vignette|Produits de l'artisanat algérien

L'Artisanat algérien est riche par son histoire, ses artisans, la superficie et la diversité du pays. C'est un secteur national qui regroupe avec créés en 2018 et qui a contribué avec de DA au PIB algérien en 2017..

Histoire Le ministère du Tourisme et de l'Artisanat s'occupe de gérer le budget lié à la promotion du secteur artisanalMinistère du Tourisme et de l'Artisanat Algérie.

L’artisanat algérien, est d’une incontestable richesse et d’une étonnante variétéministère du tourisme et de l'artisanat Algérie tant dans les formes, que dans les techniques et les décors. Cette richesse est rehaussée par la modestie des matériaux dont sont constituées les œuvres artisanales. Nécessaires à la vie quotidienne, elles sont conçues dans un but utilitaire et souvent comportent des motifs dont la signification, suivant les croyances locales, leur confère des vertus protectrices. La diversité des conditions climatiques, des ressources naturelles et les différentes civilisations de l’Algérie expliquent la présence d’une vaste gamme de spécialités artisanales.

Lois et textes juridiques Les lois et textes juridiques qui régissent l'artisanat algérien sont contenues dans le Recueil des textes législatifs et réglementaires relatifs à l’artisanat publié annuellement par le Ministère du Tourisme et de l'Artisanat Algérien.

Les produits de l'artisanat Bijoux vignette|Fibule d'Algérie, musée du quai Branly, Paris.

Les bijoux de Kabylie, Aurès, Sud algérois, Ghardaïa, Tamanrasset, requièrent des techniques et des matériaux multiples à la disposition des artisans.

C'est surtout l'argent qui est employé par les populations rurales, l'or est employé dans les parures des villes comme Alger ou Constantine. Le bijou algérien est avant tout dans la forme et dans l'utilité un bijou berbère, c'est ensuite au gré des régions et des influences (islamiques, andalouses, sahélienne…) qu'il va s'enrichir de décors et de formes géométriques multiples, ce qui fait que l'Algérie est un des pays qui présente un panorama de bijoux le plus diversifié au monde tout en gardant une certaine authenticité..

En grande Kabylie, notamment, par dizaines et jusque dans les moindres villages, les bijoutiers produisent les bijoux faits de plans d'argent, cloisonnés de fils ou filigranes, sertis de corail ou émaillés dans les nuances bleu foncé, vert et jaune, dont les principaux sont les bracelets de bras ou de chevilles, les boîtes d'allumettes, bagues, colliers, broches, fibules, croix du Sud, etc.

Kabylie vignette|Bijoux traditionnels (milieu du XXe siècle) Les bijoux de Kabylie sont très connus au Maghreb pour leurs couleurs vives et leur raffinement. Constitués d'argent (comme tous les bijoux ruraux du Maghreb), ils sont ornés de coraux récoltés en Méditerranée ou parfois d'émaux.

Le bijou kabyle est authentiquement berbère dans la forme et l'utilité mais il doit en partie son apparence colorée à l'influence des Andalous qui ont introduit l'émaillage dans cette région. Il y a plusieurs sortes de bijoux qui correspondent à des usages particuliers : broches de front ou de poitrine (tavrucht) et fibules (tabzimt), qui retenaient les robes en divers points, ceintures (tahzamt), colliers (azrar), bracelets (azevg), bagues (tikhutam) et boucles d'oreilles (talukin).

Les orfèvres kabyles les plus illustres sont les Aït-Yenni de Grande Kabylie. Il existe de plus en Petite Kabylie un type de bijou forgé semblable à ceux des AurèsMichel Behagle, « Les bijoux kabyles » ..

Aurès thumb|left| Bijoux chaouis, Musée de l'Homme, lors d'une exposition consacrée à Germaine Tillion Le bijou des Aurès est plus sobre que celui de Kabylie. Il se distingue aisément de celui des autres régions grâce à la présence inévitable des longues chaînettes agrémentant les colliers, les boucles d'oreille, les fibules, etc.... Si le corail s'inscrit en sertissure dans la plupart des bijoux anciens, ce sont les verroteries multicolores qui ornent principalement les bijoux actuels.

