désigne une série de jeux vidéo édités et développés par dans l'univers de Donjons et Dragons et partageant tous un même moteur de jeu.. Par extension, ce moteur est appelé ou le .. Le nom vient des boîtes dans lesquelles les jeux de la série étaient éditées : la plupart d'entre elles étaient dorées.

Historique Contexte Pendant la majeure partie des années 1980, le jeu de rôle sur table de TSR, Donjons et Dragons, a une très forte influence sur le secteur émergent du jeu vidéo, non seulement dans le domaine du jeu vidéo de rôle sur ordinateur mais aussi dans d’autres genres qui emprunte certains de ses codes, comme les fictions interactive d’Infocom ou les jeux d’aventure graphique de . TSR reste cependant absent de ce secteur, qui ne semble pas l’intéresser malgré le succès de studio comme Sir-Tech, et en grande partie dû à des jeux vidéo de rôle s’inspirant de Donjons et Dragons. Ce désintérêt persiste pendant plusieurs années malgré le départ de plusieurs concepteurs de TSR pour l’industrie vidéoludique et malgré le succès des jeux de rôle sur ordinateurs qui, au milieu des années 1980, génèrent déjà beaucoup plus de revenus que le jeu de rôle sur table dont ils s’inspirent. En 1985, la situation évolue cependant lorsque Lorraine Williams prend le contrôle de la société, précipitant le départ de Gary Gygax, un des cofondateurs de TSR. Après avoir gagné son procès contre ce dernier, et ainsi confirmer son contrôle sur l’entreprise, celle-ci fait savoir que TSR recherche un partenaire pour commencer à travailler sur un jeu vidéo officiellement inspiré de Donjons et Dragons..

Acquisition de la franchise Donjons et Dragons par SSI Début 1987, TSR lance donc un appel d'offres auprès d'une dizaine de studios, incluant notamment , , et , qui viennent présenter leur projet à la direction de l'entreprise. Alors que la plupart des sociétés dans la course ne prévoient de faire qu’un jeu vidéo de rôle et, éventuellement une suite, propose d’en tirer toute une série ainsi que des dérivés dont un jeu d’action, grâce à un partenariat avec le studio anglais , et un logiciel destiné à assister un maître de donjon dans la création d’une partie de Donjons et Dragons. Outre ces trois catégories de produits différents, l'équipe de SSI parvient également à montrer que leurs développeurs, Paul Murray et Keith Brors, sont de vrais fans de jeu de rôle qui connaissent parfaitement l’univers de Donjons et Dragons. Impressionné, TSR décide un mois plus tard de confier à SSI les droits sur la franchise pour une période de cinq ans, avec une option pour deux années supplémentaires. Le studio ne perd alors pas de temps et lance immédiatement le développement d’un premier titre basé sur la franchise de TSR.....

Pool of Radiance

est le premier jeu vidéo à adapter officiellement les règles de Donjons et Dragons. Son univers et son scénario sont imaginés par les concepteurs de TSR — Jim Ward, David Cook, Steve Winter et Mike Breault — même si la région des Royaumes oubliés où se déroule le jeu devait au départ être créée par ... Le développement du jeu est confié à l'équipe de développeurs de alors dirigée par Chuck Kroegel.. Pour s’assurer que le potentiel de la franchise est correctement exploité, TSR s’implique énormément dans celui-ci. Chuck Kroegel les tient donc au courant de toutes les évolutions dans le développement afin notamment de garantir qu’ils n’aient pas de mauvaise surprise à la présentation du produit final. Il s’assure également que les graphismes et le scénario du jeu s’intègre bien dans l’univers des Royaumes Oubliés... Pour les concepteurs, la principale difficulté du développement réside donc dans l'interprétation et l'adaptation en jeu vidéo des règles du jeu de rôle sur table. Outre l’adaptation du système de jeu, les développeurs se focalisent sur les graphismes afin d'être aussi fidèle que possible à l'univers de la franchise malgré les limitations imposées par les ordinateurs de l'époque. Pour cela, l'équipe de développement s’appuie principalement sur le livre de règle de Donjons et Dragons ainsi que sur des suppléments à ce dernier comme ou le bestiaire dont ils inspirent directement pour concevoir l’aspect des créatures qui apparaissent dans le jeu... Enfin, la conception de la boite du jeu est confiée à Louis Saekow qui décide de donner à son contour un aspect doré, qui donnera plus tard son nom à la série .

À sa sortie, le jeu est salué par la presse spécialisée, qui met en avant la qualité de ses graphismes, sa grande variété de quêtes et son système de combat, et il décroche plusieurs récompenses dont l' du meilleur jeu vidéo fantastique de 1988. Il connait également un important succès commercial avec plus de copies vendues en Amérique du Nord, ce qui lui permet de devenir le jeu vidéo de rôle le plus vendu sur ordinateur 8 bits et le plus grand succès de , qui s’impose ainsi comme un éditeur d’envergure nationale. Avec , TSR et réussissent donc le pari de porter les règles de Donjons et Dragons en jeu vidéo, contribuant ainsi à populariser la franchise dans le monde du jeu vidéo...

Suites

Après le succès rencontré par , SSI ne tarde pas à en développer une suite, , qui est publié en 1989. Celui-ci est principalement connu pour son scénario, inspiré du le roman écrit par Kate Novak et Jeff Grubb et publié par TSR. Les personnages contrôlés par le joueur s’y réveillent avec cinq tatouages bleu azur sur leur bras, chacun étant contrôlé par une force démoniaque, et cherchent donc à retrouver les responsables pour les éliminer. Au cours de l’aventure, ils affrontent à nouveau Tyranthraxus, déjà présent dans le premier jeu, qui est revenu à la vie sous la forme d’un géant. Bien que son moteur de jeu soit strictement identique à celui de son prédécesseur, le jeu propose tout de même quelques améliorations notables, notamment au niveau de son interface. Il inclut également deux nouvelles classes de personnages, le rôdeur et le paladin, ainsi que la possibilité de créer un personnage humain multi-classé. Le joueur peut y importer ses personnages de ou de , mais ces derniers perdent alors leur équipement.. À sa sortie, il est plutôt bien accueilli par les critiques et rencontre un certain succès commercial avec plus de exemplaires vendus.

