La deuxième guerre du Congo, également connue sous le nom de grande guerre africaine, première guerre mondiale africaineLe Journal Mediapart, le 10 octobre 2008.Le Quinzième jour du mois / mars 2001. ou encore deuxième guerre de libération nationale, est un conflit armé qui se déroule sur le territoire de la république démocratique du Congo (RDC) de 1998 à 2002, avec une fin formelle le . Cette guerre implique neuf pays africains, et une trentaine de groupes armés, ce qui en fait la plus grande guerre entre États dans l'histoire de l'Afrique contemporaine.
La deuxième guerre du Congo s'inscrit dans un contexte historique marqué par des tensions ethniques et géopolitiques complexes. Elle fait suite à la première guerre du Congo, elle-même déclenchée par le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, qui a entraîné un afflux massif de réfugiés hutus vers l'est du Zaïre, aujourd'hui la RDC. Ces tensions ont été exacerbées par la présence des forces génocidaires dans les camps, qui les ont utilisé comme bases pour organiser des attaques contre le Rwanda et son nouveau gouvernement.
La guerre a également été influencée par des intérêts régionaux et internationaux, avec plusieurs pays africains impliqués directement ou indirectement. Le Rwanda et l'Ouganda, par exemple, ont joué un rôle clé en soutenant divers groupes rebelles dans l'est de la RDC, tandis que d'autres nations comme l'Angola, le Zimbabwe et la Namibie ont soutenu le gouvernement congolais. Ces interventions étaient souvent motivées par des considérations stratégiques et économiques, notamment le contrôle des ressources naturelles abondantes de la RDC, telles que les minerais et les diamants.
Le conflit a engendré de nombreux massacres et violations des droits de l'homme et entraîné, selon les sources, la mort de selon des démographes européensCe nombre résulte de l'étude de démographes de la CEE envoyés au Congo en 2008 pour aider à la préparation des listes électorales . « L'organisation non gouvernementale américaine International Rescue Committee (IRC) avait à l'époque estimé que cette guerre avait fait "quatre millions de morts" au Congo. Si l'ONG précisait qu'il s'agissait principalement de victimes indirectes du conflit, elle ne comparait pas ce nombre avec celui des morts avant la guerre. Le chiffre de "quatre millions" a été repris par Kinshasa et, propagande de guerre oblige, se transforma en "nombre de tués" par l'Ouganda et le Rwanda, souligne La Libre Belgique, qui le compare au million de morts lors du génocide de 1994 au Rwanda (selon Kigali, l'ONU évoquant plutôt ). » à environ de personnes principalement de famine et de maladies selon un rapport de l'International Rescue Committee. Des millions d'autres ont été déplacées de leurs terres ou ont trouvé refuge dans les pays voisins.
Malgré les accords de paix qui ont officiellement mis fin à la guerre en 2003, les tensions et les violences persistent dans l'est de la RDC, où divers groupes armés continuent de se battre pour le contrôle des ressources et du territoire.
Contexte et origines de la guerre
Première guerre du Congo
Le conflit en république démocratique du Congo trouve ses origines dans les suites du génocide des Tutsis au Rwanda de 1994 et des événements au Burundi, qui ont conduit des centaines de milliers de personnes d'origine ethnique Hutu à fuir vers l'est du Zaïre, aujourd’hui la république démocratique du Congo. Parmi les réfugiés se trouve aussi les principaux acteurs du génocide : le gouvernement, les anciennes Forces armées rwandaises (ex-FAR) et les milices interahamwe. Cet afflux de personnes déstabilise la région, déjà marquée par des tensions politico-ethniques... Les Hutus deviennent majoritaires dans le Nord-Kivu, entraînant des conflits entre groupes ethniques. Le gouvernement zaïrois, confronté à une crise majeure, tente d'exploiter la situation pour améliorer son image internationale. Il offre une protection aux anciens responsables et militaires rwandais. Parallèlement, les réfugiés rwandais, ainsi que les forces armées et les milices Hutu, jouissent d'une impunité complète. Fin 1995, des affrontements violents éclatent, ciblant notamment les Tutsis congolais, ce qui provoque l'exode de milliers d'entre eux vers le Rwanda.
