La translittération de la devanagari (devanagari : ; IAST : devanāgarī)Monier-Williams Sanskrit-English Dictionary. transpose, pour chacune des langues du sous-continent indien qui l'utilisent, des graphèmes de ce système d'écriture en graphèmes d'un autre système d'écriture. Un texte hindi peut être translittéré de l'écriture indienne devanāgarīnom féminin de langue française repris dans Le Petit Larousse grand format 2006 page 360, translittéré devanāgarī selon l'IAST et repris dans le Dictionnaire sanskrit-français de N.Stchoupak, L.Nitti et L.Renou, page 323. vers l'écriture arabe nastaliqtranslittération romane selon l'IAST : nasta`līq., par exemple.

Romaniser les caractères de l'écriture devanāgarī est un exercice de translittération qui fait correspondre à chaque caractère indien un caractère de l'alphabet latin, éventuellement nanti de signes diacritiques pour pallier le nombre de caractères alphabétiques latin inférieur au nombre de caractères alphabétiques indiens.

Transcription contre translittération

Il convient de ne pas confondre transcription et translittération. La transcription opère le passage d'un système phonologique à un système graphique, la translittération traduit strictement chaque caractère d'un système graphique donné en un caractère correspondant d'un autre système graphique.

Systèmes de translittération Parmi les systèmes de translittération des langues indiennes, se détachent la « translittération genevoise » codifiée au Congrès des Orientalistes réuni à Genève en 1894, l, en abrégé IAST, qui permet de translittérer le sanskrit, et le « système de romanisation de la bibliothèque nationale de Calcutta » qui est une extension de l'IAST à la translittération d'autres langues indiennes. Ce dernier système permet aussi de translittérer les mots du tibétain, pour lequel existe cependant le système de translittération Wylie plus fréquemment utilisé.

Translittération genevoise

Le Congrès des Orientalistes, réuni à Genève en 1894, codifia une translittération de l'écriture devanāgarī. qui fait depuis lors autorité pour les ouvrages didactiques et dictionnairesN.Stchoupak & L.Nitti & L.Renou, Dictionnaire sanskrit-français, voir bibliographie. édités par les universités. Cette translittération utilise des caractères empruntés à l'alphabet latin, et les signes diacritiques suivants : petit cercle (°), point souscrit (.), point surmontant une consonne (ṅ), accent aigu (´), et tilde (~) ; les voyelles longues sont surmontées d'un macron (ā).

Akṣarasamāmnāya est un mot sanskrit translittéré qui signifie alphabet. L'alphabet en écriture devanagari, qui est « littéral en ce qu'il possède un signe spécial pour chaque phonème »Louis Renou, Grammaire sanskrite élémentaire, page 76., aligne les caractères suivants, selon l'ordre alphabétique phonologique instauré par le grammairien Pāṇini dont le nom पाणिनि se translittère pāṇini, se transcrit Pânini et se note Panini au Larousse édité en 2006Le Petit Larousse grand format en couleurs, 2006, page 1622.:

अ, आ, इ, ई, उ, ऊ, ऋ, ॠ, ऌ, ॡ, ए, ऐ, ओ, औ, क, ख, ग, घ, ङ, च, छ, ज, झ, ञ, ट, ठ, ड, ढ, ण, त, थ, द, ध, न, प, फ, ब, भ, म, य, र, ल, व, श, ष, स, ह.

La translittération genevoise de 1894 utilise les caractères notés dans le tableau ci-dessous, classés selon l'ordre alphabétique et phonologique de Panini. Il est à noter que la consonne fricative palatale sourde श dont le symbole dans l’alphabet phonétique international est ç fut d'abord translittérée par le symbole [ç] avant de passer au symbole [ś]. Dans la première édition du dictionnaire de Stchoupak-Nitti-Renou qui date de 1932, le nom du deva Shiva y est translittéré çivaN.Stchoupak & L.Nitti & L.Renou, Dictionnaire sanskrit-français, page 730., mais la « Chrestomathie sanskrite » de Nadine Stchoupak datant de 1977 transcrit tout au long de son ouvrage le caractère श par le symbole [ś]Nadine Stchoupak, Chrestomathie sanskrite, page 7, verset 19, translittère par śiśiras l'adjectif signifiant « froid » que la page 730 de son dictionnaire note çiçira-..

voyelles a ā i ī u ū ṛ ṝ ḷ diphtongues e ai o auconsonnes gutturales k kh g gh ṅconsonnes palatales c ch j jh ñconsonnes cérébrales ṭ ṭh ḍ ḍh ṇconsonnes dentales t th d dh nconsonnes labiales p ph b bh msemi-voyelles y r l vspirantes ç/ś ṣ s hanusvāra et visarga ṃ ḥ

International Alphabet of Sanskrit Transliteration

Un Congrès des Orientalistes se tient à Athènes en 1912 et s'accorde sur une norme de translittération qu'il nomme, en anglais, International Alphabet of Sanskrit Transliteration, dont l'abréviation donne le sigle IAST.

