L'Assemblée consultative provisoire est une assemblée française représentant les mouvements résistants, les partis politiques et les territoires engagés dans la guerre aux côtés des Alliés sous la direction du Comité français de libération nationale (CFLN).

Réunie en application de l’ordonnance du Comité français de libération nationale du , elle tint d'abord ses séances à Alger, au palais Carnot (ancien siège des Délégations financières), entre le et le .

Le elle est placée sous l'autorité du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) qui succède au CFLN. Après la Libération, renouvelée et élargie, elle tint ses sessions à Paris, au palais du Luxembourg, entre le et le .

La raison d’être de l’Assemblée consultative vignette|Séance inaugurale de l'Assemblée consultative provisoire en présence du général Charles de Gaulle. Palais Carnot, Alger, . En Afrique du Nord, où la majorité de la population avait été acquise au maréchal Pétain, et où l’administration, l’armée, la censure et la presse comptaient encore de très nombreux cadres pétainistes, de Gaulle et le Comité français de libération nationale avaient fréquemment subi la contestation de leur représentativité par les diplomates anglo-saxons.

Il était donc important de faire apparaître en force dans ces territoires le courant de pensée muselé en métropole, celui de l’hostilité aux occupants et à leurs collaborateurs. C’est pourquoi il parut nécessaire d’y faire apparaître de vrais représentants, en chair et en os, de la résistance, ainsi que des représentants de tous les partis et syndicats non compromis dans la collaboration.

Projet de la France libre encore non réalisé

L'ordonnance du portant organisation nouvelle des pouvoirs publics de la France libre avait déjà prévu la création d’une telle assemblée représentative, dans le cadre de la France libre.

Une commission de Réforme de l'État présidée par le député socialiste Félix Gouin s'était chargée au début de 1943 d’étudier le projet de cette assemblée représentative.

Proposition à Giraud du Comité de Londres

La proposition de créer, auprès de la future autorité française unifiée, un « Conseil consultatif de la Résistance française » avait ensuite figuré dans le mémorandum du adressé par le Comité national de Londres au général Giraud.

Le caractère représentatif de l’Assemblée consultative

Pour assurer le moins imparfaitement possible la représentation de la véritable majorité des Français, quatre catégories de membre furent délégués à l'Assemblée consultative : les représentants de la Résistance en métropole, ceux de la Résistance extra-métropolitaine, les représentants du Sénat et de la Chambre des députés, les représentants des conseils généraux des territoires de la France libre (Algérie et territoires d'outre-mer). Leur nombre fut modifié au fil des sessions. L'ordonnance du le porta de 84 à . Les listes et répertoires dressés selon les procès-verbaux de cette AssembléeAnne-Marie Gouriou, Roseline Salmon : Annexe du répertoire, Assemblée consultative provisoire (Alger) et Annexe du répertoire, Assemblée consultative provisoire (Paris), Archives nationales, Paris, 2008. enregistrent des décès, des validations, des invalidations, qui rendent aléatoires un chiffrage des délégués présentsEmmanuel Choisnel, L'Assemblée consultative provisoire (1943-1945) Le sursaut républicain p. 80 : « En fait les 49 sièges dévolus à la résistance intérieure ne furent jamais intégralement pourvus ». L'auteur chiffre à une trentaine ceux qui furent présents à Alger. à Alger jusqu'en . Après le transfert à Paris du Gouvernement provisoire de la République française, le nombre des délégués et la composition de l'Assemblée consultative furent profondément modifiés. Par ordonnance du , le nombre des déléguésSelon Emmanuel Choisnel, 60 % des délégués présents à Alger siégèrent à Paris. passa à 248 ; ils siégèrent à partir du . L'ordonnance du ajouta une cinquième catégorie de membres, réservée aux prisonniers et déportés de retour d'Allemagne : sont nommés en juillet. Ils ne siègent que peu de temps, l'assemblée provisoire se séparant au soir du , pour faire place au processus institutionnel des élections de députés constituants. L'assemblée comptait alors Les modifications et la composition de l'Assemblée sont livrées par E. Choisnel, op. cit., p. 139 et p. 157. Dans cette même source, p. 391-398, voir la liste des délégués et la catégorie de leur mandat..