En 1996, face aux menaces des forces génocidaires qui utilisent les camps de réfugiés au Zaïre comme bases arrières pour organiser des attaques au Rwanda, et à l'incapacité du gouvernement zaïrois et de la communauté internationale à régler la question de leur présence dans les camps, l'Armée patriotique rwandaise (APR), la branche armée du Front patriotique rwandais (FPR), la rébellion Tutsi de Paul Kagame qui a renversé le régime génocidaire, commence à armer les Banyamulenge de l'est du Zaïre, et lancent des incursions militaires dans la région. Cela marque le début de la première guerre du Congo, où l'APR et l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), une rébellion banyamulenge avec à sa tête Laurent-Désiré Kabila, mais en réalité orchestrée et dirigée par le Rwanda, vont détruire les camps de réfugiés, et massacrer indistinctement des milliers de Hutus. Cette coalition, soutenue par l'Ouganda, le Burundi et l'Angola, renverse en quelques mois le président du Zaïre, Mobutu Sese Seko, tandis que Kabila se proclame président et renomme le pays république démocratique du Congo (RDC).
Raisons du conflit
Deux explications principales, non exclusives l'une de l'autre, sont avancées à pour expliquer la présence militaire rwandaise dans l’est du Zaïre et l’implication du Rwanda dans le conflit aux côtés de l’Ouganda.
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Changement d'alliance Quand Laurent-Désiré Kabila prend le contrôle de la capitale en mai 1997, il doit faire face à de nombreux obstacles pour gouverner le pays qu'il renomma « République démocratique du Congo » (RDC). En coulisse, de nombreux groupes tentaient d'accaparer des parcelles de pouvoir, notamment les débiteurs étrangers, désireux de garder leur influence.
Les tensions entre le nouveau pouvoir et le Rwanda atteignent leur paroxysme le , quand Kabila limoge son chef de cabinet rwandais, James Kabarebe, et le remplace par un Congolais. Il semble que Kabila sentit avoir suffisamment assuré son assise congolaise, pour mettre quelque distance avec les nations qui lui avaient permis d'accéder au pouvoir.
Deux semaines plus tard, Kabila abandonna ces démarches diplomatiques. Il remercia le Rwanda pour son aide, et demanda le retrait du pays des forces militaires rwandaises et ougandaises. Les conseillers militaires rwandais furent évacués de Kinshasa en 24 heures sans ménagement.
Les personnes les plus inquiètes de cette décision étaient les Banyamulenge du Congo oriental. La tension persistante avec leurs voisins hutus avait été l'un des facteurs déclenchant de la Première guerre du Congo et sera une nouvelle fois à l'origine de ce conflit.
Factions dans le conflit du Congo
Les nombreux groupes armés peuvent être rangés en quatre composantes principales. À cause de la nature ouverte de cette guerre, ces catégorisations sont sujettes à caution, les alliances ou les scissions ayant été nombreuses, les intérêts contradictoires et évoluant. D'autre part les catégories "Hutu" et " Tutsi" sont des facilités de catégorisations ethnistes issues de la colonisation, largement utilisées dans les médias et par les propagandes politiques.
Forces tutsi Elles incluent les armées nationales des gouvernements dominés par les Tutsis au Rwanda et au Burundi, les milices créées par les populations tutsies banyamulenge de RDC et les forces du Rassemblement congolais pour la Démocratie basées à Goma, proches des Banyamulenge. Ces groupes tutsis sont essentiellement actifs au Nord et au Sud-Kivu, et en d'autres territoires centraux en direction de Kinshasa. Leurs buts sont de garantir la sécurité nationale du Rwanda et du Burundi (le Congo-Kinshasa refusant d'arrêter les anciens génocidaires hutus réfugiés sur son territoire), de protéger les Tutsis présents en République démocratique du Congo (RDC), de limiter l'influence grandissante de l'Ouganda dans la région, et enfin de faire mainmise sur les ressources naturelles du territoire de la RDC.
