Saint-Carné (en breton : Sant-Karneg) est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France. Démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plumaudan, elle appartient historiquement au Poudouvre, dans le pays de Dinan.

Géographie Localisation Saint-Carné est située à environ au sud de Dinan, sur une hauteur dominant la vallée de la Rance. La commune s'étend sur .

Jean-Baptiste Ogée décrivait en 1778 un « pays couvert, qui produit beaucoup de cidre », dont le territoire, « arrosé des eaux de la rivière de Rance et de plusieurs ruisseaux, offre des terres bien cultivées, quelques prairies, et peu de landes »..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Rance et le canal d'Ille et Rance..

La Rance, d'une longueur de , prend sa source dans la commune du Mené et se jette dans la Manche entre Dinard et Saint-Malo, après avoir traversé ..

Le canal d'Ille-et-Rance est un canal, chenal et un cours d'eau naturel navigable, d'une longueur de . Il prend sa source dans la commune de Montreuil-sur-Ille et se jette dans l'Ille à Saint-Grégoire, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-CarnéLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleurtuit à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d'indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Carné est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Dinan, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dinan, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (80,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (80,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (51,4 %), zones agricoles hétérogènes (19,9 %), forêts (13,3 %), prairies (9,4 %), zones urbanisées (6 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Formes historiques Le nom de la localité est attesté sous les formes Seint Karnay en 1291 (mention de « Jehan de Seint Karnay », bourgeois de Léhon), Sanctus Karnetus et Sancto Karneto vers 1330 (pouillé latin publié par Auguste Longnon), S. Karnetus à la fin du , Saint Carne en 1513 (réformation de l'évêché de Dol)...

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Sant-KarnegOffice public de la langue bretonne.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 12,8 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 394..

Étymologie L'étymologie du toponyme est discutée. Une hypothèse propose une dérivation de l'ancien breton Ker Nay (« village de La Haye »), une autre de carnaé (amas de pierre).. Toutefois, le préfixe Saint- plaide pour un hagionyme, c'est-à-dire un nom dérivé de celui du saint patron de la paroisse.

L'identité controversée du saint patron L'identité du saint éponyme fait l'objet de trois hypothèses contradictoires dans la littérature savante, sans qu'aucune ne s'impose. : Un saint inconnu. Dom Guy-Alexis Lobineau, dans Les Vies des saints de Bretagne (Rennes, 1725), qualifie ce saint d'« inconnu » et suggère une possible déformation ancienne cachant le nom de saint Hern ou Hernin, anachorète qui vécut dans la forêt de Carnoët ; Saint Hernin. Joachim Gaultier du Mottay, dans sa Géographie départementale des Côtes-du-Nord (1862) et son Essai d'iconographie et d'hagiographie bretonne (1869), identifie le patron avec saint Hernin, patron de Locarn et de Saint-Hernin ; Un saint irlandais. Certains érudits ont proposé un Carnaich cité dans d'anciennes litanies bretonnes du . Tanguy Daniel rejette cette identification sur des bases phonologiques : le nom Carnaich ne peut s'accorder avec les graphies Karnay (1291) et Karnetus (vers 1330).

Le site Nominis de la Conférence des évêques de France propose une quatrième piste : un évêque irlandais du , fêté le . Dans l'église, une statue le représente en costume épiscopal..

Bernard Tanguy, dans son Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor (Douarnenez, Chasse-Marée/ArMen, 1992), identifie la paroisse comme l'une des 93 paroisses du diocèse de Dol. Son Grand dictionnaire historique des saints et saintes de Bretagne (Morlaix, Skol Vreizh, 2024, 688 p., œuvre posthume complétée par un comité de six chercheurs), qui recense près de 800 saints répartis dans communes bretonnes, constitue la référence hagiographique la plus récente susceptible de traiter du saint patron de la paroisse..

Histoire Préhistoire et Antiquité Des haches néolithiques ont été découvertes sur le territoire communal. Un bracelet d'or gaulois a été mis au jour en 1866. Des substructions gallo-romaines (fondations) ont également été identifiées.