Hoggar thumb|Bijou touareg, musée du quai Branly, Paris Le bijou touareg a su garder son authenticité à travers l'histoire. L'outillage reste très simple, il consiste en un soufflet en peau de mouton, un chalumeau à bouche, une cisaille, quelques poinçons, des creusets et des limes. Pour fabriquer ses bijoux, l'artisan utilise les deux procédés les plus courants : le moulage et le martelage. Les matériaux les plus employés sont l'argent et le cuivre.

Il y a différents types de bijoux spécifiques de la région : Tasralt (pendentif en argent ayant la forme d'un losange), Tineralt qui est plus connu sous l'appellation de croix d'Agadès, Khomessa (formé de 5 losanges et ayant des attributs magiques), Téreout n'azref (un étui d'amulettes), tisegin (les bagues) et ihebgan (les bagues)..

Tapis Les tapis: points noués de Tébessa, Guelma, Annaba, Skikda, des Nemencha et du Hodna, du Guergour, de Laghouat, de Biskra, d'El-Oued, du Mzab, de Cherchell, de Sour El-Ghozlane, de Mascara, de Tlemcen, du Djebel Amour des Aurès, et des Béni RachedEl Waten, tissés en poil de chèvre et laine, décorés de simples bandes transversales ou somptueusement parés de motifs losangiques en points multicolores, Dragga ou tapis tissés faits autour des Babors, servant de séparation à l'intérieur des Khaimas (tentes), étonnantes compositions issues de la conjonction des décors traditionnels berbères et des apports d'Orient.

Tlemcen

Dans la région de Tlemcen, on tisse des tapis ras destinés à un usage principalement utilitaire. Ils sont représentés par des couvertures, souples souvent de grande taille, et des tentures. Tissés soit au métier à haute lisse, soit, pour certains types, au métier à basse lisse.

Les tissages de Tlemcen sont reconnaissables à leurs ornements composés de bandes horizontales et de motifs aux formes géométriques. Il s'agit, en effet, d'une forme de tapis berbère mais avec des motifs moins complexes que ceux retrouvés dans d'autres régions comme en Kabylie ou chez les Mozabites. Cependant, la simplicité du tapis de Tlemcen lui confère un charme unique.

thumb|Tapis de Kabylie.Les bandes horizontales du tapis de Tlemcen sont caractérisées par certains motifs typiques à la région, tels les losanges, les damiers carrés et rectangulaires. Certains tapis présentent une forme asymétrique, mais on peut également retrouver des tapis exécutés au métier à basse lisse, appelés "hchaïchi", qui présentent une forme symétrique, avec bordure et dont le champ est composé de grands carrés décorésMusée National des Arts et Tradition populaires, Alger.

Kabylie, Mzab, Aurès et Oranie

Les tapis amazigh sont faits de laine (mouton, chameau...) . Ils sont destinés à un usage domestique et considérés comme du mobilier, sur le sol ou les murs, voir religieux, pour la prière. L'art du tapis se conserve dans quelques villages de Kabylie et dans le Hodna mais surtout dans le Mzab. Il existe même des fêtes du tapis, comme celle des Ait Hichem, ou de la vallée du Mzab, où sont exposées des productions de toute l'Algérie. vignette|Timbre de l'Algérie de 0,70DA aux motifs de Tapis de Guergour, émission de 1968. Pour la seule Kabylie il y a plusieurs variétés de tapis, ceux d'Ait Hichem aux motifs transversaux, ceux de Aït Zmenzer et des Ouadhias.

