Un prédicat honorifique est une en usage dans la diplomatie et la noblesse. Au nom français , naguère d'usage dans ce sens, les ouvrages de vulgarisation préfèrent souvent aujourd'hui le mot , bien que par . L'allemand utilise les mots et .
Les codes qui régissant l'usage de ces appellations ont été façonnés par l'histoire de la noblesse locale, et varient donc d'un pays à l'autre. Un consensus est cependant partagé dans le monde concernant les monarques régnants : ceux-ci sont appelés ou .
Règles générales
Lors de cérémonies protocolaires, on utilise la qualificationEncyclopédie des gens du monde: répertoire universel des sciences, des lettres et des arts; avec des notices sur les principales familles historiques et sur les personnages célèbres, morts et vivants, Volume 17 Librairie de Treuttel et Würtz, 1842 ou prédicat suivie du titre pour les cérémonies où le monarque nommé est « souverain » et la qualification Suite de la clef ou journal historique sur les matières du tems: contenant quelques nouvelles de littérature & autres remarques curieuses, Volume 97 Ganeau, 1765 ou prédicat suivie du titre et du nom du pays lors des cérémonies étrangères. Ainsi sur le sol français, le roi de France était désigné comme Sa Majesté le roi, mais Sa Majesté le roi de France sur un sol étranger.
Lorsque l'on s'adresse à la personne, on utilise de préférence la qualificationCarlos Calvo, Dictionnaire manuel de diplomatie et de droit international public et privé The Lawbook Exchange, Ltd., 2009 ou prédicat seule en transformant l'adjectif possessif singulier « sa » par sa forme à la du pluriel. Ainsi, on répondait par Votre Majesté au souverain.
Il existe néanmoins un usage pour les prétendants au trône de France, qui portent des titres et qualifications de courtoisie : on dira ainsi Son Altesse Royale le comte de Paris, Son Altesse Royale le duc d'Anjou ou encore Son Altesse Impériale le prince Napoléon.
L'usage, notamment français, qui veut que la femme porte le prénom et le nom de l'époux (on dira Madame Jacques Chirac pour désigner Bernadette Chaudron de Courcel, épouse Chirac) vaut également pour la noblesse, mais connaît quelques adaptations. Ainsi on dira : Leurs Grâces les très nobles et très honorables duc et duchesse de Norfolk mais, les qualifications ou prédicat étant liées au titre Sa Majesté la reine et Son Altesse Royale le duc d'Edimbourg, la reine et son consort n'ayant pas le même titre, donc pas le même prédicat.
Il est également d'usage lorsqu'on s'adresse à un souverain régnant ou qu'on parle de lui dans le langage courant de ne pas faire mention du nombre de fois où son nom de règne a été porté. Ainsi on parlera de Sa Majesté le roi Louis s'agissant de Louis XVI. On utilise également parfois, notamment en présence de plusieurs souverains le nom du territoire sur lequel ils règnent (que ce soit sur le sol souverain ou à l'étranger). Cet usage, en principe courant, sert surtout aujourd'hui pour distinguer les monarques anglais et français ayant eu pour nom de règne Henri ou Charles. Ainsi on dira Sa Majesté le roi Henry d'Angleterre pour Henry VIII d'Angleterre.
Cet usage portait également, sous l'ancien régime français, sur les anciens monarques légitimes. Ainsi on parlait de Sa Majesté l'arrière-grand-père du roi pour parler de Louis XIV durant le règne de Louis XV. Parfois il était également utilisé les sobriquets donnés aux rois, par exemple Sa Majesté Saint Louis pour parler de Louis IX après sa mort.
Par contre, dans les textes officiels il est toujours utilisé une qualification ou prédicat du type : Sa Majesté, Louis le quinzième, roi de France et de Navarre s'agissant par exemple de Louis XVVoir les actuels décrets du roi des Belges.. Il peut y avoir des différences, notamment lorsqu'il s'agit du premier roi portant ce nom. Ainsi Marie d'Angleterre ne se désignera pas comme Marie la première mais comme Marie, la première de ce nomVoir sceau des rois d'Angleterre. il peut arriver aussi que l'on utilise le terme le premier nommé.
