La culture de Golasecca est une culture archéologique qui s'est développée en Italie du Nord durant le premier âge du fer. Elle doit son nom au village de Golasecca, en Lombardie, où elle a été mise en évidence pour la première fois à partir de 1822. Cette culture est associée aux peuples celtes de la plaine du Pô. L'ère dite de Golasecca commence à partir des premières migrations celtes en Italie du Nord vers et se conclut avec le début des premières vagues d'invasions gauloises de la plaine du Pô, vers ..

Aire géographique

Carte des principaux sites archéologiques mis au jour appartenant à la Culture de Golasecca en Lombardie et Piémont....... 450px|centre|upright=2|Carte des différents sites archéologiques de la Culture de Golasecca.

Les deux grands pôles golasecciens sont représentés par les symboles : étoile à 4 branches rouge. La sépulture se localise au sud du lac de Côme et la région à proximité de Castelletto Sopra Ticino, sur les rives du Tessin. Ces deux principaux centres proto-urbains de la culture de Golasecca s'étant imposés au rang européen des flux commerciaux et géopolitiques au cours du et , pour le premier, et à partir du milieu du , pour le second.... Ces centres d'importance sont attribués respectivement aux moitiés orientale et occidentale l'aire d'extension de la culture de Golasecca, soit Golasecca type 1 et Golasecca type 2...

Historique vignette|gauche|Portrait en photo de l'archéologue et anthropologue Gabriel de Mortillet.

La dénomination provient des fouilles conduites à partir de 1822 par l'abbé Giani sur le territoire de la commune de Golasecca dans la province de Varèse.. La plupart des objets inventoriés proviennent de nombreuses sépultures situées dans une zone bordant la rive gauche du Tessin lombard. Ces sépultures appartiennent à de vastes nécropoles, dont notamment celles de Sesto Calende, de Golasecca et de Castelletto sopra Ticino. L'abbé Giani publie un premier rapport de fouilles en 1824. Toutefois, ce dernier donne une interprétation erronée du résultat de ses découvertes. En effet, dans son compte rendu archéologique, il analyse les artéfacts funéraires comme étant des objets appartenant à la civilisation romaine. Par ailleurs, celui-ci attribue leur datation à la période du . Plus précisément, l'abbé Giani pense être en présence d'un cimetière de guerre établi lors de la bataille du Tessin opposant les armées carthaginoises de Hannibal face aux troupes romaines de l'époque républicaine de Scipion l'Africain, en -218Conflit militaire qui se conclut par la victoire des troupes du chef de guerre et homme politique carthaginois Hannibal...

vignette|redresse=0.9|Photo de l'archéologue Alexandre Bertrand, à la fin du .

En 1865, les études concernant les premières mises au jour de l'abbé Giani sont reprises par l'archéologue Gabriel de Mortillet. Dans un premier temps, celui-ci contredit l'analyse du prêtre en assignant les découvertes archéologiques à une culture préromaine du premier âge du fer sur une période... Dans un second temps, ce dernier identifie les artéfacts mortuaires avec plus d'approfondissement et au moyen de nouvelles techniques d'études : il conclut à un très probable substrat celtique. En marge de cet élément, l'archéologue met en évidence des similitudes concrètes avec d'autres objets issus de la culture de Hallstatt. Cette comparaison vient confirmer et accréditer sa thèse selon laquelle il s'agirait non pas de matériels provenant d'une sépultures de faciès archéologique romain, mais de type celte.. Au cours de la deuxième moitié des années 1860, Gabriel de Mortillet effectue de multiples voyages sur les sites archéologiques lombards et ramène une partie de la collection d'artéfacts de l'abbé Giani, afin d'enrichir le musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, dont il est vice-conservateur..

Au cours des années 1870, les fouilles s'échelonnent sur d'autres sites (dont la nécropole de Ca'Morta, à Côme), tout au long de la fin du .. Alexandre Bertrand, alors conservateur du musée des antiquités nationales., se rend à son tour sur place en 1873 et entreprend lui-même des recherches sur quelques sites. Grâce à la collaboration des archéologues français, italiens et allemands réunis au congrès archéologique de Stockholm en 1874., ce dernier établit, aux côtés de Gabriel de Mortillet, une chronologie précise de ce nouveau faciès culturel, au moyen des divers rapports archéologiques effectués depuis 1824. L'archéologue français divise ce dernier en trois périodes de 900 à 380 avant notre ère. En outre, il affecte à cette civilisation dItalie septentrionale de lâge du fer le terme scientifique de culture de Golasecca. Il répertorie ainsi la période dite de Golasecca I, s'étalant de -1040 à -780, Golasecca II, comprise entre -780 et -450, et enfin celle de Golasecca III circonscrite entre - 450 et - 380. Elle prend fin avec l'invasion gauloise dans la vallée du Pô en 388 av. J.C.. En outre, au cours de ce sommet anthropo-archéologique suédois, Alexandre Bertrand entérine de façon définitive le substrat ethnique des populations de culture golaseccienne : selon le scientifique parisien, il s'agit de tribus appartenant à la celtique..

Principaux sites archéologiques

Tombes des guerriers de Sesto Calende

vignette|Verre à boisson à panse en S ou panse dite globulaire. Musée archéologique de la Villa Mirabello, à Varèse, Lombardie. vignette|Éléments du viatique de la tombe du guerrier de Sesto Callende.

