L’Église de Norvège (), également connue sous le nom d’Église protestante-luthérienne de Norvège, est l’Église d’État de la Norvège jusqu'au En Norvège, le luthéranisme n’est plus religion d’État, Apic/La Croix, 21/05/2012, article en ligne.

L'Église de Norvège est de confession protestante luthérienne. Elle est la première confession du pays avec près de 3,83 millions de fidèles, représentant 77 % de la population en 2011Church of Norway, 2011 Statistisk Norway 19.5.2012.

Histoire

L’Église de Norvège trouve son origine au , lors de l’introduction du christianisme dans le pays. La conversion de la Norvège demanda plusieurs siècles et n’alla pas sans difficulté, comme en témoigne la bataille de Stiklestad. Néanmoins, à compter de la fin du , l’archevêché catholique de Nidaros (aujourd’hui Trondheim) réussit à couvrir la totalité du pays ainsi qu’un grand nombre de terres sous domination norvégienne : Islande, Groenland, île de Man, Orcades, Shetland, îles Féroé, Hébrides… vignette|Le pape anglais Adrien IV a influencé l'histoire de l'Église de Norvège. En effet, cette période sera marquée entre autres par l'influence du futur pape anglais Adrien IV qui viendra établir le cadre de l'Église de Norvège par des interventions majeures à la suite des demandes du pape Eugène III. Il organisera l'Église de Norvège selon le modèle romain. Il constituera la province ecclésiastique de Norvège, avec Nidaros, aujourd'hui Trondheim, comme métropole.

La Réforme luthérienne, en Norvège, fut décidée dès 1537, lorsque le roi de Danemark imposa la nouvelle confession comme religion officielle de la Norvège et du Danemark. La couronne s’empara des biens de l’Église catholique, et quelques lieux de culte furent abandonnés ou détruits. Ces évènements, comme en Angleterre, concrétisèrent la fusion de l’Église et de l’État, qui perdura jusqu’en 2012.

À partir de 1661, le clergé fut constitué de personnes désignées par le roi régnant, mais les questions théologiques furent laissées au soin des évêques.

En Norvège, le mouvement piétiste, incarné dans une large mesure par Hans Nielsen Hauge, servit à rapprocher les croyants et les membres du clergé, une tendance s’observant toujours aujourd’hui. En 1873, l’Église accepta en son sein les congrégations laïques, bien qu’en ne leur octroyant au début que peu d’influence. Des réunions informelles commencèrent à avoir lieu tous les deux ans, et acquirent un statut officiel en 1982.

À partir de 1905, l’Église de Norvège connaît un réveil chrétien sous l'influence d'Albert Lunde, un jeune Norvégien qui rentre des États-Unis pénétré des idées et des méthodes de l'Armée du Salut et de Dwight L. Moody. Ce mouvement, qui touche de nombreux Norvégiens, n'occasionne aucune scission dans l'Église de Norvège car Lunde souhaite rester dans l'église luthérienne. Lunde fonde néanmoins une Société protestante, préside la Société des missions norvégienne luthérienne.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la vaste majorité du clergé norvégien s’est désolidarisée du gouvernement collaborationniste de Vidkun Quisling, se contentant d’assurer de simples fonctions de pasteurs au niveau des paroisses.

Depuis, un certain nombre de changements dans la structure de l’Église sont intervenus, notamment pour institutionnaliser la participation des laïcs à son fonctionnement.

Croyances Mariage Une résolution de 2016 permet aux églises locales de décider pour les bénédictions de mariage entre personnes de même sexe .

Organisation et statut

Jusqu'en , l’Église de Norvège était reconnue comme Église d’État dans la constitution du pays. Son gouverneur suprême est le roi régnant, lequel a l’obligation d’être de confession luthérienne. Les lois régissant le fonctionnement et le budget de l’Église de Norvège étaient votées par le Parlement, et exécutées par le ministère des Églises. Le , les parlementaires norvégiens abolissent cette disposition constitutionnelle faisant de l’Église protestante luthérienne l’Église d’État : l’État n’est plus confessionnel et la notion de « religion publique » disparait, à l'instar de l'impôt ecclésiastique même si l’État conserve la tâche de soutenir l’Église en tant que communauté de croyants. L’Église norvégienne est substituée à l'État pour la nomination des évêques et doyens tandis qu'il n'est plus nécessaire pour les membres du gouvernement d'appartenir à cette Église.

La direction de l’Église est assurée par deux structures, l’une synodale et l’autre épiscopale (voir plus bas).

Depuis le , l'Église dispose d'une personnalité juridique nationale. Elle se dote d'un règlement en 2019 et le Synode général adopte les principes d'une nouvelle organisation en 2022, caractérisée de l'Église.

Subdivisions

L’Église de Norvège compte 1 600 églises ou chapelles. Le pays est divisé en et ruraux. À la tête de chaque paroisse se trouvent un pasteur et un conseil paroissial élu par la communauté.

