Le secteur de l'énergie aux États-Unis est marqué par la prépondérance des combustibles fossiles (82,7 % de la production d'énergie primaire et 80,8 % de la consommation d'énergie primaire en 2024) : gaz naturel (36,5 % de la production et 36,0 % de la consommation), pétrole (35,9 % et 36,0 %), charbon (10,4 % et 8,8 %). Le nucléaire assure 8,8 % de la production, couvrant 9,8 % de la consommation ; les énergies renouvelables fournissent 8,5 % de la production, couvrant 9,4 % de la consommation.

La puissance de ce secteur est mise en évidence par les classements internationaux : les États-Unis sont en 2024 au mondial pour la production de pétrole (18,9 % du total mondial), devant la Russie (11,6 %) et l'Arabie saoudite (11,2 %) ; au mondial pour la production de gaz naturel (25,0 % du total mondial), de produits pétroliers (19,6 %), d'électricité à partir de gaz naturel (28,6 %), au mondial derrière la Chine pour la production totale d'électricité (14,8 %), au mondial en 2024 pour la production de charbon (5,8 %).

La consommation d'énergie primaire par habitant des États-Unis est très élevée : 3,4 fois la moyenne mondiale et 2,3 fois la moyenne de l'Union européenne en 2024.

La part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie était de 21,4 % en 2023.

Les États-Unis disposent de vastes ressources : leurs réserves de pétrole se classaient en 2022 au mondial, celles de gaz naturel au mondial et celles de charbon au mondial (28 % des réserves mondiales), mais malgré cela ils sont restés globalement importateurs nets d'énergie de 1953 à 2018 avant de devenir exportateur net à partir de 2019 (solde exportateur en 2022 : 6,1 %) ; leur taux de dépendance a culminé à 30,1 % en 2005, puis a rapidement reculé grâce à la baisse de consommation produite par les délocalisations et la crise de 2008 et à la remontée des productions de pétrole et de gaz naturel rendue possible par les techniques de forage horizontal et de fracturation hydraulique. En 2017, le solde des échanges de gaz est pour la première fois redevenu exportateur et en 2024, les États-Unis sont parvenus au mondial des exportateurs de gaz naturel derrière la Russie et le Qatar ; pour le charbon, le solde reste exportateur (24,4 % de la production), au mondial ; la production de pétrole brut des États-Unis couvre 106 % de leur consommation en 2024, et en prenant en compte les produits pétroliers le pays a un solde exportateur net.

Non signataire du Protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique, les États-Unis sont le second pays émetteur de gaz à effet de serre liés à l'énergie (12,7 % des émissions mondiales) en 2024 après la Chine (30,6 %). Leurs émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie n'ont baissé que de 0,5 % depuis 1990. Leurs émissions de liées à l'énergie par habitant en 2024 sont équivalentes à trois fois la moyenne mondiale et 1,61 fois celles de la Chine. En 2015, le pays s'est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28 % en 2025 par rapport à 2005, mais en 2017 le président Donald Trump a retiré le pays de l'accord de Paris sur le climat, puis Joe Biden a repris la politique de lutte contre le réchauffement climatique avant que l'administration Trump 2 l'interrompe à nouveau. Des programmes de réduction des gaz à effet de serre ont été mis en place au niveau municipal ou des États fédérés, tels que le Regional Greenhouse Gas Initiative.

