Montmélian (prononcé ) est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Géographie vignette|gauche|Installation historique de Montmélian, au pied du « Rocher » au bord de l'Isère. Localisation Montmélian est une commune de la combe de Savoie, située à au sud-est de Chambéry, dans le département de la Savoie.

La commune est délimitée au sud par la rive droite de l'Isère et au nord par la Roche du Guet, sur le chaînon le plus méridional du massif des Bauges. Ainsi, l'altitude de Montmélian varie de dans la plaine de l'Isère à au sommet des Bauges.

Malgré la plaine qui caractérise la moitié sud de la commune, Montmélian possède sur son territoire un rocher, dit « Rocher de Montmélian », dont le sommet culmine à et sur lequel avait été bâti le château de Montmélian aujourd'hui disparu. Ce rocher, constitué de calcaire du Jurassique supérieur., aurait été détaché du chaînon des Bauges durant les plissements de l'ère tertiaire.. Le secteur urbanisé de la commune contourne de nos jours le Rocher, à l'est au niveau de la ville historique de Montmélian, au nord au niveau de l'hôtel de ville et à l'ouest au niveau de Chavort. Seule la partie sud est moins urbanisée du fait du faible espace existant entre le pied du Rocher et l'Isère.

Communes limitrophes Montmélian compte 7 communes limitrophes, dont l’une située sur un quadripoint.

À l'est-nord-est se situe la commune d'Arbin, des coteaux du massif des Bauges jusqu'à l'Isère. Le quadripoint se situe à l'est de Montmélian et concerne la commune de Planaise. La majeure partie de la limite sud, matérialisée par l'Isère, est partagée avec La Chavanne, puis avec Sainte-Hélène-du-Lac plus à l'ouest. La totalité de la limite occidentale de la commune est partagée avec Francin, de l'Isère jusqu'au sommet des Bauges. Enfin, au nord, Montmélian est limitrophe de la commune de La Thuile, commune située sur le versant opposé du massif, la limite suivant l'arête à son sommet.

Voies de communication et transports vignette|Gare de Montmélian, jonction des lignes venant de Grenoble et de la Maurienne. La commune de Montmélian est traversée par l'ancienne Route nationale 6 de Paris à l'Italie par le col du Mont-Cenis, devenue Route départementale 1006. Un contournement aménagé à l'ouest de la commune en venant de Chambéry permet à cet axe structurant d'éviter la traversée du centre-ville en rejoignant la rive droite de l'Isère, qu’elle longe jusqu'à sa sortie de Montmélian et puis au-delà jusqu'au pont Royal à Chamousset.

En matière de transport ferroviaire, la commune est traversée par la ligne de Culoz à Modane (frontière) dite « ligne de la Maurienne ». Arrivant de Chambéry à l'ouest, cette ligne à double voie électrifiée longe le pied des Bauges au nord du secteur urbanisé. Montmélian est par ailleurs la dernière commune desservie par la ligne de Grenoble à Montmélian, également ligne à double voie électrifiée arrivant de Grenoble au sud. La jonction des deux lignes s'effectue à la limite ouest de la commune et marque l'emplacement de la gare de Montmélian, gare de bifurcation permettant ainsi un accès à chacune des lignes avec deux quais extérieurs et un quai central. La gare est desservie par des TER Auvergne-Rhône-Alpes reliant Chambéry (puis au-delà Lyon, Aix-les-Bains et Annecy), Grenoble (et au-delà Valence) et enfin les vallées alpines de la Tarentaise et de la Maurienne.

