est un genre fossile de grands dinosaures herbivores « à bec de canard » du sous-ordre des ornithopodes et de la famille des hadrosauridés. Ses fossiles ont été retrouvés dans des sédiments de l'ouest de l'Amérique du Nord datant de la fin du Campanien jusqu'à la fin du Maastrichtien au Crétacé supérieur, il y a entre 73 et . C'est l'un des derniers dinosaures non-aviens à avoir vécu aux côtés de Triceratops et de Tyrannosaurus peu de temps avant l'extinction Crétacé-Tertiaire.

Edmontosaurus est l'un des plus grands hadrosauridés. Il mesurait de long et pesait environ . Il est connu par plusieurs spécimens bien conservés qui comprennent non seulement des os mais aussi, dans certains cas, des empreintes cutanées étendues et un possible reste de bol digestif.

Edmontosaurus a une histoire taxonomique longue et compliquée remontant à la fin du . Diverses espèces classées autrefois dans des genres tels que Claosaurus, Thespesius, Trachodon, Anatotitan et Anatosaurus sont maintenant considérés comme appartenant au genre Edmontosaurus. Les premiers fossiles de ce genre ont été découverts dans le sud de l'Alberta, au Canada, dans ce qu'on appelait autrefois la formation d'Edmonton. L'espèce type, , a été nommée par Lawrence Lambe en 1917, bien que plusieurs autres espèces qui sont maintenant classées dans le genre Edmontosaurus aient été nommées plus tôt. La plus connue d'entre elles est E. annectens, initialement nommée par Othniel Charles Marsh en 1892, Claosaurus annectens puis connue pendant de nombreuses années sous le nom de Anatosaurus annectens. On connait aussi une troisième espèce plus petite, E. saskatchewanensis. Le nom Edmontosaurus qui signifie « lézard d'Edmonton », a été créé d'après la formation d'Edmonton, aujourd'hui connue sous le nom de formation de Horseshoe Canyon.

Edmontosaurus avait une large répartition dans l'Ouest de l'Amérique du Nord. La répartition des fossiles suggère qu'il préférait vivre sur les côtes et les plaines côtières. C'était un herbivore qui pouvait se déplacer soit sur deux soit sur quatre pattes. Retrouvé dans plusieurs gisements, Edmontosaurus semble avoir vécu en groupe et pourrait avoir été migrateur. La richesse de ses fossiles a permis aux paléontologues d'étudier en détail sa paléobiologie, notamment son cerveau, son mode d'alimentation, ses pathologies et blessures, dont une attaque de tyrannosaure sur un edmontosaure.

Description vignette|droite|Schéma à l'échelle comparant Edmontosaurus regalis et E. annectens à un être humain. Edmontosaurus a été décrit en détail à partir de plusieurs spécimens. Comme d'autres hadrosauridés, c'était un animal massif avec une longue queue aplatie transversalement et une tête terminée par une sorte de « bec de canard ». La tête n'avait pas de crêtes creuses ou pleines, contrairement à beaucoup d'autres hadrosauridés. Les pattes avant n'étaient pas aussi fortes que les pattes arrière, mais étaient assez longues pour être utilisées pour l'appui ou la marche. Edmontosaurus figurait parmi les plus grands hadrosauridés : un adulte atteignait en moyenne environ de long et quelques-uns des plus grands spécimens ont même atteint 12 à de long. Son poids est estimé avoir été de l'ordre de . E. regalis était la plus grande espèce connue mais son rang a été contesté car le grand hadrosauridé Anatotitan copei est considéré comme un Edmontosaurus annectens, comme l'ont proposé Jack Horner et ses collègues dès 2004 P. Cruzado-Caballero and J. E. Powell. 2017. Bonapartesaurus rionegrensis, a new hadrosaurine dinosaur from South America: implications for phylogenetic and biogeographic relations with North America. Journal of Vertebrate Paleontology 37(2):e1289381:1-16. On estime que le spécimen type de E. regalis, (NMC 2288), mesurait 9 à de long Lull, Richard Swann; and Wright, Nelda E. (1942). Hadrosaurian Dinosaurs of North America. . E. annectens était légèrement plus court. Deux squelettes montés, USNM 2414 et YPM 2182, mesurent respectivement 8,00 et de longueur. Cependant, il y a au moins une publication parlant d'un possible E. annectens beaucoup plus grand, de près de de long. E. saskatchewanensis était plus petit avec une longueur totale estimée entre 7,0 et Lull, Richard Swann; and Wright, Nelda E. (1942). Hadrosaurian Dinosaurs of North America. .