Sauf cas particuliers, les qualifications ou prédicats sont en général utilisées sous la forme suivante : Qualification + Titre + prénomDans le cas des souverains le prénom et le titre sont systématiquement inversés lorsque le nom du territoire est utilisé..
Les descendants de la famille impériale portent la qualificationCarlos Calvo, Dictionnaire manuel de diplomatie et de droit international public et privé The Lawbook Exchange, Ltd., 2009 ou prédicat Son Altesse Impériale et Royale ().
L'ancienne qualification ou prédicat pour un éventuel prétendant au trône austro-hongrois est Son Altesse Impériale et Royale l'archiduc (suivi du prénom). Cette spécificité est due au fait que leurs ancêtres régnaient à la fois sur l'empire d'Autriche et le royaume de Hongrie.
Église catholique
Depuis 308Date de l'apparition du nom de « pape » en qualité de souverain de l'Église catholique., l'autorité des papes a toujours été assimilée à celle d'un souverain. En tant que monarchie élective, la cité du Vatican et les autres territoires pontificaux l'ayant précédée, ont toujours été reconnus comme des territoires indépendants dont le souverain est le pape.
Ainsi, bien que le pape ne soit ni roi ni empereur, il leur est assimilableOn le désigne d'ailleurs comme le Souverain pontife et le terme « pontificat » s'applique pour désigner la période durant laquelle il se trouve à la tête de l'Église catholique romaine..
Le prédicat du pape est Sa Sainteté (S.S.) suivi de son nom de règne. Ce prédicat vient du fait que tous les papes sont les successeurs de saint Pierre selon la tradition catholique romaineGénéralement en latin. Par exemple : Sa Sainteté le pape François.
Le prédicat d'un cardinal, en sa qualité d'électeur du pape et prince de la Sainte Église romaine, est Son Éminence (S.Ém.). Ce titre et le statut lui étant lié sera d'ailleurs à l'origine d'un profond conflit entre le pape Paul III et Henry VIII d'Angleterre. Ce dernier ayant fait exécuter John Fisher, un évêque que Paul III venait de nommer cardinal pensant que ce statut le protégeraitLarousseencyclopédique en couleurs, France Loisirs, 1978.
Égypte antique
Dans l'Égypte antique, on ne parle pas de qualification ou prédicat nobiliaire mais de titulature d'un roi ou d'un pharaon, terme qui désigne l'ensemble des cinq noms par lesquels il est désigné dans les textes et inscriptions. La titulature du roi d'Égypte ou du pharaon se compose donc de cinq « Grands Noms », chacun formé d'un titre suivi d'un nom proprement dit.
Les règles d'usage données ici sont celles en usage entre membres de la noblesse et en présence de la famille royale. Ces règles sont toujours en vigueur sous la RépubliqueIsabelle Hanne, « SAR » sur le passeport : petits privilèges pour princes de sang, sur nouvelobs.com, 2 janvier 2009 (consulté le 23 mai 2021)., un exemple est Louis de Bourbon, duc d'Anjou à qui l’État reconnait ce prédicat.
Il faut distinguer les princes du sang, c'est-à-dire les membres de la famille royale ou impériale et les autres princes.
Les monarques
En France, le roi ou l'empereur pouvaient être appelés Monseigneur et Messire (appellations peu usitées qui ont complètement disparu au avec l'unification du royaume), ou Sire, avec le prédicat Sa Majesté, la reine ou l'impératrice, Madame, avec le prédicat Sa Majesté. Cette appellation demeurait pour les reines même lorsque le roi décédait. C'est pourquoi Marie de Médicis et Anne d'Autriche étaient appelées Votre Majesté bien que leurs époux ne régnaient plus sur la France.
Cette formule ne doit pas cependant être utilisée comme titre d'appel, qui est Sire pour un homme, ou Madame pour une femme. On dira ainsi au roi : « Sire, Votre Majesté est-elle prête pour la fête ? » ou à une reine ou à une impératrice « Madame, Votre Majesté est-elle prête pour la fête ? ».
