Philippe Danfrie, né en 1504D'après Philippe Renouard qui le dit breton. ou vers 1534D'après Auguste Jal. et mort à Paris en juin 1606Il est mort entre le 27 juin 1606, date à laquelle il signe son testament, et le juillet 1606, date d'installation de Nicolas Briot comme son successeur., est un médailleur français, graveur général des monnaies de France, «graveur en caractères» et de fers de reliure, et, à l'occasion, libraire. Il est l'inventeur du graphomètre.

Biographie Il est actif dans la gravure des monnaies, dans la taille des fers de reliure, et dans la taille de quelques caractères typographiques. Il a une boutique dans le faubourg Saint-Jacques à Paris.

Il s'est marié avant 1555 à Jehanne Champagne. Une fille, Rebecca, est baptisée à l'église Saint-Benoît, le . Le , Nicolas Danfrie est baptisé. Philippe Danfrie fils est âgé de 23 ans environ, en 1596. Il est probablement né vers 1572. Le , Philippe Danfrie père a eu son dernier enfant, Claude. Ce sont les seuls actes retrouvés par Auguste Jal concernant les enfants de Philippe Danfrie, père.

En 1558, il s'est associé à Richard Breton pour l'impression de quelques livres en caractères cursifsVoir Philippe Renouard, .. L'écriture de chancellerie, dite en «lettres françoyses», qui a servi de modèle aux poinçons gravés par Philippe Danfrie pour cette association, provient de la main de Nicolas le Breton (1506-1574), le secrétaire de Charles de Lorraine. Philippe Danfrie s’appropria le privilège de Robert Granjon, fondeur de caractères et imprimeur, pour la gravure et l'impression en lettres de civilité, ces mêmes lettres cursives, au moment où Robert Granjon parti pour Lyon, en 1557Voir Philippe Renouard, ..

En 1582, Thomas Brumendata BnF : Thomas Brumen (1532?-1588) garantit l'orthodoxie et la capacité professionnelles de Philippe Danfrie. Il déclare que ce dernier lui fournit « des fers à marquer la couverture des livres ». Philippe Danfrie a fourni des fers à graver aux armes royales et d'autres pour marquer les reliures des ordonnances, statuts et livres d'heures de l'ordre du Saint-Esprit, entre 1579 et 1584Philippe Renouard, Imprimeurs et libraires du , Bibliothèque nationale, Paris, 1984, (lire en ligne)..

Il a succédé à Claude de Héry (1557-1582) comme graveur général des monnaiesVoir : Auguste Jal, .. Claude de Héry avait eu des difficultés pour faire reconnaître ses droits par la Cour des Monnaies. Il en a été de même pour Philippe Danfrie père. Il avait reçu du roi des lettres de provision en 1581. Il les fait renouveler le . La Cour lui demanda de prouver sa compétence en faisant des épreuves puis a ouvert ces épreuves à d'autres prétendants. C'est finalement le roi Charles IX qui a imposé Philippe Danfrie, par lettres de jussion, du . Il est reçu à l'office de tailleur général par arrêtés des et Natalis Rondot, Les Médailleurs et les graveurs de monnaies, jetons et médailles en France, A. Leroux, Paris, 1904, (lire en ligne).

Germain Pilon avait été nommé par Charles IX contrôleur général des monnaies en , malgré l'opposition de la Cour des Monnaies. Il s'est opposé fermement à cette survivance. Germain Pilon meurt en 1590, pendant les troubles de la Ligue. Sa veuve a demandé le transfert sa charge à son fils aîné, Gervais Pilon, bien qu'elle ait été donnée à titre viager. Le duc de Mayenne l'a accordée au nom du roi Charles X, le , malgré un nouveau refus de la Cour des Monnaies.

La fortune de Philippe Danfrie père a été possible grâce sa fidélité au roi légitime, Henri IV. Pendant les troubles de la Ligue, il a quitté Paris et s'est retiré à ToursVoir Auguste Jal, .. Philippe Danfrie était protestant, bien que ses enfants aient été baptisés dans la religion catholique, comme le montre son testamentThomas Brumen a cependant témoigné de sa catholicité en 1582. Les troubles à Paris ont probablement conduit Philippe Danfrie à avoir une position prudente.. Il revient à Paris avec le roi, en 1594. À son retour, Gervais Pilon a fait valider par Henri IV sa charge de contrôleur général des monnaies, mais il est mort peu après, le .

Philippe Danfrie, le père et le fils, qui ont été tous les deux tailleurs généraux des monnaies de France, ont repris à la fin du l'art de la céroplastiqueVoir Natalis Rondot, ..