Tête thumb|Crâne d'un Edmontosaurus annectens au Smithsonian Museum. Les dents ne sont présentes que dans la partie postérieure de la bouche. La tête d'un Edmontosaurus adulte mesurait environ un mètre de long, E. regalis ayant la plus longue du genre et E. annectens la plus courte. Elle était de profil à peu près triangulaire, sans crête osseuse à son sommet. Vue de dessus, l'avant et l'arrière étaient plus larges que la partie centrale, avec la partie antérieure constituée d'un large bec en forme de bec de canard ou de cuillère. Ce bec était édenté, et ses extrémités supérieure et inférieure terminées par une partie kératinitisée. On a retrouvé d'importants restes du bec supérieur en kératine de , le fossile conservé au muséum Senckenberg à Francfort-sur-le-Main. Pour ce fossile, la partie non-osseuse du bec dépassait l'os d'au moins de long. Les narines d’Edmontosaurus étaient allongées et logées dans de profondes dépressions entourées de fortes bordures osseuses en dessus, en arrière et en dessous. Dans un cas au moins (le spécimen de Senckenberg), les anneaux sclérotiques ont été retrouvés dans les cavités orbitaires Lull, Richard Swann; and Wright, Nelda E. (1942). Hadrosaurian Dinosaurs of North America. . Un autre os, rarement retrouvé, l'étrier (un os de l'oreille des reptiliens), a également été retrouvé dans un fossile d’Edmontosaurus.

Reste du corps thumb|Os du bassin d'un Edmontosaurus, un dinosaure ornithischien. Edmontosaurus possédait des membres antérieurs courts, une queue longue et pointue, des pieds pourvus de trois orteils. Sa tête était plate et se terminait par un bec dépourvu de dents. Il mastiquait sa nourriture grâce à près d'un millier de petites dents jugales. Sa taille pouvait atteindre pour un poids de . Ses vertèbres possédaient des petites protubérances courtes et plates, qui devaient dépasser de sa peau telles des épines, allant de la queue à la tête, en passant par tout le dos.

On pense que ce dinosaure était quadrupède et bipède en même temps, comme tous les ornithopodes. Il devait passer la plupart du temps à quatre pattes, se nourrissant de plantes basses, mais il pouvait se relever et courir à deux pattes, pour éviter un prédateur par exemple. Si les représentations anciennes montraient un animal lourd, pataud et lent, des récentes études biomécaniques ont démontré qu'il pouvait courir à plus de , soit plus vite qu'un Tyrannosaurus rex. On pense aujourd'hui qu'il s'agissait d'un animal svelte et agile.

Bien qu'il fût quasiment dépourvu de défense, il possédait des sens très développés (vue, ouïe et odorat), lui permettant d'éviter de rencontrer trop souvent ses prédateurs. Sa peau était constituée de cuir. Il est possible qu'il ait été pourvu d'une poche cutanée à proximité du nez. Certains paléontologues pensent qu'il pouvait la gonfler comme un ballon, peut-être comme un rituel destiné à affirmer la suprématie d'un mâle à l'intérieur de la horde, ou pour communiquer.

On ne trouvait des dents que sur les maxillaires et les dentaires (os principal de la mâchoire inférieure). Les dents étaient sans cesse remplacées, demandant environ six mois pour se développer entièrement. Elles poussaient en colonnes, avec un maximum de six dents en formation par colonne, le nombre de colonnes variant selon la taille de l'animal. Le nombre de colonnes pour les différentes espèces sont les suivants: 51 à pour le maxillaire et 48 à 49 pour le dentaire (les dents de la mâchoire supérieure étant légèrement plus étroites que celles de la mâchoire inférieure) pour E. regalis, 43 colonnes par maxillaire et 36 par dentaire pour E. annectens et respectivement 52 et 44 pour E. saskatchewanensis.

