Marcel Gensoul, né le à Montpellier et mort le à Paris, est un amiral français, notamment connu pour avoir été à la tête de la Force de Raid lors de l'attaque de Mers el-Kébir, au début de la Seconde Guerre mondiale.

Biographie Famille Marcel Bruno Gensoul naît le à Montpellier, de Louis Alexis Gensoul, magistrat, et de Caroline Emma Baccuet. Il est le deuxième enfant d'une fratrie de cinq, comptant quatre garçons (Albert, Marcel, Maurice et Étienne) et une fille (Meryem).

Le , il épouse Marthe Dupraz à Lausanne. Ils auront trois filles Blanche (1907), Christiane (1911) et Gisèle (1912).

Débuts de carrière Il entre à l'École navale en 1898. À la sortie de l'École d'application, fin 1901, il est affecté sur le croiseur protégé Chasseloup-Laubat en mer de Chine. En , il passe sur le cuirassé Le Redoutable, puis sur la canonnière Surprise, toujours en Extrême-Orient. Il est promu enseigne de vaisseau en , puis suit l'enseignement de l'École des apprentis fusiliers de Lorient.

En , il est affecté comme second sur le sous-marin L'Algérien, appartenant à la flottille de sous-marins de la Manche. Il rejoint ensuite le cuirassé Carnot de l'escadre de la Méditerranée, comme adjoint à l'officier fusilier. En , il sort breveté de l'École des officiers torpilleurs de Toulon, puis embarque sur le croiseur Galilée où il participe à la campagne du Maroc. De à 1911, il est chargé de l'instruction des apprentis torpilleurs sur le cuirassé Marceau. En , il est élevé au grade de lieutenant de vaisseau. Après une mission de convoyage d'un train de chalands de Toulon au Maroc, il est affecté brièvement sur le cuirassé Brennus, puis embarque comme officier instructeur sur le croiseur D'Entrecasteaux. En , il devient l'aide de camp du contre-amiral Sourrieu, commandant la division des écoles de la Méditerranée, puis il est affecté sur le cuirassé République en tant chef du service torpilles/électricité. Il est à ce poste lorsque la Première Guerre mondiale éclate.

Première Guerre mondiale En 1915-1916, il prend part aux opérations en Méditerranée orientale (Grèce). Il reçoit son premier commandement, le torpilleur d'escadre Fanfare, en appartenant à la division navale de Syrie, et opère le long des côtes du Levant. Il est promu capitaine de corvette en et se retrouve aide de camp du contre-amiral Lanxade, commandant la division d'instruction de la Méditerranée (DEM), jusqu'en . Affecté sur le Jean Bart, il devient ensuite chef d'état-major de la DEM. Puis, en , il est promu capitaine de frégate et assiste le contre-amiral Beaussant jusqu'en , où il rejoint l'état-major du vice-amiral Fatou, alors préfet de la région maritime (Brest). À partir d', il commande le escadrille de patrouille basée à Bizerte et arbore son pavillon sur le contre-torpilleur Lansquenet. Puis de à , il est affecté comme second du cuirassé Courbet.

Il est ensuite auditeur au Centre des Hautes Études navales (CHEN) et est promu capitaine de vaisseau à sa sortie en . Il reçoit alors le commandement du cuirassé Bretagne d' à . Il commande ensuite le cuirassé Provence, navire amiral de la escadre jusqu'en . Il est ensuite nommé chef d'état-major de la région maritime (à Toulon) où il assiste le vice-amiral Pirot, préfet maritime puis, en , est nommé contre-amiral. Il est alors nommé sous-chef d'état-major à l'état-major général de la Marine, à Paris. Il y occupe ce poste jusqu'en , où il prend la tête de la division légère de la escadre. Il participe alors au retour de la dépouille du roi Alexandre de Yougoslavie assassiné à Marseille, ainsi qu'à la défense des intérêts français en Grèce en 1935 lors de la tentative de coup d'État de 1935 en Grèce. À la suite du soulèvement nationaliste de juillet 1936 en Espagne, Gensoul est nommé Commandant supérieur du dispositif spécialement créée pour évacuer les ressortissants français.

Promu vice-amiral le (puis élevé au rang et appellation de vice-amiral d'escadre en mars de la même année), il est alors nommé préfet maritime de Toulon. En , il prend la tête de l'escadre de l'Atlantique et arbore sa marque sur le Dunkerque.

Seconde Guerre mondiale En , à l'approche de la guerre, la force de haute mer est réorganisée en deux flottes : la flotte de la Méditerranée et la flotte de l'Atlantique, dont Gensoul prend le commandement. Il entame alors des exercices avec la Home Fleet, l'occasion pour lui de renforcer la bonne entente qu'il a avec les Britanniques. Le , Gensoul reçoit des mains de l’amiral Darlan, la plaque de Grand officier de la Légion d'honneur.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, en , il commande la Force de Raid, regroupant les plus puissants navires de la Marine nationale à Brest, dont la mission est de détruire les forces ennemies dans l'Atlantique et de protéger les convois. À partir de décembre, il est intégré au Conseil supérieur de la marine. À la fin du mois d', la Force de Raid, s'installe en Méditerranée à Mers el-Kébir près d'Oran. Cette position est choisie pour faire face à l'Italie, de plus en plus belliqueuse. Peu après l'armistice, le , il reçoit la visite de l'amiral North, venu tenter de la convaincre de rallier la Royal Navy pour continuer le combat. Gensoul s'y refuse, déclarant n'obéir qu'au gouvernement légal du maréchal Pétain, et assure que la flotte française ne sera jamais livrée à l'Allemagne. Malgré la tension grandissante entre Français et Britanniques, le survol d'hydravions de la Royal Navy et les mises en garde de Darlan quant à une attaque potentielle des Anglais, Gensoul, très anglophile, juge une attaque improbable.

