Les épreuves d'équitation aux Jeux olympiques de 1900, organisée dans le cadre des Jeux olympiques de 1900 et la des épreuves d'équitation aux Jeux olympiques qui se sont disputé à Paris, en France le . Les épreuves sont organisé sous l’égide du Comité international olympique (CIO).

Les épreuves se déroulant dans le cadre de l'Exposition universelle de 1900, cinq épreuves sportives et de présentation sont prévues au programme. Seules les trois épreuves sportives composées du saut d’obstacles, du saut en hauteur et du saut en longueur sont reconnues officiellement par le Comité international olympique. Huit nations participent aux épreuves équestres mais seulement cinq prennent part aux épreuves sportives.

L’organisation de la manifestation est confiée par l’Exposition à la Société hippique française qui désigne un comité en pour mener à bien le projet. Un terrain situé place de Breteuil est choisi comme site pour les trois jours de concours ayant lieu les journées du , et . La compétition est placée sous la présidence d’un jury international.

Si les épreuves sportives mettent en avant les qualités des officiers et de leur monture, les épreuves de présentation sont l’occasion pour les propriétaires et hommes du monde de montrer la brillance de leurs équipages et de leurs chevaux.

Le bilan du concours s’avère globalement positif. Un manque de visiteurs est déploré mais celui-ci s’explique par le positionnement du site, assez éloigné des bords de Seine où ont lieu le gros des manifestations. La gestion financière de l’événement par la Société hippique française est cependant saluée avec un résultat très satisfaisant.

Contexte vignette|alt= Photographie noir et blanc d'une écuyère blanche, à cheval, en habit de concours|Elvira Guerra, première participante italienne, ancienne Photo Delton 1875|220x220px Le cheval fait son apparition aux jeux de 1900 avec une compétition de polo, considéré par le CIO comme séparé des autres sports équestres, et le concours hippique. Les Jeux de 1900 se déroulent dans le cadre des Concours Internationaux d'Exercices physiques et de Sports associés à l'Exposition universelle de 1900. La présence d'activités équestres lors de ces jeux est légitime par l'importante place que tient le cheval à l'époque. Les courses de chevaux sont une institution, les attelages sont encore omniprésents et la cavalerie est le prestige des militaires. L'équitation est à la fois une discipline populaire et de tradition, héritage d'un passé révolu qui trouve dans le sport une reconversion.

Organisation

Comité d'organisation droite |alt=|vignette | Carrousel militaire lors des Jeux-olympiques de 1900. C'est le comité de la Société hippique française qui est chargé d'organiser l'ensemble des épreuves équestres dans le cadre de l'Exposition. Les travaux d'étude à ce rassemblement débute en où après l'élection des membres du comité, la question du programme des festivités est rapidement abordée. Les premières propositions sont très ambitieuses : une compétition de polo international, un carrousel militaire, une fantasia arabe, une épreuve de cochers et un concours hippique sont tout d'abord évoqués. Au mois de , la tenue de plusieurs disciplines précédemment évoquées est avortée. Le comité se concentre alors sur le polo et le concours hippique. Le concours se présente finalement sous la forme de cinq épreuves : une épreuve de saut d'obstacles, une épreuve de saut en largeur, une épreuve de saut en hauteur, un concours de cheval de selle et un concours d'attelage à quatre. La proposition de programme est soumise le à l'approbation du Commissariat général de l'Exposition pour la somme de francs de dotation. L’Exposition s’engage à financer le concours à hauteur de francs au titre de subvention et de francs de garantie. Cet important soutien place les sports équestres dans les disciplines les mieux financées. Au , le budget prévisionnel du concours hippique est de francs.

