Hespérie (en grec ancien , « Pays du soir » (latin vesper)Maurice Rat (trad. et notes), L'Énéide, Paris, Garnier Flammarion, 1965, note 171, p. 290. ou « Pays de l'Occident »Edith Hamilton, La Mythologie, Paris, Marabout, 1987, p. 268.) désignait, dans l'Antiquité, la plus proche contrée à l'ouest du lieu où l'on en faisait mention. Ainsi, par rapport aux Grecs, l'Hespérie désignait-elle en général l'Italie, et parfois, chez les Romains, la péninsule Ibérique. Le terme apparaît à plusieurs reprises dans l'Énéide de Virgile ainsi que dans différentes œuvres d'auteurs grecs et latins, renvoyant à l'Italie ou à la limite entre la terre et l'Océan.

Dans l'Énéide Dans l'Énéide, Virgile appelle « Hespérie » l'Italie, et plus particulièrement la région du Latium, où les dieux ont ordonné à Énée, chef troyen rescapé de la guerre de Troie, de fonder la nouvelle Ilion (autre nom de Troie) qui deviendra, selon la légende, Lavinium.

On lit ainsi au chant I, v. 530-534:

Autres œuvres On trouve chez le poète grec Pindare une évocation du séjour des Bienheureux, qu'il voit dans l'Hespérie, en laquelle on voyait aussi l'extrémité occidentale du monde connu. Il en donne une description dans la deuxième de ses OlympiquesOn notera qu'Aloys Perrault-Maynand, dans sa traduction de Pindare datant des années 1840, se risque à situer l'île des Bienheureux aux Canaries. :

Le mot apparaît à six reprises dans les Métamorphoses d'OvideOvide, Les Métamorphoses, Éd. présentée et annotée par Jean-Pierre Néraudau, trad. de Georges Lafaye, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1992 , Index, p. 605a. On relèvera ici trois occurrences du terme. Tout d'abord, ce passage du Livre II, v. 142 (chapitre « Phaéton »Les Métamorphoses, Folio, 1992, p. 77.) : J.P. Néraudau indique que l'Hespérie est ici l'Occident, où finissent les terres et où commence l'Océan, à l'endroit où le soleil disparaît dans la mer, tandis qu'à l'opposé apparaît le soleilLes Métamorphoses, Folio, 1992, p. 524, note 1 de la p. 77. Ensuite, un peu plus loin dans ce chapitre, Ovide évoque une série de fleuves dans les régions du monde connu, et pour la région qu'il appelle « l'Hespérie », il mentionneLes Métamorphoses, II, v. 258, Folio, 1992, p. 81. Mentionnons enfin ce passage qui parle du repos des chevaux du dieu du Soleil, HéliosLes Métamorphoses, IV, v. 214, Folio, 1992, p. 141.:

Approche philosophique Cette notion d'Hespérie a travaillé la culture occidentale, selon le philosophe Bruno Pinchard. Selon lui, l'aspiration initiale que l'on trouve à la fin du passage de Virgile (« Tel était notre but ») se retrouve chez le poète Hölderlin, pour qui l'Hespérie figure la Germanie, comme direction que doit prendre la civilisation dionysiaque. Cette aspiration à l'Occident et cette progression de la civilisation européenne se laisse aussi voir comme la Bretagne dans le Pantagruel de Rabelais, ou encore comme le Portugal et Gibraltar, chez Dante.

Divers L'École américaine d'études classiques à Athènes publie depuis 1932 une revue académique trimestrielle intitulée Hisperia, dont le but premier est de publier les travaux des membres de l'École.

Références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes

Hespérides Hespéris Éosphoros et Hespéros

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