Le lycée Geoffroy-Saint-Hilaire est un établissement français d'enseignement secondaire et supérieur situé sur le plateau de Guinette, à Étampes, dans le sud du département de l'Essonne. Héritier de l'ancien collège d'Étampes, dont l'histoire commence à la Renaissance, unique lycée public polyvalent de la ville principale d'un territoire resté largement rural, il rassemble les élèves d'environ 125 communes du sud de l'Île-de-France.
Géographie thumb|upright=0.8|Aire de polarisation principale du lycée dans l'Essonne (données INSEE 1998). L'inventaire communal 1998 de l'INSEE chiffre le « pouvoir attractif » du lycée, mesuré par le rapport entre la somme des populations des communes attirées et celle d'Étampes, à près de 250 % ; tandis que son « rayon d'attraction », soit la moyenne des distances parcourues pour le rejoindre, approche des INSEE, Inventaire communal 1998, résultat pour Étampes : « Enseignement, santé, sports et loisirs » sur le site de cet institut..
L'« aire de polarisation principale » de l'établissement, établie à partir de la même enquête, couvre en Essonne l'intégralité des cantons d'Étampes, de Méréville et de Milly-la-Forêt, la presque totalité du canton d'Étréchy et une partie de celui de La Ferté-Alais ; soit près de soixante communesIAU Île-de-France, Bassins de vie et déplacements, juillet 2008, p. 71 : « L’aire de polarisation principale d’un lycée général ou polyvalent en 1998 », en ligne sur le site de cet institut.. Plus largement, les lieux de résidence des élèves du lycée se répartissent sur quelque 125 communes du sud de l'Île-de-France« Notre lycée en quelques chiffres » sur le site des sections technologiques et professionnelles du lycée, consulté le 5 janvier 2012..
Histoire Du collège d'Étampes au lycée thumb|upright=0.8|Façade du collège en 1898 (à droite), face à la tourelle subsistant de son bâtiment précédent (lavis de Narcisse Berchère). Le lycée Geoffroy-Saint-Hilaire partage aujourd'hui avec le collège Guettard l'héritage de l'ancien collège d'Étampes, dont la fondation remonte à la Renaissance, peut-être à 1460« Collège d’Étampes : Les locaux » sur corpusetampois.com.Patrick et Marie-José De Wever, Jean-Louis Duclos, « Le Collège J.-E. Guettard », dans Jean-Étienne Guettard : Un savant du siècle, Lions Club d'Étampes, 1991, p. 14.. Les premières traces d'enseignement public dans cette ville se situent encore plus tôt, au : à cette époque, les chanoines des collégiales Notre-Dame et Sainte-Croix s'en disputent la direction. Mais les cours sont alors ordinairement dispensés au domicile des maîtres. Vers 1514, les Étampois obtiennent du roi l'autorisation d'utiliser pour l'achat ou la construction d'un nouveau bâtiment une partie des fonds alloués à l'entretien des rempartsLéon Guibourgé, Étampes, ville royale, Éditions de la Tour Gile, Péronnas, 1997 ( éd. chez l'auteur, Étampes, 1957), p. 110-120, édition en ligne de Bernard Gineste sur corpusetampois.com., arguant Le collège occupe successivement plusieurs maisons de la rue Saint-Antoine, de l'autre côté de laquelle s'établit une congrégation de Barnabites qui assurent l'éducation des élèves à partir de 1629. Louis XV y entend la messe le .
Après la Révolution française, l'établissement traverse la rue et s'installe dans les murs du couventFrédéric Gatineau, article « Collège » in Étampes en lieux et places, À Travers Champs, Étampes, 2003 , en ligne (texte révisé) sur corpusetampois.com, p. 39. que les religieux ont quitté en 1790 : un décret impérial de 1806 y autorise l'ouverture d'une école secondaire municipale. En 1891, à la demande de l'association des anciens élèves, le collège reçoit du conseil municipal le nom d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire. Il incorpore pendant la Seconde Guerre mondiale l'établissement créé par l'inspecteur primaire Louis Moreau (mort en déportation) et devient ainsi collège classique et moderne« Une petite histoire du collège Jean-Étienne-Guettard » sur clg-guettard-etampes.ac-versailles.fr, 21 septembre 2007..
Dans « 53 jours », roman posthume et inachevé de Georges Perec, le narrateur décrit la grande diversité du recrutement du collège au début des années 1950. Il dresse des élèves un tableau en « sept familles » : , externes ; , demi-pensionnaires ;puis, parmi les internes ;
quinze ou vingt élèves venus d'AOF, qui ;
enfin, le groupe des , qui pour la plupart Georges Perec, « 53 jours », Gallimard, coll. « Folio », 1993 ( éd. POL, 1989), p. 28-30..
L'établissement devient en 1961 un lycée municipal, puis nationalisé et enfin un lycée polyvalent d'État mixte.
Sur le plateau de Guinette thumb|Les bâtiments du lycée sur le plateau de Guinette. De plus en plus à l'étroit dans le centre-ville, le lycée est transféré en 1963 dans de nouveaux bâtiments construits sur le plateau de Guinette. En 1966, ses anciens locaux de la rue Saint-Antoine sont affectés à un collège d'enseignement secondaire mixte, qui prend en 1968 le nom de Jean-Étienne Guettard pour permettre au lycée de conserver sa dénominationFrédéric Gatineau, article « Guettard Jean-Étienne (collège) », op. cit., p. 65..
