Le M1 Abrams est un char de combat américain de deuxième générationLe M60 représentant la première génération de chars de combat américains., numéroté M1. Ce char a été nommé en mémoire du général Creighton Williams Abrams. Première version de la série de char Abrams, le M1 est retiré du service actif de l'US Army en 1996. tandis que les IPM1 déployés en Corée du Sud sont relégués à la garde nationale. À partir du mois d', le M1 est progressivement remplacé par le M1A1.
Historique Genèse vignette|gauche|Le prototype du XM1 de chez General Motors. En , une équipe de travail fut constituée, à Fort Knox, pour concevoir le nouveau char de combat MBT (en , char de combat principal). Les objectifs fixés pour ce nouveau char étaient, entre autres et par ordre d'importance, la sécurité de l'équipage, la possibilité de coup au but dès le premier tir, la rapidité pour acquérir et frapper l'objectif, la mobilité tout-terrain, l'intégration d'un armement secondaire, la sécurité du matériel, le potentiel de développements ultérieurs et la facilité de transport. L'armée des États-Unis demanda des prototypes à General Motors et à Chrysler. Cette compétition devait permettre d'obtenir les meilleures solutions pour des coûts moindres. Le nouveau char de combat fut initialement nommé XM815. En eut lieu la guerre du Kippour au Proche-Orient. Il fut alors indispensable d'inclure dans le projet XM815 toutes les leçons tirées de ce conflit. Une des nouveautés majeures dans cette guerre fut le large usage fait de missiles antichars AT-3 et de lance-roquettes antichars RPG-7 d'origine soviétique. Cependant, l'enseignement le plus important tiré de cette guerre est que le char de combat restait l'arme dominante sur le champ de bataille. On relança le projet du nouveau char américain, rebaptisé XM-1.
vignette|gauche|Un des douze XM1 FSED de préproduction, en essais à Fort Knox, le 12 janvier 1979. General Motors et Chrysler continuèrent à travailler sur leur prototype, y incorporant le blindage Burlington. Les premiers exemplaires pour la phase de validation apparurent entre janvier et . Finalement, le , Chrysler fut déclaré titulaire pour le développement du projet. Les premiers prototypes (XM-1) roulèrent en et la production en petite quantité du XM-1 débuta le .
Production en grande série et entrée en service Le premier char de série fut livré le à . En , sa production à grande échelle fut acceptée et on lui attribua l'appellation 105mm Gun Tank M1 Abrams (en français : char de combat M1 Abrams à canon de ) en honneur du chef de bataillon de la blindée durant la Seconde Guerre mondiale puis chef d'état-major de l'US Army en 1972, Creighton Abrams, un des fervents partisans du projet XM-1. En 1982, le Detroit Tank Arsenal entama également la production de ce char. À partir de 1985, il commença ensuite à être remplacé par le M1A1 sur les chaînes de montage du Detroit Arsenal (Warren, Michigan) et du Lima Arsenal Tank Plant où il sortait à raison de 60 chars par mois et par usine au plus fort de la production. Entre 1986 et 1990, furent produits annuellement pour l'United States Army et, entre 1991 et 1992, il fut produit pour le Corps des Marines.
Guerre du Golfe Son baptême du feu ainsi que celui du M1A1 eût lieu en 1991 lors de la guerre du Golfe, où ils se sont très bien comporté face à une force mécanisée conventionnelle, en ne subissant que dix-huit incidents de combat signalés dans l'opération Tempête du désert, neuf d'entre eux sont des pertes permanentes (dues à des tirs amis). Les dégâts sur les neuf autres Abrams M1 sont principalement dus à des mines, et réparables au niveau de la maintenance organisationnelle....
Il est remplacé dans les unités d'active par les M1A1 Abrams puis le M1A2 Abrams.
Caractéristiques techniques Armement Principal Le M1 ainsi que le IPM1 étaient armés d'un canon M68A1 de . Le M68A1 se différencie visuellement du M68E1 armant le char M60A3 par son miroir de volée monté à son extrémité, il permet le simbleautage avec le viseur du tireur. Le tube du canon est recouvert d'un manchon anti-arcure en aluminium.