Mais la structure générale de l’Église repose surtout sur la division du pays en onze diocèses, avec un évêque à la tête de chacun d’eux. Contrairement à l'Église de Suède, mais comme l'Église du Danemark, il n'y a pas d'archidiocèse.

thumb|upright=1.2|Carte des diocèses de l'Église de Norvège.

Liste des onze diocèses Nom Siège du diocèse Zone couverte Oslo Oslo Comté d’Akershus Borg Fredrikstad Comté d’Østfold Hamar Hamar Comtés de Hedmark et d’Oppland Tønsberg Tønsberg Comté de Vestfold Agder et Telemark Kristiansand Comtés de Aust-Agder, Telemark et Vest-Agder Stavanger Stavanger Comté de Rogaland Bjørgvin Bergen Comtés de Hordaland et de Sogn og Fjordane Møre Molde Comté de Møre og Romsdal Nidaros Trondheim Trøndelag Sør-Hålogaland Bodø Comté de Nordland Nord-Hålogaland Tromsø Comtés de Troms et de Finnmark

Synode général

Le Synode Général est la plus haute instance représentative de l’Église§ 28 de l'Ordre de l'Église de Norvège, comme dans toutes les églises de régime presbytérien synodal. Il se réunit une fois par an. Il se compose de , à raison d’une délégation de sept ou huit personnes par diocèse. On trouve dans une délégation : l’évêque ; quatre membres laïques de l’Église, nommés par les congrégations locales ; un autre membre laïque désigné par les salariés locaux de l’Église ; un membre du clergé, désigné par ses pairs ; pour les deux diocèses les plus septentrionaux, un représentant de la communauté lapone.

En plus des diocésaines, sont présents des représentants d’autres organisations affiliées, comme les trois séminaires que compte l’Église ou l’association des jeunes.

Le Synode intervient en matière doctrinale et liturgique. Il .

Conférence des évêques

Il s’agit d’un organe consultatif, émettant des opinions sur des sujets variés, pouvant aller de la vie quotidienne de l’Église à des questions théologiques. La Conférence § 31 de l'Ordre de l'Église de Norvège..

Conseil national

. Il comprend dix-sept membres : l'évêque-président de la Conférence des évêques et seize membres éus par le Conseil dont deux prêtres et un employé de l'Église§ 29 de l'Ordre de l'Église de Norvège.. Sa tâche consiste notamment à étudier et préparer l’ordre du jour du Synode général, puis à veiller à l’exécution des décisions de ce même synode. Le Conseil national dispose de plusieurs groupes de travail permanents, dédiés à l’étude de différents thèmes tels que l’éducation, la jeunesse…

L’Église de Norvège aujourd’hui

L’Église de Norvège a parfois eu tendance à influer sur des questions politiques, ce qui suscite régulièrement des polémiques. La séparation de l’Église et de l’État a longtemps fait l’objet de débats en Norvège avant d'être concrétisée par le vote du parlement du . Cette séparation a été consacrée par la loi sur les communautés religieuses et de croyance entrée en vigueur le . La loi comporte cependant un chapitre spécifique .

Même si la plupart des Norvégiens n’ont recours à l’Église que pour les grands évènements de la vie, les traditions et les institutions religieuses restent très appréciées. Par ailleurs, l’Église de Norvège a une importante tradition d'aide sociale, s'appuyant sur les paroisses et le volontariat Grace Davie, Welfare and Religion in 21st Century Europe: Gendered, Religious and Social Change, éd. Ashgate Publishing, 2011, p.4, extrait en ligne.

Œcuménisme Le , le pape Léon XIV reçoit en audience le collège épiscopal de l'Église luthérienne de Norvège. Dans son discours de salutation au pape, l'évêque-président, Olav Fykse Tveit, se réfère à la devise de Léon XIV, In Illo uno unum (), qu'il qualifie de profondément inspirante, en ce qu'elle rappele la prière du Christ . Les évêques témoignent à cette occasion de leur attachement à l'unité des chrétiens prônée par Léon XIV qui a recommandé de suivre l'exemple de saint Olaf et de sainte Sunniva dont les vies . Cette rencontre, qui s'inscrit dans l’agenda œcuménique impulsé par Léon XIV dès le début de son pontificat, s'est faite à l'initiative du nonce apostolique pour les pays nordiques, l’archevêque Julio Murat. Elle est une étape du voyage d'étude sur la jeunesse et l'œucuménisme entrepris par les évêques, qui comprend une rencontre avec la communauté de Taizé en France.

À l'occasion de cette audience, l'évêque-président a fait part au pape du souhait de l'Église de Norvège de l'accueillir en 2030 dans le cadre du jubilé national.

Notes et références

Bibliographie Emmanuelle Vignaux, Luthéranisme et politique en Norvège: Le parti chrétien du peuple, éd. L'Harmattan, 2003, [extraits en ligne]

Voir aussi Articles connexes

Luthéranisme Communion de Porvoo Église évangélique luthérienne libre de Norvège Norvégianisation

Liens externes Site officiel de l’Église de Norvège (en norvégien et en anglais) Vatican (Site officiel) : présentation du pape Adrien IV

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