vignette|Séance de lutte de Sampho Tsewang Rigzin.
La séance de lutte () ou encore : () est une séance d'autocritique et de critique publique imposée par les maoïstes chinois à certains de leurs prisonniers sous le régime de Mao Zedong, principalement pendant la révolution culturelle, jusqu'à sa fin, en 1978. L'objectif était de réformer la pensée ou d'humilier. Le terme séance de lutte ou de dénonciation est aussi utiliséPalden Gyatso, Le Feu sous la neige, Actes Sud, 1997, Pierre-Antoine Donnet, Tibet mort ou vif, Édition Gallimard; 1990: Nouv. éd. augm 1993, , p. 130Pierre Zhou Bangjiu, L'aube se lève à l'Est: Récit d'un moine bénédictin chinois emprisonné, Récit d'un moine bénédictin chinois emprisonné pendant 26 ans dans les camps de la Chine communiste au nom de la foi p 125 Bulletin critique du livre français: Numéros 604 à 606, Association pour la diffusion de la pensée française, France, Direction générale des relations culturelles, 1999, p 163 .Gavroche: Numéros 109 à 126, 2000, Louis-Jean Duclos, La violence politique des enfants, p 148, Guyonne Leduc, Christine Bard, Travestissement féminin et liberté(s), 2006, p 413 : Wolfgang Asholt, Georges-Arthur Goldschmidt Dans le dehors du monde: Exils d'écrivains et d'artistes au XXe siècle, p 287 : Marie Holzman, Lin Xiling l'indomptable, 1998, p 134 : Najîb Mansûr Zakka, Jean-Marie Delmaire, Olinda Kleiman, Littératures et cultures d'exil: terre perdue, langue sauvée, Presses universitaires de Lille, 1993, p 249 : .
La victime devait y avouer ses fautes (prétendues ou avérées) devant d'autres prisonniers qui l'accusaient, l'insultaient et la frappaient. La famille, parents et enfants, les amis pouvaient être obligés d'y participer en critiquant la victime. Cette torture pouvait durer des semaines et conduire au suicideCharlie Buffet, Päldèn Gyatso, 66 ans, a survécu à trente-deux ans de goulag chinois. Libre, ce moine tibétain témoigne de l'oppression infligée à son pays. Prométhée enchiné, Libération, 21-11-1997. .Gilles Van Grasdorff, La nouvelle histoire du Tibet, Édition Perrin, 2004, ..
Histoire L'origine vient de la volonté d'autocritique, lors de la révolution russe, dans les années 1920, et de la lutte des classes, afin d'éliminer toute trace de contre-révolution.
L'écrivain chinois Youqin Wang indique que la majorité des victimes pendant la Révolution culturelle trouvèrent la mort sur leur lieu de vie et non dans des camps. Il s'agissait de séances de lutte et ces assassinats permettaient d'Youqin Wang (écrivain chinois), Trouver une place pour les victimes. La difficile écriture de l’histoire de la Révolution culturelle Perspectives chinoises, 2007 .
Après la fuite de Tenzin Gyatso, le dalaï-lama, en , le thamzing est introduit à Lhassa, capitale du TibetMikel Dunham, Les Guerriers de Bouddha : Une histoire de l'invasion du Tibet par la Chine, de la résistance du peuple tibétain et du rôle joué par la CIA, avant propos du Dalaï-Lama, traduction Laurent Bury, 2007, Actes Sud, p. 340.
Sources et déroulement Palden Gyatso né en 1933 est un moine tibétain qui fait, dans un livre Le Feu sous la neige, la description de séances de thamzing qu'il rapporte avoir subies pendant ses 33 années de détention.
Le Tibétain Shiwo Lobsang Dhargye indique que les prisonniers sont battus et forcés à rester debout et inclinés en avant pendant des heures. Au cours de ces séances, beaucoup sont mortsShiwo Lobsang Dhargye in Tibet Histoire d'une tragédie, Kim Yeshi, Éditions La Martinière, 2009, p. 174-198..
Jacques Andrieu, chargé de recherches au CNRS, indique trois cas où à l'issue de séances de lutteL'analyse de Jacques Andrieu s'effectue à partir de l'ouvrage Stèles rouges : du totalitarisme au cannibalisme de l'historien chinois Zheng Yi, des actes de cannibalisme furent pratiqués par des Gardes rouges dans la province du GuangxiJacques Andrieu, Les gardes rouges : des rebelles sous influence.