En décembre 1928, au sein du village de "La Castiona", dans la banlieue proche de Sesto Calende, une seconde tombe est mise au jour, venant ainsi compléter la première tombe découverte en , distante d'environ . La tombe, dite , se présente sous une forme circulaire d'environ de profondeur et repose sous un volumineux tumulus. On établit que le caveau funéraire nouvellement mis au jour, s'inscrit dans la nécropole de Sesto Calende. Le viatique est identifié en plusieurs étapes, lesquelles s'effectuent de jusqu'à la fin du premier semestre . Du mobilier funéraire extrait, inventorié, et enfin analysé, on met en évidence que la tombe appartient au contexte archéologique de Golasecca. Les objets et artéfacts retrouvés présentent des caractéristiques d'opulence et, en outre, de diversité de par leurs provenances et/ou influences stylistiques : étrusques (telles que des cistes en bronze), celtes, à l'image d'un bassin et de fibules ouvragés en bronze mais également grecques, en regard des nombreuses céramiques et œnochoés.. On constate de prime abord que le viatique du caveau funéraire est factuellement pourvu de deux chars funéraires. Par conséquent, on peut en déduire que la tombe du guerrier de Sesto Calende est de type tombe à char. Par ailleurs, il est remarquable que le viatique de la tombe du guerrier soit également pourvu d'une urne funéraire, de diverses armes dont des épées en bronze ainsi qu'une situle de provenance étrusque et datée du

L'urne funéraire, munie d'un couvercle, renferme les cendres de la personne défunte, il s'agit donc d'une tombe sujette au rite funéraire par incinération. Elle est attribuée aux deux subdivisions archéologiques de "Golasecca II A" et de "Golasecca II B" ce qui permet d'affiner la datation du site funéraire. En outre, la présence d'armes et notamment d'épées, suggère que la personne défunte est très probablement de sexe masculin et de surcroît possédant une fonction guerrière.

Enfin compte tenu de la richesse et de la diversité d'origine du mobilier funéraire, on met en lumière que la tombe est très probablement de typologie princière.

Tombe de Trezzo sull'Adda Cette tombe est localisée au sein d'une nécropole, dans le voisinage de la ville de Milan. La nécropole est étalonnée du au et la sépulture peut être elle-même attribuée aux environs de la première moitié du grâce à l'analyse du viatique découvert sur le site. Outre la richesse factuelle de l'ensemble des objets extraits de la tombe indiquant un statut hiérarchique élevé de la personne défunte, le mobilier funéraire présente la particularité de comporter une situle en bronze dotée d'un couvercle, également ouvragé en bronze ; ces deux artéfacts s'inscrivent dans le même contexte archéologique que les cistes à cordons. En outre, on a pu attester, compte tenu de la stylistique et des techniques d'ouvrage utilisées, que les deux objets sont probablement d'une provenance manufacturière identique à de nombreux autres objets disséminés sur les différents sites archéologiques golasecciens et notablement du site funéraire de Hochdorf (on pense notamment aux ornementations de bronze décorant la kliné du char d'apparat de ladite sépulture)..

Oppidum de Bergame Bergame et ses alentours commencent à prendre un essor dès le début du Les populations prenant pied dans la région via les Alpes sont essentiellement celtes et se mélangent aux tribus indigènes préétablies composées d'Italiques (tels que les Ligures), mais également d'origine étrusque ou apparentées aux Étrusques, tels que les Rhètes. Néanmoins, ce n'est qu'aux environs de la fin du et début du que l'on peut établir la réelle fondation de l'oppidum de Bergame. Il est mis en évidence, en regard et au moyen des sources archéologiques découvertes, identifiées et attestées, que l'oppidum de Bergame est la capitale de la tribu des Orobiens et serait également le centre névralgique de l'aire culturelle golaseccienne. Le site archéologique de Bergame est, à l'instar des autres oppida golasecciens, associé à une nécropole sise dans le voisinage géographique proche ; dans le cas de celui de Bergame, il s'agit de la nécropole de Brembate Sotto localisée au sein de la banlieue de la ville de Bergame. En outre, les spécialistes s'accordent à confirmer une position économique essentielle que l'on peut attribuer à l'oppidum de Bergame, ce dernier se trouvant au cœur d'un vaste réseau de routes de l'âge du fer..

Nécropole de Ca'Morta

vignette|Bracelet d'apparat serpentiforme en bronze. Golasecca II A., fin du siècle / début du av. J.-C.. Museo Archeologico Villa Mirabello, Varese

La nécropole de Ca'Morta, dans le contexte archéologique golaseccien est significative à maints égards. En l'occurrence elle donne une approche globale des probables relations économiques, culturelles et politiques de l'aire de la culture golaseccienne avec des territoires celtes de culture hallstattienne et, dans une moindre mesure, des territoires hellénistiques et également italiques, au cours du second âge du fer. La nécropole, à l'instar des autres nécropoles de types golasecciens, demeure partiellement mise au jour ; la tombe la plus remarquable de la nécropole de Ca'Morta est la Tombe III/1928.

Oppidum de Parre En 1883, au cours d'un labour agricole, une importante quantité de bronze (plus de ) est découverte dans le bourg de Castello près de Parre, au sein de la vallée de Seriana. La « manne bronzifère » est, après étude, assignée au Ce trésor archéologique se présente sous la forme de lingots bruts mais également sous forme de produits manufacturés ouvragés, tels que des ornementations, des fibules, diverses vaisselleries utilisées pour la boisson, des armes et de nombreux bijoux. Par ailleurs, on identifie des résidus carbonés. L'ensemble de ces objets indique qu'il s'agirait probablement de l'emplacement d'un atelier manufacturier appartenant à un oppidum..