Vue d'ensemble

{| class="wikitable centre" ! colspan="7" align="center" style="background-color: #cfb;" | Principaux indicateurs de l'énergie aux États-Unis |- bgcolor="#cfb" align="center" | | Population | Consom.énergieprimaire | Production | Importationnette Energy Statistics Data Browser - Net energy imports, United States, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. | Consommationélectricité Energy Statistics Data Browser - Electricity consumption, United States, 1990-2024, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. | Émissionsde GES*tab.GHG Energy |- style="background-color: #cfb;" align="center" | Année | Millions | PJ | PJ | PJ | TWh | Mt éq |- align="right" | align="left" | 1990 || 249,6 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2000 || 282,2 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2010 || 309,4 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2011 || 311,8 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2012 || 314,3 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2013 || 316,7 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2014 || 319,3 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2015 || 321,8 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2016 || 324,4 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2017 || 326,6 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2018 || 328,5 || || || || || |- align="right" | align="left" | 2019 || 330,2 || || || -833 || || |- align="right" | align="left" | 2020 || 331,6 || || || - || || |- align="right" | align="left" | 2021 || 332,1 || || || - || || |- align="right" | align="left" | 2022 || 334,0 || || || - || || |- align="right" | align="left" | 2023 || 336,8 || || || - || || |- align="right" | align="left" | 2024 || 340,1 || || || - || || |- align="right" | align="left" | variation1990-2024 || +36,3 % || +13,0 % || +46,2 % || ns || +48,5 % || -2,1 % |- ! colspan="7" |* émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie.

Comparaisons internationales Les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie et celles de l'Energy Institute classent les États-Unis aux tout premiers rangs pour la plupart des indicateurs du domaine de l'énergie:

+ Place des États-Unis dans les classements mondiaux Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentaires Pétrole brutProduction22 2024 858 Mt 18,9 % : Russie (11,6 %), : Arabie saoudite (11,2 %)Importation nette33 2024 130,7 Mt 6,1 % : Chine (, 25,6 %), : Inde (, 11,1 %) Produits pétroliersCapacité de raffinage31 2024 18,42 Mbl/j 17,6 % : Chine (17,7 %), : Russie (6,5 %), : Inde (4,9 %)Production32 2024 16,22 Mbl/j 19,6 % : Chine (, 17,6 %), : Russie (6,6 %), : Inde (6,4 %)Exportation nette 2024 195 Mt 15,5 % : Russie (, 8,2 %), : Émirats arabes unis (, 5,1 %)Gaz naturelProduction37 2024 Gm 25,0 % : Russie (15,3 %), : Iran (6,4 %), : Chine (6,0 %)Exportation nette424445 2024 118,1 Gm 13,3 % : Russie (, 16,6 %), : Qatar (, 14,2 %) CharbonRéserves (hors lignite) 2023 218,0 Gt 28 % : Chine (18,8 %), : Inde (15,7 %)Production48 2024 10,61 EJ 5,8 % : Chine ( ; 51,8 %), : Inde (9,9 %), : Indonésie (9,3 %), : Australie (6,5 %)Exportation nette50 2024 2,59 EJ 7,2 % : Indonésie () ; 29,8 %), : Australie (25,2 %), : Russie (13,4 %)ÉlectricitéProduction53 2024 TWh 14,8 % : Chine (, 32,4 %), : Inde (, 6,5 %) Prod.élec.par source*54Charbon/lignite 2024 712,4 TWh 6,7 % : Chine (, 54,9 %), : Inde (14,3 %)Gaz naturel 2024 TWh 28,6 % : Russie (7,8 %), : Iran (4,9 %), : Chine (4,6 %), : Japon (4,6 %)Renouvelables hors hydro 2024 830 TWh 15,3 % : Chine (, 37,8 %), : Allemagne (4,8 %), : Inde (4,4 %), : Brésil (4,4 %)* production d'électricité par source d'énergie

Histoire lang=fr|vignette|center|upright=2|Historique de la consommation d'énergie primaire des États-Unis 1776-2015source : U.S. DOE Energy Information Administration.

Le graphique ci-dessus Energy sources have changed throughout the history of the United States, Energy Information Administration, 3 juillet 2013. met en évidence la succession des énergies dominantes aux États-Unis :

L'âge du bois thumb|upright=1.2|Le moulin Anderson (Texas) construit dans les années 1850 pour moudre le maïs et égrener le coton (reproduction réalisée en 1965 lorsque l'original fut noyé par le réservoir de Lake Travis).

