Erna Hamburger, née le à Ixelles en Belgique et décédée le à Lausanne en Suisse, est une ingénieure et professeure d'université suisse de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), première femme nommée professeure ordinaire d'une École polytechnique en Suisse.

Biographie Après des études à l'École supérieure des jeunes filles, puis au gymnase de la Cité, section scientifique de maturité, où elle est la seule jeune fille parmi les garçons, Erna Hamburger entre à l'École d'Ingénieurs de l'Université de Lausanne. En 1933, elle obtient le diplôme d'ingénieur électricien — en tant que première de sa volée —. Puis elle devient l'assistante des professeurs Julliard et Favez au Laboratoire d'électricité industrielle, ensuite du professeur Perrier au Laboratoire de physique de la Faculté des sciences, préparant et obtenant en 1937, sous la direction du professeur Ernest Julliard, un doctorat en sciences techniques intitulé Contribution à l'étude des pertes par courants de Foucault dans les bobines cylindriques à une ou plusieurs couches.. Ses capacités professionnelles lui valent d'être engagée à la Section des recherches industrielles de l'Institut de physique technique (AFIF(all.) Abteilung für industrielle Forschung, ETH (Eidgenössische polytechnische Hochschule)) de l'École polytechnique de Zurich. Elle collabore alors au développement de circuits électroniques de haute et de basse fréquenceL'AFIF développait dès 1940 les bases théoriques d'un projecteur dit Eidophor (Voir : Eidophor [en anglais]) sous la direction du Pr F. Fischer (ancêtre de la télévision et vidéoprojection) et dont la concrétisation aura lieu en 1951 : https://dx.doi.org/10.3929/ethz-a-000088945 (en allemand) sous la direction du professeur Fritz Fischer.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Erna Hamburger est incorporée en tant que volontaire dans le Service complémentaire féminin du Département militaire fédéral et sera promue chef de service des troupes de transmissionElle a totalisé plus de 400 jours de service au Service compl. féminin (SCF).

À la suite de ce début de carrière en milieu académique, elle obtient un poste dans l'industrie (1942) et sera, durant une décennie, active en tant qu'ingénieur en électricité chez Paillard SA(Bolex et Hermes Precisa) à Sainte-Croix où elle collabore à des projets industrielségalement avec le professeur Julliard qui était conseiller de Paillard SA : appareils de mesure, récepteurs-radio, enregistreurs optiques, dispositifs pour télévision. En 1952, elle est appelée à occuper un poste à L'EPULL'École polytechnique de l'Université de Lausanne (EPUL) devient en 1969 une institution fédérale et prend le nom d'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en tant que chef des travaux au Laboratoire d'électricité de l'École d'ingénieursRue de la Barre, Lausanne et devient en 1957 professeur extraordinaire d'électrométrie et d'électrotechnique ; elle a alors la charge du Laboratoire d'électrométrie et de machines électriques. Par la suite, elle participe à la réalisation du nouvel Institut d'électrotechnique situé aux CèdresEPUL est alors à la Campagne des Cèdres, avenue de Cour à Lausanne, contribuant - avec cette expertise d'une ingénieur issue de l'industrie - à l'acquisition de machines et d'installations électriques dans le domaine de la radiotechnique et de la haute fréquence, préparant ainsi avec ses collègues la création du Département d'électricité de la future École polytechnique fédérale.

En 1967, ses capacités académiques et pédagogiques lui valent d'être nommée professeur ordinaire au sein de l'EPFL. Une affectation saluée par le professeur Maurice Cosandey, alors président de l'École : Promotion des carrières féminines à laquelle Erna Hamburger s'engage dès le début de sa carrière scientifique et professorale. Telle une valeur de base, elle aura à cœur de s'investir avec discrétion et efficience dans ce qui était encore un idéal, celui de plus d'égalité des chances entre hommes et femmesVoir ci-dessous sous : Promotion de la femme.