La commune de Montmélian possède également un réseau de transports en commun avec le réseau de bus Mont'Bus : une ligne régulière dans Montmélian et une ligne de transport à la demande vers Chambéry et Challes-les-Eaux.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Montmélian est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de MontmélianUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Montmélian comprend une ville-centre et deux communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Chambéry, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (44,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (46,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (28,9 %), zones urbanisées (24,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (15,8 %), cultures permanentes (12,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (11 %), terres arables (5,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,6 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Risques naturels et technologiques Risque sismique

Autres risques

Toponymie Le toponyme de Montmélian est composé de mons, dérivé de *men- désignant un « être saillant », correspondant à un mont, une montagne ou encore une colline, et de meillan, mélian, dérivé du nom gaulois Mediolanon, qui signifie un « plein centre, centre sacré »D'après .D'après .. Il semble cependant que le second élément du toponyme ne fasse pas l'unanimité chez les spécialistes.

Le lieu est mentionné dès le sous différentes graphies (1014), (1080), (1081), (1083) voire encore . Au siècle suivant, sont mentionnées (1100) et (1189). Le nom de la paroisse est attesté sous les formes et au Jean-Louis Grillet (1807), Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, Chambéry, Librairie J.F. Puthod, ., on trouve également (1214), (1218) et (1224). En 1488, la graphie est et en 1850 Montmeillanhttps://storia.camera.it/regno/lavori/PDF/RI_LEG02/unica/00005.pdf.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Monmélyan (graphie de Conflans) ou Montmèlyan (ORB)..

Histoire vignette|Rocher de Montmélian.

Antiquité et Haut Moyen Âge Sous l'antiquité, la voie romaine qui venait de (Milan), passait à (Aoste), allait à (Vienne) Isère passait à proximité, ainsi que la voie la reliant à la ville de (Chambéry)D’après l'itinéraire d'Antonin et la table de Théodose, in .. Certains historiens pensaient que la station , située à égale distance entre et (Conflans), correspondait au site de Montmélian, mais Grillet a démontré qu'il s'agissait d'une erreur ().

vignette|gauche|Rue François-Dumas.

Dans la deuxième moitié du , les Burgondes occupent la Sapaudie, puis ce sont les Francs qui s'y installent. La se divise en dont celui qui nous intéresse ici la (futur Savoie Propre). Montmélian en devient rapidement, du fait de sa situation, le chef-lieu. En effet, le site accueille une citadelle moyenâgeuse, point stratégique dans la Combe de Savoie, entre les marches dauphinoises, la cluse chambérienne, et en aval des vallées intra-alpines de Maurienne et de Tarentaise, et au-delà l'Italie. L'importance qu'il revêt s'illustre par les tentatives dauphinoises de 1142 et 1154 de prendre la citadelle, mais repoussées par les Savoyards.

Bas Moyen Âge vignette|Partie ancienne de Montmélian, proche de l'Isère et du pont Morens. D'après Michèle Brocard, le premier châtelain fut un certain Michèle Brocard, Châteaux de Savoie, Cabédita, 2000, ., officier de Bourgogne.

Les comtes Amédée III de Savoie et Amédée IV, tout comme son frère Thomas II de Piémont, y sont nés. Amédée IV confirme d'ailleurs les franchises obtenues par la ville et lui donne un code municipal en 1223Jean-Louis Grillet, Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du Léman, Chambéry : Librairie J.F. Puthod, (1807), .. Voir aussi .. Possession de la famille de Bertrand qui cède les droits et la juridiction le et . Entretemps, le comte Pierre II de Savoie a consolidé les fortifications. En effet, situé à un carrefour majeur, la localité constitue au le principal lieu de péage et d'étape de l'itinéraire transalpin permettant de gagner l'Italie depuis la France, ce qui fit sa fortune.. Humbert Mareschal vend, en 1277, le pont et le péage de Montmélian au comte de Savoie, Philippe .

vignette|Montmélian en ruine après sa prise par les Français en 1691.

Il faut attendre 1553, pour que les troupes françaises de François prennent la cité à la suite de la soumission rapide de son gouverneurGrillet, , .. Henri II fortifie encore le site, craignant l'arrivée par les hautes-vallées des troupes espagnoles.

Période moderne Le duc de Savoie récupère ce territoire en 1563, et dès 1578, il modernise la citadelle qui protège la ville.