À Guinette, l'établissement ne cesse de grandir. Dès le début, il absorbe la section commerciale d'un cours complémentaire de jeunes filles créé en 1946, à partir de laquelle est constitué un CET commercial. Un internat mixte de 480 places est ouvertFrédéric Gatineau, article « Geoffroy Saint-Hilaire (lycée) », op. cit., p. 60-61.. En 1971, un CET industriel est crééClément Wingler, « Mandats municipaux de Gabriel Barrière, 1965-1977 », note de synthèse, 2008, sur corpusetampois.com.. En 1975, le lycée se sépare du premier cycle, qui va former le collège de Guinette, et de la section technique industrielle, qui se transforme en LEP et prend le nom de Louis Blériot (en 1985 le LEP devient lycée professionnel). En 1977, le CET commercial donne à son tour naissance à un LEP, mais qui reste intégré à l'établissement. La même année voit la fermeture de l'internat.
En , la visite de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l'Éducation nationale, donne le coup d'envoi de grands travaux de rénovation. Une section d'enseignement industriel long est ouverte en 1986Clément Wingler, « Mandats municipaux de Gérard Lefranc, 1977-1995 », note de synthèse, 2008, sur corpusetampois.com.. L'ancien internat est rénové, jusqu'en 1987, pour accueillir les nouvelles sections technologiques. En 1992, un appel d'offres est lancé pour une autre opération de rénovation et d'extension : les nouveaux bâtiments sont inaugurés en 1994.
En , pour le bicentenaire de la création de l'école secondaire municipale et le soixante-dixième anniversaire de la naissance de Georges Perec, le CDI du lycée devient « espace Georges-Perec »« CDI - Espace Georges-Perec » sur le site du lycée, consulté le 5 janvier 2012..
Dans l'actualité récente thumb|Le short, enjeu et emblème des « journées » de 2009. Le , vers 10 heures, un lycéen de 17 ans, en de BEP, se rend dans une salle de surveillants de l'établissement, dégaine un pistolet à grenaille et tire deux coups de feu, sans faire de blessé. Le jeune homme, qui avait été frappé par d’autres élèves plus tôt dans la matinée, était reparti chez lui pour y chercher l'arme. Son interpellation donne lieu à une échauffourée entre les forces de l'ordre et des lycéens qui tentent de s'y opposer. L'événement est largement repris par la presse nationale« La sécurité dans les établissements scolaires plus que jamais à l'ordre du jour », Étampes-info n° 563, 28 février 2003, p. 2.Nicolas Fertin, « Étampes : Tension au lycée après le geste fou d'un élève », Le Parisien.fr, 27 février 2003.Arnaud Didier, « Pistolet à grenaille au lycée d'Étampes », Libération.fr, 26 février 2003..
Lors de la rentrée 2009, un durcissement des exigences vestimentaires de l'administration (à l'encontre du « court », short ou jupe, et des jeans troués) suscite un mouvement original qui vaut à nouveau à l'établissement une publicité nationaleMaryline Baumard, « Le short de la révolte flotte sur un lycée d'Étampes », Le Monde, 16 septembre 2009. : les jeudi 10 et vendredi , les « journées du short » (dont le nom fait écho à celui du film La Journée de la jupe) voient élèves en short et autres habits courts se présenter en masse devant l'établissementLouise Colcombet, « Une manif lycéenne pour le droit d’étudier en short », Le Parisien.fr, 11 septembre 2009., puis en franchir les grilles devant des surveillants vite débordés. La lycéenne qui avait lancé l'idée de cette forme d'action via un groupe Facebook a été sanctionnée de trois jours d'exclusion pour avoir distribué des tracts à l'intérieur du lycée, pratique explicitement interdite par le règlement intérieur de l'établissement« À Étampes, le short et la minijupe interdits de lycée », Le Parisien.fr, 16 septembre 2009..
Enseignement Organisation À la rentrée 2012, le lycée accueille élèves avec une équipe éducative de 226 personnes, dont 190 enseignants. Depuis 2012, son proviseur est Novelli.
L'enseignement professionnel secondaire dispensé dans l'établissement conduit jusqu'au niveau du BEP (58 élèves) ou du baccalauréat professionnel (281 élèves) dans des filières de services : spécialités sanitaires et sociales (BEP et bac pro) ; gestion, comptabilité et secrétariat-bureautique (bac pro).
À l'issue des classes de seconde générale et technologique (572 élèves), les possibilités d'orientation offertes, pour les années de première (528 élèves) et de terminale (503 élèves), couvrent les séries générales S, ES et L et les séries technologiques STI2D et STG.
Le lycée dispense également un enseignement technique supérieur à 147 étudiants, répartis en trois sections (STS) qui préparent en deux ans aux BTS électrotechnique, assistant de gestion de PME-PMI et informatique de gestion« Fiche de présentation » du lycée sur le site de l'Académie de Versailles, 2011. (options « développeur d'applications » ou « administrateur de réseaux locaux d'entreprise »ONISEP, Après le bac : choisir ses études supérieures (académies de Créteil, Paris, Versailles), janvier 2009 , p. 75.).
Les langues vivantes enseignées dans les classes du secondaire sont, en première ou deuxième langue l'anglais et l'allemand, uniquement en deuxième langue l'espagnol et l'italien et en troisième langue le russe. Dans les formations post-baccalauréat, l'anglais et l'espagnol sont enseignés en première ou deuxième langue et l'allemand en deuxième langue seulement.
Classement du lycée L'académie de Versailles donne les taux de réussite des élèves du lycée aux différents examens auxquels il prépare.
En 2015, le lycée se classe sur 42 au niveau départemental quant à la qualité d'enseignement, et 1203 au niveau national. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet).
+Taux de réussite par examenAnnée200820092010BEP services73,8 %66,7 %80,4 %Bac pro services87,5 %86,5 %81 %Bac général89,4 %90,8 %88,3 %Bac technologique84,3 %84,2 %80,3 %BTS production90,9 %80,0 %82,4 %BTS services51,2 %75,6 %51 %