Site des compétitions

vignette|gauche|Les tribunes et la piste installées place de Breteuil.|alt=Photo en noir et blanc représentant une carrière en sable entourée de tribunes constituées de grandes tentes; au fond des immeubles apparaissent derrière les tentes; sur la piste des attelages sont arrêtés les uns à côté des autres, des hommes déambulant entre eux. La question du site des épreuves équestres est évoquée dès mai 1899 lors des différentes réunions du comité d'organisation. Le site de l'hippodrome de Vincennes est rapidement écarté par le comité car ne correspondant pas aux critères de fête attendue et de public recherché pour la manifestation qu'il souhaite mettre en place. Une demande est portée pour obtenir l'autorisation d'utiliser la cour de l'École de guerre et une partie de la cour de Fontenoy, mais celle-ci est rejetée par les autorités militaires. La pelouse de Bagatelle est également évoquée mais le site est jugé trop éloigné, ce qui occasionnerait une logistique supplémentaire et une baisse des recettes. Le choix se porte finalement sur un terrain situé place de Breteuil, dont les dimensions correspondent aux conditions du projet.

Calendrier

Les épreuves équestres se sont déroulées sur les trois journées du au , mais avec seulement trois journées de concours les , et .

Équitation aux Jeux olympiques de 1900Mai/Juin29303112Épreuves d’obstacles Prix international de selle Championnat du saut en largeur Attelages à 4 chevaux Championnat du saut en hauteur        Jour de compétition

Participation

Ce sont huit nations qui se sont affrontées lors des épreuves équestres au cours de cette manifestation. Dans son rapport officiel sur le bilan des concours internationaux, Daniel Mérillon regrette le nombre peu élevé de pays participant aux épreuves équestres, affirmant que des primes plus élevées et des indemnités de déplacement calculées en fonction des kilomètres parcourus auraient peut-être permis d'attirer des pays plus éloignés géographiquement. Il constate néanmoins que la répartition entre chevaux français et étrangers a été satisfaisante permettant d’affirmer le caractère international de la compétition.

Engagement aux épreuves équestresDésignation des épreuvesAllemagneAmériqueAutricheBelgiqueEspagneItalieRussieFranceTOTALÉpreuves sportivesÉpreuves d’obstacles 1 11 5 1 27 45 Championnat du saut en largeur 1 3 2 2 9 17 Championnat du saut en hauteur 1 4 5 1 7 18Épreuves non reconnues par le CIO Prix international de selle 1 2 3 45 51 Attelages à 4 chevaux 1 1 1 9 1 2 16 31

Compétition

Le programme se partage entre épreuves sportives, reconnues par le Comité international olympique, et concours de modèles et allures. La compétition est placée sous la présidence d’un jury international.

Épreuves sportives

Saut d'obstacles

L’épreuve de sauts d’obstacles se déroule sur un parcours de composé de 22 obstacles. Les difficultés rencontrées sont un double, un triple, un mur, des barrières et une inédite en compétition. Les obstacles mesurent entre et de hauteur. La rivière a une largeur d’environ .

L’engagement est de par cheval. Le premier prix remporte la somme de francs, le second francs et le troisième francs.

Les gagnants du concours, tous sans faute, ont été départagés au chronomètre. L’épreuve est ainsi remportée par Aimé Haegeman, officier de lanciers belge et également instructeur à l’Ecole de cavalerie d’Ypres. Avec Benton II, cheval bai de 10 ans d’origine irlandaise, il réalise son parcours en 2 min 16 s. La seconde place est également pour la Belgique. Georges van der Poele et son cheval Windsor Squire, un cheval anglais alezan âgé de 9 ans, termine son parcours en 2 min 17 s 3/5. La troisième place est remportée par un Français, Louis de Champsavin, lieutenant instructeur de cavalerie à l’École de Saint-Cyr, et son cheval Terpsichore, une jument baie de 6 ans. Ils réalisent leur parcours en 2 min 26 s. Le sport universel illustré loue le style et la qualité technique du cavalier français dont la monte est jugée supérieure à celle de ses concurrents, même si ces derniers ne déméritent pas.