Cet « alphabet international pour la translittération du sanskrit » est une norme académique de romanisation de l'écriture devanāgarī de la langue sanskrite. Il permet de translittérer les caractères de l'alphabet de cette écriture indienne par des caractères de l’alphabet latin dotés, lorsque nécessaire, de signes diacritiques. La norme IAST est utilisée dans diverses publications imprimées sur papier et, chaque jour davantage, dans plusieurs publications électroniques.

L'alphabet devanāgarī étant fondamentalement phonétique, sa translittération par l'IAST préserve l’essentiel de la prononciation du sanskrit transcrite par l’alphabet devanāgarī et tient compte des particularités phonologiques que sont le visarga [ḥ] et l’anusvāra [ṃ].

Caractère devanagari Phonétique (système API) Translittération IAST Écriture devanagari 1 अ ʌ, ə a 2 आ aː ā 3 इ i i 4 ई iː ī 5 उ u u 6 ऊ uː ū 7 ऋ ɻ, ɻʲ, r̥ r̥ 8 ए e ē, e 9 ऐ ɛ, aːi, ɛi̯ ai 10 ओ o o, ô 11 औ au, ɔu̯ au 12 क k k 13 ख kʰ kh 14 ग ɡ g 15 घ ɡʰ gh 16 च t͡ʃ, c͡ç c 17 छ t͡ʃʰ, c͡çʰ ch 18 ज d͡ʒ, ɟ͡ʝ j 19 झ d͡ʒʱ, ɟ͡ʝʱ jh 20 ञ ɲ ñ 21 ट ʈ ṭ 22 ठ ʈʰ ṭh 23 ड ɖ, d̺ ḍ 24 ढ ɖʱ ḍh 25 ण ɳ ṇ 26 त t, t̪ t 27 थ tʰ, t̪ʱ th 28 द d, d̪ d 29 ध dʰ, d̪ʱ dh 30 न n n 31 प p p 32 फ pʰ ph 33 ब b b 34 भ bʰ bh 35 म m m 36 य j y 37 र r r 38 ल l l 39 व v, β, ʋ v 40 श ç ś 41 ष ʂ, s̺ ṣ 42 स s s 43 ह h, ɦ h

Système de romanisation de la bibliothèque nationale de Calcutta Le « système de romanisation de la bibliothèque nationale de Calcutta » est le système de translittération le plus largement utilisé dans les grammaires et dictionnaires des diverses langues de l'Inde. La Bibliothèque du Congrès des États-Unis utilise également ce système, qui est assez semblable à l'une des variantes de la norme ISO 15919. Les tables ci-dessous reprennent les caractères de l'alphabet devanagari, et reprennent aussi des lettres des alphabets kannada, tamoul, malayalam et bengali. Ce système est une extension de l'IAST utilisé pour la translittération du sanskrit.

अ आ इ ई उ ऊ ऋ ಎ ए ऐ a ā i ī u ū ṛ e ē ai

ಒ ओ औ अं अः o ō au aṃ aḥ

क ख ग घ ङ च छ ज झ ञ ka kha ga gha ṅa ca cha ja jha ña

ट ठ ड ढ ण त थ द ध न ṭa ṭha ḍa ḍha ṇa ta tha da dha na

प फ ब भ म য ழ ಳ റ ன pa pha ba bha ma ẏa ḻa ḷa ṟa ṉa

य र ल व श ष स ह ya ra la va śa ṣa sa ha

Translittération des voyelles La transcription de la lettre précède les différentes écritures de celle-ci. L'abréviation d signifie que la lettre qui suit est écrite en devanāgarī, t en tamoul, m en malayalam.

Les voyelles longues sont surmontées d'un macron. Par exemple a (d : अ, t : அ, m : അ) et ā (d : आ, t : ஆ, m : ആ) mais aussi la voyelle (d : ऋ, t: ர m: ഋ) qui, si elle est allongée, est transcrite (d : ॠ, t : ற). Noter que dans les langues indo-iraniennes, e et o sont toujours « longues » (ce qui, dans les langues modernes, se manifeste souvent par une simple opposition de timbre) et que la transcription n'écrit donc pas ē et ō, sauf pour les langues dravidiennes, auquel cas les brèves pourront être notées ĕ et ŏ.

Quand une voyelle est transcrite par deux signes vocaliques, c'est une diphtongue.