Représentation de la Résistance intérieure

En , des différents mouvements de résistance de métropole furent délégués par le Conseil national de la Résistance (CNR), y compris parmi les partis politiques qui en étaient membres, et envoyés à Alger. À ce titre, cinq délégués représentaient la CGT et deux délégués représentaient la CFTC. L'ordonnance de fit passer les représentants de la Résistance métropolitaine à 49. En , délégués directement par les mouvements et organismes de la Résistance, les partis politiques et les syndicats, et femmes siègent à ce titre. Les dix-neuf délégués du Conseil national de la Résistance étaient membres de droit : ils représentaient eux-mêmes la pluralité du CNR. À Alger puis à Paris, ces organisations et leurs délégués sont les suivants :

La Résistance métropolitaine à Alger Ceux de la Libération : 3 ; Hyacinthe Azaïs, Gilbert Médéric-Védy (remplacé par Marcel Lévêque), René Vivier dit Pierre Ribière. Ceux de la Résistance : 2 ; Jacques Lecompte-Boinet dit Jacques Mathieu-Fréville, Jean-Jacques Mayoux. Combat : 3 ; René Cerf-Ferrière, Henri Frenay (remplacé par Charles Giron puis par Émile Andrieu), André Hauriou. CFTC : 2 ; Max Francke, Marcel Poimbœuf. CGT : 5 ; Albert Bouzanquet, Georges Buisson, Ambroise Croizat, Pierre Fayet, Albert Gazier. Corse : 2 ; Arthur Giovoni, Henri Maillot. Forces unies de la jeunesse patriotique : 1 ; Pierre Gauthier France au combat : 1 ; Pierre Malafosse dit Pierre Maurrier Franc-tireur : 3 ; Eugène Claudius-Petit, Noël Clavier, Jean-Jacques Soudeille. Libération-Nord : 3 ; Jacques Brunschwig-Bordier, Albert Van Wolput dit Albert Bosman, Charles Laurent. Libération-SudEmmanuel d'Astier de la Vigerie, venu à Alger pour siéger à l'Assemblée consultative, fut nommé par de Gaulle commissaire à l'Intérieur, cf. E. Choisnel, p. 90 : 4 ; Raymond Aubrac, Michel Dumesnil de Gramont, Yvon Morandat, Louis Vallon. Organisation civile et militaire : 4 ; André Basse, André Postel-Vinay, Roger Farjon, Robert Prigent. Parti communiste français : 3 ; Fernand Grenier (puis Joanny Berlioz), André Mercier, Henri Pourtalet. Parti démocrate populaire: 1 ; Paul Viard Parti radical-socialiste : 2 ; Marcel Astier (puis Paul Anxionnaz), Marc Rucart. Parti socialiste : 3 ; Just Évrard, Édouard Froment, André Le Troquer (puis Roger Mistral).

Parmi ces délégués, Gilbert Védy rentra en Métropole pour assurer la direction de son mouvement Ceux de la Libération, décimé par les arrestations. Arrêté par la police française le , il se suicida pour ne pas parlerNotice « Gilbert Médéric-Védy », in Dictionnaire de la France libre. Une rue de Paris porte son nom, et un timbre-poste fut émis à sa mémoire. Cf. la notice G. Védy, compagnon de la Libération..

