Ericka Bareigts (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.), née Paule Ericka Couderc le à Saint-Denis (La Réunion), est une femme politique française, membre du Parti socialiste (PS).
Première femme réunionnaise à diriger une intercommunalité en devenant présidente de la communauté intercommunale du Nord de La Réunion en 2008, par son mandat d'adjointe au maire de Saint-Denis, elle conduit la liste du PS aux élections européennes de 2009 en Outre-Mer puis est élue députée lors des élections législatives de 2012.
Entre 2016 et 2017, elle est secrétaire d'État chargée de l'Égalité réelle puis ministre des Outre-mer dans les gouvernements Valls et Cazeneuve, sous la présidence de François Hollande. Elle retrouve ensuite son siège de députée.
Elle remporte les élections municipales de 2020 à Saint-Denis pour l'union de la gauche, devenant la première femme élue à la tête de la ville, puis tente sans succès de prendre la région lors du scrutin régional de 2021 à La Réunion. L'année suivante, elle devient vice-présidente du conseil régional de La Réunion. Elle est réélue maire de Saint-Denis en 2026.
Situation personnelle Origines et famille Ericka Bareigts est l'arrière-petite-fille d'un Corse et d'une Malgache. Son père est instituteur et sa mère est issue d’une famille d'agriculteurs pauvres. Née à Saint-Denis, elle grandit dans l'enclave malgache de SakayQuentin Girard, « Ericka Bareigts : Des îles d’avenir », liberation.fr, 1 novembre 2016 ..
Avec son mari, directeur d’une maison de retraite, elle est mère de deux filles.
Formation Étudiante à l'université de La Réunion au milieu des années 1980, Ericka Bareigts obtient d'abord un DEUG de droit, puis poursuit ses études à l'université Panthéon-Sorbonne. Elle obtient ensuite une maîtrise en droit des affaires. Elle part alors huit mois à Londres pour perfectionner son anglais. Elle revient ensuite à La Réunion où elle obtient, en 1992, un DESS de droit des affaires.
Carrière professionnelle Admise à l'examen professionnel d'attaché territorial principal, Ericka Bareigts débute en 1992 comme responsable du service juridique du conseil régional de La Réunion. En 1998, elle devient responsable du service social départemental pour les politiques publiques en faveur des personnes âgées, des handicapés et de la santé publique.
Parcours politique Débuts En 1986, Ericka Bareigts adhère au Parti socialiste et intègre l'équipe des élections législatives. Elle se mobilise, notamment dans les milieux étudiants, en participant à la création de la première antenne de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) à l'université. Elle manifeste contre le projet de loi Devaquet, sur la réforme des universités françaises. Le projet du ministre prévoyait notamment de sélectionner les étudiants à l'entrée des universités et de mettre celles-ci en concurrence. Le projet de loi est finalement retiré le .
Elle devient secrétaire de section et accède alors à la responsabilité d’élue au conseil fédéral et est nommée par la suite au conseil national du PS. Ericka Bareigts est également élue au sein de la Fédération réunionnaise du Parti socialiste (FRPS) en tant que membre du bureau politique et du conseil fédéral.
Lors des élections municipales de 2008 à Saint-Denis, elle figure sur la liste de Gilbert Annette, mari de sa mère Harrie Couderc.. La liste remporte l'élection au second tour, le , avec 53,8 % des suffrages exprimés, contre la liste UMP de René-Paul Victoria. Ericka Bareigts est alors nommée deuxième adjointe au maire chargée du développement humain..
La même année, elle est élue présidente de la communauté intercommunale du Nord de La Réunion (CINOR), qui regroupe les communes de Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne, devenant la première femme à diriger une intercommunalité à La Réunion. Jean-Louis Lagourgue lui succède en 2010..
Elle est choisie comme tête de liste du PS pour les élections européennes de 2009 dans la circonscription Outre-Mer ; Le Figaro qualifie ce choix de , Ericka Bareigts étant alors relativement peu connue du public.. Sa liste, « Changer l'Europe maintenant avec les socialistes », obtient 20,3 % des suffrages derrière la liste de la majorité présidentielle de Marie-Luce Penchard (29,7 %) et la liste de l' d'Élie Hoarau (21 %).
Elle remporte un siège de conseillère régionale lors des élections régionales de 2010 à La Réunion, la liste sur laquelle elle figure obtenant 18 % des suffrages exprimés..
Députée de La Réunion En 2012, elle se présente aux élections législatives dans la première circonscription de La Réunion. Au second tour, Ericka Bareigts est élue députée avec 55,2 % des suffrages exprimés, soit voix contre pour la candidate du Centre pour la France, Nassimah Dindar, présidente du conseil général..
Elle siège à la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. Elle est également membre de droit de la délégation aux Outre-mer, membre titulaire de la Commission nationale d'évaluation des politiques de l'État outre-mer (CNEPEOM). Elle est en outre vice-présidente du groupe d'étude « Économie sociale et solidaire » et vice-présidente du groupe d'amitié avec Madagascar et les Seychelles.
En , elle est rapporteure sur le projet de loi de régulation économique Outre-mer et portant diverses dispositions relatives aux Outre-mer. En , elle propose une loi constitutionnelle avec pour ambition d'étendre aux collectivités de l'île de La Réunion des possibilités de délégation du pouvoir normatif national prévues à l'article 73 alinéa 3 et 4 de la Constitution.
En , elle présente la résolution relative aux enfants réunionnais placés en métropole dans les années 1960-1970, qui est votée à l’Assemblée nationale.. En , elle rend un rapport sur l’adaptation du droit de l’énergie aux Outre-mer, et est également rapporteure sur le titre VII relatif à la simplification des normes, ainsi que sur le chapitre Outre-mer du titre VIII relatif à la gouvernance pour le projet de loi de Ségolène Royal relatif à la transition énergétique pour la croissance verte.
