En France, le niveau de vie est défini par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) comme le revenu disponible d'un ménage divisé par le nombre d'« unités de consommation ».
Formule de calcul Les unités de consommation sont un coefficient de calcul qui dépend de la taille du ménage : selon l'Insee, il faut compter une unité pour le premier adulte, 0,5 unité pour chaque personne supplémentaire de plus de 14 ans et 0,3 pour chaque enfant de moins de 14 ans« Niveau de vie », Insee.. Selon d'autres sources, les unités de consommation sont : une unité pour le premier adulte, les autres adultes et les enfants dont l'âge est inférieur à 15 ans sont comptés successivement pour 0,7 et 0,5 unité chacun.
Par décennie
L'Insee propose une série longue sur la distribution des niveaux de vie de 1996 à 2023..
Années 1990
Années 2000
Selon l'édition 2009 du rapport Les revenus et le patrimoine des ménages Les revenus et le patrimoine des ménages, 2009, Insee de l'Insee, le niveau de vie médian en France se situe à en 2006, soit mensuels, en hausse de 1,7 % par rapport à 2005 (en euros constants). Gagnant annuels, les 18 à 24 ans ont le niveau de vie le plus faible. Le niveau de vie est à son maximum dans la tranche des 55 à 59 ans (plus de euros), selon l'étude. Pour les plus de 75 ans, le niveau de vie de est proche de celui des quadragénaires et supérieur à celui des trentenairesUn jeune adulte sur cinq est pauvre en France, Le Monde, 6 mai 2009. Les 10 % de personnes les plus aisées disposent d'un niveau de vie de . Les 10 % de personnes les plus modestes disposent pour leur part d'un niveau de vie de euros, soit 3,4 fois moins. La progression de la valeur du niveau de vie est plus rapide pour les plus riches : + 2,9 %, contre + 1,7 % pour les plus modestes. L'Insee estime le seuil de pauvreté à 880 euros (contre 865 euros en 2005). Selon ce critère, près de 7,9 millions de personnes peuvent être considérées comme (contre 7,7 millions en 2005). Parmi elles, la moitié ont un niveau de vie inférieur à 720 euros par mois. Les 18 à 24 ans ont le taux de pauvreté le plus élevé : 21 % d'entre eux vivent avec moins de 880 euros par mois. Le taux de pauvreté des 25 à 29 ans est inférieur de 9,2 points à celui de la classe d'âge précédente et proche de la moyenne (11,9 %). Selon l'Insee, la pauvreté en conditions de vie concerne 12,7 % des ménages, taux en recul depuis 10 ansLa pauvreté en conditions de vie est définie par le nombre de privations auxquelles le ménage déclare être confronté ; par convention, c'est à partir de huit carences ou difficultés qu'un ménage est qualifié de pauvre en conditions de vie.
En 2007, le niveau de vie médian (partageant la population en deux effectifs égaux) est en hausse. Il se situe à euros sur l'année, soit euros par mois, en hausse de 2,1 % sur 2006. Le niveau de vie moyen s'établit à euros. Les inégalités de niveau de vie sont fortes, mais évoluent peu. Les 10 % de personnes les plus modestes ont un niveau de vie de euros annuels (en progression de 1,9 %). Les 10 % de personnes les plus aisées ont un niveau de vie de euros, en hausse de 1,3 %. Entre 2005 et 2007, les inégalités ont peu évolué pour 90 % de la population, selon l'Insee. Les 20 % des personnes les plus aisées détiennent 38,2 % de la masse des niveaux de vie, soit 4,2 fois celle détenue par les 20 % des personnes les plus modestes ; ce rapport est stable depuis 2005. Le niveau de vie des évolue plus vite. Entre 2004 et 2007, les inégalités se sont creusées entre les ménages très aisés et le reste de la population. En 2007, une personne se situe parmi les 1 % les plus riches au-dessus de euros de revenu déclaré annuel par unité de consommation. Les revenus de ces 1 % ont augmenté plus vite que ceux de l'ensemble de la population. Le taux de pauvreté a progressé de 0,3 point par rapport à 2006. Cette hausse n'est pas statistiquement significative, selon l'Insee. En 2005, le taux de pauvreté était de 12,1 %. Le seuil de pauvreté est défini en France comme équivalent à 60 % du niveau de vie médian, soit 908 euros. Les familles monoparentales, le plus souvent constituées d'une mère et de ses enfants, sont les plus touchées par la pauvreté. 30 % des personnes vivant au sein de familles monoparentales sont confrontées à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois plus importante que l'ensemble de la population. Les personnes vivant dans un ménage immigré sont également les plus exposées à la pauvreté. Elles sont confrontées à un taux de pauvreté d'environ 36 %, supérieur de 25 points à celui de la population des ménages non immigrés, selon l'Insee.