Il existe donc, entre autres, a, ā, i, ī, u, ū, , , , (ancienne voyelle du sanskrit), ē, ai, ō, au et (avec pour noter une nasalisation).

Translittération des consonnes Pour la plupart, les consonnes existant dans les langues de l'Inde sont les mêmes que dans les langues européennes, à quelques ajouts près : les aspirées, notées avec un h subséquent : kh, gh, cha, jha, , , tha, dha, pha (a ne pas lire comme un f), bha. On ne retrouve pas ces sons dans toutes les langues de l'Inde, par exemple le tamoul ; les rétroflexes, accompagnées d'un point souscrit : , , , , , et lạ. Normalement, les voyelles et devraient être transcrites par et , ce qui permet de les distinguer des consonnes. vaut // (d: ङ, t: ங, m: ങ) et ñ // (d : ञ, t : ஞ, m : ഞ) ; ś a plusieurs valeurs chuintantes palatales, comme //, // ou // (d : श, m : ശ) et (d : ष, t : ஷ, m : ഷ) ; vaut // (t : ற) ; vaut // (t : ழ).

Exemples de translittération écriture devanagari : विकिपीडिया translittération : vikipīḍiyā traduction : Wikipédia

écriture devanagari : संस्कृतम् translittération : traduction : sanskrit

Romanisation de la devanāgarī et du nastaliq Le tableau déroulant ci-dessous présente une compilation de différents systèmes de translittération qui permettent de romaniser les écritures devanagari (indienne) et nastaliq (arabe) ; il permet de translittérer un texte hindi écrit en devanagari vers l'ourdou écrit en nastaliq, et vice-versa. Ce tableau suit l'ordre de l'alphabet phonétique international (API), qui classe les graphèmes dans l'ordre suivant:

injectives, stop, occlusives nasales, fricatives, vibrantes, latérales approximantes, spirantes, diphtongues, voyelles fermées, mi-fermées, mi-ouvertes, voyelle ouverte, cette dernière section distingue, pour le même degré d'ouverture, les antérieures et les postérieures.

Les digraphes et des signes divers viennent en fin du tableau.

APIdevanāgarīnasta`līqISO 15919NLACIASTALA-LCBGN/PCGN 1964UNGEGN 1977 (III/12)National Hunterian SystemVelthuisITRANSHarvard-KyotoUddin & BegumRoman Urduautres transcriptions dont DDSA (Digital Dictionnary of South Asia)INJECTIVESɓ (snd)ॿ - ब़ - ब्बٻb̤ē b̤ bbɗ (snd)द॒ڎ - ڏd̤āl, d̤ē d̤ d.d.ॾ - ड़ – ड्ड ʄ - jˀ (snd)ॼ - ज़ – ज्जڄj̈ē j̈ jjɠ (snd)ॻ - ग़ – ग्गﮖg̈ē g̈ ggSTOPSpपپpepppppppppppppʰ f (ben)फﭘﮭpe do cashmī hephphphphphphphphphphphp̱ڦphē (snd) - ph (asm) f (ben)bबبbebbbbbbbbbbbbbʱभﺑﮭbe do cashmī hebhbhbhbhbhbhbhbhbhbhbhḇڀbhē (snd) t̪तتtettttttttttttـ ـ ـﺔ ﺓ (final)gol te(ẗ , ᵗ) ṭ̈ ht?त़ t̤ (ddsa)t (urd)ट़طt̤o'e t̤ t Tt̪ʰथﺗﮭte do cashmī hethththththththththththṯٿthē (snd) d̪दدdālddddddddddddd̪ʱधﺩﮪdāl do cashmī hedhdhdhdhdhdhdhdhdhdhdhḏﮄdhāl (snd) ṯ ṭ̈ ʦ͡ (kok)च़څ chʈ̱ - ʈ – t ʈ (san, ben)t (asm)टٹṭeṭṭṭṭṭṭt.tTTt^ŧ – t'ţ (ben) t (asm)ت(trait horizontal suscrit) ت (ط suscrit) ٽṭē (snd) t.ټ(kok) t – tt (kok)ٿ ṭ (ddsa)ʈʰ – ʈ̱ʰ – tʰ ʈʰ (san, ben)tʰ (asm)ठﭨﮭṭe do cashmī heṭhṭhṭhṭhṭhṭhth.thThTht^hŧ̱ - ŧh – th'ţh (ben) th (asm)ٿ ṭ ٺṭhē (snd) t.hټه(kok) th - tth (kok)ٿھ ṭh (ddsa)ɖ – ɖ̲ – d ɖ (san, ben) d (asm)डڈḍālḍḍḍḍḍḍd.dDDd^đ - d'đ (ben)