Depuis sa fondation jusqu'au milieu du , les États-Unis étaient un pays largement agricole avec d'abondantes forêts. Pendant cette période, la consommation d'énergie se concentrait pour l'essentiel sur le bois pour les applications thermiques (chauffage, vapeur…) et sur la traction animale pour les transports et l'agriculture (labourage) ; l'énergie éolienne était utilisée sous forme de moulin à vent et l'énergie hydraulique sous forme de moulin à eau.

L'âge du charbon (1885-1948)

L'industrialisation rapide de l'économie, l'urbanisation et le développement des chemins de fer conduisirent à un usage croissant de charbon, qui vers 1885 dépassa le bois comme principale source d'énergie primaire.

Les conditions de travail alors très dures dans les mines causèrent de nombreuses grèves, en particulier la grève des mineurs de charbon de 1894 (Bituminous Coal Miners' Strike), lancée par le syndicat United Mine Workers (UMW) à peine trois ans après sa fondation, qui mobilisa mineurs et stoppa la production de charbon des Appalaches au Colorado pendant huit semaines Gigantic Miners' Strike Ordered - Over 200,000 Men in Eleven States May Quit Work April 21, archives du New York Times du 12 avril 1894. et des émeutes nommées « guerres du charbon » (coal wars) de 1890 à 1930, en particulier dans les Appalaches, mais aussi au Colorado : la « guerre de Coal Creek » déclenchée en 1891 par la décision des propriétaires de mines de charbon de la vallée de Coal Creek dans le comté d'Anderson (Tennessee), de remplacer les mineurs par des bagnards ; les mineurs prirent les armes et, pendant plus d'un an, attaquèrent et incendièrent prisons et bâtiments des compagnies, libérant des centaines de prisonniers ; ces émeutes firent des dizaines de victimes parmi les mineurs et les soldats, .. Le massacre de Lattimer, mine de charbon près de Hazleton en Pennsylvanie, eut lieu le : un groupe de supplétifs enrôlés par le shérif du comté de Luzerne ouvrit le feu sur un cortège de 150 mineurs grévistes, en tuant 19 et en blessant plusieurs dizaines ; les victimes étaient des immigrés récents d'Europe centrale : Polonais, Slovaques, Lituaniens et Allemands Anderson, John W. Transitions: From Eastern Europe to Anthracite Community to College Classroom. Bloomington, Ind.: iUniverse, 2005. .. . ; en 1914, au cours d'une autre grève de l'UMW à Ludlow dans le Colorado contre la Colorado Fuel and Iron de la famille Rockefeller, entre 19 et 25 personnes, dont 2 femmes et 11 enfants, furent massacrés le par les gardes de la compagnie ; en représailles, les mineurs prirent les armes et attaquèrent des dizaines de mines de la région ; en 10 jours, cette « guerre » fit entre 69 et 199 morts selon les estimations ; Thomas G. Andrews la décrit comme la « grève la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis » Andrews, Thomas G., Killing for Coal: America's Deadliest Labor War (Harvard UP, 2008).

Le charbon resta dominant sur les sept décennies suivantes, puis vers 1950, il fut surpassé à son tour par le pétrole, puis dans les années 1960 également par le gaz naturel, mais sa consommation continua à croître jusqu'à un premier pic lors du premier choc pétrolier ; après une quinzaine d'années de recul, il recommença à croître à la fin des années 1980, jusqu'à 2010.

Dans les années 2010, il est en net recul, et de nombreux producteurs sont en difficultés économiques..

L'âge du pétrole (et du gaz naturel)

Le , George Bissell et Edwin Drake utilisent pour la première fois avec succès une machine de forage sur un puits creusé spécialement pour la production de pétrole, à Oil Creek près de Titusville (Pennsylvanie). Ce fut une date marquante dans l'expansion de la prospection pétrolière sur tout le territoire américain. Le , le capitaine Anthony Francis Lucas, qui avait creusé un puits de prospection à Spindletop Hill, au sud de Beaumont (Texas), voit un énorme geyser jaillir de son puits, projetant de tuyaux par-dessus le derrick. Cet événement déclenche une frénésie de forages.