Jean-Pol, de son vrai nom Jean-Paul van den Broeck, né le à Louvain (province du Brabant flamand), est un auteur de bande dessinée belge. Biographie Jeunesse Jean-Paul van den Broeck naît le à Louvain... Il passe son enfance à Malaise, un petit village à côté d'Overijse, le centre de la « région du raisin » en Belgique. Son père vendait des engrais aux agriculteurs et viticulteurs locaux. Enfant, Jean-Pol lit des journaux de bandes dessinées : Bravo !, et Robbedoes. Graphiquement, ses influences sont Marc Sleen, Maurice Tillieux, Berck et André Franquin. qu'il considère comme son dieu.. Adolescent, Jean-Pol rend visite à Marc Sleen, Gérald Forton et Tillieux, qui lui donnent des conseils pratiques, à savoir pour ce dernier d'avoir un style international.. Le jeune montre à Tillieux une page gag qu'il a faite avec le personnage de César. Alors que l'œuvre est celle d'un amateur, Tillieux aime le gag et paye Jean-Pol belges ( ou ) pour utiliser l'idée d'un véritable gag de César. Pendant quelques mois en 1962-1963, Franquin est absent de Spirou. Pour soutenir son artiste préféré, Jean-Pol soumet une de ses propres bandes dessinées mettant en vedette Gaston Lagaffe de Franquin, qui est imprimée dans la section courrier du numéro 1247 daté du . Le père van den Broeck permet à son fils de devenir artiste, mais seulement s'il pouvait en vivre. Jean-Paul commence sa vie professionnelle dans l'entreprise familiale. Son parcours commercial façonne sa mentalité dans son parcours dans la bande dessinée en s'adaptant aux souhaits de ses clients, notamment en matière de bande dessinée publicitaire. Ainsi, dans les premières étapes de sa carrière artistique, Jean-Pol continue de travailler aux côtés de son père. Dans son temps libre, Jean-Pol aime également réaliser des maquettes techniquement détaillées.

Jean-Pol suit les cours du soir de publicité et arts décoratifs dans la section néerlandophone de l'Institut Saint-Luc de Bruxelles..

Début de carrière En 1962 paraît son premier court récit complet d'un petit pirate Calypso mène la danse dans le mensuel Samedi-Jeunesse.. Dès l'âge de vingt ans, il signe ses bandes dessinées sous des pseudonymes tels que Jipo, Jipo-Max, Jean-Paul et Jean-Pol.. Il entre ensuite comme apprenti à l'agence Réal Presse grâce à Maurice Tillieux où il lettre et remonte diverses séries étrangères et romans-photos . Il réalise également quelques illustrations pour des périodiques pour la jeunesse flamande ainsi que des cartoons politiques pour le journal Demain, le magazine du parti libéral flamand PVV ainsi que pour le CVP dans des styles et pseudonymes différents.

En parallèle, il a d'abord peu de chance avec le rédacteur de Kuifje (la version flamande du journal Tintin) qui rejette ses planches. L'auteur flamand Hurey (Hugo de Reymaeker), qui travaille pour le journal, le prend sous son aile, le prend comme assistant pour les décors de quelques récits dans Tintin et lui présente le scénariste Jacques Acar. À la suite, Jean-Pol illustre quelques courts récits complets écrits par ce dernier pour les journaux Tintin. : Les Tribulations mécaniques de Jo Léclair (en 1964) et Pilote. : Les Scénarios refusés (en 1965-1966).

International Feature Service Après Réal Presse, Jean-Pol travaille pour une autre agence, International Feature Service (I.F.S.), où il monte et lettre des bandes dessinées de photos, écrites par Jacques Van Melkebeke. Lors des séances photo, il est l'assistant de Van Melkebeke, lequel opère comme scénariste non crédité pour plusieurs bandes dessinées que Jean-Pol produit via I.F.S. Pour l'hebdomadaire féminin Libelle, ils créent Bernard Lermitte (1966), un petit homme aux grands pieds et au grand nez, qui peut parler avec les animaux. Entre 1966 et 1975, il réalise divers strips publicitaires pour les fascicules Bibendum de Michelin en Afrique du Sud. Dans une interview publiée dans Brabant Strip Magazine de 2002, Jean-Pol mentionne Van Melkebeke comme le scénariste, bien que d'autres sources attribuent Jacques Acar. Il dessine Le Mystère Mornetour, le seul titre de la série Jojo, Toto et Riri. sur un scénario de Jacques Acar pour le quotidien Sud Ouest et également publié dans Samedi-Jeunesse en .

