Le Racing Club narbonnais est un club français de rugby à XV basé à Narbonne (Aude).
Fondé en 1907, il affiche une longévité de 88 ans passés en première division entre 1919 et 1946 et entre 1949 et 2007 dans l’élite., avant de descendre en Pro D2. Club formateur, il a fourni des joueurs à l'équipe de France, a été sacré champion de France à deux reprises et détient un record de neuf victoires en challenge Yves du Manoir.
Remportant le bouclier de Nationale en 2026, l'équipe première évolue en Pro D2 à compter de la saison 2026-2027.
Histoire du club 1907 : fondation du Club Narbonne frissonne encore à l'évocation des récents événements tragiques engendrés par la révolte des vignerons qui ont traumatisé la ville et ses environs. C'est dans ce contexte particulièrement douloureux qu'un match-défi oppose les "rugbyphiles" narbonnais du Sporting aux militaires du d'infanterie.
Sur le terrain du Champ-de-Mars, les compagnons du jeune Piquemal l'emportent sur les hommes du sergent Bec. La rivalité entre les deux équipes n'aura duré que quatre-vingts minutes ; en effet, dans les jours qui suivent et pour le plus grand bien du rugby narbonnais, la fusion des deux groupements est décidée à l'unanimité.
1907-1914 : les premiers pas thumb|Une phase du match ASP contre RC narbonnais, du 7 janvier 1912. Narbonne adopte les couleurs grenat et noir, son premier président sera un certain Monsieur Burgalat.
Le le club attire sur le terrain aménagé de la rue de Maraussan, lors de la ½ finale du challenge Génie. Le Racing bat l'AS Perpignan (8 à 3).
Le , à Lézignan-Corbières, le Racing arborant les couleurs orange et noir (en remplacement du grenat et noir) devient champion du Languedoc en battant l'AS Perpignan (3 à 0).
Le RCN se taille une solide réputation dans le sud de la France où les rencontres sont très engagées. Hélas sa progression sera stoppée par la grande tourmente qui verra le club payer un lourd tribut à la guerre avec la perte de vingt-deux de ses membres. Le Racing mettra plusieurs années à soigner ses blessures.
1919-1930, un Aimé nommé Cassayet Demi-finaliste du championnat 1925 Narbonne se hisse en demi-finale du championnat en 1925 mais est battu par son vieux rival, l'Union sportive perpignanaise sur le terrain de Béziers.
Les cinq saisons suivantes sont plus difficiles mais permettent la révélation du demi de mêlée François Lombard qui après 2 saisons au club part pour Elne en 1928 avant de revenir au club la saison suivante.
Demi-finaliste du championnat 1931 vignette|upright=0.5|droite|De retour au RCN, le demi de mêlée François Lombard passera 9 saisons derrière la mêlée du RC Narbonne. Sous l'impulsion de François Lombard, revenu au club, Narbonne dispute une autre demi-finale du championnat en 1931, perdue contre Toulon à Toulouse dans une compétition où douze clubs parmi les plus prestigieux sont exclus du championnat de France et forment l’UFRA (Union française de rugby amateur) qui organise son propre tournoi.
1931-1936, le premier âge et la consécration Vice-champion de France 1932 En 1932, alors que le championnat se joue sans quatorze équipes majeures qui disputent l'UFRA., (compétition remporté par le Stade toulousain), le Racing sous le capitanat de Choy, est battu en finale du championnat de France à Bordeaux (9 à 3) par le LOU.
Vice-champion de France 1933
En 1933, alors que les quatorze clubs dissidents reviennent dans le championnat de France ainsi plus relevé, Choy et ses camarades sont encore battus par le LOU (10 à 3). Deux finales consécutivement perdues et c'est l'effondrement dans le clan narbonnais du président Dr. David.
Désormais entrés dans la cour des grands, les Racingmen y jouent un rôle de premier plan.
Demi-finaliste du championnat 1934 Narbonne dispute ensuite une demi-finale du Championnat en 1934, suivi d'un huitième de finale en 1935.