Conçu à la fin des années 1970, le M68A1 fut conçu avec une culasse renforcée dans l'optique de tirer, dans le futur, des munitions flèches utilisant des poudres très énergétiques comme l'obus-flèche M900A1 qui entrera en dotation en 1990.
Un total de de étaient embarqués à bord du char dont 44 en tourelle (22 prêts à l'emploi), dans deux soutes à munitions blindées. L'accès à ces soutes se fait au moyen de deux portes coulissantes blindées à ouverture commandée. En cas d'incendie, la déflagration est évacuée grâce à l'éjection de trois panneaux anti-explosion situés dans le toit, au-dessus des soutes.
La caisse abrite une troisième soute à munitions, d'une capacité de huit obus, située le long du compartiment moteur. Elle possède également une porte coulissante blindée et deux panneaux anti-explosion.
Enfin, trois obus sont placés sur le plancher rotatif de la tourelle, aux pieds du chargeur, dans des étuis pare-éclats.
La gamme de munitions de employées par les M1 et IPM1 durant leur service dans les forces armées des États-Unis comportait :
M774 APFSDS-T : entré en dotation en 1980, le M774 est le premier obus-flèche américain à intégrer un barreau en uranium appauvri d'une masse de (). Sa vitesse initiale est de . M833 APFSDS-T : entré en dotation en 1983, le M833 présente un barreau en uranium appauvri plus lourd () et rallongé par rapport au M774. Sa nouvelle ceinture dérapante limite mieux l'effet de rotation transmis à la flèche en vol. Sa vitesse initiale est de . M900A1 APFSDS-T : représentant la quatrième génération d'obus-flèche américain de , il possède un pénétrateur en uranium appauvri d'une masse de à grand allongement (ratio de 30:1). Sa vitesse initiale est de . M456A2 HEAT-T : un obus à charge creuse capable de percer une plaque de blindage de d'épaisseur sous une incidence de 60° à . La variante A2 possède une fusée avec un contact d'ogive optimisé. M416 WP-T : un obus fumigène au phosphore blanc.
Secondaire L'armement secondaire est constitué de deux mitrailleuses M240 de , la première est installée sur le toit de la tourelle et montée sur un rail circulaire qui entoure la trappe du chargeur. La deuxième est montée coaxialement à l'armement principal, à droite du canon. Un total de de sont embarquées à bord.
Une mitrailleuse lourde M2HB de est montée sur le toureleau CWS (Commander's Weapon Station) du chef de char, elle est opérée sous blindage par le chef de char par l'intermédiaire d'un viseur périscopique monoculaire. Le toureleau CWS pivote sur 360° grâce à une motorisation électrique, l'élévation de la mitrailleuse se fait manuellement à l'aide d'un petit volant de pointage permettant un débattement en site de -10° à +65°. de sont emportées à bord.
Conduite de tir et moyens d'observation Pour la visée de jour, le tireur dispose du (GPS, littéralement « Viseur Principal du Tireur »). Conçu par Hughes, ce viseur jour/nuit périscopique possède un grossissement en voie jour de ×3 en grand champ et un de ×10 en petit champ. La visée de nuit s'effectue du (TIS) qui fonctionne sur base de l'imageur thermique AN/VSG-X, le TIS offre un grossissement ×3 et ×10 en fonction zoom. Le GPS inclut un télémètre fonctionnant avec un laser Nd-YAG fonctionnant sur une longueur d'onde . Ce télémètre est relié à un ordinateur balistique. Ces deux viseurs sont montés côte à côte dans une niche blindée donnant sur le toit, à l'avant à droite de la tourelle. Si le viseur principal est endommagé, le tireur peut toujours compter sur un viseur télescopique d'urgence Kollmorgen possédant un grossissement de ×8. Ce viseur de secours possède plusieurs réticules interchangeables en fonction du type de munition.