Philippe Danfrie père a cédé la charge de tailleur général des monnaies à son fils en 1592. Cependant son fils n'a pas repris de titre de tailleur général des monnaies dans son contrat de mariage du . La Cour des Monnaies lui reconnaît ce titre en 1596. Philippe Danfrie père a cédé à son fils la charge de graveur général des monnaies en .

En 1597 paraît un livre sur l'usage du graphomètre pour mesurer les distances et faire de l'arpentage. Il est probablement l'inventeur du graphomètre, avant 1597, bien que dans le texte de présentation de l'appareil, il est dit qu'il a été inventé par Philippe Danfrie, tailleur général des monnaies de France, et que ce soit à cette date son fils, Philippe Danfrie fils, qui a cette charge. Cependant, en 1606, le roi Henri IV lui reconnaît d'être l'auteur de plusieurs inventions de géographie. C'est aussi ce qui est écrit dans son testament quand il lègue les planches et exemplaires du graphomètre qu'il a inventé à Jehan AuvrayFernand Mazerolle, tome 1, (voir)..

En 1601, il est en procès avec Alexandre Olivier, successeur de son père, Aubin Olivier, conducteur des engins de la monnaie du moulin des Étuves du Palais de la Cité et graveur particulier de la Monnaie de Paris. Il est le dernier d'une série de procès entre les différents possesseurs d'offices de la Monnaie qui cherchaient à protéger ce qu'ils considéraient être leurs droits.

Son fils étant mort en 1604, dix-huit mois après son mariage, son père reprend la charge de graveur général des monnaies dont il s'était réservé la survivance. Il a cédé peu après cette charge de tailleur général des monnaies de France à Nicolas Briot. Le roi a accepté ce transfert le Voir Auguste Jal, .Voir Natalis Rondot, ..

Dans les lettres patentes accordées le par Henri IV à Philippe Danfrie père, graveur de Sa Majesté et contrôleur général des monnaies de France, il est écrit .

Il signe son testament le , . Il est probablement mort peu après, même si les états de la Maison du roi ont conservé son nom parmi les valets de chambre jusqu'en 1609. Le , dans le procès-verbal de visite de Jacques Cartais, général de la Cour des Monnaies, il est déclaré qu'il est mortFernand Mazerolle, tome 1, ..

Galerie

Publications Declaration de l'usage du graphometre, par la pratigue du quell'on peut mesurer toutes distances des choses de remargue qui se pourront voir & discerner du lieu ou il sera posé: et pour arpenter terres, bois, prez, & faire plans de villes et forteresses, cartes geographiques, et generalement toutes mesures visibles: & ce sans reigle d'arithmetique : Inuenté nouuellement, et mis en lumiere par Philippe Danfrie tailleur general des monnoies de France / A la fin de ceste declaration est adiousté par le dict Danfrie un Traicté de l'usage du trigometre (lire en ligne), (illustrations).

Notes et références

Annexes

Bibliographie Jules Guiffrey, « Documents inédits sur Philippe Danfrie père, graveur général des Monnaies, et Philippe Danfrie fils, contrôleur des poinçons et effigies (1592-1625) », Nouvelles Archives de l’art français, 3e série, t. VIII, 1892, p. 295-331.(lire en ligne) Jules Guiffrey, Philippe Danfrie et Alexandre Olivier (1601), , Nouvelles archives de l'art français. Recueil de documents inédits, 1878 (lire en ligne) Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire. Errata et supplément pour tous les dictionnaires historiques d'après des documents authentiques inédits, , Henri Plon imprimeur-éditeur, Paris, 1867. (lire en ligne) Philippe Renouard, Imprimeurs parisiens, libraires, fondeurs de caractères et correcteurs d'imprimerie, depuis l'introduction de l'imprimerie à Paris (1470) jusqu'à la fin du . Leurs adresses, marques, enseignes, dates d'exercice, notes sur leurs familles, leurs alliances et leur descendance, d'après les renseignements biographiques et les documents inédits, , Librairie A. Claudin, Paris, 1898.(lire en ligne) Natalis Rondot, Les Médailleurs et les graveurs de monnaies, jetons et médailles en France, , A. Leroux, Paris, 1904 (lire en ligne) Fernand Mazerolle, Les Médailleurs français du au milieu du , tome 1, Introduction et documents, , Imprimerie nationale, Paris, 1902 (lire en ligne) Fernand Mazerolle, Les Médailleurs français du au milieu du , tome 3, Album. Catalogue des médailles et des jetons, , Imprimerie nationale, Paris, 1904 (voir)

Article connexe Graveur général des monnaies

Liens externes

Château de Versailles : Danfrie (Philippe)

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