Felix Jacoby, né le à Magdebourg et mort le à Berlin, est un philologue classique allemand du monde germanophone.

Biographie Jeunesse et études Il est né de deux parents juifs Notice biographique sur le site de l'université de Kiel. : Oscar Jacoby (1831-1919) et sa femme Gertrude, née Löwenthal (1856-1929). À l'âge de onze ans, il est baptisé comme protestant : ses parents voulaient rendre plus facile sa future carrière professionnelle. En 1894, il obtient son Abitur au collège Unserer Lieben Frauen.

Il étudia la philologie classique à Fribourg-en-Brisgau en 1894, puis à Munich de 1894 à 1896, période qui fut interrompue par son service militaire, et enfin à Berlin à partir de 1896. Il obtint le grade de Doktor à Berlin en 1900 avec un travail approfondi sur Apollodore d'Athènes sous la direction de Hermann Diels, qui ne fut récompensé que par un « cum laude », si bien que la perspective d'une carrière académique lui semblait fermée. C'est seulement quand Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff accepta une version abrégée de la dissertation pour sa collection Recherches philologiques () que Jacoby put produire son habilitation, à l'université de Breslau sous la direction d', avec un travail sur la chronique de Paros très influent.

Une carrière universitaire Il épousa en 1901 Margarete Johanne von der Leyen (1875-1956), qui lui donna ses fils Hans (1902-1980) et Eduard Georg (1904-1978) ainsi que sa fille Annemarie (née en 1905). Jacoby devint professeur particulier à Breslau et écrivit à partir de 1905 de nombreux articles pour la Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft — on retiendra notamment la contribution riche sur HérodoteRealencyclopädie, 2, Berlin 1913, art. « Hérodote » . qui établit nombre des problématiques amenées par la suite à dominer les travaux d'érudition sur cet auteur Dewald et Marincola (éditeurs), The Cambridge Companion to Herodotus, Université de Cambridge, 2006, pp. 1-2.. De 1915 à 1918, il prit part à la Première Guerre mondiale dans un régiment d'artillerie de campagne. En 1923, Jacoby devint membre par correspondance de l'académie des sciences de Göttingen, en 1931 de l'académie prussienne des sciences.

Opinions politiques et relation au nazisme En politique, il était tout comme son ami et collège Eduard Norden, de convictions conservatives voire nationalistes et profondément imprégné par les pensées de l'époque impériale ; et comme lui, il semble ne pas avoir repoussé nettement le national-socialisme lors de la prise de pouvoir d'Hitler en 1933. Ainsi, on lui prête les paroles suivantes à l'ouverture d'une lecture publique d'Horace à l'été 1933 :

Cependant la réalité de ces propos a été contestée Annegret Wittram, Fragmenta, 2004, pp. 101-104.. De plus, il s'opposa en 1934 aux mesures nazies, écrivant :

Le , le nom de Jacoby apparut dans une des listes publiées par le Kieler Zeitung, énumérant les professeurs impopulaires au sens du nouveau régimeKieler Zeitung, n° 113, lundi 24 avril 1933, feuillet 2.Gerhard Fouquet, « Die Erfahrungen der nationalsozialistischen Terrorherrschaft und die Idee der Universität – Karl Jaspers (1946) », p. 1 ( lire en ligne ].. Selon la définition des lois de Nuremberg, il était juif. Il fut par conséquent contraint en 1934 d'abandonner sa chaire de professeur à Kiel.

Exil et retour Jacoby prit les devants du licenciement formel en formulant sa démission. Il s'installa l'année suivante à Finkenkrug (Berlin) avec la famille de son fils Hans, pour continuer son activité scientifique. Jusqu'à 1938, il resta autorisé à se rendre à la bibliothèque nationale (Staatsbibliothek) pour son travail. Lors de la nuit de Cristal, sa maison fut assaillie et endommagée par des troupes de SA. L'œuvre de sa vie, conservée dans un fichier, ne survécut que par hasard à la destruction. Jacoby décida alors d'émigrer et en , il se rendit avec sa femme en Angleterre. Il y exerça à l'université d'Oxford, grâce à l'assentiment de son ancien collège de Kiel, Eduard Fraenkel.