Forces hutues
Elles incluent les Hutus rwandais responsables du génocide de 1994, les rebelles burundais cherchant à renverser leur gouvernement, les Hutus congolais et les milices Mai-Mai associées. Ses objectifs sont d'expulser les forces tutsies étrangères et les Banyamulenge, et de renverser les gouvernements tutsis au pouvoir au Rwanda et au Burundi. Par ailleurs, le contrôle des ressources naturelles est ici aussi déterminant.
Forces alignées sur l'Ouganda Elles incluent l'armée ougandaise et différents groupes rebelles soutenus par l'Ouganda, tels le Mouvement de libération du Congo (MLC), qui contrôle essentiellement le nord de la république démocratique du Congo. Elles souhaitent sécuriser les frontières de l'Ouganda, empêcher l'émergence d'un état congolais fort, limiter l'influence du Rwanda dans la région, et bénéficier elles aussi des ressources naturelles congolaises.
Forces alignées sur Kinshasa Elles incluent l'Armée nationale congolaise, différents groupes nationalistes Mai-Mai, et des nations alliées telles le Zimbabwe, l'Angola, le Tchad et la Namibie. Ils contrôlent l'ouest et le sud de la république démocratique du Congo. Leur but premier est la restauration de l'unité nationale, avec un contrôle sur les territoires et frontières, et la maîtrise des ressources naturelles.
La violence « ethnique » entre forces hutues et tutsies a été régulièrement au centre du conflit, avec une peur mutuelle d'élimination de son groupe. Les forces hutues et le gouvernement de Kinshasa ont établi des relations d'alliance et de proximité, leur intérêt commun étant l'expulsion des armées régulières et des groupes associés de l'Ouganda et du Rwanda. Alors que les forces de l'Ouganda et du Rwanda travaillaient ensemble pour la conquête de territoires aux dépens de Kinshasa, la compétition pour les ressources naturelles créa une fissure dans leur coalition. L'Ouganda permettrait à Kinshasa d'envoyer des armes au FDLR hutu via le territoire tenu par les alliés de l'Ouganda et l'Ouganda lui-même, les Hutus et le gouvernement de Kinshasa cherchant tous, à des degrés divers, à contrôler l'influence du Rwanda et de ses alliés.
Nature du conflit Cette guerre n'a pas été une guerre de grandes batailles et de lignes de fronts clairement définies. Si de nombreuses troupes régulières et entraînées ont été impliquées, les dirigeants de ces nations ont été réticents à impliquer leurs propres troupes en des combats ouverts. Les équipements et l'entraînement de ces armées nationales représentant un investissement important pour des États pauvres. La vaste zone du Congo fragmenta les groupes armés, et dès lors les unités régulières ont essentiellement été stationnées autour de points stratégiques, tels les ports et aéroports, les routes importantes, plutôt qu'en des zones de combat.
Ainsi, la guerre a essentiellement été le fait de groupes militaires peu organisés. Ces troupes peu entraînées et peu disciplinées ont été à l'origine de fréquents crimes de guerre. La paix est d'autant plus difficile à établir que ces milices continuent leurs exactions, en dépit des cessez-le-feu décrétés par leurs supérieurs.
L'essentiel du conflit s'est focalisé sur le contrôle des ressources naturelles du Congo. Les États des Grands Lacs ont payé leurs dépenses militaires en exploitant les minéraux, diamants et bois rares du Congo oriental. Les forces d'occupation ont levé d'importantes taxes sur la population et l'économie locale, et réquisitionné les stocks de vivres de la région.