Alfred Dauvergne, né le à Challans (Vendée), et mort le au Pêchereau (Indre), est un architecte français.
Biographie Louis, Henry, Alfred Dauvergne, prénommé dans la vie courante, Alfred, entre à l'École des beaux-arts de Paris en . Il y étudie au sein de l'atelier d'Abel Blouet, architecte qui acheva l'Arc de triomphe de l'Étoile.
Il épouse en 1846 Radegonde Bourdesol, dont le père était originaire de Châteauroux et dont la mère était native d'Argenton-sur-Creuse. Le , à 26 ans, il est nommé architecte départemental de l'Indre par arrêté préfectoral.. À cette date, il est déjà l’auteur d'un projet de palais de justice pour la ville de Châteauroux. Le 1866, il est aussi nommé architecte de la ville de Châteauroux.
Dans son état des servicesÉtat des services, page 2 du dossier pour l'obtention de la Légion d'honneur. rédigé en 1876, il fait le décompte de ses interventions dans les bâtiments civils et religieux. Il a « construit à neuf 31 églises ou grandes chapelles publiques, 24 presbytères (…) réparé, restauré ou agrandi 103 églises de l'Indre » (qui compte alors quelque 250 communes). Il est l'architecte privilégié de la famille Balsan ; en plus de la manufacture, il fait aussi les plans de l'église de Lagamas, dans le Languedoc-Roussillon, village d'origine de la famille.
En 1884, il se retire au domaine des Thibauds (Le Pêchereau). Il est enterré à Tendu (Indre)État civil du Pêchereau, année 1885...
Ses deux fils sont aussi architectes : le premier Henry Dauvergne prend la suite des affaires de son père. Son second fils, Louis Dauvergne a fait carrière à Paris et à l'international.
Principales réalisations vignette|gauche|Église Saint-André, Châteauroux (Indre).
Département de l'Indre
Commandes publiques 1852-1855 : restauration de l'église du couvent des Récollets du Blanc, dédiée à Notre-Dame de l'Assomption, il construit aussi une prison au Blanc, à partir de 1857, il restaure et transforme l'église Saint-Génitour de l'ancien prieuré bénédictin du Blanc, il construit la sous-préfecture d'Issoudun 1861 : construction de l'église Notre-Dame de Fontguenand, 1866 : reconstruction de la chapelle Notre-Dame de Vaudouan à Briantes, sous le ministère de l'abbé Semelet, 1877-1878 : reconstruction de l'église Saint-Martin de Concremiers, 1880-1883 : construction du palais de justice du Blanc dont Alfred Dauvergne avait livré les plans dès 1868. Il construit également les palais de justice d'Issoudun et de La Châtre.
Châteauroux Alfred Dauvergne est l'architecte de la plupart des bâtiments publics et d'ouvrages importants construits entre 1850 et 1880 et qui jalonnent aujourd'hui encore l'urbanisme castelroussin :
1850-1861 : construction du Palais de justice. 1853-1861 : construction de la Manufacture des tabacs, en collaboration avec Eugène Rolland (1812-1885) qui devint directeur général des manufactures de l'État. 1859-1869 : construction de l'usine Balsan et appropriation de l'ancienne manufacture du ParcIbidem. 1863-1865 : rénovation de l'hôtel de ville qui avait été réalisé par l'architecte Pierre Murison. 1870-1873 : construction de l'école normale d'instituteurs. 1871-1874 : construction du temple protestant. 1872-1875 : construction de la caserne Bertrand. 1869-1876 : construction de l'église Saint-André. 1876-1882 : construction de l'église Notre-Dame.
Il intervient aussi pour restaurer des bâtiments classés à Châteauroux :
1854-1855 : restauration de la chapelle Saint-Martin. 1879-1884 : restauration du château Raoul, propriété du département. Cette restauration a été terminée à la veille de la Première Guerre mondiale par son fils, Henry.