En 2014, elle est nommée secrétaire nationale du Parti socialiste aux Outre-mer..
Début 2015, Ericka Bareigts dépose un amendement à la loi Macron (amendement 82 bis) afin que les départements d'Outre-mer aient la possibilité de remplacer des jours fériés nationaux (pris sur les jours fériés catholiques) par des jours fériés spécifiques à chaque communauté (Musulmans, Hindous principalement). Adopté à l'Assemblée nationale, cet amendement suscite une vive opposition tant au niveau national que localement à La Réunion et est rejeté largement par le Sénat..
En , elle est ovationnée dans l'hémicycle pour sa réponse aux propos de Nadine Morano qui avait qualifié la France de Départ surprise de George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, sur Le Monde.fr, 30 août 2016 .. Elle déclare ainsi : .. Manuel Valls lui répond ensuite : .
Ministre sous François Hollande Le , Ericka Bareigts est nommée secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée de l'Égalité réelle. Elle prépare alors conjointement avec la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin le projet de loi sur l'égalité réelle en Outre-mer, lequel indique (avec son article ) que « l’outre-mer constitue une priorité de la nation » et prévoyant une méthodologie pour réduire progressivement les écarts de niveaux et la qualité de vie. Ce projet de loi est jugé décevantUn projet de loi s’attaque aux inégalités entre la métropole et les DOM-TOM, journal Le Monde, par Patrick Roger, le 4 août 2016 ...
Le , elle est nommée ministre des Outre-mer en remplacement de George Pau-Langevin, démissionnaire pour motifs personnels. Quatrième ministre depuis 1958 à venir d'un département d'Outre-mer et première Réunionnaise à accéder au poste de ministre., elle souffre néanmoins d'un manque de notoriété. Elle déclare alors vouloir mettre en œuvre l'égalité réelle de ces territoires avec la métropole et favoriser une . Elle se rend pour son premier déplacement à Mayotte, département le plus pauvre de France. Elle s'y rend à nouveau alors que le département connaît une sécheresse sans précédent depuis les relevés météorologiques de 1941.
Le , Ericka Bareigts signe une convention avec la commission nationale française de l'UNESCO pour protéger le patrimoine des Outre-mer, valoriser leur potentiel dans le domaine de la culture, des arts et des sciences et accroître la coopération régionale des Outre-mer dans ces domaines..
En 2016, elle est l'un des auteurs du projet de loi Égalité Citoyenneté portant notamment sur la mixité sociale ou les discriminations socialesQue contient le projet de loi «égalité et citoyenneté» qui arrive à l'Assemblée?, liberation.fr, 26 juin 2016 ., loi qui, pour le philosophe Dominique Lecourt « représente jusqu'à la caricature une conception de l'idée de démocratie », une « frénésie normative » ayant pour résultat « une pratique autoritaire du pouvoir politique »Dominique Lecourt : «Le politiquement correct favorise le retour de toutes les violences», entretien Dominique Lecourt, lefigaro.fr, 21 octobre 2016..
Elle soutient Manuel Valls pour la primaire citoyenne de 2017 et fait partie de son organigramme de campagne« Primaire à gauche : Valls présente son QG et son état-major de campagne », lesechos.fr, 14 décembre 2016 .. Après la victoire de Benoît Hamon, elle est nommée coordinatrice des élus des outremers de sa campagne présidentielleMarie-Pierre Haddad, « Présidentielle 2017 : ce que traduit le nouvel organigramme de l'équipe de Hamon », rtl.fr, 26 février 2017 ...
Le , est votée à l'unanimité la loi de programmation en faveur de l'égalité réelle Outre-mer au Sénat comme cela avait le cas à l'Assemblée nationale cinq jours plus tôt. Outre la possibilité pour les départements et collectivités d'Outre-mer d'organiser leur développement économique et social autour de plans de convergence, la loi prévoit la convergence de prestations sociales aux mêmes niveaux et critères que l'Hexagone.. Le même jour, Ericka Bareigts organise au ministère des Outre-mer les premiers états généraux LGBT Outre-mer, en lien avec la fédération Total Respect..
À compter du , lors de la crise en Guyane, elle se fait remarquer par la lenteur de son actionArthur Berdah, « Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer et grande absente de la crise en Guyane », lefigaro.fr, 27 mars 2017 . et par l'absence de communication. Arrivée en Guyane avec le ministre de l'Intérieur Mathias Fekl, le , ses excuses au permettent aux négociations de reprendre.. Les discussions échouent cependant par la suite avec la proposition d'un financement exceptionnel d'un montant d'un milliard d'euros ; le , la situation reste bloquée.. Un plan d'urgence de 1,085 milliard d'euros ainsi que des accords par filières sont finalement actés. Le plan prévoit notamment la cession par l'État de de terrains à la collectivité territoriale de Guyane et aux communes, le doublement du pont du Larivot, le stationnement d'un escadron de gendarmes mobiles de manière permanente, la création d'une cité judiciaire à Cayenne ainsi qu'un établissement pénitentiaire à Saint-Laurent-du-Maroni. Les accords thématiques, négociés pendant la nuit du à la préfecture de Cayenne avec le collectif Pou la Guyann Dékolé, complètent le plan d'urgence. Parmi les mesures, la rétrocession aux populations amérindiennes et bushinengue de de terres, la création d'un office foncier des populations amérindiennes pour gérer ces terres et la participation de leurs représentants à la Commission départementale des mines.. La presse évoque la ..