vignette|La première page du poème dans le Livre d'Exeter (folio 76v).
(en français « L’Errant », « Le Vagabond ») est un poème anglo-saxon qui apparaît dans le livre d'Exeter, seul exemplaire d’époque de ce texte (). Si la date exacte de sa composition est inconnue, on estime généralement qu’elle précède d’au moins un siècle son écriture. Son auteur est lui aussi inconnu. De nombreux débats ont eu lieu sur son sens exact et son origine, sans jamais apporter de réponse définitive.
Contenu
a pour thèmes principaux la douleur de la solitude et la souffrance de la perte des êtres chers. C’est le récit d’un jeune homme dont les amis et le seigneur ont été tués dans une bataille, le condamnant ainsi à des années d’exil loin de son foyer.
On peut trouver dans ce poème quelques réflexions induites par ces années de solitude : la sagesse de l'homme (vers 65 à 72), la foi en Dieu, la quête de la gloire.
Le texte est d’une grande qualité stylistique. Citons notamment l’usage répété de la formule (cf ubi sunt) et l’allitération suivante (vers 52-53) :
Extrait
+ Vers 73a-80a Original Traduction anglaiseAnglo-Saxons.net Traduction française Un héros sage doit comprendreà quel point sera effroyablel’instant où toutes les richesses de ce mondese perdrontcomme à présent en plusieurs lieuxsur cette terre du milieuoù les murs érigéssont soufflés par le vent,couverts de glace,où les bâtisses sont balayées par les tempêtes.Les manoirs tombent en ruines,leurs seigneurs gisentprivés de joie,l’armée entière est tombée,fièrement, près du mur.
Reprises modernes
J. R. R. Tolkien Dans Les Deux Tours, J. R. R. Tolkien fait chanter à Aragorn une chanson inspirée d'un passage du WandererWayne G. Hammond & Christina Scull, The Lord of the Rings: A Reader's Companion, HarperCollins, 2005 , p. 399. Dans l’adaptation cinématographique de Peter Jackson, elle est reprise sous forme de poème par Théoden. Elle débute ainsi :
Or, au vers 92 de The Wanderer se trouve le passage suivant :
Ce type d'anaphore est un topos de la littérature médiévale en langues latine ou vernaculaires. On le désigne ainsi parfois par le terme latin Ubi sunt ("où sont").
Tolkien indique également dans une lettre à W. H. Auden que le nom des Ents provient du vers 87 du Wanderer : « », soit « les anciennes créations des géantsJ. R. R. Tolkien (éd. Christopher Tolkien & Humphrey Carpenter, trad. Delphine Martin & Vincent Ferré), Lettres, Christian Bourgois, 2005 , p. 212, 445 ».
W. H. Auden W. H. Auden écrit en 1930 un poème nommé The Wanderer, composé de deux strophes suivant le même ordre thématique que le poème vieil-anglais : l'exil : alors que le "vagabond" du poème original est exilé sur la mer, le "vagabond" d'Auden est comparé à un oiseau seul sur la lande. le rêve : le "vagabond" du poème original rêve de son seigneur, d'une communauté accueillante, le "vagabond" d'Auden rêve d'intimité avec sa femme, rêve se transformant en cauchemar à l'idée d'être trompé. les implications philosophiques : dans les deux textes, on peut ressentir une crainte de la mort, et du passage du temps. W. H. Auden aborde les mêmes thèmes, et utilise des techniques similaires (tels que des kennings), bien qu'il ait donné une tournure existentialiste à son poème, celui-ci s'achève sur une lueur d'espoir, tout comme le poème d'origine.
Wilhelm Müller Il est possible que Wilhelm Müller dans ses Winterreise fasse parler le Wanderer. Dans Der Wegweiser (Le Panneau indicateur) le "Wanderer" chante
Il relate qu'il traverse paysages désolés et falaises escarpées pour finir par aller par un chemin caché où personne n'est encore allé et dont il ne reviendra pas. Le Winterreise a été mis en musique par Franz Schubert.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Deor The Ruin The Seafarer
Liens externes The Wanderer Project The Wanderer Texte du poème et traduction en anglais moderne The Wanderer Texte et traduction
Bibliographie De Caluwé-Dor, Juliette, trad. "L'errant." Ecritures 79: Pages de littérature anglaise médiévale. Ed. Juliette De Caluwé-Dor. Liège: Cercle Interfacultaire de Littérature, Université de Liège, 1981. 14-17.
Catégorie:Poésie en vieil anglais