Le troisième jeu de la série originale inspiré des Royaumes Oubliés est qui est publié en 1990. SSI vient alors de lancer une première série dérivée, , et ce troisième volet bénéficie donc des améliorations apportées par ce dernier, dont la possibilité de choisir le niveau de difficulté. L’action du jeu se déroule principalement dans les montagnes de l’Épine dorsale du monde, au nord du continent de Féérune où un village de mineur appelé est menacé par une horde de monstre s’étant échappée d’une prison de glace. À sa sortie, il est notamment salué du fait de la taille du monde du jeu, le plus vaste d’un jeu , et pour ses scènes cinématiques qui illustrent son scénario. Il inclut également un lieu où le joueur peut stocker l’équipement dont il ne se sert pas ainsi qu’un réseau de téléportation qui réduit les temps de voyage.. À sa sortie, il est plutôt bien accueilli par les critiques et rencontre un certain succès commercial avec plus de exemplaires vendus.

Le dernier jeu de la série originale, , est publié sur DOS en 1991 puis sur Amiga et Macintosh un an plus tard. Celui-ci débute par un nouveau voyage à Phlan, qui s’est développé depuis les événements de , mais les personnages ne tardent pas à être confronté à un démon qui dévaste la région. Le jeu est le plus vaste de la série et est réputé comme étant extrêmement difficile, au point que seuls les humains (dont la limitation de niveau est moins contraignante que les autres races) sont viables pour le terminer. Son moteur de jeu bénéficie d’une amélioration notable des graphismes avec le passage au VGA et a 256 couleurs..

Séries dérivées

Le premier jeu dérivé de la série originale, , est publié en 1990 sur Amiga, Apple II, Commodore 64 et DOS. Il se déroule dans l’univers Lancedragon de Donjons et Dragons et s’inspire plus ou moins des romans écrits par Margaret Weis et Tracy Hickman. Le joueur y contrôle un groupe de huit aventuriers devant collaborer avec les chevaliers de Solamnia afin de vaincre cinq draconiens, une race de dragon humanoïde. Chronologiquement, il est le troisième jeu et apporte donc quelques innovations par rapport aux premiers jeux de la série originale. Il ajoute ainsi l’option de choisir le niveau de difficulté et introduit de nouvelles races et classes de personnages. Le jeu inclut en effet deux types d’elfes et de nains ainsi que les kenders, une race ressemblant aux hobbits. Il remplace également les paladins de par les chevaliers de Solamnia. La magie fonctionne également différemment, les magiciens pouvant tirer bénéfices des phases de la lune et les prêtres pouvant choisir leurs dieux dans le panthéon de Lancedragon. À sa sortie, SSI fait un effort particulier pour promouvoir le jeu, en incluant notamment dans sa boite un grand poster de l’ du jeu en plus du journal contenant des développements de l’intrigue.. Bien que la presse lui reproche parfois d’être trop proche de ses prédécesseurs, il est plutôt bien accueilli par les critiques et rencontre un certain succès commercial avec plus de exemplaires vendus..

Le deuxième jeu de la série, , est publié en 1991 sur Amiga, Commodore 64 et DOS. Il se déroule un an après les événements du premier jeu et est globalement identique à ce dernier, aussi bien au niveau de l’interface que du , même si le joueur y combat des morts-vivants plutôt que des draconiens. Il permet d’importer des personnages depuis , avec une bonne partie de leurs possessions, et propose également un groupe prédéfini pour les joueurs ne souhaitant pas créer leurs personnages. La limite de niveau y est accrue et de nouveaux sorts font leur apparition, ainsi qu’une amélioration du système de sélection des sorts. Le principal intérêt du jeu réside cependant dans son scénario qui oppose le joueur à Sir Karl, un chevalier de Solamnia réincarné en mort-vivant. Bien que proposant une aventure agréable pour les fans du premier volet, la presse regrette son manque d’originalité et le désigne à sa sortie comme un jeu standard..

Le dernier jeu inspiré de Lancedragon, , est publié en 1992 sur Amiga, DOS et Macintosh. Contrairement à ses prédécesseurs, le jeu n’est pas développé en interne par SSI mais sous-traité au studio MicroMagic qui s’est fait connaitre en portant de sur différentes plate-formes. Le jeu se démarque de ses prédécesseurs par de meilleures animations et des graphismes plus détaillés grâce au passage au standard VGA en 256 couleurs. Le moteur de jeu est en revanche identique, en dehors de quelques nouveaux monstres et capacités. Son scénario prend place deux ans après celui de son prédécesseur alors que le groupe d’aventurier est invoqué dans la cité de Caergoth pour enquêter sur une rumeur affirmant que des monstres sont en train de s’y réunir. Le joueur ne tarde ensuite pas à apprendre que c’est la Reine Noire elle-même qui prépare son armée afin de se lancer à la conquête de Krynn..

Globalement, la trilogie des a permis à SSI d’élargir son catalogue et d’exploiter la lucrative franchise Donjons et Dragons sans nécessité de profonde modification du moteur de jeu. Si elle n'est pas aussi connue que la série originale, elle a bénéficié d’une certaine popularité et peut être considérés comme indispensables pour les fans des autres jeux.