Drincham est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés Drinchamoises ou Drinchamois. Drincham est situé sur la Méridienne verte.

Le village de Drincham organise son propre carnaval qui se déroule, depuis 1995, le samedi précédant la bande de Bergues.

Géographie vignette|left|Drincham dans son canton et son arrondissement|180px

Situation La superficie de Drincham est de (). Située dans la plaine de la Flandre maritime qui borde la mer du Nord, l'altitude de cette plaine reste souvent inférieure au niveau de la mer, d'où des invasions marines fréquentes dans le passé, par exemple transgression marine Dunkerque I, transgression marine Dunkerque II, transgression marine Dunkerque III. De ce fait, la région demeura longtemps une zone de marais qu'il fallut drainer et assécher avant de pouvoir cultiver les sols. Ainsi, pour cette zone géographique, la mise en place et la gestion des wateringues avait une grande importance, même si la commune de Drincham était plutôt protégée par son altitude moyenne de . En revanche, après avoir envahi le pays, la mer y a laissé en se retirant des sédiments et sables qui ont contribué à faire de riches terres propices à l'agriculture. Drincham est donc une commune rurale d'intense activité agricole et d'élevage.

Communes limitrophes

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par le canal de Pitgam et le canal de Snaekedyck Drincham.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de DrinchamLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Delta de l'Aa ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de l'Aa. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est l'Institution intercommunale des Wateringues.

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Watten à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Drincham est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dunkerque, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (100 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (100 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (100 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie 857 : Dagmaringahem (domaine de Dagmar)..

Héraldique Les armes de Drincham sont celles de l'ancienne seigneurie de Drincham (voir seigneurs de Drincham).

Histoire Drincham est une petite commune des Flandres françaises. L'aspect qu'elle présente aujourd'hui ne laisse rien présumer de son riche passé rien moins qu'ordinaire.

Drincham a retenu au Moyen Âge et à l'époque moderne l'attention des érudits ou chercheurs du fait de l'existence d'une seigneurie dont le titulaire fut à un moment donné un fils naturel du noble le plus puissant de la région : le comte de Flandre, pair de France. Juste avant qu'elle ne disparaisse à la suite de la Révolution française, son dernier titulaire fut un des deux représentants de la noblesse du bailliage de Bailleul aux États généraux de 1789.

Les seigneurs de Drincham Le détail des seigneurs successifs de Drincham figure dans seigneurs de Drincham.

La trace d'un seigneur de Drincham est retrouvée à partir de 1110 (le village existe lui depuis au moins 830 cf. ci-dessous section Toponymie).