Sa personnalité chaleureuse, sensible et forte, qui privilégiait l'action, savait faire preuve d'un sens aigu du raisonnement scientifique dans son domaine d'investigation, tout en ne perdant jamais de vue l'ensemble. . Elle savait soumettre la théorie au crible de l'expérience en se confrontant au défi du réel des résultats, des valeurs pratiques qui l'ont portée, au cours de sa carrière, à s'investir particulièrement dans l'électrométrie.

1979 marque pour Erna Hamburger le début d'une retraite active: elle est alors nommée présidente de l'Association des professeurs de l'EPUL et renforce son activité particulièrement dans des travaux de commissions internationales, dont avant tout la Commission électrotechnique internationale (CEI) et l'Organisation internationale de normalisation (ISO), lesquelles se rapportent au domaine des Normes électriques fondamentales ainsi qu'à la terminologie de l'électrotechnique. Ce sont alors particulièrement ses capacités linguistiquesErna Hamburger parlait indifféremment français, allemand, anglais. qui lui permettent de déjouer les contradictions inhérentes à la traduction de la terminologie ; par exemple, celle . Son nom reste également attaché à une nouvelle édition du Vocabulaire électronique international (VEI)In : Creating the International Electrotechnical Vocabulary, Paul Tunbridge, Geneva, 1983 (article en anglais) : http://www.reference-global.com/doi/abs/10.1515/mult.1983.2.1.35 dont elle a été . Elle s'investit également dans la formation des étudiants, ayant à cœur de transmettre ses valeurs d'alliance entre l'humain, la technique et l'environnement et s'aventure avec succès dans différentes associations professionnelles et sportives, parfois en tant que présidenteInstitut suisse de recherches ménagères, Fondation du Technorama (Musée technique suisse de Winterthour, appelé aussi Swiss Science Center). Aussi membre d'honneur de l'Association suisse des électriciens, de la Ligue suisse de hockey sur terre..

Avec beaucoup de compassion, d'empathie et de générosité , elle a apporté maintes fois dans sa vie son soutien à l'accession et à la promotion professionnelle de personnes d'âges différents, engageant ses compétences au service de leur autonomie et de leur réalisation ; parmi elles, des jeunes filles et des jeunes gens en difficulté matérielle, en détresse morale, des étudiants, des collègues, mais aussi des exilés. L'efficacité et la discrétion étaient là aussi ses meilleurs alliés .

Erna Hambuger a vécu l'essentiel de sa vie en Suisse dans une demeure appelée « Le Noyer » et qui était autrefois celle de ses parentsMaison d'inspiration corbuséenne à toit plat et de composition géométrique, édifiée au printemps 1932 par l'architecte lausannois Jacques Favarger (1889-1967) - au grand dam du voisinage - au chemin du Levant 93. Un catalogue détaille notamment cette intéressante villa : Martine Jaquet, chargée de cours EPFL, Jacques Favarger, architecte 1889-1967, Lausanne, EPFL, 1997, , une maison située au chemin du Levant à Lausanne dans laquelle elle accueillait ses nombreux amis des cinq continents.

L'Université de Lausanne (UNIL) lui a rendu honneur en 2003 en attribuant, à la suite d'une votation interne, le nom d'Erna Hamburger à son plus grand auditoireSite de Dorigny, quartier Sorge, salle située dans bâtiment Amphimax, Auditoire n° 350 Erna Hamburger, espace polyvalent d'une capacité de 1000 personnes et qui peut être partagé en deux salles autonomes, respectivement de 600 et 400 placesService des salles de l'Université de Lausanne, 2009.