Dans le panorama des tapis d’Algérie, les tapis dits Guergour, région située entre Sétif et Bejaïa, en limite de la Petite Kabylie, occupent une place tout à fait à part, à la fois par leurs conditions de production et par leur esthétique. Apparus tardivement dans la moitié du xixe siècle, ils ont disparu assez vite autour des années 1930 après avoir connu un éclat très vif mais plutôt bref. Commandités par une clientèle fortunée de notables, ils étaient considérés comme des tapis d’apparat, un signe éminent de luxe ou de prestige. Mais c’est surtout leur esthétique très particulière qui les distingue de tous les autres tapis d’Algérie, et du Maghreb en général..

Les motifs des tapis remontent à des temps très anciens, au Paléolithique. On note par ailleurs une très forte ressemblance entre les productions de Kabylie et de la vallée du Mzab. D'une manière générale, le tapis amazigh est très coloré et constitue un objet de décoration très demandé.

Dinanderie vignette|Un artisan graveur La dinanderie existe en Algérie depuis le Moyen Âge. Les artisans emploient la feuille de cuivre pour fabriquer des ouvrages à des fins utilitaires et décoratives. Pendant la période ottomane, le savoir-faire algérien s'est enrichi de motifs et de techniques venues d'orient. Les grands centres en Algérie sont Alger, Tlemcen et Constantine. Dans le Sahara à Ghardaia et Tindouf surtout, il y a aussi un type de dinanderie dont les œuvres sont plus massives et arrondies pour avoir une meilleure stabilité sur le sable..

Villes du Nord vignette|Un artisan dinandier à la Casbah d'Alger|gaucheActuellement les objets artisanaux en cuivre tendent à miser sur la valeur décorative au moyen de riches ornements étant donné que sur le plan utilitaire ils sont concurrencés sévèrement par les produits manufacturés.

Les objets fabriqués à Alger sont les co mahbess, les Berreds (théières), les El Brik ou Tassa (aiguière et récipient) pour les ablutions, El Mordjen (seau qui sert à recueillir l'eau du puits) et surtout El Siniya qui est un plateau à thé et pâtisserie.

Les objets emblématiques de Constantine sont El Siniya plateau-table emblématique des intérieurs algériens en cuivre ciselé avec ses pieds en bois sculptés, El-Kattara (égouttoir) un objet qui sert à produire des parfums de rose et de jasmin et el Kirouana sorte de bassine aux parois légèrement évasées, utilisée pour la toilette. Constantine est la ville qui intègre le plus de motifs orientaux. D'ailleurs la ville a gardé son souk enhassine (marché du cuivre) dans le médina.. Les villes d'Alger et de Constantine sont aussi connues pour les lampadaires et les lustres en cuivre.

La ville de Tlemcen se distingue par ses très grands lustres ornés d'arabesques, ses poignées de porte très richement décorées, des supports de livres et ses grands Siniya (plateaux) aux motifs locaux.

Au Sahara vignette|Siniya au premier plan du salon traditionnel algérien, Musée national du Bardo, Alger (Algérie), .

Ghardaïa est spécialisée dans la production de petit plateaux peu décorés et de bouilloires alors qu'à Tindouf l'artisanat du cuivre se retrouve dans les théières, marmites, bassines et parfois les motifs très fin des bijoux en cuivre rouge et jaune. Dans le Sahara la dinanderie reste à production utilitaire de transumance nomade légère et non décorative fixe, ce qui explique le contraste avec les villes du nord.

Travail du bois Coffres sur pied (Le Sendouk) vignette|Sendouk du exposé au Musée national des Arts et Traditions populaires.

Fabriqué dans la Casbah d'Alger, important centre de travail du bois, Le Sendouk est un meuble coffre sur pied en bois est soit orné de motifs peints, soit ciselé et orné de pièces métalliques de décoration (clous, charnières etc). Ce meuble est appelé « coffres de mariée » car il sert souvent, en milieu rural notamment, à accueillir le trousseau de mariage. Il comporte deux poignées de chaque côté et une serrure pour en assurer la fermeture. L'ornement se compose de motifs souvent à caractère floral, qui font occasionnellement place à des représentations d'animaux comme le coq ou le paon.

Ustensiles de cuisine vignette|Une femme d'Alger portant un tajine - |gauche