Champion de France 1936 gauche|vignette|redresse|Narbonne remporte son premier Bouclier de Brennus en 1936. droite|vignette|redresse|Narbonne (en foncé) champion de France face à Montferrand (en blanc). C'est enfin la consécration en 1936, la ville en folie accueille ses premiers champions de France qui ont vaincu Montferrand 6 à 3 au stade des Ponts Jumeaux de Toulouse grâce à des essais de Francis Vals et Raymond Ponsaillé Histoire - "Victoire du prolétariat sur le capitalisme" : au printemps 1936, Narbonne, le club de Léon Blum est sacré champion.
Narbonne réserve à ses héros un accueil triomphal.
1937-1947, les années difficiles Se maintenir au faîte de la gloire est plus difficile que d'y parvenir. Le Racing n'échappe pas à la règle. Narbonne dispute toutefois les quarts de finale du championnat en 1937 et les huitièmes de finale en 1938.
Passage « contraint » au rugby à XIII En , Marcel Laborde obtient du propriétaire du Stade Cassayet, où évolue le RC Narbonnais, d’y faire disputer le quart de finale de coupe de France de rugby à XIII entre Bordeaux et le XIII Catalan. La FFR annonce dans la foulée la disqualification du stade. Privé de terrain, Narbonne est contraint de passer au rugby à XIII s’il veut poursuivre son existence. Il maintient toutefois une section Rugby à XV qui repart en troisième division. Le demi de mêlée François Lombard quitte alors le club pour l'AS bortoise.
Descendu en troisième division, Narbonne termine alors première de son groupe et remonte en deuxième division la saison suivante après une victoire 11-0 en match de barrage contre Villeneuve sur Lot.
La nouvelle section de rugby à XIII ne brille guère, si ce n'est à l'occasion d'un match contre le XIII Catalan, une partie d'excellente qualité jouée le , perdu face aux Catalans sur le score de 7 à 5. Narbonne termine finalement sur les treize équipes engagées en 1939 et sur onze en 1940.
Le championnat à XV est rétabli en 1942 pendant que le rugby à XIII est interdit.
Descente puis remontée en première division À la reprise en 1943, Narbonne est admis en première division alors élargie à quatre-vingt-quinze clubs. En 1944, il se qualifie même pour la seconde phase du Championnat, réunissant les vingt-quatre meilleurs clubs et atteint les quarts de finale de la coupe de France, battu par Agen 25-6, futur vainqueur de l'épreuve..
Il redescend en en 1946 mais atteint les huitièmes de finale de la coupe de France, éliminé par le Stade toulousain 10-3. La remontée dès 1948 laisse toutefois les orange et noir dans l'anonymat malgré quelques coups d'éclat.
Les années sombres (1949-1961) Narbonne échoue ensuite régulièrement à se qualifier ou disparaît dès les seizièmes de finale du Championnat.
En 1949, un bilan équilibré de cinq victoires pour cinq défaites est insuffisant pour atteindre les huitièmes de finale du Championnat. L'année suivante, Narbonne est éliminé par le Lyon OU en seizième de finale du Championnat. Non-qualifié en 1951, 1953, 1954 et 1955, Narbonne atteint toutefois les huitièmes de finale en 1952.
Le RCN, renforcé par le troisième ligne de Grenoble, champion de France 1954 Eugène Smogor atteint à nouveau les huitièmes de finale en 1956 où il est éliminé par le Stade montois et en 1957 où il est alors éliminé par l'US Dax. Non qualifié les deux années suivantes, Narbonne n'est ensuite classé que en 1958 puis en 1959. La saison suivante est tout aussi difficile pour le club qui ne remporte que quatre victoires en quatorze matchs et ne fait pas partie des trente-deux clubs qualifiés en Championnat.
Les années glorieuses (1961-1979) En 1961 l'équipe du RCN, (renforcée par des juniors, car si l'équipe phare du club est en "panne", les équipes juniors, cadets et minimes font parler d'elles dans le Languedoc et leurs championnats respectifs), va éviter de justesse la dernière place de la poule C, synonyme de descente en deuxième division. Heureusement, l'arrivée de jeunes dirigeants enthousiastes, venant épauler les derniers anciens restés fidèles, régénère le RCN qui va retrouver le goût de la victoire et l'envie de reconquêtes.