Promotion des femmes Tout en sachant tenir compte du relativisme culturel de son époque, Erna Hamburger souhaitait que les femmes puissent progressivement accéder partout dans le monde à des études supérieures et à des choix professionnels équivalents à ceux des hommes, sans discrimination de genre à compétence égale. Pendant de nombreuses années, elle a œuvré dans ce sens pour différents mouvements de femmes. C'est ainsi qu'elle a présidé l'Association vaudoise des femmes diplômées des universitésAssociation Suisse des Femmes Diplômées des Universités, Historique, Rétrospective : Quelques femmes qui ont particulièrement marqué l’AVFDU : http://www.unifemmes.ch/vd/portrait.htm, elle-même affiliée à la Fédération internationale des femmes diplômées des universités (FIFDU / IFUWSite de la FIFDU / IFUW : http://www.ifuw.org/index.shtml (en anglais))et dans laquelle elle exerçait différentes charges et l'Association suisse des femmes de carrières libérales et commerciales et en premier lieu le Club de Lausanne de cette associationDans laquelle elle était active en particulier à l'élaboration de programmes de reconversion ou réinsertion avec bourses d'études pour femmes de plus de quarante ans., affiliés à la Fédération internationale de femmes professionnelles et d’affaires (BWPSite BWP : http://www.bpw-international.org/)Dans laquelle elle a exercé différentes charges, mouvements de femmes qui portent l'empreinte du féminisme libéral. Il reste à souligner l'aspect éclairé, modéré et aisé de ses aspirations féministes, issues en partie de la résonance et de l'appel qu'éveillait en elle la Déclaration universelle des droits humains dont elle était contemporaineÀ ce propos, elle portait en haute estime l’anthologie publiée sous la direction de Jeanne Hersch et intitulée Le droit d'être un Homme, Unesco, Paris, 1968.

Fondation La Fondation Erna Hamburger. apporte une aide matérielle, directe ou indirecte à des femmes universitaires ou sorties d'une autre formation supérieure de niveau analogue, faisant des études postgrades dans le canton de Vaud. Elle a été fondée en 1989 et est actuellement présidée par la Professeure Solange Ghernaouti.

Prix La Fondation EPFL-WISH (Women in Science and Humanities Foundation), constituée sur l'initiative des femmes-professeurs de l'EPFL, a pour but de favoriser la recherche et la promotion des femmes de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Parmi d'autres actions, la Fondation décerne chaque année le Prix Erna Hamburger couronnant une carrière féminine exemplaire dans les sciences.

Lauréates 2006 : Julia Higgins, chimiste et physicienne britannique spécialiste de science des polymères 2007 : Christiane Nüsslein-Volhard, généticienne spécialiste du développement 2008 : Frances Allen, informaticienne américaine 2009 : Kazuyo Sejima, architecte qui a entre autres conçu le Musée d’art contemporain de Kanazawa, le nouveau Musée d’art contemporain de New York et le Rolex Learning Center de l’EPFL. 2010 : Lisa Randall, physicienne des particules et une cosmologiste américaine 2011 : Ada Yonath, biologiste moléculaire israélienne 2012 : Felicitas Pauss, professeure en physique des particules à l'ETHZ 2013 : Julia King, ingénieure et membre britannique de la Chambre des lords, présidente de Carbon Trust qui vise à réduire leurs émissions de carbone et à utiliser plus efficacement les ressources 2014 : Esther Duflo, économiste française, professeure au MIT 2015 : Jill Farrant, professeure de biologie moléculaire et biologie cellulaire à l'Université du Cap, en Afrique du Sud 2016 : May-Britt Moser, neuroscientifique norvégienne 2017 : Mary O'Kane, scientifique australienne 2018 : Jennifer Widom, doyenne de la Stanford School of Engineering et pionnière des MOOCs 2019 : Antje Boetius, biologiste marine allemande 2020 : Michal Lipson, physicienne américaine 2021 : Sarah Gilbert, vacinologue britannique 2022 : Anne Lacaton, architecte française 2023 : Michelle Simmons, physicienne quantique australienne

Bibliographie

Archives

Notes et références

Liens externes

L'auditoire Erna Hamburger, hommage à une pionnière - UNIL Uniscope Site officiel du Canton de Vaud (Égalité entre les femmes et les hommes: Erna Hamburger, pionnière)

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