Estaires (prononcé ; en flamand occidental : Stegers. : la prononciation [stəɛʁs] est à rapprocher de la prononciation de la forme romanisée Estaires) est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France. Le nom jeté des habitants est les Baudets d'Estaires.

La ville a donné son nom à une race de poules créée dans les environs : la race d'Estaires.

Géographie Estaires est située en France, dans le département du Nord, à une altitude de 16,4 m. La Meteren Becque se jette dans la Lys au pont d'Estaires. Elle se trouve à 30 kilomètres à l'ouest de Lille, à 17 kilomètres d'Hazebrouck et 14 kilomètres d'Armentières.

Communes limitrophes

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Lys, la Meteren Becque, le Courant du Doulieu, le Courant du Pont du Beurre - Courant de l'Hautdyck, le Courant bayard, le Courant de la maladrerie, le Courant du Pont de la Huchette et divers autres petits cours d'eau.

La Lys, d'une longueur de en France, prend sa source dans la commune de Lisbourg, à l'altitude de , et se jette dans l'Escaut à Gand à d'altitude.

La Meteren Becque, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Méteren et se jette dans la Lys sur la commune, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'EstairesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Lys ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Lys. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis révisé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte pour l'élaboration du SAGE de la Lys (SYMSAGEL).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lillers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Estaires est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de BéthuneUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l'agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Béthune comprend deux villes-centres (Béthune et Bruay-la-Buissière) et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lille (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (81,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (91,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (80,8 %), zones urbanisées (17,4 %), zones agricoles hétérogènes (1,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,7 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Stagras (869), Staires ( moitié du s.), Steres (1221), Stereis (1221), Estaires (1221).

D'après Maurits Gysseling, Estaires viendrait du nom germanique staigri ("escalier"), qui a donné steger en néerlandais (Stegers est le nom flamand d'Estaires)..

Histoire

Antiquité La ville se situe sur l'emplacement d'une cité gallo-romaine appelée Minariacum, toponyme figurant sur l'itinéraire d'Antonin. L'endroit correspond à l'actuel quartier du Pont d'Estaires.

L'ancienne bourgade était située sur la voie romaine reliant Castellum Menapiorum (Cassel) à la capitale des Atrebates, Nemetacum Atrebatum (Arras). Il s'agissait d'une position stratégique : la moindre largeur de la Lys en ce lieu permettait une traversée aisée.

Dès la fin du , des saints chrétiens seraient venus prêcher à Estaires : Piat de Seclin, Victoric d'Amiens, Saint Fuscien, également signalés à Bergues à cette époque, ainsi que Victrice de Rouen au début du Arnould Detournay, cité dans la bibliographie, ..

Aetius, vainqueur d'Attila en 451, serait passé par Minariacum en 453, ce qui aurait amené à modifier le nom du site appelé Etii Terra, qui deviendra Eterra puis Estaires.

Moyen Âge Au Moyen Âge, la cité estairoise se développe notamment autour de la production textile. Elle subit de nombreuses dégradations lors des combats entre Flamands, Français, Anglais, mais aussi Bourguignons, Autrichiens ou Espagnols.

Évangélisée au par saint Vaast, la cité prit un temps le nom de Stegers (Stegras 765) issu du vieux bas francique steger (flamand occidental) qui signifie « poste d'amarrage pour les bateaux ». Ce nom de Stegras en latin apparait dans une bulle du pape Étienne , relative à l'abbaye Saint-Vaast d'ArrasArnould Detournay, cité dans la bibliographie, note de bas de page 396, mais la bulle doit dater de 768, date à laquelle Étienne III devient pape.. Saint Vaast aurait consacré un autel et déposé des reliques dans un hameau, nommé Covorde, dépendant de la terre d'Etius.

Saint Amand (Amand de Maastricht) aurait également prêché à Estaires au Arnould Detournay, cité dans la bibliographie, ..

