L’Exposition universelle de 1862 se tint à Londres du au . Outre les jardins de la Royal Horticultural Society, dans South Kensington, elle occupait l'emplacement de l'actuel Musée d'histoire naturelle de Londres et du Science Museum.
Déroulement Cette exposition, financée par la Royal Society of Arts, Manufactures and Trade, recevait exposants venant de 36 pays, qui représentaient un large éventail de l'industrie, la technologie et les arts décoratifs de l'époque.
Locaux thumb|left|280px|Photographie stéréoscopique du hall de l'Exposition. Elle s’étendait sur 9 hectares de terrain, avec une halle construite pour l'occasion par Charles et Thomas Lucas, et Sir John Kelk, sur des plans du capitaine Francis Fowke (1823-1865). Le coût des travaux, de £, était couvert par les profits de l’Exposition universelle de 1851. Cet édifice comportait un corps principal et deux ailes à angle droit de ce corps, pour abriter les machines industrielles et l'outillage agricole ; ces ailes furent démolies à la fin de l'Exposition. La grande façade, qui s'ouvrait le long de Cromwell Road était longue de , et ornée de deux coupoles de verre, de de hauteur chacune. Bien qu'elles aient été alors les plus grandes coupoles du monde, elles firent peu d'impression, moquées dans la presse comme de « grands bols de soupe » (colossal soup bowls) et « une horreur nationalea national disgrace, d'après » ; quant au bâtiment, The Art Journal le taxa de « cabane délabrée » (a wretched shed). Le Parlement repoussa la proposition du gouvernement de racheter le bâtiment, si bien que les matériaux de construction furent revendus. Ils furent réutilisés pour la construction d’Alexandra Palace.
Tournoi d'échecs
Articles vignette|Machine analytique de Charles Babbage.|gauche L'Exposition comportait de grandes machines comme certains éléments de la machine analytique de Charles Babbage, des fileuses-tisseuses, et des moteurs de navire comme ceux de la firme Maudslay, mais aussi une multitude d'articles comme des pièces de tissu, des tapis, des sculptures, des meubles, des articles de porcelaine, de verre et d'argenterie, et du papier à tapisser. L’Exposition présentait également diverses applications de la vulcanisation du caoutchouc ; un prototype de matière plastique : la Parkesine, et le procédé Bessemer pour la fabrication de l'acier.
thumb|L'Inondation de Saint-Cloud,Paul Huet, 1855,musée du Louvre. Le peintre romantique français Paul Huet y présente son tableau L'Inondation de Saint-Cloud acheté par le gouvernement français en 1857Pierre et Rolande Miquel avec la collaboration du professeur Gérard Bonin et de Michael Tazi Klaa, De l'aube romantique à l'aube impressionniste, éditions Somogy, 2011, p. 146..
Bilan Pourtant, lorsqu'on fit le bilan de l'opération, l'opinion de la presse était que cette manifestation était un demi-échec à côté de l’Exposition universelle de 1851. En tout, elle attira environ 6,1 millions de visiteurs. Les recettes ( £) couvraient à peine les dépenses ( £), dégageant un profit de .
Impact sur le mouvement ouvrier Cette exposition universelle eut des répercussions importantes sur le mouvement ouvrier européen, en faisant circuler des idées nouvelles et en mettant en lien des militants.
En 1862, du au , le gouvernement français envoie une délégation de 550 ouvriers à l'exposition de Londres, pour étudier les produits et procédés de l'industrie anglaise. Cette délégation entre alors en contact avec le Conseil londonien des syndicats. Les échanges nés de cette rencontre permettent d'organiser l'année suivante un meeting de solidarité commun en faveur de la Révolution polonaise le à Londres auquel participèrent les syndicalistes anglais (dont et George Odger) et parisiens (parmi lesquels figure Henri Tolain). Ces rencontres aboutissent à la rédaction d'une adresse des ouvriers britanniques à leurs homologues françaisAnnie Kriegel, « L'Association internationale des Travailleurs (1864-1876) », dans 'Jacques Droz (dir.), 'Histoire générale du socialisme, volume 1 (Des origines à 1875), PUF, 1972, pp. 603-634.. Celle-ci en appelle à la coopération internationale entre ouvriers, avec pour objectifs principaux de peser sur la politique étrangère des gouvernements afin de soutenir les mouvements de libération nationale et de lutter contre la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle internationale, essentiellement contre le recrutement de main-d’œuvre étrangère pour briser les grèves ou tirer les salaires vers le bas.
Des délégués de la Fédération des associations ouvrières allemandes étaient également présents, et cela fut une des raisons de la création du premier parti ouvrier allemand, l'ADAV, en 1863.
Le , un congrès ouvrier européen se tient au Saint-Martin's Hall de Londres à l’initiative des ouvriers britanniques des Trade Unions. La décision y est prise de créer l'Association internationale des travailleurs (appelée plus tard « Première Internationale »), qui unit des éléments du mouvement ouvrier de divers pays.
Notes et références
Annexes Bibliographie The Exhibition Building of 1862, Survey of London: volume 38: South Kensington Museums Area (1975), pp. 137–147. Hollingshead, John, A Concise History of the International Exhibition of 1862. Its Rise and Progress, its Building and Features and a Summary of all Former Exhibitions, London, 1862. Hunt, Robert, Handbook of the Industrial Department of the Universal Exhibition 1862, 2 vols., London, 1862. Dishon, Dalit, South Kensington's forgotten palace : the 1862 International Exhibition Building, PhD thesis, University of London, 2006. 3 vols.
Expo2000 article Science and Society Picture Library L'Art naval à l'exposition universelle de Londres de 1862, par M. le contre-amiral Paris (1863)
Liens externes
Site officiel du BIE Les Archives nationales conservent, sous les cotes F/12/3131 et CP/F/12/11850/BIS , les documents iconographiques relatifs à la participation française à l'Exposition Universelle de Londres de 1862.
Catégorie:Histoire de Londres Catégorie:1862 au Royaume-Uni 1862