Personnalités victimes des séances de lutte vignette|left|Le panchen-lama lors d'une séance de lutte en 1964. Les représentants de l'ancien clergé et de l'ancienne bourgeoisie étaient les premiers visés.
Choekyi Gyaltsen (1938-1989), le panchen-lama du Tibet, subit en 1964 une séance de thamzing pendant 50 jours, à la suite de ses critiques émises dans la pétition en 70 000 caractères, comme l'indique la tibétologue Françoise PommaretFrançoise Pommaret, Le Tibet, une civilisation blessée, Pages 112 et 113, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (), Paris, 2002.. Du au , il fut violemment critiqué pour ses prises de position lors d'un procès au du « Comité préparatoire à l'établissement de la Région autonome du Tibet ». Ce procès se transforma en séances de thamzing qui durèrent 50 jours Tibet Information Network, A poisoned arrow: the secret report of the 10th Panchen Lama, 1997, Page xx, . Il fut démis de ses fonctions de président par intérim du Comité, et emprisonné Elmar Gruber, From the Heart of Tibet: The Biography of Drikung Chetsang Rinpoche, the Holder of the Drikung Kagyu Lineage, Éditeur Shambhala, 2010, :. Selon Tibet Information Network : « Il resta quatorze ans en détention, dont neuf ans et huit mois en prison à Pékin, et le reste sous une forme de résidence surveillée. De temps en temps, il était sorti de prison pour des séances de thamzing massives dans des stades de Pékin où il était humilié devant des milliers de gens. Le plus infâme fut quand en 1966, on persuada sa belle-sœur de l'accuser de l'avoir violée, et son jeune frère le battit pour cette offense probablement inventée Tibet Information Network, A poisoned arrow: the secret report of the 10th Panchen Lama, 1997, Page xxi : ». Les conditions de détention du panchen-lama le conduisirent à une tentative de suicideExcerpts from Qincheng: A Twentieth Century Bastille published in Exploration, March 1979. Robert W. Ford, un opérateur radio britannique qui travailla au Tibet dans les années 1950, fut arrêté par l'armée chinoise et soumis à des interrogatoires et une réforme de la pensée pendant cinq ans dans les prisons chinoises. Il décrit son expérience au Tibet dans un livre où il analyse la méthode chinoise de réforme de la penséeRobert W. Ford, « Tibet Rouge, Capturé par l’armée chinoise au Kham » Olizane, 1999 .. Liu Shaoqi, ancien dirigeant du parti communiste chinois : selon Louis-Jean Duclos, Liu Shaoqi fut soumis à une première autocritique le puis subit des séances de lutte au sein de Zhongnanhai, à proximité du pavillon de Mao Zedong. Il fut ultérieurement transféré dans une prison de Kaîfeng, où il décéda le des suites de mauvais traitementsLouis-Jean Duclos, La violence politique des enfants, p. 148 : . Ribur Rinpoché fut soumis, durant la révolution culturelle, à 35 « séances de lutte » devant 30 à 400 personnes attroupées. En général le soir, entre 20 h et 23 h après le travail, il devait porter un long chapeau pointu et sa robe de moine, pour signifier sa mauvaise classe. On lui collait toutes sortes de badges et d'objets religieux pour le ridiculiser, et il était promené dans le marché de Lhassa, au son des trompettes, des gongs, et des quolibets des gardes rouges. Son accusateur, un Chinois du nom de Guo Xianzhi, chef du district de Lhassa, l'accusait de contacts secrets avec le dalaï-lama, des « réactionnaires étrangers », et de vouloir créer un mouvement pour l'indépendance du Tibet. Il devait apparaître au public, les mains posées au sol, tête baissée, et était alors battu et critiqué. Il reçut un jour un coup de crosse de fusil sur l'oreille droite, et n'entend plus très bien depuisPierre-Antoine Donnet, Tibet mort ou vif, Gallimard, 1990, , p. 129-130. Xu Shiyou, général et cadre dirigeant du parti communiste chinoisGEN. XU SHIYOU OF CHINA DIES; LONG A KEY MILITARY LEADER New York Times, 24 octobre 1985.
Notes et références Notes
Références
Lien externe
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