Les Schnocks (1967-1969) En 1967, il crée sur un scénario de Jacques Van Melkebeke pour l'agence I.F.S. la série quotidienne Bi-Bip sur deux joyeux extraterrestres Bi et Bip qui étudient le comportement humain et qui va rencontrer un succès international durant deux ans. Cette série paraît simultanément dans Het Laatste Nieuws et dans Le Soir ainsi qu'un peu partout en Europe, dont L'illustré de Genève, le journal régional français L'Yonne républicaine, le magazine de bandes dessinées néerlandais Sjors, sous forme de livre en Allemagne sous le nom de et dans le magazine espagnol . sous le nom de Los Bi-Bip. Environ six histoires ont été faites, composées d'environ quotidiens. En français, la bande dessinée est collectée en deux albums en édition limitée par Gadour, sous le titre de série Les Schnocks (1979). Avec Marc Sleen Et en 1967, il reprend les séries à gags de Marc Sleen Les Joyeux Lurons [« »] , ainsi que Céslestin Radis (), deux grandes séries populaires flamandes qu'il poursuit jusqu'en 1974 dans Pats (supplément du journal Het Nieuwsblad). Plusieurs des gags des deux séries sont écrits par Carl Ley, pseudonyme de l'auteur pour enfants Karel Verleyen et se fait assister graphiquement par Leo Loedts. Il assiste épisodiquement Marc Sleen pour les décors de sa série phare Néron.

Les magazines Averbode Il commence alors à travailler pour les publications des Éditions Averbode entre autres Bonjour et Tremplin. distribués dans les écoles catholiques : Jip (1967), Pickelby et Willie Wervelwind en 1969 (rédigés respectivement par Carl Ley et Jos Boven), (1974), Pom et Plume (1979).

Anne et Peter La création la plus connue de Jean-Pol pour Altoria est cependant Anne et Peter (1971-1987), qui apparaît dans Bonjour le et se poursuit dans ce magazine jusqu'en 1980. Elle met en scène les aventures d'un jeune garçon aux cheveux roux et de sa cousine blonde à couettes. Contrairement à la plupart des autres bandes dessinées jeunesse mettant en scène un garçon et une fille, le personnage féminin est mentionné dans le titre de la série avant le garçon. Et, autre rupture avec la tradition, Anne est bien plus dominante, active et dynamique. Les histoires ont été initialement scénarisées par le scénariste maison d'Altoria, Karel Haerens, ensuite, Jean-Pol s'adjoint Eddy Ryssack pour les scénarios. Anne et Peter a connu des ventes décentes, ce qui a incité Jean-Pol à prendre pour assistants Eric De Rop et Bédu. Une série importante d'albums est publiée par Standaard Uitgeverij à partir de 1981 ainsi que aux éditions Fleurus. en 1986-87. Le récit Les Faux Gitans, une histoire dessinée en 1975 est publiée sous forme d'album publicitaire bilingue français-néerlandais pour la marque de poudre à lessiver Bio-tex en 1983.. Les récits Les Blousons noirs (1977) ; Le Cri du Corbus (1984) et Le Pollueur volant (1985) sont quant à eux publiés par les éditions BD Must en 2022..

Pats et les mouvements de jeunesse Parallèlement, Jean-Pol contribue en solo au supplément du journal Pats. Beaucoup étaient des séries autonomes, telles que Hey Djo (à partir du numéro 296, 1967), Autostop (à partir du numéro 348, 1968) et (à partir du numéro 427, 1970). En 1969, il dessine l'un de ses personnages préférés Oskar, dans Pats, mais les gags de cet explorateur seront de courte durée. Vers la même période, Jean-Pol s'active pour les publications de plusieurs mouvements de jeunesse flamands. Pour Durven, le magazine de la jeunesse nationale catholique (KLJ), il réalise des strips humoristiques (1969). Jean-Pol réalise plusieurs strips pour les magazines de la jeunesse ouvrière chrétienne flamande (K.A.J.) . Pour , il réalise le strip Nestor (1967-1971). Les aventures des deux enfants de la classe ouvrière (1971-1974) sont apparues pour la première fois dans les magazines des jeunes travailleurs chrétiens Akzie et WJ, avant de se poursuivre dans Pats sous le titre (1973). Plus tard dans la même décennie, Jean-Pol crée Milleke Tant (1978), une bande dessinée sur le travail syndical dans Start, un magazine de la Confédération des syndicats chrétiens. Par ailleurs, toujours en 1978, il s'engage dans la défense des bédéastes en tant que trésorier de la guilde des auteurs néerlandophones, la .