Années 2010
vignette|Évolution du niveau de vie en France entre 1996 et 2011. D1, D3, D5, D7 et D9 représentent les déciles de population, des plus pauvres aux plus riches. C95 représente les 5 % les plus riches de la population.|248x248px
Selon l'enquête de l'Insee Revenus fiscaux et sociaux parue en 2011, le niveau de vie médian en France se situe à euros en 2011, soit euros mensuels. Il est stable, en euros constants, par rapport à 2010. Avec euros annuels, ce sont les 18 à 29 ans qui ont le niveau de vie le plus faible. En euros constants, le niveau de vie diminue de 480 euros en un an, pour cette catégorie d'âge. Les 10 % de personnes les plus aisées disposent d'un niveau de vie de euros. Les 10 % de personnes les plus modestes disposent pour leur part d'un niveau de vie de euros, soit 3,6 fois moins. Le niveau de vie des 50% les plus modestes est en baisse depuis 2008, alors que les 10 % les plus riches ont un niveau de vie au plus haut. Ceci entraîne une augmentation de l'indice de Gini atteignant aujourd'hui contre en 2008 et en 1996. L'Insee estime le seuil de pauvreté à 977 euros par mois. Selon ce critère, plus de 8,7 millions de personnes peuvent être considérées comme (contre 7,8 millions en 2008). Parmi elles, la moitié ont un niveau de vie inférieur à 790 euros par mois. Les 18 à 29 ans ont le taux de pauvreté le plus élevé : 19,4 % d'entre eux vivaient avec moins de 977 euros par mois.
En 2014, selon l'enquête de l'Insee Revenus fiscaux et sociaux (ERFS), le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage en France métropolitaine est de 20 150 euros, soit 1 679 euros par mois. Pour une famille composée d’un couple avec deux enfants de moins de quatorze ans, ce montant correspond à un revenu disponible de 42 320 euros par an (soit 3 530 euros par mois). Le niveau de vie médian est quasiment inchangé par rapport à 2013 (+ 0,2 % en euros constants), poursuivant la longue stagnation observée depuis 2008. Alors qu'entre 1996 et 2008, le niveau de vie médian avait augmenté en moyenne de 1,4 % par an. Le niveau de vie médian est légèrement au-dessous de son montant de 2008.
Le niveau de vie médian de 2018, en France métropolitaine, s'élève à 21 250 euros annuels, soit 0,3 % de plus qu'en 2017 en euros constants. Les 10 % de personnes les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 11 210 euros. Les 10 % les plus aisées ont un niveau de vie au moins 3,5 fois supérieur, au-delà de 39 130 euros. Les inégalités de niveau de vie augmentent en 2018 : l'indice de Gini est de 0,298, après 0,289 en 2017. 9,3 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté monétaire, soit 1 063 euros par mois. Le taux de pauvreté s'établit à 14,8 %. Il s’accroît de 0,7 point sur un an. L'intensité de la pauvreté est stable à 19,6 %.
Années 2020
En 2023, selon l’enquête Revenus fiscaux et sociaux, le niveau de vie annuel médian des personnes vivant dans un logement ordinaire de France métropolitaine est de 25 760 euros par unité de consommation, soit 2 150 euros mensuels..
+ Distribution des niveaux de vie depuis 2020 (en euros 2023 constants) Décile 2020 2021 2022 2023 2023/2020 décile décile décile décile Médiane décile décile décile décile centile D9/D1 3,30 3,41 3,38 3,49
Dépenses contraintes D'après l'Insee, le poids des dépenses contraintesPour l'Insee, les dépenses contraintes correspondent à l' « ensemble des dépenses des ménages réalisées dans le cadre d'un contrat difficilement renégociable à court terme ». Il s'agit ainsi en général d'un paiement mensuel ; on retrouve donc le loyer, les assurances, les besoins vitaux : l'électricité et l'eau, les abonnements internet, la cantine scolaire etc. est passé de 12,4 % du revenu disponible en 1951 à près de 30 % en moyenne 2017. Cette augmentation s'explique pour « plus des trois quarts » par la hausse des coûts liés au logementWladimir Garcin-Berson, Les dépenses contraintes, ces poids devenus insupportables pour les ménages, lefigaro.fr, 12 décembre 2018. Ces dépenses pré-engagées réalisées laissent aux ménages un « revenu arbitrable » qu'ils peuvent utiliser comme ils le souhaitent. « Or, le niveau de vie arbitrable médian mensuel s'élevait, en 2011, à euros seulement, [...] les ménages pauvres, quant à eux, n'ont que 340 euros en moyenne après avoir payé ces dépenses contraintes ».
En 2023, le poids des dépenses contraintes des Français atteint 38 % de leurs revenus, s'élevant à euros par mois en moyenne. Cette augmentation s'explique par « l'explosion de trois postes de dépenses en particulier: l'énergie, les transports et l'assurance. » Les couples avec deux enfants ont vu leurs dépenses contraintes fortement augmenter passant en six mois de euros mensuels à euros, soit 44 % de leur budget. L'augmentation des dépenses liées aux services financiers, à la communication ou encore à la santé constitue la raison principale de cette envolée. Un Français sur deux (52 %) déclare parvenir à mettre de l'argent de côté. Trois Français sur dix (29 %) rapportent boucler juste leur budget, et 19 % disent devoir tirer sur leurs réserves ou s'endetterJulien Da Sois, Inflation: le poids des dépenses contraintes des Français bondit, atteignant 38% de leurs revenus, lefigaro.fr, 13 mai 2023.
Études économiques du niveau de vie français Le niveau de vie des Français fait l'objet de diverses études économiques. En 2020, une note de l'Observatoire des inégalités montre que le niveau de vie des 10% les plus aisés était, en 1970, 4,6 fois plus élevé que celui des 10% les plus modestes. Le rapport a chuté jusqu'en 1984, où les 10% les plus aisés disposaient d'un niveau de vie 3,3 fois supérieur. Le rapport ne fait qu'augmenter jusqu'en 2011, afin de se réduire jusqu'en 2018, où il atteint 3,5.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Indicateur de développement humain Produit intérieur brut Pouvoir d'achat Indice des prix à la consommation Pauvreté en France Inégalités de revenu en France
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