La famille royale et les princes du sang Les fils et les filles de France étaient appelés Monseigneur et Madame, avec la qualification ou prédicat Son Altesse Royale. Les princes et princesses de la famille impériale portaient, eux, la qualification ou prédicat Son Altesse Impériale.
Le second fils du roi se faisait appeler Monsieur et son épouse Madame et leur fille aînée Mademoiselle. La fille aînée du monarque pouvait également se faire appeler Madame.
Pour les petits-fils de France et les princes du sang, la qualification était : Son Altesse Royale.
La qualification ou prédicat était toujours suivie de Monsieur ou MonseigneurEn usage pour les serviteurs et roturiers.
Indépendamment des qualifications de majesté ou d'altesse, le roi, la famille royale, les princes et princesses du sang étaient désignés par une déclinaison de prédicatsContrat de mariage du duc de Bourbon en 1770 : Actes importants de l'histoire de France et autographes des hommes célèbres, 612-613, lire en ligne. Très haut, très puissant et très excellent prince(sse), pour le roi et la reine. Très haut, très puissant et excellent prince(sse), pour le dauphin et la dauphine. Très haut et très puissant prince(sse), pour les fils et filles de France. Très haut et puissant prince(sse), pour les petits-fils et petites-filles de France, ainsi que pour les princes et princesses du sang. Ces prédicats furent conservés sous la monarchie de Juillet, contrairement aux titres de fils de France, de petit-fils de France et de prince du sang, qui ne furent plus donnés après 1830.
Certains princes du sang et notamment le puîné de la branche des Bourbon-Condé utilisaient préférentiellement leur titre de noblesse plutôt que le titre de prince. Ainsi, le duc d'Enghien était appelé Son Altesse Monsieur le duc d'Enghien et non : Son Altesse Monsieur le prince de Condé. Dans les appellations particulièrement protocolaires ou en présence d'autres princes de la branche des Bourbon-Condé, il pouvait arriver que le puîné utilise le prédicat de : Son Altesse Monsieur le prince de Condé, très rarement de Bourbon-Condé, duc d'EnghienVoir les lettres de Saint-Simon..
Dans l'usage écrit pour les familiers de la famille royale et surtout dans l'usage oral, il n'était pas rare d'utiliser la formule Votre Altesse, mais l'usage était de faire suivre la qualification ou prédicat d'une révérence afin de montrer qu'il ne s'agissait pas d'un manque de respect.
Il était, par contre, strictement interdit de parler d'une altesse royale en tant que Son Altesse, sauf à vouloir montrer à son interlocuteur tout le dédain que ladite altesse inspirait à celui qui l'avait ainsi appelée. .
Les princes non royaux Bien que sous l'ancien régime il n'existât en France quasiment pas de titres de princes inféodés à la Couronne, il pouvait arriver que des princes non régnants étrangers (notamment de Russie ou du Saint-Empire) fussent admis à la Cour. Ils avaient dès lors le droit à la qualification ou prédicat de Son Altesse.
En présence d'une altesse royale (ou d'une altesse sérénissime), nul ne pouvait nommer cette dernière autrement que par Son Altesse Royale ou Sérénissime, de façon à marquer la préséance de la famille royale en territoire français.
Les princes des familles régnantes étrangères admis à la Cour et surtout les altesses royales, conservaient leur qualification ou prédicat, mais pour faire la distinction avec la famille royale, il était ajouté à la fin de l'appellation le nom du royaume d'origine du prince. Ainsi, la sœur d'Henry VIII, Margaret aurait été à la cour de François : Son Altesse Royale la princesse Margaret d'Angleterre et d'Irlande.
Autres titres Il n'existe pas, dans ce cas, de qualification ou prédicat particulière sauf pour les ducs qui sont automatiquement appelés Monsieur le Duc.
Par contre, il existait une appellation usuelle d'Ancien Régime qui était :
Titre + prénom + nom de famille ou de fief. Exemple : Le comte Louis Armand de Terrignac.