La conduite de tir automatisée comprend un calculateur balistique numérique relié à un télémètre laser, à un capteur de dévers monté sur une rampe à pendule statique, à un miroir de volée placé au bout du canon et une sonde anémométrique, qui comprend aussi des capteurs mesurant la température et la pression atmosphériques. La stabilisation du canon est assurée sur les deux plans par un système hydroélectrique, la marge d'erreur est comprise entre 0,15 et pour la stabilisation verticale, et de 0,3 à sur le plan azimutal. Au début des années 1980, l'Abrams était capable, avec son canon de , de porter un coup au but au premier tir, sur une cible distante de tout en se déplaçant à une vitesse de sur un terrain accidenté..
Protection M1 La caisse et la tourelle du Abrams sont réalisées par un assemblage de plaques de blindage mécano-soudées en alliage d'acier HY-120 ayant une dureté de 350 HB. Le masque du canon, la partie avant de la tourelle, ses flancs ainsi que l'avant de la caisse renferment des caissons abritant un blindage composite dénommé ..
Des pré-blindages latéraux protègent les flancs de la caisse sur une partie de sa longueur, ils sont au nombre de deux sur le côté gauche et de quatre sur le côté droit (afin de protéger la soute à munitions située entre le compartiment de combat et le compartiment moteur). Chaque élément fait d'épaisseur et renferme une succession de couches métalliques séparées par un matériau composite de la firme Corning.. Le reste du train de roulement est protégé par de fines jupes en acier (trois à droite et cinq à gauche), plus légères, ayant spécifiquement comme but de faire détoner prématurément les projectiles à charge creuse afin de limiter leur efficacité.
Le tout premier modèle du Abrams, le M1 intègre un blindage composite surnommé BRL-1 (). Il est constitué d'une succession de plaques accélérées par choc (PAC) agencées à la manière de persiennes à claire-voie. Cet assemblage maintenu par des éléments cylindriques, est fixé à des poutrelles en I soudées sur la base de la tourelle. L'ensemble est recouvert d'une carapace en acier haute dureté formant l'extérieur de la tourelle et de l'avant de la caisse.
Les modules de blindage composite protégeant les flancs des deux soutes à munitions de la tourelle renferment également des plaques d'arrêt en fond de caisson afin de stopper les éléments des projectiles qui n'auraient pas été cisaillés par les plaques accélérées par le choc.
Le niveau de protection exigé lors du développement du char stipulait que l'avant du char M1 devait résister, dans un secteur frontal de 25° à droite et à gauche de l'axe du canon, à des obus-flèche de à noyau en tungstène tirés à une distance ainsi que des missiles antichars à charge creuse d'un calibre de . Le compartiment de combat devait être à l'épreuve des projectiles antichars à charge creuse de frappant le char avec une incidence de 45° et de 90° pour la nuque de la tourelle. Les parties du char non-protégées par le blindage composite telles que l'arrière de la caisse, de la tourelle ou encore le toit résistaient aux obus perforants de ..
Afin de simuler ces menaces contre le blindage du prototype XM1, le Ballistic Research Laboratory conçut spécifiquement des charges creuses de et capables de percer, respectivement, et d'acier à blindage, sous une incidence de 60°. Les performances de l'obus-flèche soviétique de étant simulées par l'obus-flèche XM579E4 tiré par le canon XM150E6 de du prototype de char XM803. Cette munition était capable de perforer, à la vitesse d'impact de , d'acier à blindage sous une incidence de 60°.
Deux batteries M250 contenant six lance-pots fumigènes chacune sont montées de chaque côté de la tourelle..
IPM1 L'IPM1 () et le M1A1 (introduits respectivement en et ) possèdent un blindage composite amélioré appelé BRL-2. Leurs tourelles sont rallongées sur l'avant de afin de pouvoir contenir un blindage composite plus volumineux. Le masque du canon est également renforcéGeneral Dynamics Corporation. (8 février 1985). M1/IPM1/M1A1 COMPARISON. Warren, Michigan : J. J. McCuen..
Mobilité Turbomoteur