Commande privée Au début des années 1860, Alfred Dauvergne travaille pour le marquis Antoine Albert Taupinart de Tilière (1812-1890) à moderniser le vieux château de Chazelet datant du . Le château était entouré de douves. Pour permettre d'atteindre plus facilement un puits, M. Taupinart demanda à l'architecte de concevoir un pont supplémentaire pour les franchir. L'architecte proposa de réaliser un pont métallique, mais le propriétaire choisit de le faire réaliser en ciment armé dont Joseph Monier (1823-1906) venait de déposer un brevet d'invention. Monier vint donc en 1875 réaliser le premier pont en ciment armé jamais réalisé dans le parc du château de Chazelet, près de Saint-Benoît-du-Sault, À partir de 1870, il effectue d'importantes transformations du château de Bouges pour son propriétaire Henri DufourVincent Cochet, Le Château de Bouges, Paris, Éditions du patrimoine, , 2004, .. Vers 1860, il construit le château de Laborde à Varennes-sur-Fouzon, en style néo-RenaissanceBase AGORHA en liens externes..
France Il intervient sur de nombreux bâtiments dans le département du Cher et tout particulièrement dans la commune de Sidiailles où il a construit l'église, la mairie-école de garçons et l'école de filles ainsi que le presbytère du village.
Jusqu'à son décès, il conduit les débuts de la construction de l'église Saint-Pierre de Neuilly-sur-Seine, achevée par son fils Louis.
Distinctions Base Léonore en liens externes..
Réception critique Pour expliquer le succès d'Alfred Dauvergne et la quantité de constructions et rénovations qu'il a réalisées, on peut citer Marc du Pouget, directeur des archives départementales de l'Indre., quand il parle du Second Empire comme une période de prospérité agricole et industrielle pour l'Indre :
Hommages Un monument funéraire lui a été érigé par souscription dans l'église Saint-André de Châteauroux, son œuvre principaleE. Delaire, Les architectes élèves de l'École des Beaux-Arts, 1793-1907, 1907.. Sur sa tombe au cimetière de Tendu figurent deux médaillons représentant ses deux œuvres majeures, l'église néo-gothique de Saint-André, et l'église néo-romane Notre-Dame, qu'il avait toutes deux érigées à Châteauroux. En 2024, à l’occasion du anniversaire de sa naissance, les communes de La Châtre et Sainte-Sévère, dans l'Indre, organisent tout au long de l'année des visites commentées d’édifices construits ou restaurés par l'architecte ou par ses fils« Rendez-vous patrimoine au Pays de George Sand », Service tourisme et culture de la Communauté de communes La Châtre-Sainte-Sévère.. Cinq expositions sont organisées dans différentes institutions culturelles du département de l'Indre« Rétrospective Dauvergne 2024-2025 », Archives départementales de l'Indre..
Bibliographie Articles Olivier Prisset, « Des capes et du drap : conception de deux manufactures au fil des papiers de leur architecte (1857-1869) », Profils, 3, 2021 . Olivier Prisset, « Les grandes fortunes du cabinet Dauvergne (1850-1919), des conditions du monopole aux limites d’un modèle économique », Livraisons d’Histoire de l’Architecture, 41, , article en ligne. « Qui sont les Dauvergne ? », Archives départementales de l'Indre.
Ouvrage .
Thèse Olivier Prisset, Alfred, Henry et Louis Dauvergne (1824-1937) : Expansion et réussite familiale d'une agence d'architectes, thèse de doctorat en histoire de l'art contemporain sous la direction de Jean-Baptiste Minnaert, université de Tours, 2021« Alfred, Henry et Louis Dauvergne, 1824-1937 : expansion et réussite familiale d'un cabinet d'architectes » sur Thèses.fr..
Notes et références
Annexes Liens externes
Catégorie:Architecte français du XIXe siècle Catégorie:Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts au XIXe siècle Catégorie:Personnalité inhumée dans l'Indre Catégorie:Personnalité liée à l'Indre Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1876 Catégorie:Naissance en août 1824 Catégorie:Naissance à Challans Catégorie:Décès en avril 1885 Catégorie:Décès dans l'Indre Catégorie:Décès à 60 ans