Déodat Gratet de Dolomieu, né le au château des Gratet à Dolomieu (Isère), mort le au château de Châteauneuf (Saône-et-Loire), est un géologue, minéralogiste et volcanologue français, chevalier, puis commandeur, de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Biographie Dieudonné Guy Sylvain Tancrède, dit Déodat Gratet de DolomieuBaptisé le lendemain Dieudonné Sylvain Guy Tancrède Gratet de Dolomieu (« Dieudonné » est synonyme de « Déodat », , « donné par Dieu ») : ., naît au château des Gratet le Lacépède.Suivant les sources, le 23 ou ; il est possible qu'il soit né le 23 et baptisé le 24 : voir cette source communale recto ou 8 du document.. Il est le quatrième enfant du marquis de DolomieuGaudant 2008.. Son frère aîné Adolphe de Gratet, fut le dernier à porter le titre de marquis de Dolomieu..

Son père le présente à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dès son baptême., ou, selon une autre source, à l'âge de deux ans. La famille est peu fortunée et Déodat n'a pas de précepteur. Il devient page de l'Ordre en 1761 ou 1762 et fait son noviciat en 1766.

Formation À , après avoir suivi les cours de chimie de Jean-Baptiste ThyrionSur ce pharmacien, voir Élie Fleur, « Les grands pharmaciens : . Jean-Baptiste Thyrion, apothicaire à Metz au », dans Revue d'histoire de la pharmacie, 1925 : ; ., apothicaire majorSur ce titre : http://apothicaire.armee.pagesperso-orange.fr/biblio/histoireglobale.html. à l'hôpital militaire de Metz (il y est en garnison dans un régiment de carabiniers), il fait la connaissance du duc Alexandre de La Rochefoucauld, colonel au régiment de La Sarre, membre de l'Académie des sciences, qui l'initie à la minéralogie et à la géologieIl fait aussi la connaissance de Pierre Choderlos de Laclos et lui aurait inspiré de Valmont : Gaudant 2008.. En 1775, en Bretagne et en Anjou, il commence à travailler sur la formation du salpêtre dans les mines de Bretagne. De retour à Paris, il fait la connaissance de Louis Jean-Marie Daubenton, dont il sera nommé, en , correspondant à l'Académie des sciences.

Chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem Pendant sa formation de chevalier de l'ordre de saint-Jean de Jérusalem, faisant ses caravanes en 1768, Dolomieu tue en duel un de ses camarades novicesIl exigeait d'être appelé de Gratet de Dolomieu. lors d'une escale à Gaète. Il est condamné par l'Ordre à la réclusion à perpétuité. Mais grâce à l'intervention du cardinal Luigi Maria Torregiani (au nom du pape ) et du duc de Choiseul (représentant ), il ne fait que neuf mois de forteresse. Il est réintégré en . En 1776, réformé du régiment de carabiniers, il retourne à Malte. Il devient secrétaire de Camille de Rohan, nommé ambassadeur de l'ordre au Portugal.

Ce n'est qu'en 1778 qu'il prononce ses vœux de chevalier de MaltePlutôt qu'à Lyon, qui ne sera prieuré de la langue d'Auvergne qu'en 1787, c'est certainement à Bourganeuf, alors prieuré de la langue d'Auvergne, qu'il prononce ses vœux.. Il reçoit la charge, en 1780, de la commanderie de Sainte-Anne, près d'Eymoutiers (dans la Haute-Vienne d'aujourd'hui) ; cela lui procure des revenus substantiels.

En 1783, il est nommé lieutenant général de l'Ordre et gouverneur de La Valette. Rapidement, il entre en conflit avec le grand maître Emmanuel de Rohan-Polduc ainsi qu'avec le roi de Naples. Il démissionne rapidement et part pour l'Italie. En 1786, il se porte candidat au conseil de l'Ordre, mais échoue : il s'est fait trop d'ennemis.

En 1792, la confiscation de tous les biens de l'Ordre par la Révolution le prive des revenus de sa commanderie. Pendant la Terreur« Tempête affreuse, environnée d’écueils et de débris de naufrages » : ., il séjourne à La Roche-Guyon, auprès de la duchesse de La Rochefoucauld et de la duchesse d'Enville.