Médaille Nom Pays Cheval Aimé Haegeman Benton II Georges van der PoeleWindsor Squire Louis de ChampsavinTerpsichore

Saut en hauteur

vignette|Dominique Gardères franchissant lors de l’épreuve de saut en hauteur.|alt=Photo en noir et blanc d'un homme franchissant un obstacle sombre surmonté d'une barre blanche; la position du cavalier est notable car il est très assis dans sa selle, les bras tendus et les rênes longues pour permettre au cheval de sauter. Le saut en hauteur, activité familière à l’époque, clôt les épreuves sportives. C’est l’unique fois dans l’histoire des jeux où des épreuves de saut en largeur et de saut en hauteur ont lieu.

L’engagement est de par cheval. La dotation est composée d’un objet d’art ou d’une somme correspondante : francs pour le premier prix, francs pour le deuxième prix et pour le troisième et le quatrième prix.

Malgré un terrain lourd et glissant, conséquence des fortes pluies qui se sont abattues en première partie de journée, l’épreuve s’est parfaitement déroulée et a offert le spectacle attendu. La compétition s’est avérée très serrée puisque deux concurrents sont parvenus à franchir la barre de , ce qui amène à l’attribution de la première place à deux cavaliers : le français Dominique Maximien Gardères et son cheval Canela mesurant au garrot, et l’italien Giovanni Giorgio Trissino et son cheval Oreste mesurant au garrot. La troisième place est remportée par le belge Georges van der Poele qui franchit avec son cheval Ludlow.

Médaille Nom Pays Cheval Dominique Maximien GardèresCanela ex aequo : Giovanni Giorgio TrissinoOreste Georges van der PoeleLudlow

Saut en longueur

vignette|Constant van Langhendonck remporte l’épreuve de saut en longueur.|alt=Photo en noir et blanc d'un cavalier en uniforme sur son cheval monté en bride présentant son profil droit. Le saut en longueur, appelé aussi saut en largeur, consiste à franchir une rivière sans toucher le ruban rouge déposé de l’autre côté de l’obstacle et à mesurer la longueur du saut.

L’engagement est de par cheval. Les prix sont composés d’un objet d’art ou d’une somme d’argent équivalente : francs pour le premier, francs pour le second et pour le troisième et le quatrième.

Sur les 17 concurrents inscrits, tous sont parvenus à franchir la rivière à mais plusieurs ont été éliminés dès . L’épreuve est remportée par le belge Constant van Langhendonck, officier de guides, qui, avec sa jument de 8 ans Extra Dry, parvient à franchir . Les chevaux classés suivants parviennent, eux, à franchir , et . Les résultats sont jugés modestes par la presse, mais s’expliquent par un terrain lourd ne favorisant pas la battue d’appel.

Médaille Nom Pays Cheval Constant van LanghendonckExtra Dry Giovanni Giorgio TrissinoOreste Jacques de PruneléTolla

Autres disciplines

D'autres disciplines non reconnues à l'origine par le CIO ont été finalement validées en 2021 Podiums des différentes épreuves sur Sports-reference.com. Voir . Elles consistent en deux concours de modèles et allures, l'un pour cheval de selle et l'autre en attelage à quatre. Ces concours sont à l'époque très prisés et sérieusement dotés. Le concours consiste en un défilé de chevaux et de voitures soumis à la notation d'un jury. C'est l'occasion pour les propriétaires de défiler en grande tenue et de faire admirer leurs animaux, pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Chevaux de Selle

vignette|Photos illustrant le concours de chevaux de selle.|alt=Composition de trois photos en noir et blanc : la première photo en haut présente plusieurs cavaliers arrêtés en ligne, en uniforme ou en haut de forme; la photo en bas à gauche représente un cavalier et son cheval à l'arrêt de profil devant un homme en haut de forme prenant des notes; la photo en bas à droite représente un cavalier marchant son cheval au pas les rênes détendues.