Briochon En 1970, il crée les gags de Briochon (Kramikske) dans sur un scénario de Daniël Jansens qui a proposé le nom, la personnalité et la profession de Briochon. Ce jeune apprenti boulanger circulant en triporteur connaîtra lui aussi de nombreuses histoires à suivre dans Het Volk entre 1982 et 1990, dans Pats, Publi-Pers, , Bonjour et Jet qui poursuivra la publication de ses aventures fort appréciées en Flandres et dans le milieu de la meunerie qui en fera l'emblème du boulanger artisanal. En 1975, il crée dans Passe-Partout. Cependant, la collaboration entre l'artiste et le scénariste prend fin en 1976. Jansens souhaite que la série plaise aux lecteurs adultes, tandis que Jean-Pol souhaite qu'elle reste adaptée aux enfants. Entre 1988 et 1992, Hec Leemans, Jacques Bakker et Marck Meul écrivent de nouveaux scénarios. Au début des années 1980, Lukas Moerman était assistant encreur et coloriste. Entre 1982 et 1992, Dirk Stallaert est encreur et décoriste. Leo Loedts puis Luut Berckmans sont les coloristes des histoires ultérieures.

Het Volk a également publié la série en albums - les quatre premiers en noir et blanc blanc, les en couleur. Certains des titres les plus mémorables ont été inspirés par des événements réels fortement médiatisés, tels que la Coupe du monde de football (Mundialitis, 1986), le rallye Paris-Dakar (, 1987) et les Jeux Olympiques (, 1988).

De toutes les séries de bandes dessinées de Jean-Pol, Briochon est la plus longue et la plus étendue. La série est diffusée dans jusqu'en 1991, après quoi les sont replacés dans le magazine . Jean-Pol impute les faibles ventes des albums au manque d'effort promotionnel de l'éditeur Het Volk qu'il soupçonne de sauvegarder sa série phare : Gil et Jo de Jef Nys. À la fin des années 1980, Jean-Pol, Merho et Hec Leemans visitent la Foire du livre de Francfort, essayant de trouver un éditeur allemand intéressé par leur série. À la fin de la journée, Jean-Pol rentre chez lui avec un contrat d'édition. Cependant, à son grand dam, Het Volk refuse de fournir à l'éditeur allemand les films. Leur boycott obstiné motive Jean-Pol à ne pas renouveler son contrat et à mettre fin à Briochon dont les derniers épisodes sont des histoires retravaillées Annie et Peter, les personnages principaux étant remplacés par le garçon boulanger. Entre 2016 et 2019, toute la série Briochon est publiée sous forme d'intégrales par Saga Uitgeverij en éditions de luxe.

Il se consacre ensuite à la publication de postales humoristiques militaires vendues dans les casernes de plusieurs pays dont la France.

Les bandes dessinées publicitaires Briochon et les gags Bibendum n'étaient de loin pas les seules aventures de Jean-Pol dans le dessin publicitaire. Les clients réguliers de ce segment de travail étaient Leunen & Partners (Anvers), Liro Belgium (Mollem) et Althouse Tertre (Bruxelles). Dès 1965, l'artiste réalise des bandes dessinées et des illustrations pour les brochures et publicités de l'engrais Tertre-Auby. Pour les magazines Altoria Averbode, Jean-Pol a ensuite réalisé De Appelclub, une bande dessinée incitant les enfants à manger plus de pommes. Vers la même période, il dessine la série de dessins animés pour l'agence sportive flamande BLOSO. Les magazines Averbode publient également sa bande dessinée sur (1978), une commande de l'Association des ventes aux enchères horticoles coopératives. Avec Bédu, Jean-Pol réalise la bande dessinée publicitaire de bonbons Lutti-Kids dans en 1979.