Travaux Pendant son séjour à Lisbonne, Dolomieu fait ses premières observations sur le basalte, un « produit du feu », juge-t-il. Il pose la question de la relation possible entre volcans et tremblements de terre. Il écrit à Faujas de Saint-Fond plusieurs lettres sur ce sujet ; Saint-Fond les publiera dans ses Recherches sur les volcans éteints du Vivarais et du VelaisEn ligne.. En 1781, il se rend en Italie, où il étudie l’Etna, le Stromboli et Vulcano. Il publie en 1783 Voyage aux îles de Lipari, et en 1784, Mémoire sur les volcans éteints du Val di Noto en Sicile.

Il est aidé dans ses travaux de géologie par Nicolas de Saussure, qui analyse les échantillons prélevés au cours des recherches. Dolomieu décrit plusieurs minéraux, comme l’analcime, le psilomélane, le béryl, l’émeraude, la célestine et l’anthracite.

En 1791, Dolomieu publie dans le Journal de Physique : « Sur un genre de pierres calcaires très peu effervescentes avec les acides et phosphorescentes par la collision ». Il a découvert cette roche dans les Alpes et en envoie quelques échantillons à Saussure à Genève pour analyse. Le savant suisse lui donnera le nom de « dolomie », en hommage à son découvreur, en , dans un courrier qu’il adresse à Dolomieu. Le nom de « Dolomites » sera ensuite donné vers 1876 à la région des Alpes italiennes où on la trouve.

En 1795, il est élu membre de l'Académie des sciences et enseigne à l'École des mines, donnant un cours sur la géographie physique et les gisements minéraux.

Campagne d’Égypte Lorsque Bonaparte, en route vers l'Égypte, s'empare de Malte, c'est Dolomieu qui est chargé d'en négocier la reddition ; ses anciens ennemis reconnaissent sa grandeur d'âme. Il participe ensuite à la campagne d'ÉgypteSur proposition du chimiste Claude-Louis Berthollet, en 1798 : Dessertenne.. Après quelques travaux scientifiques sur le Nil, il demande son retour en France pour mésentente avec Bonaparte au côté des généraux Thomas Alexandre Dumas et Manscourt du Rozoy. Menacés de naufrage lors de leur retour en Europe, ils relâchent à Tarente, où le royaume de Naples les retient prisonniers pour d’obscures raisons politiques. Ils ne recouvrent la liberté (à l'insistance de Napoléon) qu'après le et la victoire des armées françaises à Marengo (ils font partie des prisonniers libérés par le traité de Florence en 1801).

De retour à Paris il s'associe en 1801 à un libraire de la rue SerpenteNotice de la BNF.C.-G.-F. Lamyre : fiche de la BNF., mais, très affecté par son incarcération, meurt le (), à ChâteauneufDessertenne. (Saône-et-Loire), chez sa sœur la marquise de Drée.

Il était membre de l'Institut de France et de plusieurs académies, dont celle de Göttingen.

Publications Ouvrages et articles vignette|Voyage aux iles de Lipari, 1783 , 1783 — L'île italienne de Lipari se trouve dans la mer Tyrrhénienne. — Sous-titre : Notices sur les îles Éoliennes pour servir à l'histoire des volcans. Comprend des mémoires sur : un volcan d'une nouvelle espèce (le volcan de boue de Macaluba (sic)) la température du climat de Malte et la différence de la chaleur réelle et de la chaleur sensible Viaggio alle isole Lipari, présentation de Paolo Mauri, introd., trad. et notes de Roberto Cincotta, Lipari, Centro studi Lipari, Mémoire sur les tremblements de terre de la Calabre pendant l'année 1783, 1784 Memoria sopra i terremoti della Calabria Ulteriore nell'anno 1783, Rome, L. Perego Salvioni, 1784 Mémoire sur les îles Ponces, et catalogue raisonné des produits de l'Etna ; pour servir à l'histoire des volcans, suivis de la Description de l'éruption de l'Etna, du mois de juillet 1787, 1788 Mémoire sur les pierres composées et sur les roches, 1791 Notes à communiquer à messieurs les naturalistes, qui font le voyage de la mer du Sud et des contrées voisines du pôle austral, lues à la Société d'histoire naturelle de Paris, le Il s'agit de la Société linnéenne de Paris. Mémoire sur la constitution physique de l’Égypte, 1793 . . Dans « Recueil de notes sur Alexandrie et sa région » « Étude sur la constitution du sol d’Alexandrie » « Recherches sur la cause de la destruction naturelle des monuments d’Alexandrie » « Notice sur l’agriculture de la Basse-Égypte » « Rapport sur le nilomètre de l’île de Rodah » Philosophie minéralogique, 1801 Über die Philosophie der Mineralogie und über das mineralogische Geschlecht, 1802

