La rue Lincoln est une voie urbaine située dans le 8 arrondissement de Paris.
Situation et accès Elle commence au 56, rue François- et se termine au 73, avenue des Champs-Élysées.
Histoire et origine du nom vignette|redresse|gauche|Abraham Lincoln. Elle porte ce nom en mémoire d'Abraham Lincoln (1809-1865), seizième président des États-Unis d'Amérique.
À l'origine, la superficie située entre l'allée Marbeuf (actuelle rue Pierre-Charron) et l'actuelle rue Quentin-Bauchart est répartie entre deux ensembles : l'ancien fief Becquet, érigé au par Henri VI d'Angleterre, lors de l'occupation de Paris par les Anglais ; le fief de la Cerisaie, de la rue Bizet aux Champs-Élysées.
Vers 1760, un riche Anglais, le chevalier de Jansen, les achète et les réunit pour former un seul ensemble où il fait aménager un jardin d'agrément de plus de six hectares.
Ce jardin reçoit ensuite le nom de « jardins Marbeuf », car la propriété, comprenant une bergerie ou pavillon appelé « folie Marbeuf », appartient dans les années 1780 à la marquise de Marbeuf, Henriette Françoise Michel. Fille de l'armateur nantais Gabriel Michel (1702-1765), celle-ci a épousé en 1757 Jacques Auger, marquis de Marbeuf (†1789), neveu du général de Marbeuf (1712-1786). Les époux se séparent en 1763. Riche après la mort de son père de de livres, la marquise est propriétaire du château de Champs-sur-Marne et a un hôtel particulier rue du Faubourg-Saint-Honoré, à l'emplacement de l'actuel 31. Sous la Révolution, elle est condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire et exécutée le , .
En 1797, la folie Marbeuf devient le Bal d'Idalie où l'on donne des fêtes d'été, avec bals, illuminations, feux d'artifice dirigés par les frères Ruggieri. Le droit d’entrée est de les jours de semaine et de les dimanches et jeudis, jours où il y a bal. Les jardins Marbeuf retrouvent leur nom sous la Restauration.
Le comte de Choiseul-Gouffier (1752-1817) acquiert les jardins et, en 1812, fait construire un hôtel dans le goût néo-antique, entre les actuelles rues Lincoln et Quentin-Bauchart, presque à l'angle de cette dernière et des Champs-ÉlyséesEn 1853, il avait pour adresse le 104, rue de Chaillot ().. À côté, à l'emplacement où la rue Lincoln rejoint aujourd'hui les Champs-Élysées, se trouve l'hôtel de Lauriston, appartenant au général-comte de Lauriston (1768-1828), fait maréchal de France et marquis sous la Restauration.
En 1844Ou 1843 ()., Émile de Girardin fait l'acquisition de l'ensemble de la propriété et s'installe dans l'hôtel de Choiseul-Gouffier. Sa femme, Delphine, y meurt le . Émile de Girardin vend alors l'ensemble de la propriété à la comtesse de Montijo, née Maria Manuela Kirkpatrick, mère de l'impératrice Eugénie, dont la fille ainée, la duchesse d'Albe, malade, s'installe en 1858 dans l'hôtel de Lauriston, qui devient l'hôtel d'Albe. Elle y meurt en 1860 et l'impératrice Eugénie fait raser l'hôtel. L'année suivante une voie nouvelle est ouverte à son emplacement sous le nom de « rue d'Albe ».
Elle reçoit sa dénomination actuelle, « rue Lincoln », par l'arrêté préfectoral du . Il s'agit de dé-commémorer la duchesse d'Albe, liée au Second Empire. Le choix du nom de Lincoln s'explique par la proximité des Champs-Élysées, résidence favorite des Américains à Paris..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
6 : domicile du baron Pierre Laurens de Waru (1837-1914), administrateur des Chemins de fer d'Orléans (fils d'Adolphe de Waru), qui avait épousé Valentine de Sade (1847-1922), sœur de la comtesse Adhéaume de Chevigné et descendante du marquis de Sade. La marquise d'Hervey de Saint-Denys, née en 1848, s'était remariée en 1896 au baron Jacques de Waru, cavalier qui participera aux Jeux olympiques de 1900. 8 : 10 : Marcel Proust (1871-1922), était un habitué, à ses débuts dans la société parisienne, du salon de la marquise Sauvage de Brantes (1842-1914), née Louise Lacuée de Cessac qui habitait au 10. Elle était la tante de Robert de Montesquiou (1855-1921). 12 : ancien siège de l'École ABC de Paris. 14 : en 1935, le photographe Lucien Lorelle (1894-1968) y ouvre un studio de photographie publicitaire, où réalise avec Cassandre des affiches mêlant dessin et photographie « Paris, capitale photographique 1920-1940. Collection Christian Bouqueret, Petit Journal, , www.jeudepaume.org..Cinéma Lincoln comptant trois salles, ouvert en 1969..
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie . . .
Articles connexes Liste des voies du de Paris
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
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