Demi-finaliste du championnat 1964 Narbonne dispute cette année-là sa première demi-finale de Championnat depuis 1936 mais s’incline face à la Section paloise sur le score de 8 à 3. En Challenge, le RCN renoue avec les phases finales après dix non-qualifications consécutives mais est là aussi éliminé par Pau sur le même score 8-3.
L'année suivante, le club est battu en seizième de finale du Championnat par Brive. La même année, il échoue à se qualifier en Challenge, troisième de sa poule derrière Auch et Agen..
Vainqueur du challenge Antoine Béguère 1966 Narbonne remporte le challenge Antoine Béguère en 1966 en disposant de Lourdes 3-0 en finale..
La même année, l’équipe qui commence à s’installer chez les grands atteint les quarts de finale du championnat (battu par Agen 9-3) et les demi-finales du challenge Yves du Manoir, battu par Lourdes 27-11..
Vainqueur du challenge Yves du Manoir 1968 thumb|Jean-Michel Benacloï, remporte son premier Challenge en 1968. Il est le seul joueur quintuple vainqueur du challenge du Manoir. Le RCN remporte son premier challenge Yves du Manoir en 1968 face à Dax dans un match où Les Landais inscrivent deux essais contre un seul pour les Narbonnais mais l'arrière Jean-Michel Benacloï passe trois buts de pénalité dont un de quarante-cinq mètres en coin. Narbonne sera également demi-finaliste du Championnat la même année, battu par Toulon 14-9 à Lyon.
L'année suivante, Narbonne termine seul club invaincu de la phase de poule de Championnat avec treize victoires et un match nul mais est éliminé en quart de finale. Narbonne est également éliminé en quart de finale du Challenge par Dax, futur vainqueur de la compétition.
Double vainqueur du challenge Yves du Manoir (1973 et 1974) Bernard Pech de Laclause, président du RC Narbonne de 1962 à 1980, recrute Jo Maso et les frères Spanghero (Walter, Claude et Jean-Marie), pour bâtir une grande équipe. Le RCN remporte deux nouveaux challenge Yves du Manoir en 1973 et 1974. Le club est aussi vice-champion de France en 1974.
Demi-finaliste du Championnat 1975 et 1976 L'année suivante Narbonne, renforcé par l'ouvreur Lucien Pariès, se classe second sur huit à l'issue des phases de poules derrière son éternel rival bitterois. Mais il connaît un début de phases finales difficile, pénible vainqueur de Lavelanet en seizième puis de Lyon en huitième de finale. S'il garde toute sa puissance devant, il ne sait plus par quel bout prendre son rugby derrière malgré la remontée de Jo Maso à l'ouverture. Narbonne est éliminé en demi-finale par Brive après prolongations..
L'année suivante, Narbonne est encore demi-finaliste du Championnat, éliminé par le SU Agen 22-6 après avoir dominé l'US Dax 20-8 au tour précédent. Les juniors Reichel sont champions de France, larges vainqueur du Racing club de France 44-11 en finale avec un certain Didier Codorniou.
Le est inauguré le stade de l'Égassiairal, du nom du quartier de Narbonne où il est situé est érigé afin de remplacer le stade Cassayet devenu trop petit pour les rencontres de .. Narbonne atteint les quarts de finale tant en Championnat qu'en Challenge lors de cette saison 1976-1977.
Vainqueur du challenge Yves du Manoir 1978 Le RCN remporte encore le challenge Yves du Manoir en 1978 (19-19 aux bénéfices des essais contre Béziers).
Narbonne réalise le doublé Championnat et Du Manoir en 1979 gauche|vignette|redresse|Le RCN, champion de France 1979 soulève son Bouclier de Brennus. Le doublé Championnat-Du Manoir est réalisé puisque le RCN remporte le titre de champion de France en 1979 avec une victoire 10-0 contre Bagnères dans un match tendu que Claude Spanghero expliquera par la longue attente des Narbonnais dans la quête du Bouclier de Brennus..
Narbonne remporte la même année un nouveau Challenge en 1979 (9-7 contre Montferrand). Jean-Michel Benacloï devient le joueur français à avoir gagné le plus de challenge Yves du Manoir avec cinq victoires.