Dès sa création, en 863-866, le comté de Flandre inclut la majorité de la plaine de la Lys, dont Estaires, où s'implanta une seigneurie.

Le pape Jean attribue en 879 la région d'Estaires à l'évêque de Noyon. Par la suite, Estaires relèvera du diocèse de Thérouanne, puis, à sa disparition, du diocèse de Saint-OmerMémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, 1862-1864, neuvième volume, p. 66, lire en ligne..

En 880, la ville est ravagée lors des invasions vikings.

En 1096, Jehan d'Estaires, seigneur d'Estaires, participe à la première croisade.

En 1190, Robert, seigneur de Béthune, (maison de Béthune), avoué d'Arras, et Didier, évêque de Thérouanne, sur le conseil de Guillaume aux Blanches Mains, cardinal archevêque de Reims, partagent Estaires en deux paroisses : Estaires et La Gorgue. Le chapelain de La Gorgue, dépend de l'abbaye Notre-Dame de Beaupré-sur-la-Lys, située à La Gorgue. Il partage avec le curé d'Estaires les droits de mouture du moulin et les droits de pêche, et verse annuellement au curé d'Estaires douze deniers. L'accord est appliqué après la mort du curé d'Estaires alors en place, Simon Gomer.

La Lys est devenue une frontière linguistique naturelle vers le : au nord, le flamand de France, et au sud le picard (Flandre romane). De nos jours, le flamand de France est parlé par environ 50.000 ou 60.000 personnes, surtout des personnes âgées, et plus du tout à Estaires. À l'époque, les Estairois subissaient les deux influences.

En 1226, Michel de Harnes fonde la chapelle du Doulieu, alors hameau d'Estaires, et la donne à l'abbaye Saint-Jean-Baptiste de ChocquesArnould Detournay, cité dans la bibliographie, .. Les curés d'Estaires étaient chanoines réguliers de cette abbaye.

En 1228, Jean, seigneur de Berquin, seigneurie dépendant d'Estaires, prisonnier des infidèles, racheté par les religieux Trinitaires, qui géraient un hôpital sur Estaires, leur donne la chapelle de Covorde. Mabille, châtelaine d'Ypres et de Bailleul, confirme la donation.

Le , Jean, chevalier, seigneur de Haverskerque, cède à Robert, futur Robert III de Flandre, fils aîné du comte de Flandre, Gui de Dampierre, des terres situées en partie sur Estaires ; il y ajoute l'usage du bois d'Estaires, avec le droit de pâtures et le droit d'y couper tous les trois ans ce qu'il faut pour enfermer sa motte et sa tour à La GorgueArnould Detournay, cité dans la bibliographie, ..

En 1320, lors du partage de ses biens par Robert III de Flandre, Estaires et toute la Flandre jusqu'à la mer font partie de l'apanage de son fils Robert de Cassel.

Les libertés d'Estaires sont confirmées en 1328 par le comte de Flandre Louis de Flandre.

En 1347, pendant la guerre de Cent Ans, Estaires est pillée et brûlée comme tout le pays de l'alleu. En 1383, la ville est à nouveau incendiée par les Anglais. Elle brûle encore en 1403Arnould Detournay, cité dans la bibliographie, p. 400..

Le , Yolande de Flandre, comtesse de Bar, vend à Henri d'Antoing, chevalier, la seigneurie du pont d'Estaires, contre deux cents livres de rente qu'elle lui avait assignées sur la forêt de Nieppe. Henri d'Antoing est le père de Marie, épouse d'Engelbert d'Enghien, et de Marguerite, mariée à Jean III de Stavele, seigneur d'Isenghien (Izeghem). Les armes des Stavele sont :« D'hermines à la bande de gueules ; cimier, la tête d'un enfant de carnation aux cheveux blonds, ayant un bandeau sur le front, entre un vol d'hermine »Arnould Detournay, cité dans la bibliographie, p. 404..