Le nombre de vertèbres diffère selon les spécimens. E. regalis avait treize vertèbres cervicales, dix-huit vertèbres thoraciques, neuf vertèbres lombaires et un nombre inconnu de vertèbres caudales. Un spécimen autrefois considéré comme appartenant à Anatosaurus edmontoni (maintenant attribué à E. annectens) est signalé comme ayant une vertèbre surnuméraire au niveau du dos et 85 vertèbres caudales, mais avec taux de restauration non divulgué. On considérait que les autres hadrosauridés avaient 50 à caudales, mais cela semble avoir été surestimé. Le début du dos remontait d'avant en arrière, relié en avant au cou plié vers le haut alors que le sommet du reste du dos et de la queue étaient horizontaux. La plus grande partie du dos et de la queue était renforcée par des tendons ossifiés disposés en treillis le long des apophyses épineuses des vertèbres. Cela permettait que le dos et au moins une partie de la queue restent droits. On interprète le rôle de ces tendons ossifiés comme servant à renforcer la colonne vertébrale contre les effets de la pesanteur, sachant que ce gigantesque animal avait une colonne vertébrale horizontale supportée essentiellement par les pattes arrière et les hanches. thumb|left|Photographie stéréoscopique d'un Edmontosaurus au Musée d'histoire naturelle Naturalis, Leiden. Les omoplates étaient de longues lames plates, à peu près parallèles à la colonne vertébrale. Les hanches étaient composées de trois éléments : un ilion allongé au-dessus de l'articulation de la hanche, un ischion en dessous se prolongeant en arrière par une longue tige mince, et un pubis orienté en avant qui s'étalait en une structure en forme de plaque. Cette structure de la hanche empêchait l'animal de se redresser, car dans une telle position le fémur aurait poussé conjointement sur l'ilion et le pubis, au lieu de pousser seulement sur l'ilion plus solide. Les neuf vertèbres lombaires étaient fusionnées renforçant la solidité de la hanche.

Les pattes avant étaient plus courtes et moins lourdement construites que les pattes arrière. L'humérus avait une grande crête delto-pectorale servant à la fixation des muscles, tandis que le cubitus et le radius étaient relativement minces. Le bras et l'avant-bras étaient sensiblement de la même longueur. Le poignet était simple, avec seulement deux petits os. Chaque main avait quatre doigts, sans pouce. Les deuxième, troisième et quatrième doigts avaient à peu près la même longueur et étaient réunis dans une enveloppe charnue. Les deuxième et troisième doigts se terminaient par des sortes d'ongles qui étaient également recouverts de peau et n'étaient pas apparents. Le petit doigt, écarté des trois autres, était beaucoup plus court. Les fémurs étaient robustes et droits, avec une importante crête vers le milieu de la face postérieure. Cette crête servait à la fixation des muscles puissants allant des hanches à la queue et qui tiraient les cuisses (et donc les pattes arrière) vers l'arrière et contribuaient à faire de la queue un important organe d'équilibre Lull, Richard Swann; and Wright, Nelda E. (1942). Hadrosaurian Dinosaurs of North America. . Chaque pied avaient trois doigts, sans gros orteil ou petit orteil. Les orteils se terminaient par des sortes de sabots.

Revêtement cutané vignette|AMNH 5060: un fossile bien conservé d’Edmontosaurus annectens. On a retrouvé de multiples spécimens d’Edmontosaurus avec leurs empreintes cutanées conservées. Plusieurs de ces découvertes ont été très médiatisées, comme celle de la « momie Trachodon » au début du et du spécimen « Dakota » celui-ci possédant encore semble-t-il des composés organiques cutanés. C'est grâce à ces découvertes, que le dessin des écailles d’Edmontosaurus est connu pour la plupart des parties du corps.