L'histoire des seigneurs de Drincham se divise en quatre grandes époques. La première va de 1110 à 1383. Les seigneurs de Drincham apparaissent dans des textes où ils s'occupent d'affaires concernant la seule seigneurie de Drincham : ils gèrent leurs biens, ne sont seigneurs que de Drincham, habitent très probablement sur place. Il s'agit donc de petits seigneurs locaux qui accèdent à la chevalerie au , sans obtenir d'autres distinctions nobiliaires. Toutefois, l'un des derniers d'entre eux, Jean de Drincham, seigneur vers 1350, se distingue par sa proximité avec plusieurs personnalités importantes et il donne à la seigneurie un haut niveau qui préparera la phase suivante. Un premier tournant important intervient en fin 1383 lorsque le comte de Flandre de l'époque, Louis De Male donne à un de ses enfants naturels la seigneurie de Drincham. Elle constitue les seuls biens de cet héritier, ce qui laisse signifier qu'elle suffisait à lui assurer des revenus suffisants, fait révélateur du niveau qu'elle avait atteint. Cette deuxième époque va durer de 1383 à 1615, période pendant laquelle la seigneurie appartient à des descendants du comte quasiment jusqu'au bout. Les seigneurs de Drincham se désignent eux-mêmes de Flandre Drincham pour rappeler leur origine prestigieuse : Louis de Male descendant des capétiens par sa mère, les seigneurs de Drincham de cette lignée relèvent eux aussi de cette famille qui régna sur la France. Possédant plusieurs domaines, ils ne demeurent plus forcément sur place. Les biens des seigneurs correspondaient dans la châtellenie de Bourbourg à une surface supérieure à celle de l'ensemble de la superficie de la commune actuelle et ils possédaient en outre des terres dans la châtellenie de Furnes. En 1615, débute la troisième phase : la seigneurie est rachetée par les De Cupere (famille de Cupere). Ceux-ci proviennent d'une branche cadette d'une famille dont le rameau principal prospéra aux Pays-Bas. Ils possèdent plusieurs seigneuries et accomplissent pour la plupart des carrières militaires. Ils vont fortement marquer le village par le soin mis à veiller à son éclat : construction du château, considéré en son temps comme le plus beau de la châtellenie (le château pouvait abriter 300 hommes en armes ce qui lui donnait une puissance notable pour l'époque.), reconstruction de l'église en la dotant richement (les armoiries des De Cupere se trouvent encore au-dessus de la porte d'entrée actuelle bâtie en 1901, le confessionnal de l'église, classé par les Beaux Arts, date de cette époque cf. section ci-dessous Lieux et monuments). Les De Cupere gardent la seigneurie pendant un siècle et demi, jusqu'à la veille de la Révolution de 1789 où elle appartient aux marquis de Harchies. Ces nouveaux détenteurs, héritiers par les femmes des De Cupere, récupèrent la seigneurie après la mort du dernier descendant masculin De Cupere et portent le nom de leurs ascendants masculins. Cette quatrième époque fut courte mais néanmoins brillante puisque le dernier seigneur de Drincham fut un des deux représentants de la noblesse pour le bailliage de Bailleul aux États généraux de 1789.

Préhistoire et antiquité (avant l'an 476 de notre ère) Comme pour les communes voisines de Drincham, on sait peu de choses sur cette période. Les hommes préhistoriques étaient peut-être présents dans cette région dans la mesure où les conditions naturelles de marais, marécages, de montées périodiques des eaux cf transgression marine Dunkerque II, le permettaient. Les hommes peuplaient le pays des deux côtés de la Manche comme le montre la préhistoire de la Grande-Bretagne ou le célèbre site près d'Amiens qui donna son nom à une période de la préhistoire (acheuléen).

Des humains furent donc peut-être présents, ou au moins de passage, mais les traces de leur présence demeurent rares. Les préhistoriens expliquent cette rareté par l'érosion des sols et par la très forte activité agricole pendant des siècles qui a éliminé les traces possibles cf. pour une découverte importante au millénaire avant notre ère..

Dans les derniers siècles de l'Antiquité, des tribus gauloises peuplent la région. Sont notamment établis dans la région de Saint Omer les Morins (d'où le nom de Morinie donné à ce secteur) et dans la région de Drincham les Ménapiens.. Des fouilles faites à Pitgam au lieu-dit Schulleveldt, tout près de Drincham, en 1997 à l'occasion de la pose d'un gazoduc ont confirmé cette présence ménapienne. Le site fouillé date du , époque où il bordait le littoral : la mer arrivait jusque-là à cette époque.

Comme toute la Gaule, la région fut conquise par les Romains au avant notre ère, non sans résistance farouche d'ailleurs, telle que le décrit Jules César dans La guerre des Gaules.

Les Romains ont laissé des traces de leur passage à Drincham : l'actuelle D110 qui vient de Lynck et va vers Crochte serait, selon Mr Verbeke, non confirmé par d'autres sourcesM. Verbèke cité dans la bibliographie, une ancienne voie romaine qui allait de Looberghe à Loo (actuellement Lo-Reninge) en Belgique, d'où le nom de Looweg, reliant Bruges à Wissant.. En revanche, la voie allant de Cassel vers la côte, et qui traverse Drincham pour aller vers Looberghe et Bourbourg en venant d'Arnèke, appelée route de Cassel ou D11 se voit attribuer, de manière plus assurée, par la plupart des sources, le qualificatif d'ancienne voie romaine.