pas à Charles Louis René de Marbeuf à l'époque supposée des faits, mais aux héritiers de sa cousine germaine, Louise Josèphe de Marbeuf.