En 1948, l'université de Kiel le nomma sénateur d'honneur, mais ce n'est qu'en 1953 qu'il obtint le paiement d'une retraite comme professeur émérite. En 1956, il revint en Allemagne et s'installa à Berlin-Dahlem. Son quatre-vingtième anniversaire suivit la publication de ses écrits épars sur l'historiographie ainsi qu'une brochure commémorative, avec principalement des contributions de ses anciens élèves de Kiel. Peu avant sa mort, il devint encore membre extérieur de l'académie des sciences de Turin.

Œuvre

Déjà à l'époque de son doctorat d'habilitation, Jacoby s'occupait d'historiographie grecque. Le à Berlin, il présenta à un auditoire restreint son , qui toucha un plus large public lors de sa présentation écrite un an plus tard Klio, n° 9, 1909, pp. 80-123.. La collection devait remplacer celle, vieillie, de Carl Müller Carl Müller, Fragmenta Historicorum Graecorum, Paris, 1841-1873 (voir les liens dans Alphabetical lists of ancient Greek fragmentary historians). et ordonner les derniers restes, sinon perdus, des historiens grecs antiques, selon un principe d'évolution des genres qui lui semblait être le seul valable, à la fois clair et scientifique. La répartition des auteurs entre les sections « Mythographie / Généalogie », « Histoire contemporaine » et « Histoire locale / Ethnographie » s'appuyait sur la genèse de l'historiographie grecque telle qu'elle était conçue par Jacoby.

C'est à Kiel que se constitua à partir des années 1920, après un intense travail préparatoire, l'œuvre qui soutient aujourd'hui à elle seule la réputation scientifique de Jacoby : les nombreux volumes de la collection complète des Fragmente der griechischen Historiker. Le premier volume fut publié aux éditions Weidmann en 1923. Quand sa collaboration avec cet éditeur fut interrompue en 1938 pour des raisons politiques, Jacoby changea pour la maison E. J. Brill à Leyde, auprès de laquelle le volume suivant put paraître dès 1940.

Jacoby continua le travail sur les volumes pendant son séjour d'Oxford et jusqu'à sa mort. Il rédigea en anglais des commentaires particulièrement détaillés sur les historiens attiques locaux. Comme supplément et introduction, il publia le livre Atthis. L'œuvre monumentale des fragments a été reconnue comme une contribution majeure à la philologie et à l'histoire antique dès sa publication et jusqu'à aujourd'hui. Les volumes rassemblent 856 auteurs, dont 607 sont gratifiés de commentaires de Jacoby. écrit à propos de l'œuvre de Jacoby qu'elle est, .

Jacoby rédigea par ailleurs de nombreux articles pour la Realencyclopedie de Pauly-Wissowa, parmi lesquels « Hérodote », « Ktesias de Knidos », « Callisthène d'Olynthe » et « Hiéronyme de Cardie ». Il s'occupa aussi de la poésie grecque et romaine, avec Homère, Hésiode, Juvénal, Lucain, Properce et Horace.

Postérité

Dans la préface de la dernière partie des Fragmente qu'il rend publique, Jacoby avait exprimé l'espoir que le projet soit complété rapidement après sa mort :

Ce n'est cependant qu'en 1991 que la quatrième section de Jacoby — « Biographie et littérature antique » — fut réalisée, avec les FGrH continued publiés sous l'égide de Guido Schepens (Louvain) et Gustav Adolf Lehmann (Göttingen).

Bibliographie

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Roland Baumgarten: Jacoby, Felix. In: Peter Kuhlmann, Helmuth Schneider (Hrsg.): Geschichte der Altertumswissenschaften. Biographisches Lexikon (= Der Neue Pauly. Supplemente. Band 6). Metzler, Stuttgart/Weimar 2012, , Sp. 616–617.

Liens externes

Kurzbiographie von Josef Wiesehöfer (Universität Kiel) Uwe Walter: Viele fleißige Finger auf den Schultern eines Riesen: Felix Jacoby und die "Fragmente der griechischen Historiker" Bericht über die Gedenkfeier aus Anlass des 50. Todestages von Felix Jacoby

Références

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