Mers El-Kébir Face au risque de voir la flotte française être capturée par l'ennemi au mépris des conventions d'armistice, le Premier ministre Winston Churchill dépêche le une escadre britannique face à Mers el-KébirWinston Churchill, The Second World War, Plon, 1948-1954 ; rééd. La Seconde Guerre mondiale, Le Cercle du Bibliophile, 12 , 1965-1966, , « L'heure tragique – la chute de le France, 1940 », XI : « L'amiral Darlan et la flotte française, Mers-el-Kébir », ..

À l'aube du , le destroyer se présente à l'entrée de la passe de la base navale, avec à son bord le capitaine de vaisseau Holland. Gensoul, informé de la présence au large de la Force H, refuse de le recevoir, . Il finit cependant par envoyer son officier d'ordonnance à sa rencontre. Celui-ci lui remet une mise en demeure offrant plusieurs alternatives : rejoindre la Royal Navy dans le combat, ou rallier les Antilles françaises ou les États-Unis, sous escorte britannique, pour y être désarmés ou se saborder. Faute de quoi, dans un délai de six heures, ils seraient coulés.

Considérant que cet ultimatum est un bluff, Gensoul ne concède rien, fait allumer les chaudières et prendre les dispositions de combat à ses navires. Il n'informe l'Amirauté que d'une partie des termes proposés par les Britanniques, ainsi que de sa réponse : ses . La raison de son choix de ne pas mentionner la possibilité d'un désarmement aux Antilles ou aux États-Unis n'a jamais été explicitée. Dans le même temps, Gensoul essaie de gagner du temps avec ses interlocuteurs, afin de recevoir des instructions de l'Amirauté, de négocier un compromis ou, à défaut, de tenter un appareillage rapide de sa flotte.

À , Gensoul ordonne le branle-bas de combat, mais accepte finalement de recevoir Holland. Il informe Somerville qu'il n'a pas l'intention de faire appareiller l'escadre, mais qu'il attend des instructions de son gouvernement. Il lui demande de sursoir à l'ultimatum, ce qui est accepté. A , Holland retourne à bord du Dunkerque, où Gensoul tente de négocier le désarmement de la flotte à Mers El-Kébir. Dans l'après-midi, le vice-amiral Maurice Le Luc, directeur de cabinet de l'amiral Darlan, lui fit savoir par radio que les escadres françaises de Toulon et d'Alger se portaient à son secours.

À , les négociations sont brutalement interrompues : Churchill exige d'en finir, d'autant plus que le message du vice-amiral Le Luc a été intercepté par les Britanniques, qui craignent donc l'arrivée de renforts. À , Somerville donne l'ordre d'ouvrir le feu. À , Gensoul informe l'Amirauté que l'attaque a débuté, et un quart d'heure plus tard, il se résout à faire hisser le drapeau blanc au mât du Dunkerque.

L'attaque de Mers el-Kébir conduit à la perte du cuirassé ( périrent son bord), et à la mise hors de combat du croiseur de bataille , du cuirassé et du contre-torpilleur . L'attaque de la Royal Navy fit en tout chez les marins français.

Un mois après Mers el-Kébir, en , Gensoul récompensa le Strasbourg et son équipage de la Croix de guerre, pour avoir réussi à échapper aux Britanniques.

Malgré ce désastre, Gensoul est élevé au grade d'amiral, le . Le , alors qu'il est sur le point d'atteindre la limite d'âge, il est nommé inspecteur général des forces maritimes à titre honorifique. Le lendemain, il est cité à l'ordre de l'armée de mer : . Le 10, il quitte le commandement de la flotte Atlantique, qui est dissoute. Le , il est nommé par Darlan à la tête du Service central des œuvres de la Marine, chargé des organismes d'aide aux familles de marin. Il y reste jusqu'en , date de son départ à la retraite.

Après-guerre À la fin de la guerre, il est convoqué le , par la Commission d'épuration de la Marine et du personnel militaire, pour y répondre de la perte de bâtiments de guerre. Il lui est aussi reproché de ne pas avoir transmis toutes les propositions de l'ultimatum, notamment la possibilité de désarmer aux Antilles, et de ne pas avoir pris l'initiative d'emmener la flotte aux États-Unis. Cependant, après un an d'instruction, le directeur de la commission conclut que les poursuites sont inopportunes.

Gensoul évita toute sa vie de commenter l'affaire de Mers el-Kébir. L’opinion générale est que sa rigidité, à un moment clé, et alors que le gouvernement français était incapable de mener une politique efficace, a conduit au désastre24. Lacouture, Jean (1991) . De Gaulle - The Rebel. .

Il meurt le , à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. Il est inhumé à Nice.

Grades successifs Sources : 60px 1901 : enseigne de vaisseau de deuxième classe 60px : enseigne de vaisseau de première classe 60px : lieutenant de vaisseau 60px : capitaine de corvette 60px : capitaine de frégate 60px : capitaine de vaisseau 60px : contre-amiral 60px : vice-amiral 60px : vice-amiral d'escadre 60px : amiral

Décorations 24. Lacouture, Jean (1991) . De Gaulle - The Rebel. ISBN 978-0-393-02699-3, le

50px Médaille commémorative de la Grande Guerre (Belgique).

Notes et références

Sources

Liens externes

Base Léonore

Catégorie:Naissance en octobre 1880 Catégorie:Naissance à Montpellier Catégorie:Amiral français du XXe siècle Catégorie:Chef militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Militaire français de la marine de Vichy Catégorie:Élève de l'École navale Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Décès en décembre 1973 Catégorie:Décès dans le 5e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 93 ans