La Résistance métropolitaine à Paris Mouvements de la Résistance Conseil national de la Résistance : 19 ; Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Antoine Avinin, Paul Bastid, Maxime Blocq-Mascart, Robert Chambeiron, André Colin, Jacques Debu-Bridel, Marcel Degliame, Benoît Frachon, Auguste Gillot, Joseph Laniel, Jacques Lecompte-Boinet, Daniel Mayer, Pierre Meunier, André Mutter, Henri Ribière, Louis Saillant, Gaston Tessier, Pierre Villon. Ceux de la Libération : 6 ; Jean Ginas, Marcel Lévêque, Étienne Nouveau, Pierre Rulhmann, Marianne Verger, René Vivier. Ceux de la Résistance : 6 ; Jean Dulac, Léo Hamon, Jean-Jacques Mayoux, Jean Prouvé, Pierre Stibbe, Jean de Vogüé. Combat : 6 ; Jacques Baumel, Maurice Chevance, André Hauriou, Jean-Daniel Jurgensen, Max Juvénal, Lucien Roubaud. Défense de la France : 2 ; Robert Salmon, Philippe Viannay. Forces unies de la jeunesse patriotique : 6 ; Guy de Boysson, Léopold Figuères, Pierre Gauthier, René-Georges Laurin, Jean Pronteau, René Thuillier. France au Combat : 3 ; Aristide Blank, Andrée Defferre, Pierre Malafosse Franc-tireur : 6 ; Albert Bayet, Pierre Degon, Alice Delaunay, Étienne Laboureur, Jean Lépine, Eugène Claudius-Petit. Front nationalAbsent dans l'Assemblée consultative d'Alger, le Front national est l'organisation ayant le plus de délégués dans l'Assemblée réunie à Paris. Sa délégation se veut pluraliste. Aux côtés de six communistes, figurent Henri Eberhard, pasteur protestant, le Révérend-Père Philippe, provincial des Carmes, Justin Godart, ancien sénateur du Rhône, radical-socialiste, Ernest Perney, ancien conseiller général de la Seine, radical, Henri Choisnel, ancien membre du Parti social français, Michel Zunino, ancien député socialiste du Var. Cf E. Choisnel, p. 143 : 12 ; Madeleine Braun, Laurent Casanova, Henri Choisnel, Henri Eberhard (puis Louis Bergeron), Justin Godart, Frédéric Joliot-Curie (puis Henri Wallon), Georges Marrane, Ernest PerneyErnest Perney (1873-1946), architecte, dirigeant de la fédération radical-socialiste de la Seine, élu maire de Levallois-Perret en 1945. Cf notice ., R.P. PhilippeSur Le Révérend Père Philippe de la Trinité (1908-1977), voir sa notice site du carmel, Roger Roucaute, André Tollet, Michel Zunino. Libération-Nord : 6 ; Albert Van Wolput dit Albert Bosman, Roger Deniau, Charles Laurent, Pierre Neumeyer, Jean Texcier, Paul Verneyras (puis Jacques Brunschwig-Bordier). Libération-Sud : 6 ; Lucie Aubrac, Robert Bine, Pascal Copeau, Jean Worms-Germinal, Pierre Hervé, Maurice Kriegel-Valrimont. Libérer et fédérer : 1 ; Gilbert Zaksas. Lorraine : 1 ; René Fallas. Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés : 4 ; Jacques Bénet, Pierre Bugeaud, Philippe Dechartre, Étienne Gagnaire. Organisation civile et militaire : 6 ; Robert Kaskoreff, dit Jean Birien (puis Charles Verny), Jean Dordain, Georges Izard, Marie-Hélène Lefaucheux, Robert Prigent, Jacques Rebeyrol. Patriam Recuperare : 1 ; Gustave Eychène (puis Albert Kirchmeyer). Résistance : 2 ; Jean Fauconnet, Robert Lecourt. Union des femmes françaises : 2 ; Mathilde Gabriel-Péri, Pauline Ramart. Voix du Nord : 2 ; Gaston Dassonville, Georges Vankemmel

Confédérations syndicales et professionnelles Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) : 4 ; Jules Catoire, Maurice Guérin, André Paillieux, Marcel Poimbœuf. Confédération générale du travail (CGT) : 12 ; Albert Bouzanquet, Georges Buisson, Marie Couette, Ambroise Croizat, Marc Dupuy, Pierre Fayet, Julien Forgues, Albert Gazier, Henri Martel, Gérard Ouradou, René Peeters, Raymond Perrier. Confédération générale de l'agriculture (CGA) : 2 ; Marcel Desmeroux, René Louis. Confédération générale des paysans travailleurs (CGPT) : 2 ; Bernard Paumier, Waldeck Rochet. Confédération des travailleurs intellectuels : 1 ; André Sainte-Lagüe. Union des cadres industriels français : 2 ; Pierre Le Brun, Roger Schwob

Partis politiques Alliance démocratique : 3 ; Robert Bruyneel, Robert Nisse, Georges Oudard. Démocrates populaires : 4 ; Paul Bacon, Francisque Gay, Alphonse Juge, Pierre Tremintin. Fédération républicaine : 3 ; Jean Guiter, Alfred Oberkirch (remplacé par Robert Pimienta), Jacques Poitou-Duplessy (remplacé par Pierre Lebon). Parti communiste français : 6 ; Marcel Cachin, Georges Cogniot, Jacques Duclos, Fernand Grenier, André Mercier, Maurice Thorez. Parti radical-socialiste : 6 ; Paul Anxionnaz, Pierre Cot, Pierre Mazé, Gaston Monnerville, Marc Rucart, Théodore Steeg. Parti socialiste (SFIO) : 6 ; Gaston Defferre, Édouard Depreux, Just Évrard, Marcel-Edmond Naegelen, Robert Verdier, Andrée Viénot.

Représentants de la Résistance extra-métropolitaine