Moyen Âge Saint-Carné est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plumaudan, dont les limites paroissiales suggèrent une création artificielle. La première mention écrite date de 1291 avec « Jehan de Seint Karnay », bourgeois de Léhon. Vers 1330, la paroisse est attestée avec un recteur dans le pouillé latin publié par Auguste Longnon (Pouillés de la province de Tours, Paris, 1903).

Des mottes castrales sont attestées à Pont-Roux par les états de sections du cadastre de 1809 (archives départementales des Côtes-d'Armor, 3P280), où figurent les toponymes « les Murailles », « le jardin sur la motte », « les douves » et « les mottes ».

Guillaume Ferron, chevalier du Temple né à Saint-Carné, fut témoin de la charte du duc Conan IV en 1160 relative aux chevaliers du Temple.

Le château du Chesne-Ferron aurait été fondé par Payen Ferron à son retour de croisade (vers 1248). Le fief passe aux Ferron par le mariage d'Olivier Ferron avec Jeanne Du Val en 1443..

Ancien Régime Organisation administrative et ecclésiastique La paroisse de Saint-Carné, enclavée dans l'évêché de Saint-Malo, faisait partie du doyenné de Bobital relevant de l'évêché de Dol, et était sous le vocable de saint Pierre. C'est l'une des 24 enclaves doloises dans le diocèse de Saint-Malo. La cure était « à l'alternative » (le Pape et l'évêque nommaient alternativement). Le seigneur du Pin était considéré comme supérieur fondateur et prééminencier de l'église..

Saint-Carné comptait environ 600 communiants (soit 850 à habitants) vers 1778, relevait de la subdélégation de Dinan, et disposait d'une haute justice appartenant à M. de Bruc (seigneurie du Pin).

Données fiscales En 1790, la commune était « extraordinairement chargée de rentes seigneuriales et de capitation au Roi, car presque la moitié de son territoire est en landes et en montagnes ». Le total des impositions s'élevait à livres (capitation : 632 l., vingtièmes : l., fouages : 338 l.). Sur 132 contribuables en 1778, 85 payaient moins de 3 livresArchives départementales d'Ille-et-Vilaine, C 1416..

Révolution française et Chouannerie La première municipalité est élue début 1790. L'abbé Gilles-René Marie de Miniac (Baguer-Morvan, – Saint-Carné, ), docteur en théologie, recteur-doyen de Saint-Carné depuis 1778, est élu député suppléant aux États généraux par l'assemblée du clergé du diocèse de Dol le . Il refuse le serment constitutionnel, rejoint la Société du Cœur de Jésus, est déclaré déchu le , puis s'exile à Jersey et à Bagnorea (États pontificaux). Il revient mourir à Saint-Carné en 1803..

La paroisse est supprimée en 1792 et rattachée à Trévron. Elle est rétablie en 1803 avec adjonction de Bobital, qui en est séparée le .

Les biens ecclésiastiques vendus comme biens nationaux comprennent le Clos aux Prêtres, le Chauchix et la prestimonie de la Rue-Josse, acquis par Joseph Brillard le . L'argenterie d'église (calices, ostensoir, croix) est inventoriée le avant envoi à la Monnaie.

Un traité de paix est signé le au château du Chêne-Ferron entre les chouans de la région et le général La Barolière, dans le cadre de la pacification de la chouannerie en Bretagne.

L'église est substantiellement reconstruite entre 1826 et 1845 (voir section Lieux et monuments). Jusqu'en 1835, un logis au nord-est de l'église abritait la perception pour Saint-Carné, Lanvallay, Quévert, Aucaleuc, Trélivan et Léhon, transférée ensuite à Dinan..

Le château du Chêne-Ferron est restauré et agrandi dans les années 1880 par Bertrand de Ferron, probablement par l'architecte Henri Mellet..

Seconde Guerre mondiale Le monument aux morts porte les noms de 45 soldats morts pour la Patrie. : 39 sont morts durant la Première Guerre mondiale et 6 durant la Seconde Guerre mondiale.

Louis Hesry