Autres articles dans les Annales des mines Liste

Collaboration Jean-Claude Richard de Saint-Non, Voyage pittoresque ou Description des royaumes de Naples et de Sicile, , Paris, 1781-1786

Notes de cours Pierre-Louis-Antoine Cordier, Extrait des leçons orales faites par Dolomieu, sur le gisement des minéraux, au commencement de 1796, à l'École des mines de Paris

Postérité vignette|redresse|Gravure par Ambroise Tardieu, d'après un portrait de M. Cordier. Iconographie Louis-Firmin Le Camus, Portrait de Déodat de Gratet de Dolomieu, huile sur toile, coll. musée de Grenoble (MG 357). Portrait par Nicolas Gosse, réalisé en 1843.. Portrait par Cordier, gravé par Ambroise Tardieu.. La ville de Cortina d'Ampezzo lui a élevé une stèle le , avec un portrait réalisé par Georges Guiraud.. Dans le parc du château (où il est mort) de la marquise de Drée (sa sœur, femme d'Étienne-Gilbert de Drée), un cénotaphe en granit local rappelle sa mémoire.

Mémoire Dolomieu a eu notamment pour élèves Louis Depuch, Louis Cordier et Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent. Depuch sera membre de l'expédition Baudin en Nouvelle-Hollande (Australie) ; Cordier publiera ses notes de cours ; Bory de Saint-Vincent donnera son nom au cratère Dolomieu, sur le piton de la Fournaise (La Réunion). Fortunée Briquet a écrit en 1802 une Ode sur la mort de Dolomieu précédée d'une notice sur ce naturaliste.. Étienne de Drée, son beau-frère, a recueilli ses collections et les a cédées à l'École des Mines. ; il a aussi entrepris la publication de ses œuvres complètes.. Un colloque sur son œuvre s'est tenu en 2001 à l'occasion du bicentenaire de sa mort.

Éponymie La dolomie (une roche), la dolomite (un minéral) et les Dolomites (un massif montagneux) ont été nommés en l'honneur de Déodat Gratet de Dolomieu. Le cratère Dolomieu est le principal cratère du piton de la FournaiseJean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, son ancien élève à l'École des mines de Paris, était en train de l'explorer quand il apprit la mort de Dolomieu : Enis Rockel, Z'histoires de la Réunion, Réunion La Première (télévision), .. Le prix Dolomieu est une récompense attribuée chaque année par le Bureau de recherches géologiques et minières et l'Académie des sciences.. Le colloque Dolomieu () s'est tenu en 1991 à Ortisei, en Italie. L'institut Dolomieu est l'institut de géologie de l'université Joseph-Fourier, à Grenoble. Micropterus dolomieu est une espèce de poissons, nommée en 1802 par Bernard-Germain de LacépèdeFiche du National Center for Biotechnology Information.. le chemin Dolomieu, dans les Alpes, a été nommé ainsi à l'occasion de la Dolomieu-Feier de 1989. On trouve une rue Dolomieu à Paris ainsi qu'à GrenobleDans Google Maps. et à QuébecFiche de la Commission de toponymie..

Référencement Notes

Références

Sources

Annexes Bibliographie . — . , — Dolomieu et la première description de la dolomite.

, Dolomieu : un avventuriero nella storia della natura, Milan, Jaca Book, 2003 — Bibliographie.

Articles connexes Roche sédimentaire

Liens externes

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